Jean Coustos (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean Coustos, né à Berne en 1703 dans une famille huguenote et dont on perd la trace après 1746, est un lapidaire établi à Londres, initié à la franc-maçonnerie en 1730. Fondateur en 1736 de l’une des premières loges parisiennes, il essaima ensuite au Portugal, où l’Inquisition l’arrêta et le tortura en 1743. Le récit de ses souffrances, publié à Londres, fit de lui une figure emblématique de la maçonnerie persécutée.

Un huguenot entre Berne et Londres

Jean Coustos – portrait
Source : Wikimedia Commons – Louis Truchy – Public domain

Jean Coustos, parfois nommé Jean Meyers Custos, naît en 1703 à Berne, de parents huguenots. Son père, chirurgien, s’établit à Londres vers 1714. Le jeune homme y devient lapidaire, tailleur de pierres précieuses, métier qui le conduira à voyager et à exercer une activité commerciale à Paris.

C’est à Londres, foyer de la maçonnerie spéculative organisée en Grande Loge depuis 1717, qu’il est initié en 1730. Il appartient ainsi à la génération qui transporte sur le continent les usages maçonniques anglais.

Une loge à Paris en 1736

En 1736, à la demande de son ami le peintre Louis Colins, futur vénérable de la loge Bussy-Aumont, Coustos s’installe à Paris. Il y fonde la « loge du vénérable maître Jean Coustos », qui réunit une douzaine de Français et quarante et un maçons étrangers. Il y reçoit le duc de Villeroy, et l’atelier prend alors le double nom de Coustos-Villeroy.

La loge ne survit pas à la vague de répression qui frappe la maçonnerie parisienne sous le ministère du cardinal de Fleury : elle cesse ses travaux en 1737.

Face à l’Inquisition portugaise

En 1741, Coustos quitte la France pour le Portugal, où il fonde de nouvelles loges, alors que la bulle In eminenti de Clément XII a condamné la franc-maçonnerie en 1738. En 1743, il est arrêté par l’Inquisition, torturé et pressé de révéler les secrets maçonniques et de renoncer à sa foi protestante.

Condamné aux galères, il est libéré en 1744 grâce à l’intervention du roi George II de Grande-Bretagne. Il regagne Londres, où il publie en 1746 le récit de son épreuve, The Sufferings of John Coustos for Freemasonry and for His Refusing to Turn Roman Catholic in the Inquisition. Une traduction française circule sous le titre Procédures curieuses de l’Inquisition de Portugal contre les francs-maçons. On perd ensuite sa trace.

Un témoin de la maçonnerie des origines

Jean Coustos occupe une place singulière dans l’histoire de la franc-maçonnerie française : fondateur de l’une des toutes premières loges parisiennes, il incarne la transmission des usages anglais sur le continent dans les années 1730. Son arrestation et son témoignage publié en ont fait, pour les générations suivantes, le symbole des maçons persécutés pour leur fidélité au secret et à la liberté de conscience, et son récit demeure une source précieuse sur les rituels de l’époque.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean Coustos.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Sautoir de Vénérable Maître, Secret maçonnique (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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