Richard Dupuy (Grand Maître de la GLDF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Avocat né à Alger, Richard Dupuy (1914-1985) a été six fois grand maître de la Grande Loge de France entre 1956 et 1977, un record dans l’histoire de l’obédience. Il a conduit la rupture avec le Grand Orient de France en 1959, puis la réconciliation de 1964, ouvert un dialogue avec l’Église catholique et défendu une conception spiritualiste de la maçonnerie dans La Foi d’un franc-maçon.

D’Alger au barreau de Paris

Richard Dupuy

Richard Dupuy naît à Alger le 20 décembre 1914. Son père, officier, est tué au front en 1916 : le jeune garçon est pupille de la nation. Après des études de droit à Alger, il s’inscrit au barreau de cette ville en 1937.

Après le débarquement allié de novembre 1942, il rejoint l’administration militaire : à partir de juin 1943, il est sous-directeur du contentieux au service de la justice militaire du gouvernement provisoire, à Alger, et contribue en 1945 à la création de la gendarmerie de l’air. Démobilisé en 1946, il s’installe à Paris comme avocat à la cour et sera élu en 1969 au conseil de l’ordre du barreau parisien. En 1983, président des cercles Jules-Ferry, il s’oppose au projet de loi d’Alain Savary sur l’enseignement. Il meurt le 30 mai 1985.

Un parcours maçonnique fulgurant

Initié au lendemain de la guerre à la loge La Jérusalem écossaise de la Grande Loge de France, il en devient vénérable maître, puis s’affilie en 1958 à la loge Le Portique n° 427, à Paris. Élu au Conseil fédéral en 1953, il préside le convent, puis devient grand maître adjoint aux côtés d’Antonio Coen.

À la mort de ce dernier, en 1956, il prend la tête de l’obédience ; le convent de septembre 1956 le confirme comme grand maître, à 42 ans. Il exercera six mandats : 1956-1957, 1958-1961, 1963-1965, 1966-1969, 1971-1973 et 1975-1977, alternant avec Georges Hazan, Louis Doignon, Raymond Lemaire et Pierre Simon.

Rupture et réconciliation avec le Grand Orient

La grande maîtrise de Richard Dupuy est d’abord marquée par la question de la régularité. Signataire en 1954 de la convention de Luxembourg, la Grande Loge de France espère obtenir la reconnaissance des grandes loges anglo-saxonnes, qui ne reconnaissent en France que la Grande Loge nationale française. Le 17 septembre 1959, le convent qu’il conduit suspend les relations avec le Grand Orient de France ; il défend alors des décisions « cruelles mais indispensables ».

La reconnaissance espérée ne vient pas. En 1964, après le refus de la Grande Loge nationale française, Richard Dupuy signe un traité d’alliance avec le seul Grand Orient de France. Ce choix provoque en 1965 le départ d’environ un millier de frères vers la GLNF, puis, en 1966, la rupture de la Grande Loge suisse Alpina avec la Grande Loge de France.

Il est aussi l’homme d’une ouverture : en 1974, il rencontre officiellement à Marseille l’archevêque Roger Etchegaray, et, au convent de 1976, il répond aux attaques de Mgr Marcel Lefebvre contre la franc-maçonnerie.

La Foi d’un franc-maçon

Dans La Foi d’un franc-maçon, réédité en 2014 dans une collection consacrée aux textes initiatiques, Richard Dupuy expose une foi maçonnique : foi en une loi morale et cosmique universelle, symbolisée par le Grand Architecte de l’Univers sans être liée à une révélation particulière, foi en la perfectibilité de l’homme et en la valeur du travail initiatique. Il y défend la présence de la Bible sur l’autel des loges, aux côtés de l’équerre et du compas.

Son nom reste attaché à une époque où la Grande Loge de France affirme son identité spiritualiste et écossaise entre les deux pôles du paysage maçonnique français. Une loge de l’obédience porte aujourd’hui son nom.

Repères

  • Naissance : 20 décembre 1914, Alger
  • Décès : 30 mai 1985, Paris (17e arrondissement)
  • Profession : Avocat (barreaux d’Alger puis de Paris)
  • Obédience : Grande Loge de France
  • Fonction : Grand Maître (grand maître adjoint en 1955-1956)
  • Mandat(s) : 1956-1957, 1958-1961, 1963-1965, 1966-1969, 1971-1973, 1975-1977
  • Loge(s) : La Jérusalem écossaise ; Le Portique n° 427 (Paris)
  • Publication : La Foi d’un franc-maçon

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Régularité, Grand Orient, Église catholique.

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