Laurent Tailhade (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Laurent Tailhade naît à Tarbes le 16 avril 1854 et meurt à Combs-la-Ville le 1er novembre 1919. Poète d’inspiration parnassienne, polémiste redouté, conférencier et pamphlétaire libertaire, il fait de l’anticléricalisme et de l’antimilitarisme les cibles constantes de sa plume. Initié à Toulouse dans une loge du Grand Orient de France, il fréquente ensuite plusieurs ateliers parisiens avant de quitter la franc-maçonnerie.

De la magistrature provinciale à la bohème parisienne

Laurent Tailhade – portrait
Source : Wikimedia Commons – Paul Nadar – Public domain

Fils du magistrat Félix Tailhade, il est contraint à un mariage bourgeois et à la vie de province. La mort de son épouse, en 1883, lui rend sa liberté : il s’installe à Paris, où il fréquente Verlaine, Jean Moréas, Albert Samain ou Aristide Bruant.

Ses premiers vers, réunis dans Le Jardin des rêves (1880), portent la marque des Parnassiens. Mais c’est dans la satire, avec Au pays du mufle (1891), qu’il trouve son ton propre.

Un libertaire au verbe violent

En décembre 1893, il salue l’attentat d’Auguste Vaillant d’une formule restée célèbre : « Qu’importe de vagues humanités pourvu que le geste soit beau ! » Quelques mois plus tard, il perd un œil dans l’attentat du restaurant Foyot, sans renier ses convictions. Duelliste, il se bat plus de trente fois, notamment contre Maurice Barrès.

Condamné à un an de prison pour un article du Libertaire visant le tsar Nicolas II, il est défendu par Émile Zola, dont il prononce le panégyrique en 1902. Antimilitariste, il publie en 1909 Pour la paix, Lettre aux conscrits. En 1914, il se montre d’abord patriote, avant de revenir au pacifisme.

Un parcours au Grand Orient de France

Laurent Tailhade
Source : Wikimedia Commons – Atelier Nadar. Photographe – Public domain

Laurent Tailhade est initié à Toulouse dans la loge L’Indépendance française, du Grand Orient de France. En 1892, il est admis dans la loge parisienne Les Amis Inséparables, dont il devient secrétaire en 1893, puis s’affilie à la loge La Philosophie positive.

Son anticléricalisme virulent et son idéal libertaire trouvaient un écho dans la maçonnerie républicaine de la fin du XIXe siècle. Il finit pourtant par quitter la franc-maçonnerie, comme plusieurs anarchistes que les formes de l’institution lassaient ; les sources consultées ne datent pas ce départ.

Principales œuvres

  • Le Jardin des rêves, 1880
  • Au pays du mufle, 1891
  • Vitraux, 1891
  • Terre latine, 1898
  • Imbéciles et gredins, 1900
  • Poèmes aristophanesques, 1904
  • Poèmes élégiaques, 1907
  • Pour la paix, Lettre aux conscrits, 1909
  • Petit Bréviaire de la gourmandise, 1919

Un poète libertaire dans les loges

Tailhade illustre la rencontre, à la Belle Époque, entre la franc-maçonnerie du Grand Orient et les milieux littéraires libertaires. Son passage par plusieurs loges, toulousaine puis parisiennes, témoigne de l’attrait qu’exerçait la maçonnerie laïque sur les écrivains anticléricaux, mais aussi des limites de cette rencontre pour les esprits les plus rebelles.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Laurent Tailhade.

Voir aussi dans le glossaire : Anticléricalisme (antimaçonnisme), Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Libre pensée (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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