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Avocat parisien spécialiste du droit du travail, défenseur de militants syndicalistes, Antonio Coen a traversé le socialisme et les débuts du Parti communiste avant de le quitter en 1922 pour rester fidèle à la franc-maçonnerie. Pilier de la Grande Loge de France, dont il fut grand maître adjoint dès 1931, il en devint grand maître en 1955 et mourut en fonction en 1956. Il a laissé des écrits sur l’écossisme et sur Dante.
Un avocat du monde du travail
Né à Paris, Antonio Coen prête serment au barreau de Paris en 1908. Il se spécialise dans le droit du travail et plaide pour de nombreux militants syndicalistes. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme sergent.
Au lendemain du conflit, il milite à la 17e section parisienne du Parti socialiste et entre en 1920 à la commission exécutive de la fédération de la Seine. Partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale, il signe l’appel du Bulletin communiste et siège environ un an au comité directeur du jeune Parti communiste, avant de ne pas être reconduit au congrès de Marseille en 1921.
Choisir la loge plutôt que le parti
En 1922, le Parti communiste interdit à ses membres d’appartenir à la franc-maçonnerie. Antonio Coen fait le choix inverse : il démissionne du Parti communiste. Il prend encore la parole en 1926 lors d’un meeting du Secours rouge international, puis rejoint la SFIO.
Initié à la loge Minerve n° 410 de la Grande Loge de France, il s’affilie en 1922 à la loge Jean Jaurès, dont il devient vénérable maître l’année suivante. Son engagement l’amène au Conseil fédéral : grand orateur adjoint en 1927, il est élu grand maître adjoint en 1931.
La grande maîtrise, interrompue par la mort
Antonio Coen accède à la grande maîtrise de la Grande Loge de France en 1955, succédant à Louis Doignon. Son grand maître adjoint est alors Richard Dupuy, jeune avocat venu d’Alger. Son mandat est interrompu par sa mort, à Paris, en 1956, à l’âge de 70 ans.
Richard Dupuy assure alors la continuité de l’obédience avant d’être confirmé par le convent de septembre 1956 : s’ouvre ainsi la longue période marquée par ses six mandats.
Un auteur de l’écossisme
Antonio Coen a cosigné avec Michel Dumesnil de Gramont un ouvrage consacré à La franc-maçonnerie écossaise, témoignage de l’attachement de la Grande Loge de France au Rite écossais ancien et accepté. Son essai Dante et le contenu initiatique de la Vita Nuova, publié après sa mort, montre l’intérêt qu’il portait à la lecture initiatique des grandes œuvres de la littérature.
Repères
- Naissance : Paris
- Décès : 1956, Paris (à 70 ans)
- Profession : Avocat au barreau de Paris (droit du travail)
- Engagement politique : Parti socialiste, Parti communiste (1920-1922), puis SFIO
- Obédience : Grande Loge de France
- Fonction : Grand Maître (grand maître adjoint dès 1931)
- Mandat(s) : 1955-1956 (mort en fonction)
- Loge(s) : Minerve n° 410 ; Jean Jaurès (vénérable en 1923)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grand Maître Adjoint, Rite écossais ancien et accepté, Grande Loge.
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