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Eliska Vincent, née Irma Eliska Hortense Girard le 29 juin 1841 à Mézières-en-Drouais et morte le 19 février 1914 à Asnières, est une militante socialiste et féministe française. Pionnière des associations pour les droits des femmes, fondatrice du groupe L’Égalité, elle fut aussi la première archiviste du mouvement féministe. Initiée par Maria Deraismes en 1893, elle est l’une des fondatrices de la Grande Loge symbolique écossaise – Le Droit humain, première obédience mixte.
Une fille de quarante-huitard

Fille d’un artisan emprisonné pour son rôle républicain lors de la révolution de 1848, Eliska Girard grandit dans un milieu acquis aux idées démocratiques. Elle participe avec Maria Deraismes, Paule Mink, Louise Michel, Élie Reclus et Caroline de Barrau à la création de la Société pour la revendication du droit des femmes, souvent présentée comme la première association féministe française, réunie d’abord chez André Léo.
En 1871, elle soutient la Commune de Paris et échappe de peu à l’exécution. En 1878, elle est déléguée socialiste à un congrès ouvrier.
L’Égalité d’Asnières
En 1888, elle fonde le groupe L’Égalité, du nom de la commune d’Asnières où elle réside, ainsi qu’un journal du même titre. Lors du premier congrès des droits des femmes en 1889, elle fait adopter à l’unanimité une proposition visant à faire siéger des femmes dans les conseils de bienfaisance.
Partisane du suffrage des femmes, elle rejoint en 1900 le Conseil national des femmes françaises et accepte en 1909 la vice-présidence d’honneur de l’Union française pour le suffrage des femmes. Veuve, elle consacre ses revenus à la défense des droits des femmes et des travailleurs.
Aux origines du Droit humain
En mars 1893, Eliska Vincent est initiée par Maria Deraismes au cours des tenues préparatoires qui précèdent la naissance de la maçonnerie mixte. Le 4 avril 1893, elle assiste à la séance fondatrice, tenue chez Marie Béquet de Vienne, qui crée l’obédience et la loge n°1 du Droit humain ; elle y est élevée à la maîtrise et prête serment.
Elle est élue au premier collège des officiers comme deuxième expert. La Grande Loge symbolique écossaise – Le Droit humain deviendra en 1901 l’Ordre maçonnique mixte international « Le Droit humain ».
La première archiviste du féminisme
Eliska Vincent rassemble une très importante bibliothèque et de nombreux dossiers, notamment sur les communards. À sa mort, elle lègue ces archives, estimées à quelque six cent mille documents, au Musée social, dans l’espoir de voir naître un institut féministe. Ses exécutrices testamentaires sont Marguerite Durand et Maria Vérone.
Le Musée social refuse définitivement le legs en 1919 pour des raisons financières, et ces documents ont probablement été dispersés ou détruits.
Une pionnière de la maçonnerie mixte
Eliska Vincent figure parmi les fondatrices du Droit humain, aux côtés de Maria Deraismes. Son parcours illustre l’étroite parenté entre le féminisme républicain de la fin du XIXe siècle et la création de la première obédience ouvrant pleinement l’initiation maçonnique aux femmes.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Eliska Vincent.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation.

