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La lumière est le symbole central de la franc-maçonnerie. Le candidat est dit « en quête de lumière », et le moment décisif de l’initiation est celui où le bandeau tombe et où la loge lui « donne la lumière ». Le mot désigne aussi, au pluriel, les principaux supports symboliques de la loge et ceux qui la dirigent. Héritière de la tradition biblique du Fiat lux et contemporaine des Lumières du XVIIIe siècle, la lumière maçonnique n’est pas une révélation livrée d’un coup : c’est une manière de voir qui se conquiert par le travail.
Recevoir la lumière

Dans la plupart des rites, l’initiation conduit le candidat, les yeux bandés, à travers une série d’épreuves symboliques. Au terme de la cérémonie, le Vénérable Maître demande ce qu’il désire, et l’on répond pour lui qu’il demande la lumière. Le bandeau est alors retiré. Ce passage de l’obscurité à la clarté est vécu comme une naissance symbolique : le profane devient Apprenti. Les rituels ne décrivent pas la lumière comme un savoir transmis, mais comme une ouverture du regard, qui rend possible tout le travail ultérieur.
Les trois grandes lumières
Dans la tradition anglaise et dans de nombreux rites, les trois grandes lumières de la maçonnerie sont le Volume de la Loi sacrée, l’équerre et le compas, disposés sur l’autel. Le Volume de la Loi sacrée éclaire la foi ou la conscience, l’équerre règle les actions, le compas mesure les désirs et les relations avec autrui. Certaines obédiences adogmatiques remplacent la Bible par un livre aux pages blanches ou par la Constitution de l’obédience, mais l’équerre et le compas demeurent.
Les autres lumières
- Les trois petites lumières : dans plusieurs rites, le Soleil, la Lune et le Maître de la loge, ou trois chandeliers placés près des colonnes.
- Les trois lumières de la loge : en France, le Vénérable Maître et les deux Surveillants qui la dirigent.
- Les cinq lumières : dans certains usages, les trois précédents augmentés de l’Orateur et du Secrétaire.
- L’étoile flamboyante : au grade de Compagnon, une lumière intérieure qui guide le travail.
Fiat lux : une source biblique

La maçonnerie a trouvé dans la Bible l’essentiel de son vocabulaire lumineux. Le premier chapitre de la Genèse fait de la lumière la première parole de la création, et le prologue de l’Évangile de Jean, souvent ouvert sur l’autel dans les rites de tradition chrétienne, parle de la lumière qui luit dans les ténèbres. Ces textes nourrissent la tradition johannique des loges et le patronage des deux saints Jean. La devise Post tenebras lux, « après les ténèbres, la lumière », issue de la Réforme genevoise, est aussi reprise dans plusieurs ateliers.
Lumière maçonnique et Lumières
La maçonnerie spéculative naît et se diffuse dans le siècle des Lumières. Les loges y sont des lieux de sociabilité où circulent les idées de tolérance, de raison et de perfectionnement de l’homme. La coïncidence des mots a nourri deux récits opposés : celui d’une maçonnerie mère des Lumières, et celui, antimaçonnique, d’une maçonnerie complotant la Révolution sous couvert de « lumière ». Les historiens insistent plutôt sur une participation sans monopole : les loges ont été l’un des foyers parmi d’autres d’une culture éclairée très diverse.
Une lumière qui se conquiert
La lumière reçue à l’initiation n’est qu’un commencement. Le travail maçonnique est conçu comme un passage progressif de l’ombre à la clarté, de degré en degré : l’Apprenti apprend à voir, le Compagnon à comprendre, le Maître à transmettre. La lumière ne supprime pas l’ombre : elle permet de la discerner. C’est pourquoi la tradition rappelle que l’on reste toujours en quête de lumière, et que nul ne la possède.
Dans les tenues

La symbolique lumineuse rythme la vie des loges. À l’ouverture des travaux, on allume les feux ou les colonnes de lumière ; à la fermeture, on les éteint. Les fêtes solsticiales célèbrent la croissance et le déclin de la lumière dans l’année. Les tenues funèbres rendent hommage aux membres « passés à l’Orient éternel », expression qui situe les défunts du côté où se lève le soleil.
À retenir
- « Donner la lumière » est le moment central de l’initiation.
- Les trois grandes lumières : Volume de la Loi sacrée, équerre et compas.
- Les lumières de la loge désignent aussi le Vénérable et les Surveillants.
- La lumière maçonnique est un chemin, non une révélation acquise une fois pour toutes.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Bandeau, Volume de la loi sacrée, Étoile flamboyante, Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’), Profane.
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