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Né à Lavaud-Coutheillas, sur la commune de Compreignac (Haute-Vienne), et mort dans un accident de voiture à Aix-en-Provence, Jean Roumilhac est un industriel marseillais aux convictions libertaires. Fondateur de la Compagnie du Fil de Lin, soutien de la révolution espagnole et des réfugiés, résistant, il est initié au Grand Orient de France à Limoges, devient vénérable de la loge La Parfaite Union à Marseille et siège au conseil de l’ordre du Grand Orient de France.
Un patron social à Marseille

Jean Roumilhac passe sa jeunesse à Limoges, étudie le commerce à Paris et apprend le métier des filatures en Angleterre. Réformé pendant la Première Guerre mondiale, il voyage en Espagne, où il entre en contact avec les syndicats et les groupes anarchistes.
Après 1918, il fonde à Marseille la Compagnie du Fil de Lin, qui emploie environ 250 personnes et applique, avant même le Front populaire, des mesures sociales avancées : restaurant d’entreprise, semaine de 40 heures, congés payés. L’entreprise fonctionne jusque vers 1970. Fin 2021, la ville de Marseille décide de donner son nom au rond-point voisin de ses anciens locaux.
La solidarité avec l’Espagne et les réfugiés
En 1936, pendant la révolution sociale espagnole, il collabore avec la CNT et la FAI et se rend régulièrement à Barcelone. En 1937, il devient le premier président de la section française de la Solidarité internationale antifasciste, fondée par Louis Lecoin.
En 1939, il sert de prête-nom pour l’achat du domaine d’Aymare, dans le Lot, collectivité anarcho-syndicaliste qui permet de faire sortir des militants du camp du Vernet. Il soutient les exilés espagnols à Marseille en leur procurant certificats, emplois et colonies pour enfants. Il écrit aussi dans Le Combat syndicaliste.
Dans la Résistance
Sous l’Occupation, il rejoint le mouvement Combat et collabore avec le Centre américain de secours de Varian Fry. Arrêté et emprisonné au fort Barraux, il est libéré par un subterfuge, crée des groupes de résistance et gère l’usine textile Synthesia à Veynes. À la Libération, il reprend la direction de sa filature et devient premier président départemental de la Solidarité internationale antifasciste.
Un libertaire au conseil de l’ordre
Selon Wikipédia, Jean Roumilhac découvre la franc-maçonnerie à vingt ans, lors d’un voyage à Manchester, vers 1912. Il est initié à vingt-huit ans à la loge Les Artistes réunis, du Grand Orient de France, à Limoges. Affilié ensuite à La Parfaite Union à Marseille, il y retrouve des libertaires comme Voline, Jean Marestan et Joseph Gleize, et en devient vénérable en 1935.
Élu au conseil de l’ordre du Grand Orient de France en 1937 et en 1946, il en est le premier grand maître adjoint. La Grande Loge de France lui rend hommage lors de son convent de 1949 ; son éloge funèbre est prononcé par Henri Julien, de la Fédération anarchiste.
Un trait d’union entre loges et mouvement libertaire
Jean Roumilhac incarne la rencontre, dans l’entre-deux-guerres, entre la franc-maçonnerie du Grand Orient de France et le mouvement libertaire. Vénérable marseillais, membre du conseil de l’ordre, patron social et résistant, il illustre l’engagement concret de nombreux francs-maçons dans la solidarité antifasciste et l’accueil des réfugiés espagnols.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean Roumilhac.
Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître.

