Camille Charvet-Kahn (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Camille Charvet-Kahn, née Kahn à Besançon en 1881 et morte à Auschwitz en 1943, est une enseignante, médecin, militante socialiste et résistante française. Agrégée de sciences physiques et naturelles et docteure en médecine, elle enseigne au lycée Pasteur de Besançon. Initiée au Droit Humain à Rouen, elle fonde en 1928 une loge de cette obédience mixte à Besançon et la préside pendant dix ans, avant d’entrer dans la Résistance.

Une Sévrienne à l’esprit scientifique

Fille de petits commerçants et forains juifs bisontins originaires d’Alsace, Camille Kahn entre en 1902 à l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres. Agrégée de sciences physiques et naturelles, elle devient ensuite docteure en médecine.

Professeure au lycée du Puy-en-Velay, elle y épouse en 1909 le professeur Antoine Charvet, dont elle est veuve en 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, elle exerce à l’hôpital militaire du Puy. Revenue à Besançon, elle enseigne au lycée Pasteur, où elle est reconnue comme pédagogue, et donne des conférences jusqu’aux États-Unis.

Engagements républicains et socialistes

Dreyfusarde convaincue, elle milite à la SFIO, dont elle devient membre de la commission exécutive à partir de 1937, et y écrit comme journaliste. Elle adhère aussi à la CGT, à la Ligue des droits de l’homme, à la Libre-Pensée et à l’Union rationaliste, et siège au conseil national de la LICA de 1931 à 1937.

Bâtisseuse du Droit Humain à Besançon

Camille Charvet-Kahn est initiée dans une loge du Droit Humain, l’ordre maçonnique mixte international, à Rouen. Elle passe les grades de compagnon et de maître à Clermont-Ferrand, puis s’affilie à la loge lyonnaise Évolution-Concorde à son retour à Besançon.

En 1928, elle fonde une loge du Droit Humain à Besançon, qu’elle préside pendant dix ans. Elle contribue ainsi à implanter la maçonnerie mixte en Franche-Comté, à une époque où la place des femmes en loge restait l’objet de vifs débats.

Résistance et déportation

Fichée dès 1933 pour ses activités politiques et philosophiques, elle s’engage dans le mouvement Combat Zone nord avec le grade de lieutenant : cheffe du service de renseignements et du service de réorganisation politique, agent de liaison, fabricante de faux papiers et propagandiste.

Dénoncée comme juive, elle est arrêtée par la Gestapo à Lons-le-Saunier et internée à Drancy, où elle veille sur la vie scolaire des enfants. Déportée par le convoi n° 59, elle meurt à Auschwitz, probablement gazée à son arrivée. Elle est reconnue morte pour la France et déportée-résistante ; une plaque et son portrait honorent sa mémoire au lycée Pasteur, et une rue de Besançon porte son nom.

Une sœur entre loge, école et Résistance

Camille Charvet-Kahn réunit plusieurs figures de l’engagement maçonnique féminin de la première moitié du XXe siècle : la scientifique et l’éducatrice, la militante laïque et socialiste, la fondatrice de loge mixte et la résistante assassinée en raison de ses origines. Son parcours fait d’elle une référence de l’histoire du Droit Humain en France et du lien entre franc-maçonnerie et Résistance.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Camille Charvet-Kahn.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique..

Glossaire de la franc-maçonnerie

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