Nelly Roussel (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Née le 5 janvier 1878 à Paris et morte le 18 décembre 1922 à Rueil-Malmaison, Nelly Roussel est une féministe, libre-penseuse et néo-malthusienne française. Oratrice et femme de lettres, elle défend dès 1902 la contraception, le droit de vote des femmes et l’égalité dans le mariage. Franc-maçonne, elle est initiée à la Grande Loge symbolique écossaise et se rapproche du noyau fondateur de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit humain.

De la bourgeoisie catholique à la libre pensée

Nelly Roussel – portrait
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Née dans une famille bourgeoise et catholique du 12e arrondissement de Paris, Nelly Roussel épouse vers vingt ans le sculpteur et libre-penseur Henri Godet, de quinze ans son aîné, avec qui elle a trois enfants. Ce mariage marque son entrée dans les milieux de la libre pensée et du militantisme.

Elle se définit elle-même comme libre-penseuse, franc-maçonne, féministe, néo-malthusienne, femme de lettres et libertaire, autant d’engagements qu’elle porte à la tribune, dans des conférences données partout en France.

Une pionnière de la liberté de procréation

En 1902, elle est l’une des premières femmes à se déclarer publiquement en faveur de la contraception. Avec Madeleine Pelletier, elle défend l’éducation sexuelle des filles et la dissociation de la maternité et de la sexualité, et appelle à la « grève des ventres ».

Elle milite aussi pour le droit de vote des femmes, pour la suppression de l’incapacité juridique de la femme mariée inscrite dans le Code civil et contre le « mariage sans amour ». Elle oppose à « l’éternel féminin » le modèle de la « nouvelle femme », active et investie dans une profession. L’historienne Christelle Taraud juge cette position « extrêmement révolutionnaire et minoritaire ».

Une oratrice et une autrice

Nelly Roussel écrit des pièces de théâtre militantes, comme Par la révolte et La Faute d’Ève, des articles, notamment dans Le Libertaire, et de nombreuses conférences. Morte de la tuberculose en 1922, elle est inhumée au Père-Lachaise. Ses textes sont réunis après sa mort, dont Derniers combats (1932), préfacé par Han Ryner. Ses archives sont conservées à la bibliothèque Marguerite-Durand.

Une sœur entre deux obédiences

Nelly Roussel
Source : Wikimedia Commons – Fr Ruedi – Public domain

Selon Wikipédia, Nelly Roussel est initiée à la Grande Loge symbolique écossaise, obédience progressiste qui admettait alors des femmes dans certaines loges. Elle est proche du noyau fondateur de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit humain et affiliée à sa loge n° 4. Les sources consultées ne précisent ni les dates de son initiation ni ses fonctions en loge.

Principales œuvres

  • Quelques lances rompues pour nos libertés, Giard et Brière
  • Paroles de combat et d’espoir, 1919
  • Trois conférences de Nelly Roussel, 1930
  • Derniers combats, 1932
  • L’Éternelle sacrifiée, éd. 1979
  • Par la révolte et La Faute d’Ève, théâtre, éd. 2001

Une figure de la maçonnerie mixte naissante

Nelly Roussel appartient à la première génération de femmes franc-maçonnes en France, à la charnière de la Grande Loge symbolique écossaise et du Droit humain. Sa trajectoire illustre l’alliance, au tournant du XXe siècle, entre maçonnerie mixte, libre pensée et féminisme radical, et rappelle le rôle des loges comme lieux de formation et de parole pour les militantes de l’émancipation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Nelly Roussel.

Voir aussi dans le glossaire : Mixité, Libre pensée (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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