Henri Chassin (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Henri Chassin, de son nom de naissance Théodore Henri Chassin, né le 7 janvier 1887 dans le 19e arrondissement de Paris et mort le 20 juillet 1964 à l’hôpital Lariboisière, est un poète et chansonnier libertaire et antimilitariste. Se disant « petit-fils de Communard », figure des cabarets de Montmartre, il est déserteur en 1914, cheminot révoqué puis juriste. Il est initié en franc-maçonnerie le 16 octobre 1933 à la loge Agni du Grand Orient de France, à Paris.

Un enfant de Belleville dans les cabarets de Montmartre

Le siège du Grand Orient de France, rue Cadet à Paris
Le siège du Grand Orient de France, rue Cadet à Paris – Source : Wikimedia Commons – Declic – CC BY-SA 3.0

Né dans le 19e arrondissement de Paris, Henri Chassin fréquente dès l’adolescence les cabarets de Montmartre, où il rencontre le poète Gaston Couté et le chansonnier Xavier Privas. Il y forge une veine poétique populaire et engagée, et interprète aussi les textes de Couté et d’Aristide Bruant. Dès 1908, il publie un poème, Le Petit Écrasé.

Le refus de tuer

Après sept années sous l’uniforme chez les Zouaves, il est envoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte. Repris, il est condamné à cinq ans dans les bataillons disciplinaires d’Afrique, à Sidi-Bel-Abbès ; il tente trois fois de s’évader et est interné en hôpital psychiatrique.

Libéré après la guerre, il entre à la Compagnie des chemins de fer du Nord et adhère à la fédération des cheminots de la CGT. Il prend une part active à la grande grève de 1920 ; poursuivi pour « complot contre la sûreté de l’État », il est condamné puis révoqué. Il reprend alors des études, obtient une licence de droit et travaille de 1923 à sa retraite, en 1952, au service du contentieux de Dunlop.

Chansonnier et animateur de la bohème

Membre du groupe de La Vache Enragée, il participe aux activités de La Muse Rouge, groupe de chansonniers révolutionnaires où il rencontre Pierre Dac. Avec Bernard Salmon, il relance à Montparnasse le club des Hydropathes sous le nom d’Aquadémie.

En 1920, lors de la fondation de la commune libre de Montmartre, il est élu conseiller municipal avec 43 699 voix. En 1921, il collabore au Raffût, journal d’action « contre toutes les iniquités » animé par Georges Cochon. En 1927 paraît son recueil Machin de Belleville, préfacé par José Almira, avec une introduction d’Alcanter de Brahm, réédité en 1930.

Cette double vie, employé du contentieux le jour et chansonnier le soir, résume un parcours singulier : celui d’un ancien déserteur et cheminot révoqué qui, devenu juriste, reste fidèle à la scène montmartroise et à ses compagnons de chanson. Ses poèmes et chansons, qualifiés d’engagés par ses biographes, s’inscrivent dans la tradition de la chanson sociale montmartroise qu’il partage avec Couté et Bruant.

Un libertaire en loge

Le 16 octobre 1933, à quarante-six ans, Henri Chassin est initié à la loge Agni du Grand Orient de France, à Paris. Les sources consultées ne donnent ni ses grades ni d’éventuelles fonctions dans l’atelier. Son nom figure dans les études consacrées aux rapports entre anarchisme et franc-maçonnerie, notamment Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas de Léo Campion, ainsi que dans le Dictionnaire des francs-maçons français de Michel Gaudart de Soulages.

Ces ouvrages recensent les militants anarchistes qui ont trouvé en loge un espace de libre examen et de fraternité, souvent en marge des organisations politiques. La date précise de son initiation est donnée par l’Association des amis et passionnés du Père-Lachaise, qui lui consacre une notice ; l’article de Wikipédia mentionne l’appartenance à Agni sans la dater.

Principales œuvres

  • Le Petit Écrasé, poème, 1908
  • Machin de Belleville, 1927, réédité en 1930

Un témoin de la maçonnerie libertaire

Ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise (87e division), avec celles de son fils, le chorégraphe Yves Chassin (1938-1994). Henri Chassin appartient à cette lignée de chansonniers antimilitaristes et de libres-penseurs pour qui la loge prolongeait l’idéal d’émancipation porté au cabaret et dans le syndicalisme. Son initiation au Grand Orient de France illustre la porosité, au XXe siècle, entre milieux libertaires et franc-maçonnerie.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Henri Chassin.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Libre pensée (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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