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Exclusif : Découvrez le plus ancien et le plus beau Temple maçonnique égyptien de France (GLDF)

Nous tenons tout d’abord à remercier François Reyé, président du CDU de Poitiers

TEMPLE DE POITIERS

Perspective de classement à l’inventaire des monuments historiques

Un peu d’histoire :

Vers 1720, c’est au château des ORMES, dans la Vienne, que se constituât le premier centre maçonnique Pictave autour de personnalités éminentes de l’époque : le Comte Marc-Pierre d’Argenson, Antoine-René de Voyer de Paulmy, dont le père était membre de l’Académie Française et dont le fils épousa la fille du Grand Maître de la Maçonnerie et, naturellement, le Baron des Ormes, Lieutenant Général de Police de Paris.  

Cette Loge maçonnique n’était rattachée à aucune obédience et n’existait donc que par elle-même, drainant nombre de Frères parisiens issus de la haute noblesse et du clergé.

C’est en 1754 que fut constituée la première Loge Poitevine fédérée au sein du Grand Orient et dont le vénérable Maître fut l’Abbé Barret, Abbé de Saint Benoît. Elle était dédicacée à Saint Benoît et semble avoir existé jusqu’en 1778. Une autre Loge existait, qui ne laissait que peu de traces, et qui portait le nom de Saint Prosper. Les Frères de ces Loges se réunissaient chez les uns ou chez les autres car ne disposant pas d’un Temple.

En 1767 fut créée la Loge « La Vraie Amitié » et, la même année, à Chauvigny la Loge « Saint Charles des Frères Unis » ; Loge qui fut éphémère, et c’est en 1774 que fut constituée à Poitiers la Loge « La Vraie Lumière », laquelle reçut en grandes pompes le duc de Chartres. Ainsi, et pour ce qui concerne l’Orient de Poitiers, en 1773 existaient 4 Loges.

Saut dans le temps, en 1892, en pleine troisième République, fut créée la Loge « La Solidarité », qui existe toujours.

Quant au temple :

Le bâtiment de la rue du trottoir, qui était loué par la Loge « Les Amis Réunis » qui s’éteignait, fut précisément acquis par les Frères de la Loge « La Solidarité » constituée en société civile, en 1891. Dès sa création cette Loge s’était affiliée à l’Ordre de Memphis Misraïm. Cet Ordre était apparu en Italie vers 1805 et adopté en France par le truchement de Jacques-Étienne Marconis de Nègre.

Son rite et ses rituels, très largement égyptophiles, avaient été inspirés par la campagne d’Égypte de Bonaparte. C’est la raison pour laquelle les décors de notre Temple sont totalement inspirés par l’Égypte pharaonique telle qu’envisagée et comprise à l’époque de Champollion. Ces décors ont été créés entre juillet 1891 et début 1892.

Cependant, peu de temps après sa création, en 1894, « La Solidarité » quittera l’Ordre de Memphis-Misraïm pour rejoindre le 21 mars 1896 la Grande Loge de France. Elle abandonnait alors le Rite de Memphis-Misraïm pour adopter le Rite Écossais Ancien et Accepté. Fort heureusement, les décors égyptiens furent conservés.

En 1951, la société civile constituée par les Frères de la SOLIDARITÉ, qui en avait donc fait l’acquisition 60 ans auparavant, transférait la propriété des bâtiments à la SIP pour le franc symbolique. Il était entendu, qu’en contrepartie de cette cession, la SIP entretienne le bâtiment, certes au titre du clos et du couvert incombant à tout propriétaire, mais également, au-delà, en termes d’investissements nécessaires à la dignité du lieu.

Le clos et le couvert sont globalement assurés mais, outre une réfection de la salle humide, le reste du bâtiment, y compris le Temple, sont demeurés en l’état où ils étaient au moment de la cession, c’est-à-dire en 1951.

Or, comme la suite de ce document l’établit, ce Temple est absolument remarquable, tant dans sa conception Memphis-Misraïm, que dans sa disposition, surmonté qu’il est d’une mezzanine ; en revanche le reste des bâtiments est dans un état déplorable.

Un ensemble maçonnique 

Sur la place de la Liberté qui donne sur la rue du trottoir, a été édifiée une statue de la Liberté conforme à celle réalisée par Frédéric-Auguste BARTHOLDI.

En 1822, le général Jean-Baptiste BERTON est exécuté sur cette place, alors dénommée place du pilori, pour complot ; ses dernières paroles furent « Vive la France, Vive la liberté ». Afin de lui rendre hommage, les Loges maçonniques de Poitiers et de Neuville levèrent une souscription afin de financer l’acquisition de cette réplique de la « Statue de la Liberté » et de son socle sur l’une des faces duquel il en est fait mention.  Elle fut inaugurée le 14 juillet 1903.

Ainsi, pour les Maçons de Poitiers, la place de la Liberté et le temple constituent, au moins au plan historique, un ensemble indissociable.

Présentation des bâtiments et du temple

Le Bâtiment est constitué d’un rez-de-chaussée, d’un étage en élévation et d’un étage inférieur où est situé le Temple. Le tout fut construit sur les murs de l’ancien oppidum romain dont on trouve les traces à l’étage inférieur.

I – le Rez-de Chaussée

une pièce sert de Temple noir :

Cette pièce, à l’opposé des fenêtres, donne sur une arche après laquelle sont les deux Cabinets de réflexion, l’un à droite ; l’autre à gauche.
Au fond, 5 marches donnent l’accès au Temple qui constitue le chef-d’œuvre dont le classement à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques pourrait être sollicité.

L’Orient est entouré de deux toiles allégoriques nécessitant une restauration, démarche qui, il y a longtemps, avait été engagée mais n’avait pas aboutie.

Il est, à l’occident, dominé par une mezzanine donnant une belle perspective sur l’Orient :

Les parties latérales du Temple sont ornées de décors à papyrus

Autre article sur ce thème

Le rôle du Vénérable Maître en Franc-maçonnerie

Accueilli maillets battants, investi en grande pompe, doté de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel, symbolisés par l’épée flamboyante et le maillet, le nouveau Vénérable Maître pourrait se laisser griser par la fierté. Certes, il sera respecté dans sa fonction tout au long de son mandat, et il bénéficiera de divers honneurs; mais il doit bien comprendre dès le premier instant qu’être Vénérable Maître est avant tout une charge.

Une charge qui est une fonction essentielle

La mission du Vénérable Maître va bien au-delà de la lecture, deux fois par mois, de quelques pages de rituel. Il est le chef d’un orchestre de solistes dont il doit assurer l’harmonie.  C’est à lui que revient le rythme, le tempo des Tenues, autant que du choix du sujet des planches qui constituent en général l’essentiel du programme. Il lui revient de faire preuve à la fois d’autorité et de bienveillance.

Insignes d’officiers

Avec les officiers spécifiquement en charge, c’est au Vénérable Maître qu’il revient de s’assurer de la parfaite préparation des diverses cérémonies, afin qu’elles se déroulent dans l’esprit et dans la forme qui permettent d’en apprécier le sens et la portée.

C’est encore à lui ultimement qu’il revient de veiller sur la progression initiatique de chacun des Frères de la Loge, de veiller à la satisfaction et de s’assurer du bien-être de chaque Frère, de veiller à la relation de sa Loge avec l’obédience à laquelle elle a librement choisi d’appartenir et de penser, dès le premier jour de son mandat, à assurer la pérennité de la Loge, ainsi que sa continuité.

Toutes ces missions prennent du temps et mobilisent l’énergie et les compétences du Vénérable Maître. Fort heureusement, le Collège des Officiers est là pour l’aider dans la plupart de ces missions, sur lesquelles nous allons revenir.

On ne devient pas Vénérable Maître par hasard; par leur vote, les Frères Maîtres de la Loge ont reconnu qu’on avait l’expérience, ainsi que les qualités intellectuelles et morales, qui sont indispensables pour présider un Atelier. Mais il ne saurait être question d’en tirer vanité. Il faudra  toujours veiller à ne pas abuser de l’autorité ainsi conférée, et  s’efforcer d’en user toujours avec sagesse, en se souvenant que l’humilité est une des vertus premières d’un Franc-Maçon.

Le détail des droits et devoirs de l’office de Vénérable Maitre sont précisés dans les Règlements Généraux de notre obédience, et il importe de bien les avoir lus, afin de les exercer en totalité, mais aussi dans leurs strictes limites.

Le rituel d’installation du Collège des officiers montre bien qu’une Loge n’est pas dirigée par un homme, si talentueux et charismatique soit-il, mais par une équipe : « Trois la dirigent, cinq l’éclairent, et sept la rendent juste et parfaite ».

Chacun des officiers a un rôle essentiel, qu’il faut bien définir avec les Frères pressentis, avant de leur marquer à la fois confiance et intérêt dans l’accomplissement de leur mission.

Mais délégation ne signifie pas absence de contrôle et de coordination. Une réunion d’Officiers d’un quart d’heure avant une Tenue suffit le plus souvent à s’assurer que tout est « juste et parfait » et a le mérite de créer et de renforcer la cohésion au sein de l’équipe dirigeante de la Loge.

Une des tâches qui feront la qualité d’une année maçonnique est l’établissement du programme de l’année.

Nos Tenues, au REAA, sont articulées selon un ternaire qui associe la pratique du rituel, la vie de l’Atelier et le sujet du jour, organisé autour d’une planche et des interventions que celle-ci suscite.

Le programme annuel des planches présentées par les Maîtres de l’Atelier est évidemment déterminant dans la satisfaction générale des Frères.

Autant que faire se peut, il doit être élaboré avant les vacances qui marquent la fin de l’année maçonnique, pour permettre aux Frères qui plancheront à la rentrée de préparer leur morceau d’architecture avec un préavis suffisant.

Après avoir positionné les tenues d’installation, d’initiation et d’augmentation de salaires, ainsi que les tenues au 2ème et au 3ème degré, il reste 12 à 14 Tenues au Premier Degré. Il est judicieux de proposer un thème général pour l’année, même si celui-ci doit être suffisamment ouvert pour permettre une ou deux fructueuses digressions.

Le rituel et l’instruction de chacun des degrés donnent largement la matière à inspirer le thème et les sujets de ces planches demandées à des Frères, comme les réflexions sur les références culturelles, philosophiques ou historiques auxquelles renvoie notre Rite. N’oubliez pas que dans une obédience tournée vers l’initiatique et la spiritualité, le travail en Loge n’a pas pour vocation principale de réfléchir sur des sujets profanes.

Mais il ne faut pas hésiter à consacrer deux ou trois tenues par an sur des thématiques liées à des questionnements de l’ordre du sociétal, que l’on abordera non pas en profane, mais sous l’angle de l’éthique, ou de la mise en application des valeurs humanistes que sont la liberté, l’égalité, la fraternité, la dignité humaine et le respect dû à chacun. Consacrer une tenue à la présentation d’un regard porté sur ces questions par une voie de spiritualité ou une philosophie mal connue des Frères sera également bienvenu.

La tradition et nos règles interdisent les débats suivis de vote sur les sujets politiques ou religieux, mais en effet il n’est pas interdit, au contraire, de s’informer sur le contenu et les enseignements des diverses philosophies, des diverses formes de spiritualité et croyances religieuses passées ou actuelles, comme sur les pratiques auxquelles elles donnent lieu, afin de mieux en dégager le sens et d’y puiser matière à enrichir notre propre réflexion.

Le cadre est défini, le programme est établi et connu de tous. L’intendance est en ordre.

Venons en maintenant à la fonction spirituelle, initiatique et symbolique du Vénérable Maître, dont il faut se souvenir qu’il est le seul qui ait le pouvoir de conférer l’initiation au nom de la Loge et de l’Ordre maçonnique. Il convient de réfléchir sur les éléments matériels qui sont attachés à sa fonction. Le VM siège à l’Orient, d’où émane la lumière  lorsque le soleil se lève chaque matin. Il représente ainsi le renouveau, la renaissance. Et  il n’est pas nécessaire de rappeler ici ce que représente la Lumière pour le Franc-maçon, ni comment elle éclaire différemment l’Occident, le Midi et le Septentrion.

La Chaire sur laquelle est assis le Vénérable Maître est placée sous le Delta rayonnant portant en son milieu l’œil symbolique, qui figure au REAA le principe créateur que les Maçons reconnaissent comme le Grand Architecte de l’Univers.  Sur le Plateau du VM se trouve une Etoile, qui figure la Lumière éternelle, une parcelle du feu sacré originel. Comme telle, cette flamme qui doit toujours demeurer allumée ; elle représente elle aussi l’énergie primordiale, celle que le Grand Architecte de l’Univers a mobilisée et qui anime notre monde.

La voûte étoilée, l’œil dans le triangle, la lune et le soleil dans une loge franc-maçonnique.

L’instruction au Premier Degré précise que le Soleil, placé côté Midi, représente l’Intelligence, tandis que la Lune, côté Septentrion, figure l’Imagination et que le VM, qui forme avec ces deux figures un triangle, « symbolise le Principe qui illumine la conscience ».

Le bijou du Vénérable Maître est une Equerre, dont les branches, contrairement à celles de l’Equerre placée avec le Compas et le VLS sur l’Autel, sont inégales. La tradition voit dans le rapport des longueurs des branches de cette Equerre du VM, dans les proportions 3,4 et 5, la construction de la racine de 5. Elle renvoie ainsi à l’Etoile flamboyante, symbole de l’harmonie universelle.  

Cette Equerre, symbole de rigoureuse équité ainsi que de constante conciliation entre les oppositions nécessaires et fécondes », évoque la conciliation des contraires et la capacité donnée au Vénérable Maître de rectifier et de redresser, dans le sens de l’équilibre qu’exprime la loi qui organise l’univers dans son ensemble et chaque détail en particulier.

C’est aussi ce que signifie le fait que lors de l’ouverture des travaux au REAA, le Vénérable Maître soit associé à l’allumage du pilier Sagesse.

Le Vénérable Maître est donc investi d’une autorité spirituelle.

Mais attention, dire «  autorité spirituelle » ne doit pas laisser penser qu’il a le pouvoir d’imposer sa propre vision, ou celle d’une vérité dont il serait à la fois le détenteur et le messager. Il ne faut pas en effet confondre autorité et pouvoir.

L’autorité du VM procède de la légitimité que lui reconnaissent les Frères Maîtres qui l’ont élu. Ils ont apprécié ses attitudes, son comportement, ses compétences,  l’usage qu’il fait de ses connaissances. Ils ont évalué son charisme.

Cette autorité, qui est liée aux savoirs, au savoir-faire et au savoir être, correspond donc à une valeur reconnue.

épée flamboyante
épée flamboyante

Le pouvoir, symbolisé par le maillet remis au nouveau Vénérable après l’Epée flamboyante, est celui de commander et d’être obéi. Il est le complément de l’autorité dans la conduite effective du collectif qu’est une Loge maçonnique.

Ici, le pouvoir attribué au Vénérable n’est que la conséquence de son autorité morale et spirituelle préalablement reconnue. Toute autre compréhension renverrait nos Loges dans le monde profane.
Au reste, le pouvoir d’un Vénérable Maître est bien plus constitué de devoirs que de privilèges.

Parmi les devoirs essentiels du VM, il faut souligner celui d’être équitable et conciliateur.

Il incarne symboliquement la Sagesse, comme le Soleil et la Lune placés derrière lui et avec lesquels il forme un triangle représentent la Force et la Beauté.

La pertinence de cette interprétation est manifeste à la lecture de l’Instruction du Premier Degré :

Question: « Qu’avez-vous vu en recevant la lumière ?»

Réponse: « Le soleil et la lune et le Maître de la Loge. ».

Roi Salomon

A ce titre, le Vénérable Maître doit à la fois faire preuve d’équité et rechercher la conciliation. Au-delà de ses convictions ou de ses sentiments personnels, c’est-à-dire des relations plus ou moins amicales qu’il a avec chacun des membres de la Loge, le Vénérable Maître doit être le digne successeur du Roi Salomon, dans la Chaire duquel il est symboliquement assis.

Le Vénérable est le point focal de la Loge, il représente le centre du cercle, le centre de l’union, ce point d’équilibre où se rassemble ce qui est épars, où se rejoignent les opinions et les individualités, où l’unité se révèle, au-delà de l’apparente diversité. Tout au long de son mandat, le Vénérable Maître devra s’efforcer d’être digne de ce que représente le bijou symbole de sa fonction, et de s’en inspirer dans sa conduite.

Un autre devoir essentiel du VM est d’assurer la pérennité de la Loge 

Pour faire face à l’érosion naturelle de ses effectifs du fait de l’âge ou des déménagements, une Loge doit recruter chaque année entre deux et trois Frères au moins. C’est un enjeu de survie. Une Loge qui ne recrute pas est une Loge qui va mourir. Il faut donc mobiliser les Frères sur cet objectif, et susciter de possibles parrains parmi les Frères de l’Atelier.

Dans tous les cas, dès lors qu’il est informé d’une possible candidature, le VM doit rencontrer le possible candidat et avoir avec lui une discussion ouverte. Lors de cette rencontre, le Vénérable Maître s’efforcera de  cerner le profil du candidat, ainsi que ses attentes. Ce sera aussi l’occasion de l’informer sur ce que représente l’engagement auquel il postule, mais aussi ce qui caractérise l’obédience à laquelle appartient la Loge.  L’information devra être claire et complète, y compris sur les obligations financières qui s’imposeront au candidat s’il est admis.

Il est important de ne pas laisser un profane s’engager sur une mauvaise piste, même si la Loge cherche particulièrement à recruter. Ce ne pourrait qu’engendrer à terme une double déception, celle du Frère mal orienté et celle de la Loge qui devra se résoudre à le voir partir.

Cette première prise de contact sera par ailleurs essentielle pour choisir les enquêteurs qui seront délégués par le VM après que la première attache aura été votée par l’Atelier. On ne choisit pas les enquêteurs au hasard, mais en tenant compte de tout ce que l’on peut connaître du candidat. L’objectif est d’admettre un nouveau Frère sans que ni lui ni la Loge n’aient à le regretter après quelques mois.

Il s’agit d’orienter à partir des enquêtes le questionnement lors du passage sous le bandeau, qui est naturellement une phase clé du processus si la Loge décide la convocation du candidat.

Ce moment privilégié qui marque le premier contact entre un possible futur Frère et les membres actifs de la loge doit être mené avec soin. Il ne s’agit pas d’un interrogatoire, mais de répondre à une interrogation : qui est ce profane qui frappe à la porte du Temple ? Que pourra-t-il y apporter ? Et que pourra-t-il y trouver qui corresponde à ce qu’il cherche ?

Il appartient au VM de ne pas encourager les questionnements pervers ou piégeux, visant à mettre mal à l’aise le candidat, ou à éprouver sa capacité à discourir « à froid » sur tel philosophe, fût-il des Lumières, ni d’être un initié avant d’avoir été initié !

L’étape du bandeau est donc importante, mais rien n’est plus important que la cérémonie d’initiation.

La cérémonie doit donc être réglée parfaitement. Il est recommandé de la répéter intégralement avec l’ensemble des officiers qui auront à y intervenir directement.

Plus encore que lors de l’ouverture ou la fermeture des travaux, la diction du Vénérable Maître doit être parfaitement intelligible de tous les participants, lente et forte. Certes il ne s’agit pas de « faire l’acteur ». Néanmoins, le rituel doit être « acté » au sens que nos cousins québécois donnent à ce mot, c’est-à-dire interprété avec émotion.

La communication non verbale, c’est-à-dire les silences, les gestes, les postures, les expressions faciales, et bien sûr le ton de la voix, le rythme de l’élocution, …  Tous ces éléments non verbaux complètent le message auditif, expriment les émotions, soulignent les valeurs portées par le texte. Ainsi, ils vont renforcer et crédibiliser le texte et aider le néophyte à vivre pleinement la première étape d’un processus initiatique qu’il ne peut vivre qu’une seule fois.

Même si le nouvel initié ne mémorisera pas l’intégralité des paroles qui seront prononcées, il doit les entendre et les comprendre toutes. Il doit être, même s’il semble subir les diverses séquences du rituel sans en saisir le sens, un acteur de sa propre initiation, et non un simple pantin, car c’est en homme libre et conscient qu’il doit effectuer les ultimes phases de sa démarche et s’engager. 

Le moment essentiel de la cérémonie d’initiation, ou plutôt son point d’orgue, est indiscutablement ce que l’on peut appeler l’adoubement du nouvel Apprenti Franc-Maçon. Le terme « adoubement » renvoie bien sûr aux usages et aux traditions de la Chevalerie. C’est ce dont s’inspire directement le cérémonial de nos initiations.

Les paroles prononcées par le Vénérable Maître, l’épée en main gauche et le maillet en main droite, devraient dans tous les cas être connues par cœur. A défaut, un aide-mémoire de la taille d’une carte à jouer aura été prévu et sera tenu au-dessus de la garde de l’épée.

Ces paroles ne se limitent pas à la triple formule « Je vous crée, constitue et reçois… » accompagnée des légers coups de maillet sur la lame de l’épée, elle inclut la phase qui suit immédiatement, au cours de laquelle le nouveau Frère est invité à se relever et à recevoir du Vénérable Maître le baiser fraternel, au nom de tous les Frères de la Respectable loge à laquelle il appartient désormais.

Moins de dix lignes, l’effort de mémorisation n’est rien comparé à l’importance du moment pour le nouvel initié.

Créer, c’est donner naissance à quelque chose – ici à quelqu’un – de nouveau, à partir non pas du néant mais d’une matière – ici d’une personnalité – encore imparfaitement organisée, orientée, cohérente. Il s’agit ici de créer un Franc-maçon, un initié, à partir d’un profane, qui ne le sera plus jamais.

Constituer, c’est fonder, établir. L’expression renvoie sans conteste à la construction, à l’érection d’un édifice. Constituer signifie également « contribuer à former un tout avec d’autres éléments ». Le nouvel initié est ainsi engagé sur la voie de sa propre cohérence, comme de son rapport juste et harmonieux avec l’univers qui l’entoure.

Recevoir, c’est accueillir, accepter, intégrer. Le mot exprime une notion de bienveillance, évoquant l’Amour fraternel auquel le nouvel initié est dorénavant invité..

L’initiation est donc à la fois un processus rigoureusement individuel et profondément collectif, en ce qu’il nous intègre non seulement à la Loge qui nous accueille mais au-delà à une Chaîne d’union qui transcende le temps et l’espace.

Initier est pour un Vénérable Maître l’acte le plus sacré de sa fonction.

Bijou du 2e Surveillant
Bijou du 2e Surveillant

Mais La fonction spirituelle et initiatique du Vénérable Maître ne se limite pas à l’accomplissement et à la présidence des cérémonies. Le Vénérable est aussi par exemple l’ « instructeur » des Maîtres de son Atelier, comme le Second Surveillant est en charge de l’instruction des Apprentis et le Premier Surveillant de celle des Compagnons.

Dans beaucoup de Loges, rien n’est vraiment organisé pour l’instruction ces nouveaux Maîtres. Pourtant, le contenu du Troisième Degré est d’une richesse considérable.

Bijou du 1e Surveillant
Bijou du 1e Surveillant

Il faut se souvenir que le passage du Deuxième au Troisième degré marque une étape majeure du parcours d’un initié, qui passe de l’ordre psychique, dans lequel la rigueur s’est développée au travers des secrets du Métier, à l’ordre spirituel. A l’amour du travail sur la matière s’ajoute celui de l’élévation de l’esprit.

Il faut donc donner aux Maîtres l’occasion de travailler sur les enseignements et les ouvertures du Troisième Degré. Une, voire deux Tenues en Chambre du Milieu dans l’année n’y suffisent pas véritablement, et quelques séances sous la conduite du VM avec le concours de Maîtres riches d’une longue expérience seront fort utiles et généralement fort appréciées.

Cela dit, il faut veiller à faire travailler son Atelier aux trois premiers du Rite, ouvrant ainsi aux Frères intéressés la possibilité de poursuivre au-delà leur progression initiatique.

Ainsi, de l’initiation à la Maîtrise, le VM permet aux autres de s’engager et de progresser dans leur parcours. Mais le vénéralat est aussi, pour celui qui en est investi, une étape majeure de sa propre démarche initiatique.

Il serait regrettable et dangereux de prendre la charge de Vénérable Maître pour une récompense, a fortiori pour une consécration.  Si vous avez du mal à calmer le frémissement égotique qui vous saisit chaque fois que vous entrerez en Loge précédé par le Maître de Cérémonies, les Frères respectueusement alignés de part et d’autre du temple, regardez votre prédécesseur ! Muet, humblement posté contre la porte. Vous serez un jour à sa place…

N’oublions jamais que cette charge, si prestigieuse soit-elle,  est éphémère. Il n’y a pas lieu d’en tirer ni orgueil ni vanité.

Ne cédons donc pas à la tentation ni à l’ivresse du pouvoir. Ne sombrons pas dans l’autoritarisme. Au contraire, vivons en ouverture, en partage, à l’écoute des Frères, les plus anciens, ceux qui nous ont précédé, comme les plus nouveaux, ceux que nous aurons nous-même initiés. Les uns comme les autres ont beaucoup à nous apprendre.

La Sagesse, dont le VM est symboliquement la personnification, c’est aussi la tempérance, la sérénité, la hauteur de vues.

Devoir ainsi apprendre à maîtriser les désordres et les débordements au sein de la Loge que l’on dirige, c’est aussi apprendre à maîtriser les débordements et les passions à l’intérieur de soi-même.

Ainsi la charge de vénérable est-elle une occasion privilégiée pour un initié soucieux de progresser, une étape  incomparable de son propre parcours initiatique 

A ces considérations sur le rôle d’organisateur et d’administrateur et sur le rôle spirituel du Vénérable Maître, ajoutons maintenant quelques éléments qui sont autant de facteurs clés de succès.

Le premier est de bien connaître sa Loge.

Connaître sa Loge, c’est connaître ses origines, son histoire, ses heures de gloire comme ses crises.

Le second facteur clé de succès est de bien connaître ses Frères

Cela peut sembler évident, on les croise régulièrement depuis des années. Connaître ses Frères, c’est savoir s’ils sont heureux ou non, dans la Loge comme au dehors. Les absences sont-elles la marque d’une déception ou de difficultés personnelles, sont-elles exceptionnelles, chroniques, inquiétantes ?

Attention : il s’agit ici de fraternité, d’écoute, d’accompagnement, et non d’inquisition, ni même d’indiscrétion ; le respect absolu de la vie privée de chacun s’impose.

Troisième facteur clé de succès : connaître son environnement

s’ouvrir au monde, mais en initié, et non en profane, en d’autres termes ’interroger en initié sur les questionnements du monde.

Loge-Émulation—Joueur-de-cornemuse

De nombreux Maçons vivent le temps des Tenues comme une parenthèse spirituelle, une rupture complète par rapport au temps profane. Complète, pour eux, signifie absolue. Comme si les deux temps, le temps profane et le temps sacré, n’avaient entre eux aucun rapport, aucune continuité.

Or, s’il est évident que le rituel nous permet de créer un espace et un temps sacré tel que nous l’avons envisagé plus haut, c’est en fait à chacun de nous qu’il appartient de faire en sorte que la Lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous, nous permettant d’achever au dehors l’œuvre commencée dans le Temple.

Agir dans le monde, dans la vie profane, conformément aux valeurs, à l’idéal maçonnique, suppose de porter sur le monde un regard d’initié, plutôt qu’un regard profane.  La différence est essentielle, au cœur même de notre engagement. Nous ne sommes pas Francs-Maçons pour nous retrouver deux fois par mois et n’élever notre esprit que durant nos réunions à huis clos.

La continuation et la mise en œuvre de notre perfectionnement spirituel dans le monde profane justifie que soient également inscrits au programme des réflexions inspirées par la perspective de l’homme, dans son quotidien.

Quatrième facteur clé de succès : bien connaître le Rituel.

Le rituel est bien davantage qu’une mise en scène participant à l’organisation matérielle du travail en Loge.

Dans nos Loges, la fixité de la forme permet de ne se concentrer que sur le fond, en créant un espace et un temps sacrés, c’est-à-dire distinct.

Le rituel, ce sont aussi des mots, un déroulé dont chacune des séquences obéit à une nécessité particulière. Il appartient au Vénérable maître de vivre le rituel, afin de le faire vivre aux Frères de la Loge qu’il dirige.

Vivre le rituel, cela veut dire le comprendre, le travailler, pour lui donner la charge émotionnelle et spirituelle qui le rend opérant.

Certains passages devraient être appris par cœur, comme lorsque le VM, debout, glaive dans une main et maillet dans l’autre, marque solennellement l’ouverture des travaux. Il en est de même du rituel de la Chaîne d’Union. Regarder alors les Frères tournés vers l’Orient, plutôt que le rituel ou une « antisèche » mal dissimulée au creux de sa main,  ajoute à la force de ces moments particuliers.

L’ordre extérieur aide à construire l’ordre intérieur. Respecter l’horaire annoncé est impératif, pour l’ouverture des travaux comme pour leur fermeture. . La tenue vestimentaire participe de la rigueur nécessaire et à la rupture avec le monde profane.

La musique, bien préparée, doit s’intégrer harmonieusement avec le rythme et surtout avec le sens de chaque phase du rituel, sans jamais risquer de déconcentrer les Frères dans le travail d’élévation spirituelle.

Il importe de respecter le rituel en vigueur, qui témoigne de l’appartenance à l’obédience que la Loge a librement choisie et que les Députés, au nom de leur Loge, ont approuvé.

C’est le Vénérable Maître qui est responsable de l’admission des visiteurs dans la Loge qu’il préside, dans le respect des règles édictées par son obédience. Je rappelle à ceux qui auraient des doutes à ce sujet que la règle est simple : peuvent être admis dans nos Loges tout Franc-maçon qui se fait reconnaître comme tel, par les mots, signes et attouchements de son degré. Rien ni personne ne nous fera dévier de cette tradition d’ouverture et de fraternité.

Nous sommes indéfectiblement attachés à la régularité individuelle, à la reconnaissance individuelle, au-delà de l’affiliation obédientielle qui ne saurait faire obstacle à la fraternité.

Le VM est ainsi celui qui crée l’harmonie au sein de la Loge. Par sa manière d’être et d’agir, il fera se développer l’égrégore, l’énergie spirituelle partagée fusion de la raison et du sentiment, qui résulte de l’amour fraternel mis en action.

Cinquième facteur clé de succès : bien connaître son Rite.

Si la vocation de la Franc-Maçonnerie est universelle, les pratiques qui expriment cet idéal varient significativement.  Il est du devoir d’un Vénérable Maître de bien connaître le Rite auquel son Atelier travaille, ne serait-ce que pour en respecter et en faire respecter l’esprit autant que la lettre.

Au-delà, il est bon qu’il connaisse les divers Rites pratiqués en France et dans le monde, afin de pouvoir conseiller ses Frères désireux de visiter d’autres Loges.

Il ne suffit pas de connaître le Rite auquel on travaille, il faut aussi bien connaître son obédience. C’est le sixième facteur clé de succès.

Bien sûr, chaque Loge jouit d’un vaste espace de liberté. Mais son appartenance à une Grande Loge impose quelques limites, librement consenties, à cette liberté.

Le Vénérable Maître doit connaître le rôle et les attributions de son obédience et des diverses instances impliquées dans la gouvernance de notre Grande Loge. Il devra faire en sorte que la relation Obédience – Loge, portée par le Conseiller Fédéral Inspecteur de son Atelier, comme la relation Loge-Obédience, assurée par le député élu par la Loge, soient régulières et constructives. Il veillera notamment à inscrire à l’ordre du jour les interventions qu’il est souhaitable que le député puisse faire pour rapporter aux Frères de l’Atelier l’essentiel des travaux du Convent.

Enfin, il ne vous étonnera pas que je termine par un septième facteur clé de succès : il faut que sa fonction rende le Vénérable maître heureux.

Le bonheur, tel que l’envisagent les philosophes, est l’un des buts essentiels du Maçon, dès lors qu’il ne se construit pas sur l’égoïsme mais au contraire sur le partage, l’ouverture et le service à autrui. Retirer de son travail, sur soi comme dans le monde, profit et joie est la première récompense de l’initié.

Pour un Vénérable Maître,  ce bonheur singulier sera le juste salaire de son zèle et de son engagement. La fonction de Vénérable est exigeante, mais formidablement gratifiante. Indiscutablement, elle grandit celui qui en est investi. Sentir qu’on est utile à ses Frères, qu’on les aide à tracer leur propre chemin et que l’on participe à leur épanouissement spirituel est source de profonde satisfaction.

Savoir que l’on pourra transmettre à son successeur les commandes d’une Loge en bonne santé, au plan initiatique comme au plan matériel, et où règnent harmonie et équilibre, permet de ressentir l’agréable sentiment du devoir bien accompli. Dès lors, s’il n’est pas question ici, nous l’avons déjà dit, de s’abandonner aux pièges de la vanité, et encore moins de la prétention ou de la suffisance, rien ne fait obstacle à ce que le Vénérable Maître en éprouve du contentement. Toute humilité bien comprise, il peut ressentir cette sensation de plénitude et de satisfaction qui définit le bonheur.

Or le bonheur est contagieux ! Et il se multiplie en se partageant. Un Vénérable Maître heureux parce qu’il accomplit bien sa tâche est un Vénérable Maître qui rayonne dans sa Loge comme dans sa vie profane, et qui propage ce sentiment de bonheur,  de plénitude et d’harmonie autour de lui.

Il donne alors encore plus de sens à ce que les Maçons appellent de leurs vœux à la fin de leurs Tenues, la Paix, l’Amour, la Joie.

Convent de la Grande Loge Écossaise de France près de Disneyland Paris

Samedi 6 décembre 2025, la Grande Loge Écossaise de France (GLEF) a organisé son convent annuel dans un hôtel prestigieux situé aux abords du parc Disneyland Paris, un choix de lieu inédit et symbolique. Pour la première fois dans l’histoire de la Franc-maçonnerie française, un convent maçonnique s’est tenu dans un environnement aussi original, alliant modernité, convivialité et capacité d’accueil exceptionnelle.

Ce cadre hors du commun, souvent associé à la magie et à l’émerveillement, a permis de rassembler un grand nombre de frères dans une atmosphère détendue tout en préservant la solennité des travaux maçonniques. Ce choix reflète l’ouverture et le dynamisme de la GLEF, une obédience relativement jeune qui n’hésite pas à innover pour favoriser les échanges fraternels. L’hôtel, avec ses vastes salles de conférence et ses infrastructures adaptées, a offert un espace idéal pour accueillir des délégations venues des quatre coins du monde, dans un esprit de fraternité universelle.

Une forte représentation internationale au sein de la SOGLIA

Rudyard Kipling Lodge

Le convent a attiré de nombreuses Grandes Loges membres de la SOGLIA (Society of Grand Lodges in Alliance), la plus importante et la plus ancienne confédération de Grandes Loges régulières, fondée en 2010 pour promouvoir la fraternité maçonnique tout en respectant l’autonomie de chacune. En France, plusieurs obédiences amies étaient représentées, notamment la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, la Grande Loge des Maçons libres et la Rudyard Kipling Lodge. À l’échelle internationale, une vingtaine de Grandes Loges venues d’Europe, d’Asie, d’Afrique et du continent américain ont fait le déplacement, avec une présence particulièrement marquée des obédiences des États-Unis.

Cette affluence transatlantique n’est pas anodine : elle conforte une nouvelle fois la GLEF dans son surnom de « plus américaine des Grandes Loges françaises », en raison de ses liens privilégiés et de son orientation spirituelle et traditionnelle alignée sur de nombreuses pratiques outre-Atlantiques. La SOGLIA, qui rassemble des Grandes Loges attachées aux anciens landmarks et à une maçonnerie régulière indépendante de la reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre, incarne un mouvement dynamique en pleine expansion.

L’installation du nouveau Grand Maître : Stéphane Duchateau

Le moment fort de cette journée a été l’installation solennelle de Stéphane Duchateau comme nouveau Grand Maître de la Grande Loge Écossaise de France. Sous sa direction, l’obédience entend poursuivre son essor au sein du courant de la régularité maçonnique, en mettant l’accent sur la spiritualité, la tradition et l’ouverture internationale. Stéphane Duchateau, connu pour son engagement et sa vision dynamique, succède à Pierre Bengochea qui a déjà posé les bases d’une croissance soutenue.

Lors des travaux, plusieurs traités d’amitié et de reconnaissance mutuelle ont été signés, renforçant les liens fraternels. Parmi eux, un traité particulièrement emblématique a été conclu avec une Grande Loge américaine célébrant en 2025 ses 75 ans d’existence. Il s’agit du premier traité d’amitié historique pour cette obédience, marquant une étape décisive dans les relations maçonniques transatlantiques et illustrant la vitalité des échanges au sein de la SOGLIA.

La GLEF, acteur important de la maçonnerie régulière

Depuis plusieurs années, la Grande Loge Écossaise de France s’affirme comme un pilier du mouvement de régularité maçonnique animé par la SOGLIA. Cette confédération promeut une Franc-maçonnerie spirituelle, traditionnelle et résolument tournée vers la fraternité universelle, sans dépendre de la reconnaissance anglaise. Attachée aux principes fondateurs des anciens landmarks, la GLEF pratique divers rites maçonniques et favorise les recherches symboliques et initiatiques.

Ce convent de 2025, riche en symboles, en émotions et en engagements concrets, démontre la maturité et l’ambition de l’obédience. Installation d’un nouveau leadership, signatures de traités historiques, présence massive d’obédiences étrangères : tout concourt à positionner la GLEF comme un acteur important de la maçonnerie régulière en France et au-delà. Dans un monde en quête de sens, elle réaffirme les valeurs éternelles de fraternité, de tolérance et d’amélioration personnelle, prouvant que la tradition maçonnique peut s’épanouir dans la modernité.

Cet événement restera gravé dans les mémoires des participants comme un jalon important, témoignant de la vitalité d’une Franc-maçonnerie ouverte, dynamique et profondément fraternelle.

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« Le Laurier » d’Alain Mucchielli : une branche symbolique pour nourrir l’âme maçonnique

Dans son dernier opus, Alain Mucchielli nous tend une branche de laurier, non comme un simple voile aromatique drapant nos festins, mais comme un athanor vivant où se fondent les essences de la victoire éternelle et de la transmutation intérieure. Cet homme, né à Toulon sous l’égide d’une quête inextinguible, a d’abord sondé les arcanes de la matière en tant que chimiste et biochimiste, déchiffrant les danses moléculaires qui préfigurent les alchimies de l’âme, avant de se vouer à la médecine, généraliste puis spécialiste, où il a guéri les enveloppes charnelles tout en explorant les labyrinthes de la psyché, imprégné par les abysses jungiens qu’il a arpentés à travers les œuvres de Carl Gustav Jung et de ses héritiers, révélant les archétypes qui tissent l’inconscient collectif aux rites d’éveil.

Son engagement dans les ruelles ombragées du monde réel l’a conduit au travail de rue, puis à la réduction des risques pour les usagers de drogues intraveineuses, une voie de compassion active couronnée en 1997 par le National Rolleston Award, signe de sa capacité à transformer la vulnérabilité en protection initiatique.

Initié en 1980 à Nice au sein du Grand Orient de France, il a ensuite, de 1994 à 1999, participé avec ferveur à la refondation du Rite Français, œuvrant au cœur de l’ancien Grand Collège des Rites et de son Grand Chapitre Général, devenant un spécialiste émérite de ce rite qui marie la clarté des Lumières à l’hermétisme primordial, ravivant les flammes d’une tradition où chaque grade élève l’âme vers l’harmonie cosmique, un engagement qui irrigue toute son œuvre d’une lumière maçonnique authentique.

Sa plume, nourrie de ces strates existentielles, a enfanté des écrits qui vivifient la pensée initiatique, tels que L’Alchimie de l’Être où la Franc-Maçonnerie converse avec Jung dans une quête de métamorphose, Re-Naissance du 5e Ordre du Rite Français qui réanime les grades oubliés, L’Arche d’Hénoch explorant les voûtes célestes, La Caverne et le Poignard dévoilant les ombres rituelles, Le Matras du Maître, La Cornue du Compagnon, L’Alambic de l’Apprenti distillant les essences alchimiques, le Vade-Mecum du Rite Français guidant les pas des frères, et La Truelle et l’Épéeunissant les outils maçonniques à la défense spirituelle, tous ces textes reliant les racines symboliques aux branches contemporaines de l’hermétisme, contribuant à enflammer les loges d’une vision où science, psyché et ésotérisme s’entremêlent pour conduire les âmes vers leur plénitude rayonnante.

C’est au sein des Éditions de la Tarente, cette maison d’édition française nichée dans les terres provençales où les vents du Midi portent les secrets des traditions ancestrales, que cet ouvrage trouve son ancrage, une demeure spirituelle dédiée à l’ésotérisme, au symbolisme, aux voies initiatiques et aux courants spirituels qui irriguent l’humanité depuis les aurores de la conscience. Fondées sur les piliers de la Franc-Maçonnerie, de l’alchimie, de la Kabbale, du christianisme ésotérique, de l’hindouisme mystique, du symbolisme guénonien, du martinisme, du rosicrucianisme, des Templiers, de l’occultisme et de l’hermétisme, ces éditions déploient un catalogue foisonnant de plus d’une centaine d’ouvrages, distribuant également les trésors des Éditions Archè Milano, et abritant des collections comme la Revue la Règle d’Abraham qui sonde les filiations abrahamiques, ou Charis – Archives de l’Unicorne qui recueille les perles de l’hermétisme occidental, chaque publication un pas vers l’éveil, reliant les mystères du passé aux quêtes actuelles où le voile se déchire pour révéler l’unité cachée.

Au cœur de cette constellation éditoriale brille la collection Ces symboles qui nous nourrissent, dirigée par Magali Aimé, cette gardienne des seuils invisibles dont le regard, forgé dans les arcanes de la spiritualité contemporaine, guide les explorateurs vers les portails où le quotidien se transmue en sacré, une série qui transforme les éléments naturels et les produits familiers en médiateurs entre la terre fertile et le ciel infini, explorant leurs dimensions symboliques, ésotériques et initiatiques pour nourrir l’esprit autant que le corps, favorisant un éveil où les archétypes se réveillent dans les gestes les plus humbles. Magali Aimé, avec sa sensibilité affinée aux courants maçonniques et hermétiques, oriente cette collection vers une harmonie où fruits, plantes et épices deviennent des clés alchimiques, reliant les traditions antiques – des mythes gréco-romains aux encens bibliques – aux pratiques contemporaines d’initiation, invitant les lecteurs à une communion intime avec l’univers, comme dans les volumes sur le sel symbolisant la pureté transmutatrice, l‘olivier évoquant la paix éternelle, ou la grenade incarnant la fertilité mystique, chaque livre élevant le profane vers le temple intérieur.

Au sein de cet ouvrage, le laurier se déploie tel un arbre aux veines pulsant de sève divine, ses feuilles capturant l’essence des mythes où Apollon, consumé par le feu de la passion, voit Daphné se métamorphoser en arbuste immortel, emblème de la chasteté victorieuse et de la maîtrise sur les tourbillons charnels, un récit qui vibre avec les arcanes maçonniques où la transformation marque le passage des ténèbres à la lumière éclatante.

Alain Mucchielli nous entraîne dans ces légendes grecques et romaines, où le laurier ceint les fronts des poètes et des conquérants, gardant les sanctuaires intimes contre les bourrasques de l’illusion, tout comme dans les opérations alchimiques où soufre et mercure s’allient pour raffiner l’essence vitale, une alchimie que les illustrations de Catherine Guidini, cette artiste dont le trait subtil évoque les enluminures des grimoires anciens, capturent avec une grâce invocatrice, ses dessins où des silhouettes encapuchonnées, pareilles à des adeptes hermétiques brandissant des rameaux purificateurs, ou des troncs s’élançant vers des firmaments énigmatiques, infusent chaque page d’une présence presque palpable, reliant le regard du lecteur aux flux hermétiques par un art qui ne se contente pas d’illustrer mais éveille l’intuition profonde, transformant les formes végétales en portails vers l’invisible, une contribution qui, dans toute la collection, élève le texte à une dimension contemplative où l’image devient un symbole vivant, nourri des influences ésotériques qui tissent le visible au voile des mystères.

Pénétrant les couches symboliques avec une finesse qui évoque les grades maçonniques, Alain Mucchielli dévoile le laurier comme un bastion de la botanique ésotérique, ses vertus antioxydantes et antifongiques miroir des puissances qui chassent la décomposition de l’esprit, reflet des rites où l’on écarte les scories pour faire croître les vertus impérissables, liant ainsi les colonnes du temple intérieur aux fûts résilients qui soutiennent la voûte cosmique.

Historiquement, l’auteur nous conduit des empereurs romains arborant ses feuilles pour sceller leur alliance avec le divin, aux coutumes provençales où il imprègne les offrandes culinaires d’une fragrance sacrée, transfigurant l’ordinaire en cérémonial qui unit le tangible au transcendant, une symphonie où le laurier surgit comme un archétype religieux, rappelant les ablutions des écritures saintes ou les fumigations des autels païens, son parfum dispersant les dissonances pour préparer l’initié à l’union avec le Grand Architecte de l’Univers, une profondeur que Catherine Guidini amplifie par ses vignettes où les ramures se contorsionnent en spirales alchimiques, invitant l’œil à tracer les sentiers de l’ascension intérieure, son style, imprégné d’influences hermétiques et symboliques, rendant chaque illustration un acte d’invocation qui dialogue avec le texte pour éveiller les sens dormants.

Alain-Mucchielli

Ésotériquement, cet arbuste toujours vert incarne la constance de l’esprit face aux roues inexorables de la matière, un leitmotiv précieux à la Maçonnerie où les édifices éternels s’érigent dans les cœurs, et Alain Mucchielli, avec une délicatesse frôlant l’incantation rituelle, nous convie à déguster cette opulence, où chaque préparation – un lapin mijotant dans un vin blanc saturé de ses arômes, ou un bouillon provençal libérant ses secrets foliaires – se mue en opération de transmutation, convertissant les composés terrestres en philtres de révélation qui sustentent l’âme autant que l’enveloppe physique.

Nous, en tant que pèlerins sur ces voies initiatiques, percevons cette intimité subjective : le laurier nous apostrophe au tréfonds de notre être, attisant les brasiers de notre curiosité philosophique, nous pressant à scruter nos propres fondations spirituelles et à tresser nos couronnes de triomphe sur les mirages de l’ego, tandis que les compositions de Catherine Guidini, évoquant les ornements des manuscrits alchimiques, nous immergent dans une méditation où l’art sert de seuil, appelant nos facultés à se fondre avec les énigmes du symbole, une harmonie renforcée par la vision de Magali Aimé qui, en dirigeant cette collection, tisse un réseau où chaque volume, tel un grade maçonnique, élève progressivement l’esprit vers une compréhension unifiée des mystères nourriciers.

Ainsi, à travers Le Laurier d’Alain Mucchielli, nous discernons un fanal qui guide les sentiers maçonniques, où la symbolique végétale entrelace les héritages antiques aux aspirations présentes, nous laissant imprégnés d’une ramure intérieure qui, une fois enflammée par l’étincelle de la gnose, consume les illusions pour manifester l’union sacrée entre la matrice fertile de la terre et l’immensité du ciel, une contemplation qui prolonge l’héritage d’un penseur dont l’existence entière fut un rituel de passage vers la lumière collective, enrichie par les visions de Catherine Guidini et la direction inspirée de Magali Aimé.

Le Laurier

Alain Mucchielli Les Éditions de la Tarente, coll. Ces symboles qui nous nourrissent, 2025, 68 pages, 12 € / L’éditeur, le SITE

Le Laurier

Genèse et évolution du rituel dit « Lauderdale » : une analyse historico-critique

L’étude du rituel dit « Lauderdale », en usage dans plusieurs fédérations de l’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain », se heurte à une difficulté méthodologique majeure : la complexité de son histoire éditoriale, marquée par une succession de révisions, d’ajouts et une instabilité de sa dénomination. Retracer sa genèse impose de confronter l’histoire matérielle des textes à la mémoire institutionnelle qui le présente comme un ensemble stable. Cette analyse se propose de déconstruire cette tension fondamentale entre les faits textuels et les récits unificateurs.

Le rituel « Lauderdale » n’est pas le produit d’un projet rédactionnel unique, mais le produit d’une stratification textuelle dont la réalité historique est masquée par des narrations généalogiques unifiantes. Sa véritable nature, contingente et évolutive, ne peut être appréhendée qu’en distinguant l’histoire effective des sources de leur reconstruction mémorielle.

Notre approche historico-critique, est fondée sur l’analyse comparative et matérielle des différentes éditions imprimées. En distinguant rigoureusement les faits établis par l’examen des sources des constructions symboliques produites a posteriori, il devient possible de reconstituer une histoire plus fidèle à la matérialité des archives. Pour saisir cette évolution, une analyse chronologique de l’histoire éditoriale du rituel s’avère indispensable.

Une histoire éditoriale complexe : du « Dharma Working » au « Ritual of the Three Craft Degrees »

Une analyse chronologique rigoureuse est essentielle pour comprendre la stratification du corpus rituel. Elle permet de mettre en évidence non seulement les changements de contenu, mais aussi les variations de dénominations, qui sont autant d’indices des phases de recomposition et de normalisation du texte. L’histoire éditoriale de ce qui deviendra le rituel « Lauderdale » peut être jalonnée par les étapes suivantes :

  • 1904-1905 : Première publication du rituel de Dharma Workings (Rituel Dharma).
  • 1908 : Réimpression de la version originale.
  • 1913 : Publication de la Third Edition (Revised and Enlarged) of the Dharma Workings, marquant une première révision approfondie avec des ajouts notables.
  • 1916 : Parution d’une nouvelle édition qui abandonne l’appellation « Dharma ».
  • 1925 : Intervention de révisions qualifiées de mineures.
  • 1951 & 1960 : Publication de deux nouvelles éditions. L’édition de 1960, intitulée Ritual of the Three Craft Degrees (1951 Working revised), est identifiée comme la source textuelle directe du rituel qui sera plus tard désigné sous le nom de « Lauderdale ».

La comparaison textuelle révèle des divergences substantielles qui témoignent de cette évolution continue. En particulier, l’édition contemporaine du « Lauderdale », fidèle à la version de 1960, inclut des éléments significatifs absents de la version de 1951 qu’elle prétend simplement réviser. Parmi ces ajouts majeurs, on observe :

  • L’introduction de quatre obligations en lieu et place d’une seule.
  • L’ajout d’une note explicative dans la section « Order of Procession ».
  • Des modifications dans les « Preliminary Ceremonies »
  • Un remaniement partiel de la « Ceremony of Incense ».

L’évolution de ce texte vivant ne s’arrête d’ailleurs pas en 1960. Certaines éditions ultérieures, comportent des annotations marginales ou des directives inhabituelles, comme l’instruction d’utiliser systématiquement les pronoms masculins (« he », « his »), témoignant d’un processus continu de normalisation. Cette histoire complexe a directement contribué à l’instabilité de la dénomination du rituel, créant les conditions de l’émergence d’une appellation d’usage non officielle.

La question de la dénomination : L’émergence d’une appellation d’usage

La dénomination « Lauderdale » constitue en elle-même un objet d’analyse, car elle n’apparaît sur aucune des éditions fondatrices du rituel, y compris celle de 1960. Il s’agit d’une appellation informelle, adoptée a posteriori, dont l’usage s’est progressivement imposé pour des raisons de commodité, masquant la diversité des intitulés originels.

L’évaluation de sa diffusion contemporaine confirme son caractère de convention d’usage plutôt que de titre officiel :

  • Usage répandu : Le terme « Lauderdale » est couramment employé pour désigner ce corpus rituel au sein des fédérations du Droit Humain en Afrique du Sud, en Amérique du Nord, en Norvège, au Royaume-Uni et en Australie.
  • Usage différencié : La fédération néerlandaise, bien qu’elle n’utilise pas cette appellation dans ses éditions imprimées, y fait référence dans ses documents internes, attestant une connaissance de cette nomenclature sans pour autant l’officialiser.

Ces observations confirment que le terme relève d’une convention pratique plutôt que d’une désignation historiquement stabilisée.

Concernant l’origine de ce nom, l’hypothèse toponymique est la plus plausible. Les sources indiquent que vers 1922, plusieurs loges britanniques ont transféré leur lieu de réunion du 13, Blomfield Road au 2 Lauderdale Road, à Londres. Cette hypothèse, bien que séduisante, illustre la distinction critique entre une corrélation factuelle (le déménagement) et une imputation causale (l’origine du nom), cette dernière relevant, en l’absence de sources directes, de la conjecture historique. L’absence de sources contemporaines attestant cet usage à cette période caractérise cette explication comme une reconstruction a posteriori. Cette dénomination informelle a néanmoins facilité la construction de récits institutionnels visant à ancrer le rituel dans une généalogie prestigieuse et cohérente.

Discours institutionnels et réalité textuelle : une confrontation critique

L’analyse des discours institutionnels produits par les fédérations qui pratiquent ce rituel est importante. Elle révèle une tension significative entre, d’une part, la construction d’une mémoire collective et identitaire et, d’autre part, les faits établis par l’étude critique des sources textuelles. Ces discours tendent à construire une narration généalogique simplifiée et légitimante.

La narration de la fédération britannique

Annie Besant

La présentation faite par la fédération britannique met l’accent sur une filiation directe et continue avec le rituel Dharma des origines. Elle souligne des traits cérémoniels spécifiques, comme l’usage de l’encens, la cérémonie d’allumage des bougies et une dimension mystique fortement associée à la pensée d’Annie Besant. Si cette description est globalement conforme au contenu du rituel, elle s’avère lacunaire en ce qu’elle occulte les processus de révision successifs. En présentant le rituel comme un ensemble cohérent et intentionnellement conçu dès l’origine, ce récit élude la complexité et la contingence de son histoire éditoriale.

L’attribution d’auteurs par la fédération australienne

George Arundale

De son côté, la fédération australienne attribue le développement du rituel à une action conjointe de figures majeures : C. W. Leadbeater, J. I. Wedgwood et Marie Russak-Hotchner, avec l’approbation d’Annie Besant et de George Arundale. La fonction de ce récit est claire : il vise à asseoir l’autorité charismatique et la continuité doctrinale du rituel en l’associant à un lignage prestigieux. Cependant, cette même source révèle une contradiction interne en reconnaissant explicitement que l’histoire précise de l’élaboration du rituel demeure insuffisamment documentée, soulignant ainsi les limites de son propre discours face à l’exigence de vérifiabilité historique.

Leadbeater avec le décor maçonnique du 33º degré du Rite écossais ancien et accepté.

En conclusion, une divergence épistémologique fondamentale apparaît entre la narration téléologique et légitimante des discours institutionnels et les résultats de l’analyse historico-textuelle. Alors que les premiers construisent un récit de continuité et d’autorité fondé sur la mémoire, la seconde révèle la contingence, la stratification et l’évolution progressive des sources matérielles. Une déconstruction factuelle des attributions d’auteurs s’impose donc pour mesurer cet écart.

Réévaluation des attributions d’auteurs : une analyse chronologique

Le rituel « Lauderdale » correspond textuellement, dans sa forme stabilisée, à l’édition de 1960 du Ritual of the Three Craft Degrees. Par conséquent, toute attribution de paternité doit être évaluée à la lumière des dates de décès des figures historiques concernées.

Figure HistoriqueAnalyse de la Contribution Potentielle
C. W. Leadbeater (Mort en 1934)Sa participation aux éditions de 1951 et 1960 est chronologiquement impossible. Son implication est en revanche plausible pour les éditions de 1916 et potentiellement celle de 1925, mais son influence directe ne peut s’étendre au-delà de cette date.
J. I. Wedgwood (Mort en 1951)Sa participation à l’édition de 1960 est impossible. Son rôle dans les premières phases de développement est substantiel : plusieurs éléments suggèrent que l’introduction de l’encens et de la cérémonie d’ouverture pourrait lui être attribuée dès l’édition révisée de 1913. Sa contribution ne saurait excéder l’édition de 1951.
Marie Russak (Morte en 1945)Sa participation directe aux éditions de 1951 et 1960 est impossible. L’hypothèse d’une influence indirecte sur Besant entre 1906 et 1910 est affaiblie par le fait que la première révision substantielle date de 1913 et semble avoir été réalisée au Royaume-Uni, ce qui en limite la portée.
Annie Besant (Morte en 1933)Sa participation aux versions tardives du rituel est impossible. Son rôle est celui d’une figure d’influence doctrinale et symbolique sur l’esprit des premières versions, plutôt que celui d’une rédactrice des éditions post-1933.

L’attribution de la version de 1960 à ces figures fondatrices est le symptôme d’un processus de légitimation rétrospective plutôt que d’une réalité historique. Cette démarche vise à inscrire une édition tardive dans une généalogie prestigieuse, confirmant la thèse d’une divergence irréductible entre l’histoire des textes et les reconstructions mémorielles.

Pour une approche critique des traditions rituelles

L’analyse historico-critique du rituel dit « Lauderdale » permet de formuler plusieurs conclusions fondamentales qui dépassent ce seul cas d’étude.

  1. Nature Composite du Rituel : Le rituel « Lauderdale » n’est pas le fruit d’un projet unitaire, mais un corpus composite, façonné par une dynamique continue de transmission, de réinterprétation et de normalisation progressive. Son histoire est celle d’un texte vivant, adapté et remanié sur plusieurs décennies.
  2. Divergence entre Histoire et Mémoire :  il faut distinguer sur le plan méthodologique entre les constructions mémorielles et identitaires des organisations initiatiques, qui produisent des récits de continuité et de légitimité, et les données factuelles établies par l’étude matérielle des textes, qui révèlent une histoire plus complexe et contingente.
  3. Importance de l’Analyse Critique : L’approche critique est nécessaire pour éclairer les mécanismes de production, de transmission et de stabilisation des traditions rituelles. Elle permet non seulement de comprendre la genèse d’un corpus spécifique, mais aussi de saisir les processus plus généraux par lesquels les traditions sont inventées, maintenues et légitimées au sein du Droit Humain et d’autres courants initiatiques.

In fine, le cas du rituel « Lauderdale » devient emblématique des mécanismes par lesquels les traditions initiatiques modernes ne sont pas simplement transmises, mais activement inventées et réinventées, transformant la contingence de l’histoire en nécessité mémorielle.

Auteur : S. Morin

Quand l’Église discute avec la Franc-maçonnerie régulière et de tradition : le dossier enfin révélé

Daté du 15 novembre 2017 et marqué « document confidentiel », un Mémoire inédit a tenté de répondre à une question brûlante : que faire, pastoralement, de catholiques engagés dans des loges régulières et de tradition – théistes, non mixtes, étrangères aux joutes politico-religieuses en loge – sans trahir la doctrine romaine ? Huit ans plus tard, le rappel de Rome (2023) resserre l’étau. Le Mémoire, lui, demeure une pièce de discernement.

Mémoire pour un accueil pastoral

Le Manifeste : explication détaillée du Mémoire avant toute analyse

Un texte daté, situé, et volontairement borné

Ce Mémoire n’est pas un traité général sur “la Franc-maçonnerie” au sens large. Il se présente comme la synthèse d’échanges entre des représentants mandatés de trois obédiences Grande Loge Nationale Française (GLNF), Grande Loge Traditionnelle et Moderne de France (GLTMF), Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) et deux évêques délégués : Jean-Charles Descubes et Michel Dubost, dans un groupe de travail autorisé par la présidence de la Conférence des évêques de France.

CEF

Le Mémoire consigne un calendrier de réunions (d’octobre 2016 à octobre 2017).
Ce périmètre est capital : citer ces noms ne crée pas une hiérarchie entre obédiences, cela décrit les parties prenantes d’un dossier précis.

Son point de départ : une souffrance pastorale, pas une revendication politique

Le texte expose une réalité humaine : des catholiques membres de ces loges disent vivre une souffrance parce qu’ils se sentent “fils de l’Église” et ne comprennent pas une condamnation globale, tandis qu’ils perçoivent leur double appartenance comme un enrichissement.
Le Mémoire va plus loin : il mentionne des itinéraires où la rencontre de Francs-maçons a accompagné, chez certains, un retour à la foi en Jésus-Christ.

Le cœur du “manifeste” est là : la question n’est pas d’abord institutionnelle, elle touche la paix de la conscience.

Ce qu’il appelle “régulière et de tradition

Le Mémoire rappelle une généalogie : la rupture de 1877 (abandon de l’obligation de référence au GADLU par le Grand Orient de France (GODF) et la constitution d’un courant qui entend rester fidèle à une verticalité théiste et à une tradition des origines.
Il décrit une maçonnerie qui se veut spiritualiste, qui n’entend pas se poser “au-dessus” des religions, et qui travaille l’amélioration morale et intérieure, sans prétendre au statut de religion de substitution.

Le texte donne aussi à voir, concrètement, ce que cela signifie rituellement (prière, langage du Temple, sanctuaire de la vérité).

Blason du Vatican

Les nœuds doctrinaux identifiés par le Mémoire

Le Mémoire ne nie pas les objections romaines : il les reprend et les traite comme des points à éclairer.

  • Relativisme : il reconnaît que l’Église soupçonne une dissolution de la vérité ; il discute l’idée d’un relativisme constitutif des obédiences régulières, en distinguant le fait que la loge ne tranche pas les dogmes et le droit de chaque frère de tenir pour vraie sa propre foi.
  • GADLU : le texte pointe le risque d’un GADLU compris comme déisme “minimal”, et répond que ce n’est pas une doctrine des obédiences régulières ; il rappelle la différence entre “nom commun” et théologie révélée.
  • Initiation et grâce : il reconnaît l’objection selon laquelle l’initiation pourrait absolutiser le perfectionnement éthique et rendre la grâce invisible ; il soutient, au contraire, que le cheminement initiatique peut disposer à accueillir la grâce, sans la produire.
  • Secret et serment : le Mémoire explique la logique symbolique des pénalités et insiste sur un point très fin : le serment s’imprime dans la mémoire, parle à l’homme “dans l’intime de sa conscience”.
  • La place du Christ : question posée frontalement par les évêques (“Quelle place décisive est reconnue à Jésus-Christ ?”) et réponse qui tente de maintenir l’orthodoxie du catholique, tout en assumant la pluralité religieuse de la loge.
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Le point de bascule : “péché grave” et communion

Le Mémoire rappelle la déclaration romaine de 1983 : l’adhésion aux associations maçonniques est qualifiée de « péché grave » avec impossibilité d’accéder à la communion.
Puis il adopte une stratégie très “morale catholique” : il rappelle les conditions du péché grave (matière, connaissance, liberté) et pose la question : l’adhésion à une loge régulière et de tradition entraîne-t-elle nécessairement cet état, “automatiquement” ?

Sa conclusion : une demande de clarification, pas une reconnaissance

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Le Mémoire formule un vœu : que l’autorité compétente précise que, pour la paix des consciences, les catholiques adhérant en France à une obédience régulière et de tradition ne seraient pas concernés par la déclaration de 1983 – tout en disant ne pas demander une reconnaissance officielle.

Voilà le “manifeste” : non une provocation, mais une tentative de distinguer afin d’éviter l’amalgame.

Analyse : quel intérêt, aujourd’hui, pour un tel Mémoire ?

1) Parce qu’il oblige à quitter la caricature

Dans l’espace public, la querelle Église/maçonnerie est souvent récitée comme un catéchisme de guerre : d’un côté “Rome condamne”, de l’autre “la loge s’émancipe”. Le Mémoire fait mieux : il identifie les vrais lieux de friction (vérité, révélation, grâce, signes, conscience) et force chacun à parler sur pièces.

2) Parce qu’il montre que la “régularité” ne dissout pas le problème.

Grande Loge Unie d’Angleterre – GLUA

 Elle le rend plus fin : croyance en Dieu, GADLU, pas de politique ni de religion en loge, tradition, non-mixité (Basic Principles édicté en 1929 par la Grande Loge Unie d’Angleterre – GLUA). Cela retire une partie des conflits historiques. Mais Rome ne juge pas seulement des usages ; elle juge une compatibilité de principes. Et la déclaration de 1983 le dit explicitement : principes “irréconciliables”, adhésion interdite, conséquence sacramentelle.
Le Mémoire a donc cette vertu : il déplace le débat vers le centre réel – le régime de vérité, le statut du symbole, la place du Christ.

3) Parce qu’il éclaire la notion décisive : la lisibilité des signes

L’Église est une économie de signes (sacrements, communion, appartenance visible). La loge est aussi un langage de signes (serment, secret, progression, reconnaissance). Quand deux langages se superposent, le risque n’est pas seulement intellectuel : il est sémiotique. Le Mémoire le suggère en profondeur : un engagement n’est pas qu’une intention, il est aussi un signe.

Siège du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

4) Parce qu’il reste actuel malgré le rappel romain de 2023

En novembre 2023, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) – anciennement Congrégation pour la Doctrine de la Foi, héritière du Saint-Office et, plus loin, de l’Inquisition romaine, chargé de promouvoir et sauvegarder l’intégrité de la doctrine catholique en matière de foi et de mœurs –, saisi par un évêque aux Philippines, a réaffirmé que l’adhésion active à la franc-maçonnerie demeure interdite, en renvoyant explicitement à la Déclaration de 1983 sur les associations maçonniques.
Autrement dit : le vœu final du Mémoire (une clarification dérogatoire) n’a pas trouvé, à ce jour, la réponse espérée.


Mais l’intérêt du Mémoire demeure intact : il enseigne une méthode de discernement qui évite deux fautes symétriques – la condamnation indifférenciée et l’assouplissement imaginé.

5) Et la question délicate : citer trois obédiences, est-ce “offusquant” pour les autres ?

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Si nous écrivons avec probité, non. Parce que le texte n’affirme pas : “il n’existe que trois obédiences régulières”. Il dit : “ce dossier précis a été porté par trois obédiences identifiées”.
Le respect fraternel consiste à ajouter une phrase de cadre : la diversité maçonnique française existe, mais elle n’est pas l’objet de ce Mémoire-là. C’est une limitation de source, pas un jugement.

Le Mémoire de 2017 n’est pas un passe-droit ; c’est une mise à l’épreuve. Il place l’Église devant sa responsabilité pastorale, et la franc-maçonnerie régulière devant sa responsabilité spirituelle : ne pas se raconter d’histoires.

À l’ombre du Temple comme au seuil de l’autel, la question devient austère, presque belle : de quel Dieu parlons-nous, sur quel registre vivons-nous, et comment protégeons-nous la conscience sans la flatter ? Le reste – le bruit, les postures, les camps – n’est que poussière de chantier.

Drapeau du Vatican
Drapeau du Vatican

Le Grand Orient de Suisse, signataire fondateur de l’Alliance Maçonnique Libérale Internationale

Du site officiel du GOS

Le samedi 13 décembre 2025, au siège du Grand Orient de France à Paris, le Grand Orient de Suisse, représenté par son Grand Maître Pierre Jéronimo, a eu l’honneur de signer la Charte de l’Alliance Maçonnique Libérale Internationale fondée il y a un an.

À cette occasion, onze obédiences maçonniques libérales se sont réunies pour signer cette alliance internationale nouvelle, fondée sur des valeurs partagées, une fraternité assumée et la volonté de renforcer la coopération entre obédiences souveraines, dans le respect de leurs singularités.

le dialogue régulier entre obédiences,

  • le partage de réflexions et de pratiques,
  • la mise en œuvre de projets communs,
  • et une reconnaissance mutuelle fondée sur la confiance et le respect.

La création de l’Alliance Maçonnique Libérale Internationale procède d’un constat partagé : dans un monde traversé par des tensions politiques, sociales, culturelles et identitaires croissantes, la franc-maçonnerie libérale se doit de renforcer ses liens, de structurer ses coopérations et de faire entendre une voix humaniste claire, fidèle à ses principes fondateurs.

Les obédiences signataires ont ainsi affirmé la nécessité d’un rapprochement fraternel international, destiné à favoriser :

La Charte d’Alliance repose sur des principes fondamentaux qui constituent le socle de la maçonnerie libérale et adogmatique :

  • La liberté absolue de conscience,
  • L’attachement aux valeurs humanistes,
  • Le respect inconditionnel de la dignité humaine, quelles que soient l’origine, la nationalité, le sexe, la religion ou les opinions,
  • Le fonctionnement démocratique des obédiences,
  • La promotion universelle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Les obédiences signataires affirment leur volonté d’agir ensemble pour contribuer à l’amélioration morale et matérielle de l’humanité, tout en respectant pleinement l’indépendance et la souveraineté de chacune.

L’Alliance Maçonnique Libérale Internationale n’est ni une super-obédience ni une instance de tutelle. Elle se veut un espace de convergence, de coordination et de rayonnement, fondé sur l’adhésion volontaire, la loyauté fraternelle et la reconnaissance mutuelle.

Un comité de pilotage, regroupant les obédiences fondatrices, est chargé de valider les actions communes et d’en assurer la cohérence. Le Grand Orient de France s’est engagé à en faciliter la coordination initiale.

Le Grand Maître du Grand Orient de Suisse, Pierre Jéronimo avec le Grand Maître du Grand Orient de France, Pierre Bertinotti.
Pierre Bertinotti, GM du GODF et Pierre Jéronimo, GM du GOS

En signant cette Charte, le Grand Orient de Suisse réaffirme :

  • son attachement à la franc-maçonnerie libérale et initiatique,
  • sa volonté de s’inscrire pleinement dans une dynamique internationale ouverte,
  • son engagement en faveur d’une franc-maçonnerie fidèle à ses valeurs, lucide sur les défis contemporains et résolument tournée vers l’avenir.

Le Grand Orient de Suisse se réjouit de contribuer activement au développement de cette Alliance et d’œuvrer, aux côtés de ses Frères et Sœurs des obédiences signataires, au rayonnement d’une franc-maçonnerie libérale, humaniste et fraternelle, au-delà des frontières.

AD3L, le bouclier discret des militants de la laïcité

Près de trois ans après notre premier article, l’Association de Défense des Laïques s’est distinguée par une présence remarquée au 2e Colloque des référents laïcité de la Région Île-de-France. Le 21 janvier 2023 – une date qui, dans l’histoire républicaine, n’est jamais tout à fait neutre – le chroniqueur Yonnel Ghernaouti vous présentait la naissance d’une nouvelle venue dans le paysage laïque : l’Association De Défense Des Laïques (AD3L), portée notamment par le Grand Orient de France (GODF), la Grande Loge Féminine de France (GLFF) et la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, au sein du Collectif Laïque National (CLN).

AD3L

Ce 3 décembre dernier, l’AD3L était présente au 2ᵉ colloque des référents laïcité organisé par la Région Île-de-France, le 3 décembre 2025, à l’hôtel de la préfecture de Région à Saint-Ouen. Une manière de mesurer le chemin parcouru par cette structure encore jeune, mais déjà bien identifiée de celles et ceux qui, sur le terrain, prennent des coups pour défendre la loi de 1905.

Blason GODF

Une « force d’action » issue du Collectif Laïque National

Rappelons-le : l’AD3L n’est pas une association de plus dans la galaxie laïque, mais l’outil d’intervention du Collectif Laïque National (CLN), qui fédère aujourd’hui plus de quarante organisations œuvrant à la promotion et à la défense de la laïcité sur tout le territoire.

Créée en 2019 par plusieurs associations membres du CLN – parmi lesquelles l’Association des Libres Penseurs de France, le Comité Laïcité République, ÉGALE, l’UFAL et, côté maçonnique, le GODF, la GLFF et LE DROIT HUMAIN – l’AD3L a été pensée comme une réponse structurée au “djihad judiciaire” mené contre les militants laïques et universalistes : procédures-bâillons, plaintes en diffamation, harcèlement contentieux destinés à faire taire celles et ceux qui dénoncent les offensives intégristes.

Après un temps de latence lié à la crise sanitaire, l’association a été relancée et mise en lumière à l’occasion d’une soirée publique le 17 janvier 2023 à la mairie du 9ᵉ arrondissement de Paris, réunissant de nombreuses personnalités de son comité de soutien autour de son président Jean Javanni, Grand Maître adjoint « Laïcité, République, Enseignements » du GODF.

Soutenir les laïques menacés : une mission très concrète

Le site de l’AD3L résume bien sa vocation : « Soutenir les militants laïques, c’est protéger notre édifice républicain ».

Concrètement, l’association a pour objet de soutenir les personnes physiques ou morales qui œuvrent pour les principes et valeurs républicains – au premier rang desquels la laïcité – lorsqu’elles se trouvent menacées, diffamées, harcelées ou mises en cause en justice en raison de leurs convictions laïques, républicaines et humanistes. Elle assure une veille, notamment juridique, sur les dossiers sensibles, apporte conseils, accompagne les procédures, et peut participer au financement de la défense de celles et ceux qui sont assignés devant les juridictions françaises ou européennes.

L’association se donne aussi pour mission de combattre toutes les formes de fondamentalisme, les discours de haine, le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, ainsi que les atteintes aux droits des femmes et des enfants – autant de combats qui résonnent fortement avec l’engagement historique des obédiences maçonniques fondatrices.

Illustration Facebook AD3L

Un formulaire de déclaration d’incident permet à toute personne menacée ou poursuivie du fait de ses engagements laïques de saisir directement l’AD3L. Le dossier est alors instruit par un réseau de juristes, de militants et de responsables associatifs, qui décident du soutien à apporter : conseils, accompagnement médiatique, appui financier, mobilisation publique, etc.

La force d’un réseau national

L’un des atouts majeurs de l’AD3L tient à sa nature même : elle est l’émanation d’un réseau national déjà structuré, celui du Collectif Laïque National, fort de vingt ans d’actions communes. Cette inscription dans un tissu militant éprouvé lui donne une capacité de réaction rapide, mais aussi une légitimité politique et symbolique : lorsqu’un militant, un élu, un enseignant ou un responsable associatif est mis en cause, c’est tout un archipel d’organisations laïques qui se tient derrière lui.

L’association bénéficie par ailleurs du statut d’organisme d’intérêt général, ouvrant droit aux avantages fiscaux liés aux dons. Les contributions – petites ou grandes – des particuliers et des obédiences permettent de financer les défenses, les expertises et les actions de sensibilisation.

À Saint-Ouen, la rencontre avec les référents laïcité

La présence d’AD3L au 2ᵉ colloque des référents laïcité de la Région Île-de-France n’avait donc rien d’anecdotique. Toute la journée, au fil des tables rondes et ateliers, il a été question de ces agents publics, chefs d’établissement, cadres associatifs ou élus locaux qui, dans leur service, leur école, leur mairie, se retrouvent en première ligne face aux atteintes à la laïcité : pressions communautaires, contestation de cours, remises en cause de la neutralité, intimidations sur les réseaux sociaux.

Hôtel-de-Région-IdF

Les dispositifs présentés par la Région – réseau des référents, Laïcoscope, plateforme numérique R-Laïcité – visent à briser l’isolement de ces acteurs et à leur offrir un soutien institutionnel. L’AD3L, elle, représente le versant militant et solidaire de la même exigence : lorsque l’engagement laïque conduit jusqu’au tribunal, lorsque les coups deviennent trop durs, il est vital que personne ne reste seul.

Logo Région IdF

En croisant ainsi, dans un même lieu, référents mandatés par la puissance publique et militants épaulés par une association issue des obédiences maçonniques et du mouvement laïque, le colloque de Saint-Ouen a montré combien la défense de la laïcité est aujourd’hui un travail à plusieurs cercles : le droit, la pédagogie, la formation… et la solidarité concrète.

Bandeau Facebook

Une vigilance maçonnique dans la cité

Pour les francs-maçons et franc-maçonnes des obédiences fondatrices – Grand Orient de France, Grande Loge Féminine de France, Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN –, l’AD3L est plus qu’un outil juridique : c’est un prolongement dans la cité de l’engagement prêté sous le bandeau. Défendre la liberté de conscience, l’égalité des droits, la dignité de chaque être humain ne peut rester cantonné aux murs du Temple ; cela suppose d’accepter que certains combats exposent, isolent, usent.

Jean Javanni – LinkedIn

En soutenant celles et ceux qui, parfois seuls dans leur établissement scolaire, leur commune ou leur association, continuent de dire la laïcité comme un principe d’émancipation et non comme un slogan creux, l’AD3L agit comme une loge de secours : elle apporte la chaîne d’union là où les attaques cherchent à rompre le maillon.

Deux ans après notre premier article, la voir ainsi associée à un grand rendez-vous institutionnel comme le colloque des référents laïcité d’Île-de-France est un signal encourageant : celui d’une laïcité qui ne se contente pas de célébrer 1905, mais invente, jour après jour, les formes concrètes de sa défense.

Pour les lectrices et lecteurs de 450.fm, comme pour toutes celles et ceux pour qui la Franc-maçonnerie est une école de responsabilité, une évidence s’impose : la laïcité n’est pas un héritage acquis, mais un chantier permanent. Avec l’AD3L, ce chantier a trouvé un outil précieux. AD3L, le site

À nous, maintenant, de le faire vivre !

Guide intérieur et Etres de lumière

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Dans À l’écoute de votre guide intérieur, Sophie Guedj propose une exploration simple et accessible de la guidance intérieure, cette présence subtile qui, selon elle, accompagne chaque être humain au quotidien. L’ouvrage commence par clarifier ce qu’est le « guide intérieur » : une partie plus vaste et plus sage de soi-même, reliée à la conscience supérieure. Ce guide ne se manifeste pas sous forme spectaculaire, mais à travers des élans, des intuitions, des ressentis calmes, des synchronicités ou des idées subtiles et répétitives. L’auteure démystifie cette notion en montrant que la guidance n’est pas réservée à quelques personnes, mais qu’elle constitue un potentiel naturel.

Une large partie du livre est consacrée à la manière de poser des questions à son guide intérieur et de reconnaître les réponses. L’auteure insiste sur la clarté : plus la question est simple, plus la réponse peut émerger naturellement. Les signes de la guidance authentique sont décrits : sensation d’évidence, paix intérieure, absence de tension, réponses brèves et lumineuses, parfois inattendues mais toujours bienveillantes.

Enfin, l’auteure rappelle que la relation avec son guide intérieur est un dialogue vivant. Ce n’est pas une technique ponctuelle, mais un mode d’être : apprendre à faire confiance, à observer, à demander, à écouter et à ajuster. Le livre se conclut sur une invitation : chacun peut transformer sa vie en cultivant cette relation intérieure, source de lucidité, de réconfort et de guidance profonde.

L’appel des êtres de lumière, est un ouvrage destiné à accompagner le lecteur dans un processus d’éveil intérieur et de reconnexion avec des dimensions subtiles de l’existence. L’auteure insiste d’abord sur le fait que tout être humain est accompagné, sans exception, par des présences lumineuses – guides, anges, maîtres ou énergies supérieures – dont la tâche est de soutenir l’âme dans son évolution. Ces Êtres ne cherchent pas à influencer ou diriger la vie des individus, mais à éclairer leur chemin dès lors qu’ils en font consciemment la demande.

Le livre met en avant la nécessaire élévation vibratoire : changer sa qualité de pensée, apaiser ses émotions, apprendre à vivre dans une conscience plus élargie. Une autre dimension importante du livre est l’idée que chacun possède une mission d’âme, parfois simple, parfois plus marquée, mais toujours reliée à un service pour autrui ou pour la Terre.

Enfin, l’ouvrage adopte un ton profondément réconfortant : son message central affirme que personne n’est seul, que le monde visible et invisible coopèrent, et que la période actuelle, malgré ses turbulences, est une grande opportunité d’éveil collectif. L’auteure transmet également plusieurs messages directs reçus des Êtres de Lumière, portant sur l’amour inconditionnel, la compassion, la croissance de l’âme et l’avenir lumineux auquel l’humanité est invitée. Le livre se termine sur un encouragement : répondre à cet appel, suivre la voix intérieure, et devenir soi-même un relais de lumière.

L’AUTEURE

Sophie Guedj Metthey est channel et formatrice, certifiée en hypnose eriksonnienne, PNL, soins énergétiques intégration mémorielle et libération émotionnelle. Elle a créé des formations en ligne « se relier à son guide intérieur pour faire les bons choix »- « Communiquer avec les êtres de lumière » et « Découvrez et accomplissez votre mission d’âme »

Adoniram 3000 : « Parce qu’il n’y a pas que les grands dans la vie »

Dans l’univers discret et symbolique de la Franc-maçonnerie, où les rituels et les décors portent une charge historique et spirituelle profonde, un nouveau venu fait sensation. Adoniram 3000, une boutique en ligne spécialisée dans les décors maçonniques, bouscule les habitudes en proposant des produits de qualité à des prix défiant la concurrence.

Inspiré par la légende biblique d’Adoniram, l’intendant du Roi Salomon chargé des matériaux pour le Temple de Jérusalem, ce projet est l’œuvre d’un Franc-maçon expérimenté qui, après 30 ans de pratique, a décidé de révolutionner le marché. Nous avons rencontré son fondateur – que nous appellerons simplement « Adoniram » pour préserver son anonymat maçonnique – pour une interview exclusive. Entre anecdotes personnelles et critiques du système existant, il nous raconte comment il est devenu le « chevalier blanc » des Sœurs et Frères en quête d’équipements abordables.

Des racines maçonniques profondes

Le nom « Adoniram 3000 » n’est pas choisi au hasard. Il évoque directement la figure biblique d’Adoniram, fidèle du Roi Salomon, souvent cité dans les rituels maçonniques. Comme l’explique notre interviewé, ce choix symbolise une continuité avec l’histoire antique de la Franc-maçonnerie.

450.fm : Pouvez-vous nous expliquer l’origine du nom de votre entreprise et son lien avec la franc-maçonnerie ?

Adoniram : Dans la légende d’Hiram, Adoniram était l’homme de confiance du Roi Salomon, chargé, entre autres, de l’approvisionnement des matériaux destinés à la construction du premier Temple. On se souviendra de l’épisode au cours duquel le Roi Salomon, faisant visiter son Temple à la Reine de Saba, invita Adoniram, qui se tenait modestement à l’écart, à les rejoindre pour le présenter à son auguste visiteuse ; et de ce geste qu’il fit pour ce faire, resté symboliquement dans nos rituels… C’était il y a 3000 ans.

J’ai choisi ce nom pour honorer cette tradition, en modernisant l’approvisionnement des « matériels » maçonniques d’aujourd’hui.

Un Parcours Initiatique Tumultueux

Adoniram n’est pas un novice. Son chemin maçonnique, marqué par les crises internes des obédiences françaises, l’a conduit à une prise de conscience sur le coût des décors.

450.fm : Racontez-nous votre parcours en Franc-maçonnerie et comment il vous a mené à créer Adoniram 3000.

Adoniram : Né au Rite Émulation à la GLNF en 1992, j’ai subi, comme nombre d’entre nous, l’implosion de cette obédience dans les années 2010. Après une période que nous appelions Myosotis, j’ai rejoint la GLTSO et le Rite Standard d’Écosse à Tours – berceau de la contestation. Pendant 30 ans, j’ai eu l’occasion d’acheter décors sur décors, de la Loge bleue aux degrés du Grand Chapitre de l’Arche Royale d’Écosse ; ma garde-robe s’est remplie au fur et à mesure que mes finances en pâtissaient. Mais quand on aime…

450.fm : Qu’est-ce qui a déclenché votre décision de lancer cette entreprise ?

Adoniram : Et puis, un jour de 2022, à l’occasion d’un échange avec un Frère qui avait été en charge des achats de décors au niveau national, j’ai découvert ce monde des marchands (du Temple ?!) et la culture du profit généré par cette clientèle relativement captive que sont les Sœurs et les Frères. Je dis captive, dans ce sens qu’on ne l’avoue pas, mais on ne se pose guère de questions lorsqu’il faut acheter de nouveaux décors ; à la GLNF, c’était naturellement chez SCRIBE ; ailleurs, on fait confiance à ceux qui savent, soit des structures issues de l’obédience dans laquelle on se trouve, comme Eosphoros à la GLAMF, ou la même structure au GODF, soit des Frères Secrétaires ou Trésoriers expérimentés.

Avec une kyrielle de sites et de boutiques qui lavent tous plus blanc que blanc, fabricants et importateurs (l’un ou l’autre ou les deux). Il ajoute que, au Rite Standard d’Écosse, les approvisionnements venaient traditionnellement de Victoria Régalia à Édimbourg, mais le Brexit a rendu cela intouchable. Face à une pléthore d’offres aux prix exorbitants, qui pèsent sur les budgets déjà chargés par les capitations, locations de Temples, agapes et déplacements, Adoniram a vu une opportunité.

450.fm : Vous vous présentez comme un « chevalier blanc ». Comment avez-vous structuré votre entreprise pour défier les barons du marché ?

Adoniram : J’ai donc échangé judicieusement avec ce Frère expérimenté qui m’a fait l’amitié de guider mes premiers pas dans cette jungle après que je lui aie dit que je me voyais bien en Chevalier blanc pour affronter les barons opérant depuis des décennies, pour certains d’entre eux, et permettre à mes Sœurs et Frères d’assumer le cœur plus léger leurs obligations vestimentaires. Il n’y a pas de recette miracle, et je livre volontiers la mienne. Le choix d’un partenaire fiable et expérimenté : je l’ai trouvé, sur le conseil de mon Frère référent, au Pakistan. Sans failles depuis 3 ans. En France, la structure est minimaliste : Une structure ultra légère, sous régime de l’auto-entreprise ; ma retraite suffit largement à mes besoins et je ne recherche pas de revenus complémentaires – d’où des marges dites de sécurité. Pas de locaux dévolus. Pas de stocks : flux tendu, avec en contrepartie des délais de livraison relativement longs (6 semaines, environ) ; en Maçonnerie, comme ailleurs, gouverner, c’est prévoir !

Un bénévolat opératif de Sœurs et de Frères en cas de coup de bourre. Tous les articles arrivent chez moi, sont contrôlés qualitativement et réexpédiés à leurs destinataires par messagerie du type Mondial Relay ou autres. Une réactivité à toute épreuve : nous sommes à l’écoute de midi à minuit, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Un site internet – www.Adoniram3000.com – modeste et largement non exhaustif : nous répondons positivement à toutes les demandes des principaux Rites et de tous leurs degrés complémentaires sous 24h maxi avec photos, prix et délais.

Le Succès par le Bouche-à-Oreille et la Qualité

Adoniram 3000 a rapidement conquis les initiés grâce à une communication authentique et des prix bas, sans compromis sur la qualité.

450.fm : Comment expliquez-vous le succès rapide de votre boutique ?

Adoniram : Et ça fonctionne superbement, le bouche-à-oreille maçonnique surpasse tous les tam-tams de brousse et autres signaux de fumée des Indiens d’Amérique ! Ma Sœur, mon Frère, si tu ne connais pas encore Adoniram 3000, … interroge-moi et mets-moi à l’épreuve !

Pour illustrer les économies, Adoniram propose un « quizz » des prix : un tablier d’Apprenti en cuir avec poche pour gants ? Une paire de gants blancs en coton ? Un tablier de Maître au REAA ? Etc.

Toutes les réponses sont sur www.Adoniram3000.com et vous serez très surpris des résultats ! »

450.fm : Pourquoi insistez-vous sur la qualité, comme l’utilisation exclusive de cuir ?

Adoniram : Pourquoi, d’ailleurs, concernant nos tabliers, préciser qu’ils sont en cuir ? Chez nous le vinyle est exclu : ne parle-t-on pas dans nos rituels du tablier d’Apprenti en peau d’agneau ? Alors, le dévoyer pour gagner trois sous en le remplaçant par du faux cuir, quelle tristesse !

Il cite des exemples de produits d’exception : « Et si vous cherchez des décors d’exception, comme la mitre de CPTSAR (Chevalier Prêtre de la Sainte Arche Royale) nous vous la fabriquons à votre taille pour 58€, ou ce sautoir personnalisé commandé par des Frères du RFT pour honorer leur VM, à 48€. »

Une aventure symbolique et fraternelle

Au-delà du commerce, Adoniram voit son projet comme une extension de la pratique maçonnique.

450.fm : Quel est le sens plus profond de cette initiative pour vous ?

Adoniram : Adoniram 3000 est une superbe aventure qui permet à ceux qui s’y intéressent de découvrir toutes les richesses qui se cachent dans les symboles des différentes façons de pratiquer la Franc-maçonnerie. Une aventure qui, comme chacun d’entre-nous, inlassablement, taille sa pierre !

En conclusion, Adoniram 3000 n’est pas seulement une boutique : c’est un vent de fraîcheur dans un marché traditionnellement complexe, rendant la Franc-maçonnerie plus accessible. Comme le dit son fondateur, c’est une façon de « tailler sa pierre » pour le bien de la communauté.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.Adoniram3000.com