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Le nombre d’or Phi, un nombre de lumière

Il faut se rendre à l’évidence : la géométrie est une abstraction totale.
Elle parle d’objets qui n’existent pas : le point est non-mesurable et indivisible, la ligne n’a pas d’épaisseur, le cercle est inapte à la quadrature et à la mesure.
Cela commence par penser UN. Là ça crépite, et j’entends Unité. Voilà, c’est dit et cela devient le problème d’une référence commune, qui est la base d’un accord sur cette mesure à partir de laquelle on peut l’augmenter, la multiplier. Que ce soit le mètre, le gramme, la coudée, un segment, l’individu… tout le problème est là. Il ne peut y avoir de solidarité qu’entre individus partageant un système symbolique qui rend possible un consensus sur le sens du monde.

Pour géométriser, commençons par représenter le « Un » par un trait qui sert de mesure de référence. 

Quelle solitude ! Donc, on va le répliquer, soit semblable à lui-même, soit en l’augmentant d’une unité. Leur relation géométrique fait apparaître quelque chose que l’on appelle un nombre irrationnel parce que sa valeur numérique ne peut être définie, elle est une tension vers l’infiniment (le nombre de décimales ne s’arrêtent pas). Cela me laisse penser que dans toute relation, il y a de l’inconnu insurmontable en tant que tel.

Vous me direz quel rapport avec le nombre d’or, j’y viens mais avant j’explique.

Les nombres peuvent avoir des relations particulières (comme les humains).
Les relations entre eux se révèlent, entre autres, dans les formes. La proportion entre les formes voilà ce qui va constituer la nature de la relation.
Ainsi, il existe des sous-ensembles de tous les nombres possibles si on veut qu’ils vérifient un rapport de proportion, on appelle cela un rapport d’analogie.
– Seul un sous-ensemble de tous les nombres possibles, vérifient un rapport d’analogie tel a/b = c/d = e/f  (Exemple : 6/2 = 12/4 = 48/16…. Ici le rapport vaut 3. Avec d’autres nombres il pourrait valoir une multitude de valeur. Exemple : 20/4 = 60/12 = 250/50 …ici le rapport vaut 5.

– Si on ramène à trois le nombre d’éléments mis en relation,  seul un sous-ensemble plus restreint de tous les nombres possibles vérifient un rapport d’analogie tel a/b = c/a  (Exemple : 21/7 =  63/21,  ici le rapport vaut également 3 ; avec d’autres trois nombres, il pourrait valoir une multitude de valeur. Exemple : 20/4 = 100/20, ici le rapport vaut 5.

– Il existe un ensemble encore plus restreint de nombres qui, lorsque l’on ramène à deux le nombre d’éléments mis en rapport, vérifient le rapport d’analogie tel que a/b = (a+b)/a.
La valeur de ce rapport est unique[1] et vaut (1+√5)/2.
Les mesures a et b sont alors dans une proportion d’harmonie dite aussi divine ou dorée, appelée le nombre d’or. On le désigne par la lettre grecque Φ (phi).

La valeur (1+√5)/2 du nombre d’or montre qu’elle est un partage, en 2, des valeurs de l’Unité (b) à laquelle on ajoute sa relation (√5)  avec son double (a).

Les mesures sont fonction de la valeur de l’unité. Ce qui reste c’est la proportion par report avec le compas (ou le cordeau) des éléments de la composition.
Ces mesures exactes ne peuvent pas être calculées puisqu’elles font intervenir des nombres irrationnels, mais elles peuvent être montrées.
On appelle irrationnels les nombres qui ont une expansion décimale infinie, sans motif répétitif. Cela signifie que si l’on écrit un irrationnel sous forme décimale, les chiffres continuent indéfiniment sans jamais former de séquence régulière.

Qu’est-ce que cela veut dire en dehors de la géométrie qui n’est qu’un support symbolique de réflexions ?

Dans toutes relations, les mots de l’harmonie humaine tels que «fraternité», «amour», «solidarité», «démocratie», «liberté»… ne peuvent se mesurer que quand on les montre dans l’action qui est leur forme incarnée, sinon ils restent incomplets de cette humanité justement contenue dans cet infini des décimales des nombres irrationnels.

Mais on peut penser ce rapport d’harmonie en termes de relations humaines.
Si a domine ou contrôle b, alors il faut qu’il y ait une «convention», une «règle» ou une  «loi», régissant leur rapport, qui puisse dominer ou contrôler a. Il est entendu que a et b peuvent être des individus ou des groupes sociaux !

Au plan architectural, cela voudrait dire que l’exploration de certains nombres, fondement et régulation de tracés architecturaux, nous conduirait à la compréhension du principe même de l’harmonie. Ainsi, par un jeu indéfini de résonances de rythmes qui se reflètent et se répondent, la construction s’élève, devient aérienne, en même temps qu’elle élève l’homme qui la contemple (ou y participe) et le fait communiquer avec le beau, le vrai, le bien qui ne sont que les diverses appellations de l’harmonie universelle.

Spirituellement, dans la relation entre le Un et le Deux (√5) , entre le non manifesté et la dualité de la création, il y a un impossible à atteindre qui échappe à la raison, un inatteignable qui se montre dans l’infini des décimales de Phi encore à trouver, merveilleusement imagé par Michel Ange par la séparation des mains sur la Création d’Adam au plafond de la chapelle Sixtine.

Comment approcher le nombre d’or ?

Le rôle mystique et organisateur du Nombre dans l’art éternel des Anciens est souvent concrétisé par le Nombre d’Or qui garde un grand prestige et sonne à nos oreilles plein de séduction (Michel Baglis, Le Nombre d’or, p.100)

Le nombre d’or n’est pas une quantité mais l’expression d’une relation dans un rapport particulier, un entre-deux harmonieux.

Au IIIe siècle avant J-C., Euclide évoque le partage d’un segment en « extrême et moyenne raison » dans le livre VI des Éléments : Une droite est dite coupée en extrême et moyenne raison quand, comme elle est toute entière (a+b) relativement au plus grand segment (a), ainsi est le plus grand relativement au plus petit (b) ; autrement dit a/b = (a+b)/a.  C’est Platon qui en aurait fait ensuite un sujet d’étude spécifique.

Cette proportion d’harmonie, dite aussi dorée, est une proportion analogique, a/b = (a+b)/a, elle vaut (1 + √5) / 2.  (Rappelons que √5 est la valeur de la diagonale du rectangle de dimension 1 sur 2 appelé double carré).

Lire le texte Alberti et l’harmonie spatiale, miroir de l’harmonie cosmique

En 1509, Fra Luca Pacioli, un moine professeur de mathématiques, le nomme «La divine proportion» dans son ouvrage illustré par son ami Léonard de Vinci. Ce sont  des considérations de théologie chrétienne qui justifient aux yeux du moine Pacioli, dans son ouvrage La Divine proportion, l’importance accordée à la dite proportion dont les caractéristiques concordent avec les attributs qui appartiennent à Dieu.
Au chapitre 5 du Tome premier (sur 33) de son livre La divine proportion, Luca Pacioli donne les raisons qui l’ont incité à appeler «divine proportion» le nombre d’or :
– Il est unique, et l’unité est «l’épithète» suprême de Dieu lui-même,
– Le nombre d’or se définit à partir de  trois longueurs comme la Sainte Trinité constituée du Père, du Fils et du Saint Esprit.
– Le fait que le nombre d’or soit irrationnel répond à l’impénétrabilité des voies du Seigneur…

Pacioli assimile l’omniprésence et l’immutabilité divines à l’autosimilarité dont témoigne le nombre d’or qui ne dépend pas de la longueur du segment divisé …
Pacioli affuble donc les effets de la divine proportion d’un adjectif : essentiel, singulier, merveilleux, suprême, incompréhensible etc.
De même que Dieu ne peut se définir en termes propres et que les paroles ne peuvent nous le faire comprendre, ainsi  notre proportion ne se peut jamais déterminer par un nombre que l’on puisse connaître, ni exprimer par quelque quantité rationnelle, mais est toujours mystérieuse et secrète, et qualifiée par les mathématiciens d’irrationnelle.
Ce sont  des considérations de théologie chrétienne qui justifient aux yeux du moine Pacioli, dans son ouvrage la divine proportion, l’importance accordée à la dite proportion dont les caractéristiques concordent avec les attributs qui appartiennent à Dieu… Le premier est l’unicité… Le deuxième attribut concordant est celui de la Sainte Trinité ; c’est-à-dire que, de même qu’en Dieu une seule substance réside en trois personnes, le Père, le Fils et l’Esprit Saint, de la même façon, il convient qu’un même rapport ou proportion se trouve toujours entre trois termes. Troisième attribut : De même que Dieu ne peut se définir en termes propres et que les paroles ne peuvent nous le faire comprendre, ainsi  notre proportion ne se peut jamais déterminer par un nombre que l’on puisse connaître, ni exprimer par quelque quantité rationnelle, mais est toujours mystérieuse et secrète, et qualifiée par les mathématiciens d’irrationnelle. Quatrième attribut : De même que Dieu ne peut jamais changer et est tout en tout et tout entier dans chaque partie, de même notre présente proportion est toujours la même et toujours invariable… Cinquième attribut :  De même que Dieu confère l’être à la Vertu Céleste appelée Quinte Essence, et par elle aux quatre autres corps simples, c’est à dire aux quatre éléments Terre, Eau, Air et Feu… de même notre sainte proportion donne l’être formel au ciel même, selon Platon qui dans son Timée attribue au ciel la figure du corps appelé dodécaèdre… lequel ne se peut former sans notre proportion… et Pacioli de montrer les propriétés des cinq corps platoniciens circonscrits dans la sphère et le rôle éminent de la divine proportion dans la construction de deux d’entre eux : l’icosaèdre et du dodécaèdre.

Une remarque : ne manquez pas de parcourir L’ouvrage de Fra Pacioli. Outre les solides dessinés par Léonard de Vinci, découvrez les lettrines de Fra Pacioli construites sur des rapports de formes géométriques (à partir de la p. 139/318)

C’est Théodore Andréa Cook (1867-1928) qui décida avec son ami mathématicien américain Mark Barr de proposer la notation φ (la lettre grecque Phi) comme symbole mathématique du nombre d’or en référence à Phidias, le sculpteur grec Phidias (490-430 avant notre ère) qui décora le Parthénon à Athènes. Ce nombre fut ensuite appelé Der goldene Schnitt, c’est-à-dire la section dorée, par le philosophe allemand Adolf Zeising.
On le trouve ainsi avec les noms suivants : Nombre scandaleux car irrationnel (Platon) ; Proportion d’extrême et moyenne raison (Euclide) ; Proportion d’Euclide (Fibonacci) ; Section dorée (sectio aurea, Vinci) ; Phi (φ-expression mathématique, Théodore Cook) ; Proportion dorée (selon l’usage courant).
Au début du XXe siècle, le diplomate roumain Matila Ghyka lui donne, en 1932, le nom de nombre d’or. Il s’appuie sur les travaux de Zeising et du physicien allemand Gustav Théodor Fechner ; ses ouvrages, L’esthétique des proportions dans la nature et dans les arts (1927) et  Le Nombre d’or. Rites et rythmes pythagoriciens dans le développement de la civilisation occidentale (1931), insistent sur la prééminence du nombre d’or et établissent définitivement le mythe de ce nombre.

Parmi tous les ouvrages, le mémoire Nombre d’or et proportions dans les ouvrages en pierres de Simon Darves-Blanc est intéressant parce qu’écrit par un compagnon opératif contemporain.
Encore un peu de lecture avec Le nombre d’or à la portée de tous par D. Neroman

Au Moyen Âge, les savants, les pères de l’église, les bâtisseurs, les maîtres d’ouvrages ou maîtres d’œuvre, se réclament de la doctrine platonicienne des corps cosmiques, les cinq polyèdres réguliers et font du nombre d’or un modèle de perfection esthétique et philosophique.
Les bâtisseurs de cathédrales utilisaient ainsi 5 unités relatives au corps humain – la quine – reliées par la proportion divine. La ligne (longueur d’un grain d’orge), l’unité de base, est égale 2,247 mm. (Le nombre d’or et la main esthétique dune_proportion ou réalité anatomique)

En alchimie, ce nombre est le nombre d’aur, de la lumière. Toute figure construite selon ses proportions, comme l’étoile à cinq branches, est une fenêtre qui ouvre sur la pure lumière, celle qui n’est pas faite de particule, représentant, outre les 4 éléments, celui qui les domine, la quintessence  qui pourrait s’appeler  le nom-ombre d’or.

Nous devrions dire les nombres d’or.
Pythagore et sa femme Théano les déclinèrent dans tous les sens possibles, sous toutes les formes de rectangle, de pentacle, d’étoile ou de pentagone, les traquant et mettant ainsi en valeur les théorèmes antérieurs de Thalès.

Partout où on peut mettre en évidence sur un tracé une mesure de √5 ou de 1+√5, il faut traquer le nombre d’or et trouver les deux éléments qu’il met rapport harmonieux, sa valeur approchée doit rester présente à l’esprit du compagnon : 1,618…

Ou mieux encore, La forme de la lettre grecque Phi nous dit que le cercle et la ligne suffisent pour exprimer l’harmonie du monde.

Il est à remarquer que si l’on prend 1,618… pour valeur de Phi  et 3,14… , pour valeur de Pi, on peut dire que  (Phi x Pi)2 tend vers 26, la valeur, en guématrie du tétragramme  יהוה (YHVH).

Le carré long

Il trouve une de ses définitions en Franc-Maçonnerie  dans le catéchisme de l’apprenti : – Quelle est la figure de la loge ? – un carré long. –  Quelle est sa longueur ? – de l’orient à l’occident. – Quelle est sa largeur ? – du nord au midi. Ce carré long reste un carré, aussi long que large et couvrant la totalité de la surface de la Terre. Et si l’on se réfère, une fois de plus, au catéchisme de ce degré, le carré long a une profondeur et une hauteur : il part du nadir, centre de la Terre, et s’élève en altitude au zénith, sur des coudées sans nombre. Le carré long est donc un objet de dimensions infinies qui embrasse symboliquement l’univers dans son ensemble. Carré en extension, c’est-à-dire en devenir, le carré long devient une géométrie initiatique, une cosmogonie illuminatrice.

Lors de la consécration d’une Loge maçonnique au Rite égyptien, le tracé de l’espace sacré réservé au pavé mosaïque se fait à l’aide d’une corde à 12 nœuds séparés d’une coudée. On forme ainsi un triangle mesurant 3, 4, et 5 nœuds. Une fois déterminée l’orientation du Temple, on applique ce triangle sur le sol, puis on en trace les contours à la craie. Après l’avoir déplacé dans l’autre sens, on l’applique à nouveau sur le sol de manière à fermer le rectangle et on en trace également les contours. Ainsi, sans règle ni compas, est formé un carré long déterminant le centre même de l’espace sacré du Temple, là où s’entrecroisent les deux hypoténuses (diagonales).

Si le carré long de dimension 1 sur 2 (le double carré), image du lieu de culte, formalise la communion des hommes avec le Divin, le rectangle d’or, carré long de proportion dorée, illustre une autre notion, celle de la fraternité des hommes entre eux.

Le double carré est à la base des tracés fondés sur le nombre d’or, sa diagonale ayant pour valeur √5.
Le rectangle d’or est aussi appelé carré long ; mais il a la particularité que le grand côté et le petit côté sont partagés selon extrême et moyenne raison, autrement dit, la dimension de sa longueur divisée par celle de sa largeur est égale au nombre d’or.

À partir du double carré et de sa diagonale se construit le carré long, appelé rectangle d’or qui est de nature lunaire. Le carré lunaire est un carré de gestation de passage qui permet de tracer, entre autres, la spirale ; c’est un carré matrice.

Une bonne approximation d’un rectangle d’or peut être construite à l’aide de carrés dont les côtés sont égaux aux nombres de la suite de Fibonacci. Le pavé mosaïque de dimension 5 sur 8 s’approche, ainsi, des calibres d’un rectangle d’or.
Si on prend un rectangle d’or et qu’on lui retire un carré construit sur son petit côté, on obtient un autre rectangle d’or plus petit mais de même proportion, duquel on pourra encore détacher un carré pour obtenir un autre rectangle d’or et ainsi de suite à l’infini. De même, si on ajoute à un rectangle d’or un carré on obtient un nouveau rectangle, plus grand mais respectant à son tour les mêmes proportions.  Par analogie, les frères et sœurs,  passés à l’Orient éternel, sont les carrés qui se détachent ; les nouveaux compagnons, avec la taille de leur pierre cubique (carré), s’incorporent à un rectangle doré pour former un nouveau rectangle doré plus grand.

La connaissance du nombre d’or est si importante qu’elle se trouve rendue  visible par la pierre cubique à pointe et/ou par le tablier de l’apprenti, pointe relevée, qui viennent s’ajuster sous le pentagramme.

Et maintenant, pour quelques mouvements du compas et de la règle, quelques tracés à faire et refaire ou refaire.

Pour trouver la dimension de Phi sur un segment


Le Tracé du rectangle d’or

  • Tracer un carré ABCD
  • Tracer la médiatrice du segment AD qui donne les points O et O’
  • Reporter, au compas O’D sur le prolongement de BC, noter E leur point d’intersection
  • Tracer la perpendiculaire à BE
  • Prolonger AD qui coupe la perpendiculaire de BE en F
    AB = 2 unités, AO = 1 unité ;  la diagonale OE = 3 unités. Le rectangle ABEF obtenu est un rectangle d’or ; la longueur et la largeur sont dans un rapport du nombre d’or
 

Le principe de ce processus utilisant le théorème de Pythagore, tracé avec règle et compas par le maître d’œuvre, est ensuite reporté au sol grâce à la corde à 13 (112 espaces)nœuds. Par exemple, en utilisant 4 espaces pour AB, 2 pour AO et donc 6 pour OE, on obtient un rectangle d’or ABEF .

Et cela sans avoir à passer par les mathématiques qui démontrent que les dimensions (2 + √20)/4 – soit (2+4,7213)/4 – donnent un rapport, entre largeur et longueur, d’environ 1,61803, valeur considérée comme le nombre d’or. ABEF est pratiquement un rectangle d’or.

Du rectangle d’or au théorème de Pythagore

Le triangle de Képler associe le théorème de Pythagore et le nombre d’or par la figure construite à partir du rectangle d’or (parfois appelé le visage de Dieu), où les dimensions respectives des côtés des carrés sont Φ, 1 et √Φ.
Dans un rectangle d’or ABCD, à partir de C, prendre comme rayon la longueur CD (Φ) et reporter le sur le côté AB qui donne le point S, sommet du triangle rectangle de Képler (SAC). Le côté AS2 = Φ2-1 = Φ soit AS = √Φ

Le Tracé de la spirale dans le rectangle d’or

  • Tracer un rectangle d’or ABCD. Pour faciliter le tracé on peut se contenter d’un rectangle d’or approximatif construit sur la suite de Fibonacci en partant d’un carré de 1×1.
  • Prendre A comme centre de cercle de rayon r = AD. Tracer l’arc de cercle qui coupe AB en E.
  • Prendre D comme centre de cercle de même rayon r = AD. Tracer l’arc de cercle qui coupe DC en F.
  • Tracer le carré AEFD
  • Recommencer ce processus  dans le rectangle d’or EBCF pour tracer le carré EBHG
  • Continuer dans le rectangle d’or GHCF et ainsi de suite jusqu’à…
  • Pour obtenir la spirale, tracer le quart de cercle de centre F et de rayon FD, le quart de cercle de centre G et de rayon EG,
    Une autre spirale peut être tracée, à main levée, par des arcs joignant les points de croisement des diagonales de chacun des carrées
 

Le nombre Phi en couleurs

Choisissons arbitrairement 10 couleurs attachées aux 10 chiffres.
(Attention nous les conserverons pour faire la même chose avec le nombre PI, dans le prochain article). Par exemple.

Prenons les 99 décimales telles qu’elles sont calculées et je vous propose une image sous forme d’un carré 10/10 de cette valeur approchée de Phi (qui restera toujours approchée). 1,618033988749894848204586834365638117720309179805762862135448622705260462818902449707207204189391137…

Pour vous en faire comprendre l’incommensurable du nombre d’or en voici une autre Valeur approchée

1.618033988749894848204586834365638117720309179805762862135448622705260462818902449707207204189391137484754088075386891752126633862223536931793180060766726354433389086595939582905638322661319928290267880675208766892501711696207032221043216269548626296313614438149758701220340805887954454749246185695364864449241044320771344947049565846788509874339442212544877066478091588460749988712400765217057517978834166256249407589069704000281210427621771117778053153171410117046665991466979873176135600670874807101317952368942752194843530567830022878569978297783478458782289110976250030269615617002504643382437764861028383126833037242926752631165339247316711121158818638513316203840052221657912866752946549068113171599343235973494985090409476213222981017261070596116456299098162905552085247903524060201727997471753427775927786256194320827505131218156285512224809394712341451702237358057727861600868838295230459264787801788992199027077690389532196819861514378031499741106926088674296226757560523172777520353613936210767389376455606060592165894667595519004005559089502295309423124823552122124154440064703405657347976639723949499465845788730396230903750339938562102423690251386804145779956981224457471780341731264532204163972321340444494873023154176768937521030687378803441700939544096279558986787232095124268935573097045095956844017555198819218020640529055189349475926007348522821010881946445442223188913192946896220023014437702699230078030852611807545192887705021096842493627135925187607778846658361502389134933331223105339232136243192637289106705033992822652635562090297986424727597725655086154875435748264718141451270006023890162077732244994353088999095016803281121943204819643876758633147985719113978153978074761507722117508269458639320456520989698555678141069683728840587461033781054443909436835835813811311689938555769754841491445341509129540700501947754861630754226417293946803673198058618339183285991303960720144559504497792120761247856459161608370594987860069701894098864007644361709334172709191433650137157660114803814306262380514321173481510055901345610118007905063814215270930858809287570345050780814545881990633612982798141174533927312080928972792221329806429468782427487401745055406778757083237310975915117762978443…


[1] Posons a/b = F ;
a/b = (a+b)/a  donne  a/b = a/a + b/a soit F = 1 + 1/F,
en multipliant tout par F, on obtient F2 = F + 1 ou encore F2 – F – 1 = 0.
On a une équation du second degré qui donne deux solutions (racines de l’équation).  L’une d’elles étant négative, on ne retient que l’autre d’où F = (√5 +1)/2. Le calcul donne une valeur approchée du nombre d’or de 1,618…………..

Robert Mingam : « En Franc-maçonnerie il faut éveiller plutôt qu’enseigner »

Dans le cadre d’une série d’entretiens sur les grands débats qui traversent la Franc-maçonnerie contemporaine, nous avons rencontré Robert Mingam, Franc-maçon depuis des décennies. Connu pour sa franchise et sa profonde exigence spirituelle, il accepte de s’exprimer publiquement sur un sujet essentiel de l’Ordre : la vocation du Maçon, entre enseignement et éveil. Entretien sans concession.

Monsieur Mingam, la Franc-maçonnerie a-t-elle toujours été une école de sagesse, ou son rôle a-t-il évolué ?

Robert Mingam : La Franc-maçonnerie Opérative d’avant 1717 était une fraternité initiatique de métier et comme telle, elle dispensait des enseignements professionnels reposant sur l’analogie de faire en se faisant. Celle-ci pouvait alors être considérée comme une école de la vie. Par des initiations successives suscitant l’éveil, elle transmettait à ses adeptes, en plus des techniques spécifiques à leurs corporations, une morale glorifiant le travail bien fait, la recherche de la perfection ainsi que la droiture et la fidélité.

Aujourd’hui, la Maçonnerie est spéculative. Elle n’enseigne plus l’Art de construire mais la philosophie de cet Art. Elle utilise la pensée analogique comme outil fondamental de la pédagogie initiatique. Le visible et l’invisible étant analogues, la fonction du sacré est, pour le Maçon, d’établir un pont de l’un à l’autre. La matière et l’esprit, c’est-à-dire l’énergie, consubstantiellement associés, sont perçus et étudiés comme tels.

Quelle est donc la véritable vocation du Maçon : enseigner des connaissances ou éveiller l’esprit ?

Robert Mingam : Alors, la vocation du Maçon est-elle d’enseigner ou de suggérer ? Doit-il transmettre des connaissances, ou l’esprit de toutes connaissances ? Si la vérité ne peut être qu’approchée par celui qui la cherche, seule la technique de l’éveil peut être considérée comme efficiente. Le Maître qui enseigne porte la responsabilité de l’ignorance de ses élèves, et c’est peut-être pourquoi dans certains Rites maçonniques tels que le Rite Émulation, le travail ne porte que sur l’application du rituel et ne comporte pas de planche.

Une miniature persane représentant Al-Ghazali parlant à un disciple, extraite du manuscrit « Réunions des amants », 1552.

La Maçonnerie est une des nombreuses écoles de sagesse et d’Éveil proposées à l’homme attaché aux valeurs spirituelles et cherchant sa voie. Les symboles qu’elle véhicule sont immuables, mais leur interprétation varie selon le degré d’évolution spirituelle et le vécu de ceux qui les utilisent.

Les symboles maçonniques sont-ils exclusifs à l’Ordre, ou font-ils partie d’un patrimoine plus large ?

Fil a plomb au dessus du Pavé mosaïque

Robert Mingam : Parmi tous les symboles que la Maçonnerie met en œuvre, aucun ne lui appartient en propre, tous font partie du fond commun de l’humanité. Ce qui lui appartient en propre c’est la manière particulière de les combiner entre eux. Il ne s’agit pas de donner des explications figées sur le sens ou l’utilisation du Compas, de la Règle, de l’équerre ou du fil à plomb, mais de s’identifier à l’allégorie de ces symboles en marquant d’une manière énergique que le Maçon ne serait pas digne de ce nom s’il ne faisait pas application à lui-même de ces instruments de travail. S’il ne développe pas ses facultés par un labeur continu, s’il ne s’efforce pas de se corriger de ses défauts, s’il n’emploie pas toutes ses forces à acquérir les qualités qui lui manquent, conscient de la méthode de travail et du but à atteindre, le maçon ne sera qu’un profane à l’école de la fraternité.

La Franc-maçonnerie est-elle un dogme qui impose des vérités, ou une voie d’introspection ?

Robert Mingam : Cependant, si tous les symboles allégoriques proposés par notre Ordre ont tous une portée morale, philosophique, ésotérique voire métaphysique, la Franc-maçonnerie n’est pas un dogme, elle n’a rien à enseigner, elle n’impose aucune vérité, elle transmet simplement une technique basée sur l’introspection. Si l’on considère que l’effort pédagogique n’est pas créateur, mais purement initiatique, le Maître questionné se doit de toujours répondre sans induire, par des questions suggérant une réponse inscrite dans le moi de son questionneur. La vérité n’est pas une réalité du passé, et se conformer au modèle préexistant est une des causes immédiates de sclérose de l’esprit. Il n’y a pas de vérités indiscutables, et la réflexion intelligente nous engage à lire ce qui est écrit, mais surtout à oublier ce qui est appris pour ne retenir que l’essence de notre vécu. Un ouvrage aussi documenté soit-il, ne peut être qu’une image du passé. S’y arrêter en considérant détenir la vérité, serait vivre à la mesure de son auteur, pas à la sienne. Ce n’est pas en épousant les convictions d’autrui que l’on s’accomplit. En maçonnerie comme ailleurs, le culte des Ancêtres ainsi que celui des Maîtres à penser, est l’une des causes immédiates de la dégénérescence des Nations.

Le Maître Maçon doit-il se substituer au rituel, ou n’être que son instrument ?

Maître bâtisseur (gravure sur bois de Jost Amman datant de 1536)

Robert Mingam : Alors, si la vocation du Maître Maçon n’est pas d’enseigner mais d’éveiller, ne se substitue-t-il pas lui-même au rituel qu’il véhicule ? À moins qu’il ne soit que l’instrument de ce même rituel. Si comme le précise le dictionnaire éveiller c’est tirer du sommeil, révéler, stimuler, provoquer ou susciter, chacun sait que ce n’est pas le Maçon qui initie le néophyte mais le rituel qu’il développe. Au sein de sa Loge le Maître ne peut être que le maillon d’une chaîne qui relie les origines primordiales de la tradition qu’il honore au devenir de l’Ordre, et ne doit en aucun cas altérer le message millénaire qui lui a été confié par ses pairs. Il semble donc que l’enseignement ne soit pas profitable au Maçon, car il occulte sa pensée et trouble son intuitivité.

Comment expliquez-vous le prosélytisme de certaines Obédiences à la lumière de cette distinction entre enseigner et éveiller ?

Robert Mingam : « Je n’enseigne pas, j’éveille » peut expliquer le prosélytisme de certaines obédiences qui ne recrutent que pour se sentir utiles et puissants. Ne rien enseigner ce peut être respecter les convictions de ses membres mais aussi les astreindre à l’immobilisme. Quand à éveiller, ils se servent d’outils qu’ils ne maîtrisent qu’imparfaitement, laissant à l’imagination des néophytes le soin d’expliquer ce qu’est l’initiation qu’ils leur ont proposée. À la question : « Vous initiez oui, mais à quoi ? » Ils répondent que c’est l’initiable qui s’initie tout seul, entouré de ses futurs Frères. N’est-ce pas quelque part une attitude irresponsable que de guider des âmes sur des chemins que l’on ne maîtrise pas ?

Dans l’atelier, comment le Maître doit-il concilier exemple et éveil par le symbolisme ?

Une porte mystérieuse
Une porte mystérieuse – Escalier qui monte vers la porte de la Lumière

Robert Mingam : Dans son atelier le Maître doit enseigner par l’exemple et éveiller en utilisant le symbolisme. C’est la notion de service qui fait de lui un bon et légitime Maçon. L’application rigoureuse du rituel est le seul enseignement qu’il soit autorisé à donner. C’est pourquoi le maçon n’est Maître que par rapport à lui-même, sans qu’il soit fait état d’aucune autre hiérarchie que celle des responsabilités auxquelles il s’est engagé. Par son respect de l’esprit des mots qu’il véhicule et la présentation des symboles qu’il manipule, il éveille les consciences et force l’admiration.

J’ai dit.

Propos recueillis par La Rédaction.

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Changer pour mieux échanger

N’est-il pas surprenant, au début de ce XXIème siècle, règne de la communication instantanée par le son, l’image et l’informatique, des liaisons supersoniques et des trains à grande vitesse, du confort domestique le plus raffiné…. que des hommes et des femmes se regroupent en « sociétés discrètes » (en l’occurrence, « associations maçonniques » déclarées en Préfectures), dans la pénombre de simples bâtiments, à l’écart de la fureur citadine ?!

Non pour y exercer quelques pratiques plus ou moins « coupables » (par exemple, sectaires, magiques ou occultistes !), mais pour participer à de sérieuses réunions de saines réflexions – certes codifiées par des formes de jeux de rôles – au sein de locaux dénommées « loges », qui évoquent, effectivement, lors du déroulement des séances, un théâtre maçonnique ?!

Un protocole particulier

Théâtre maçonnique, car il en est bien un en soi, généralement blotti comme ci-dessus indiqué, dans un lieu retiré, et « protégé » par un accès contrôlé. Pour y observer et respecter un protocole particulier constitué de rituels, qui plus est, dans un langage d’un autre temps, en l’occurrence du 18e siècle !

Jeux de rôles, parce que maçons et maçonnes, « à un pas de côté » du monde dit « profane », tout en conservant bien entendu la parfaite conscience de leur identité, (aucune manœuvre hypnotique ici !) deviennent, revêtus de « décors signifiants », les acteurs d’une symbolique mise en mouvement par lesdits rites et rituels.

Sur cette scène se joue, dans cet espace privilégié, un psychodrame à la gloire, selon les rites, du principe de la création, du travail, de la trilogie « Liberté – Égalité – Fraternité », donc de façon générale, à la gloire de l’Homme et de l’humanité.

A noter que le langage d’un autre temps en cause, consiste à utiliser dans les loges en question (réparties sur le territoire national) de nombreuses expressions du « français parlé » au long de ce fameux siècle des Lumières. Il ne manque d’ailleurs, ni de sens ni d’élégance, en pleine modernité… laquelle, précisément, nous donne à entendre aujourd’hui dans la cité, une langue de Molière trop souvent bien malmenée !

Un nouveau regard

Au vrai, les Églises ayant montré les limites d’une théologie rigide et peinant à proposer de nouvelles doctrines adaptées à notre temps, il existe peu de sociétés qui, telle la franc-maçonnerie, offrent à partir de ces puissants supports de réflexion que sont mythes, légendes et allégories, la possibilité d’éclosion d’une parole libre. De plus, ornée de métaphores fleuries ! Même si elle rapproche ésotérisme et rationalisme ! Et si cohabitent en loge, rites initiatiques et citoyenneté ! Oui, certains rapprochements, à visée humaniste, ne peuvent être que bénéfiques !

L’important est que les membres prennent plaisir à se réunir chaque quinzaine dans cette structure adogmatique, apaisante et enrichissante. Pour s’améliorer individuellement et collectivement. En somme, il convient de changer pour mieux échanger. Changer, non pas de « programme génétique », ce qui est impossible, mais en l’espèce, porter un nouveau regard sur les êtres et les choses !

Échanger : ce verbe est capital en milieu maçonnique. Il y signifie que chacun peut en toute quiétude exprimer sa pensée sans risque d’être interrompu ou agressé. La violence verbale n’a pas sa place dans cette enceinte unique en son genre qu’est la loge.

Comme le rappelle « la mise à l’ordre » obligatoire, rituel consistant pour le maçon, la maçonne debout, à placer une main sous sa gorge (nous le savons, mais il est bon de le répéter !) afin de contenir tout emballement, pendant le temps de parole qui lui est accordé (e) sur sa demande et à son tour, par le Vénérable Maître.

Ce dispositif dit de « triangulation » (déjà abordé dans d’autres articles) pouvant paraître disproportionné à l’enjeu, est de fait activé pour permettre à la fois l’expression d’interventions réfléchies et l’écoute attentive de l’assemblée. Dans un esprit d’équité, il est le contraire même du « moi d’abord » et du désordre !

« Ordo ab chao » (Du désordre, l’ordre)) est précisément la devise du rite le plus usité, le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ce qui n’exclut en rien les autres qui ont, chacun, leur pertinence : A l’image de l’univers qui s’est organisé après le chaos initial, le maçon, la maçonne est invitée (e) à ordonner sa vie pour la vivre plus aisément. A cet effet, lui est proposée la mise en action des symboles de la construction « en ville », comme viatique.

Un temps arrêté

Nous sommes bel et bien là en présence d’une méthode, qui génère elle-même une discipline librement consentie, dès l’entrée en loge. Déjà sur le plan de la forme, il s’agit pour chacun, lors de l’ouverture des travaux, de passer de décorums, de couleurs, d’odeurs, de lieux donnés, dans une autre sphère, où pour le nouveau venu, la nouvelle venue, la poésie peut le disputer à l’étrange !

Les bougies, (aujourd’hui électriques dans certains lieux, sécurité oblige) une à une allumées, symbolisent le labeur nocturne. De la clarté à la pénombre, du bruit au « feutré », des habits de ville aux accessoires de l’atelier, des mots courants aux vocables de l’Art Royal, et au final, des fameux « métaux » à la pierre : C’est bien le lent passage d’un « sas » qui s’effectue, au rythme des formules rituelles et des coups de maillets alternés. Une métamorphose est en train de s’opérer.

Les visages, zébrés d’ombres et de lumières dansantes, deviennent solennels, les corps synchronisent leurs mouvements. Frères et Sœurs, d’une même respiration, d’un même cœur, s’unifient. L’ensemble, en harmonie, crée une entité originale : « la loge ». Elle prend tout sens, lors de la chaîne d’union terminale.

Une loge libre, égale, fraternelle, au sens du slogan républicain. Elle est comme suspendue dans un temps arrêté !

Dehors, la nuit tombe sur la ville.

Arcane XV : Le Diable – L’Épreuve de la Matière

Le Rappel de l’Aventure : La Chute dans le Septenaire du Corps

Arcane XV le Diable. Vous planiez avec l’Ange de Tempérance (XIV). Votre âme, purifiée et guérie, avait atteint son zénith à la fin du Septenaire de l’Âme. Mais l’esprit ne peut rester indéfiniment dans les limbes. Il doit redescendre et s’incarner. Avec fracas, la porte du troisième et dernier cycle s’ouvre : Le Septenaire du Corps. Fini le monde fluide et angélique. L’initié s’écrase sur la terre ferme. Il est confronté à la densité de la matière, à la lourdeur de la chair, aux instincts primaires. Il va devoir prouver que la spiritualité qu’il a acquise en haut peut résister aux tentations d’en bas. Bienvenue face au Diable.

Le Billet d’Humeur : L’honnêteté face à nos propres chaînes

Il est très difficile de voir dans le Diable du positif. Et avec toute l’introspection que je puisse m’appliquer, j’espère ne jamais avoir sombré dans la perversité pure. Mais soyons honnêtes : la perfection n’est pas humaine. Chacun de nous a connu des travers. Nous avons tous, un jour ou l’autre, usé de malice pour obtenir quelque chose, menti pour éviter une sanction, désiré plus de richesse, envié la possession ou frôlé la luxure. C’est le propre de notre condition terrestre que de succomber aux vices de l’existence.

L’idée centrale de cette carte androgyne n’est pas de nous culpabiliser, mais de nous délivrer un message clair et cinglant :

« Ne sois pas dupe. La matière te possède et la fortune te tente. »

L’enjeu n’est pas de nier ces travers en jouant aux saints, mais de savoir qu’ils existent. Il faut les regarder en face et apprendre à les contenir pour ne jamais se trouver dans l’excès, juste avant que ne tombe la sentence divine de la carte suivante.

La Problématique : L’Illusion de la Liberté

Regardez cette créature hybride trônant sur son piédestal, auquel sont enchaînés deux diablotins. Observez bien ces chaînes : elles sont lâches. Les prisonniers pourraient s’en défaire, mais ils ne le font pas. Pourquoi ? Parce que la prison du Diable est confortable. C’est la prison des habitudes matérielles, du confort aveuglant et des passions qui nous rassurent. Le Diable est le grand illusionniste. Il nous fait croire que nous sommes libres alors que nous sommes esclaves de nos propres désirs compulsifs. Il fige l’énergie vitale dans la matière.

Focus Maçonnique : Le piège de l’Ego et la « Cordonite aiguë »

Si la Franc-Maçonnerie est un chemin d’élévation, elle n’échappe pas à l’épreuve du Diable. Quel est l’un des plus grands travers inhérents à ce groupe sociétal ? Sans conteste, l’ego. Cela se manifeste souvent par ce que l’on appelle avec ironie la « cordonite aiguë ». C’est cette envie irrépressible de multiplier les loges, d’accumuler les rites, de toujours intervenir en matraquant que l’on sait mieux que les autres. C’est le Diable en loge : sous couvert de recherche spirituelle, c’est l’ego qui reprend les rênes. On oublie la fraternité pour flatter sa propre vanité. L’initié oublie que les métaux qu’il a laissés à la porte du Temple ont sournoisement repris forme, non plus dans ses poches, mais autour de son cou. Le Diable nous rappelle ici qu’un grade ne protège jamais de la bassesse humaine.

L’Analyse Mystérieuse : Samech et le chemin de l’Incarnation

Pour comprendre la mécanique de cette carte, plongeons dans les correspondances de la Kabbale explorées dans Le Tarot miroir des symboles.

La Lettre Samech (ס)

L’Arcane XV est associé à la lettre hébraïque Samech, qui représente un appui, mais aussi un cercle fermé, un serpent qui se mord la queue (l’Ouroboros). C’est le symbole de la fatalité matérielle et de la boucle des instincts. Si l’on ne brise pas ce cercle, on tourne en rond dans ses propres passions sans jamais s’élever.

Le Sentier de Tiphéret à Yesod

Sur l’Arbre de Vie, ce Diable incarne le chemin qui relie Tiphéret (La Beauté / L’Idéal Solaire) à Yesod (Le Fondement / L’Astral et la sexualité). C’est la voie de la descente. L’idéal lumineux et spirituel de Tiphéret doit plonger dans les eaux troubles et subconscientes de Yesod. C’est le moment où la lumière prend un corps. Le danger de ce chemin est de se laisser happer par les illusions de Yesod (les désirs, les mirages de la matière) et d’oublier la lumière de Tiphéret d’où l’on vient.

L’Archétype de Propp : L’Adversaire et la Tromperie

Dans la morphologie du conte, le Diable n’est pas un simple monstre ; il incarne la fonction de la Tromperie et l’archétype de l’Adversaire (ou du Faux Héros). Il ne combat pas le héros à l’épée, il lui propose un pacte faussement avantageux. Il tente de le détourner de sa quête en lui offrant un confort immédiat ou du pouvoir. L’épreuve du héros consiste ici à identifier la complicité involontaire (lorsque l’on se laisse duper par complaisance) et à refuser ce faux contrat pour poursuivre sa véritable destinée.

En Aparté : Le Feu Central de la Matière (Le Secret Alchimique)

Comme je l’explique à la fin de mon livre, l’alchimie ne se fait pas qu’avec l’eau de la Tempérance. Il faut un feu.

Le Diable n’est pas le mal absolu, il est le dépositaire du Feu central de la matière. L’alchimiste sait qu’il ne peut accomplir le Grand Œuvre sans la chaleur vitale, cet instinct brut enfoui dans les entrailles de la terre (le fameux V.I.T.R.I.O.L.). Le Diable est ce feu souterrain.

  • Si vous le laissez-vous dominer, il vous calcine par l’excès (luxure, avarice, colère).
  • Si vous le rejetez par puritanisme, votre œuvre reste froide et sans vie.
  • Si vous apprenez à le contenir et à le diriger, il devient l’athanor, le fourneau indispensable qui donne la puissance nécessaire pour transmuter le plomb en or.

Conclusion

Le Diable est un test de résistance. Il vient vérifier si l’édifice spirituel que vous avez construit depuis le Bateleur est solide ou s’il n’est qu’une façade orgueilleuse. Avez-vous appris à maîtriser le feu central, ou êtes-vous encore esclave de vos cordons, de vos peurs et de vos appétits ? L’heure de vérité approche. Car si vous vous complaisez trop longtemps dans cette fausse sécurité matérielle, le ciel se chargera de briser vos chaînes de la manière la plus brutale qui soit. Le tonnerre gronde déjà au-dessus de la Maison Dieu (XVI).

Le Diable dit : « Je suis le feu de la terre ; maître de ceux qui s’y enchaînent, mais serviteur de celui qui me contient. »

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19/02/26 – Les Compagnons au cœur des chantiers de restauration, avec Frédéric Thibault à Rueil-Malmaison (92)

Il existe des conférences qui ne donnent pas seulement à savoir. Elles redonnent à sentir. Elles replacent la main au centre, la route au centre, et cette vieille idée initiatique qu’un être se construit en construisant, pierre après pierre, exigence après exigence.

Frederic Thibault

Le jeudi 19 février 2026, Médiathèque Jacques-Baumel accueille Frédéric Thibault, Provençal la Quête du Savoir, Compagnon des Devoirs Unis, tailleur de pierre et sculpteur, pour une rencontre consacrée aux compagnons du Tour de France, en écho à la restauration du chantier de Notre-Dame de Paris.

Ce qui rend cette soirée précieuse tient à une chose simple

La parole vient d’un homme d’atelier et de chantier, d’un homme pour qui le savoir ne se sépare pas du faire. Un parcours de formation exigeant, un Tour de France vécu, puis la responsabilité d’un atelier et de chantiers patrimoniaux très concrets.
Il connaît, au sens fort, la restauration. Notre-Dame, il l’a touchée au plus près, dès 2004, sur la tour nord, au milieu des chimères, des gargouilles, des crochets. Il a aussi travaillé à la reconstruction de la flèche nord de la Basilique de Saint-Denis, et signé un monument en hommage aux fusillés pour l’exemple à Chauny.
Il dirige par ailleurs la publication de Le Compagnonnage, revue trimestrielle de Union Compagnonnique.

Il ne s’agit pas d’assister à une leçon, ni à une simple chronique de métier. Il s’agit d’approcher une tradition vivante et de la laisser te poser, en douceur, des questions qui remettent d’aplomb.

Qu’est-ce qu’une transmission, quand elle ne se réduit ni à des techniques ni à des slogans
Qu’est-ce qu’un rite, quand il n’est pas un décor mais une discipline intérieure
Qu’est-ce qu’un voyage, quand il n’est pas tourisme mais formation, épreuve, polissage du regard
Qu’est-ce qu’un chantier patrimonial, sinon un lieu où l’on apprend la patience, la précision, l’humilité devant l’œuvre
Et, au fond, qu’est-ce qu’un bâtisseur, sinon quelqu’un qui fait passer la matière du chaos à la forme, et qui se fait passer lui-même de l’ego au service

450.fm suit depuis longtemps cette ligne de force, celle d’une modernité de la main qui refuse l’opposition facile entre tradition et présent, et qui regarde lucidement les questions contemporaines, y compris celles que soulèvent les outils numériques.
Cette soirée s’inscrit exactement dans ce fil. Elle ne promet pas une nostalgie. Elle promet une respiration et une mise en perspective, utile à toutes celles et ceux qui aiment l’idée du travail juste, du bel ouvrage, et de la fraternité éprouvée.

Une conférence comme celle-ci ne se résume pas. Elle se vit.

Parce qu’en entendant parler d’ouvrage, de route et de transmission, c’est souvent une autre cathédrale qui se remet en chantier, celle que chacun porte en soi.

À lire aussi sur 450.fm, notamment « Du Tour de France à l’ouvrage, le Compagnonnage, une modernité de la main au service du travail juste » et « Intelligence artisanale, intelligence artificielle, le compagnonnage en première ligne ». Et retrouvez également Frédéric Thibault ICI.

Infos pratiques

Jeudi 19 février 2026, 20h30.
Médiathèque Jacques-Baumel, 15-21 boulevard du Maréchal Foch, 92500 Rueil-Malmaison. Pour les modalités d’inscription ou de réservation, se reporter au site de la médiathèque indiqué sur l’annonce de l’évènement.

Profitez-en pour visiter l’exposition temporaire, Notre-Dame de Paris, un photographe au cœur du chantier.

Renseignements auprès de l’accueil de la médiathèque au 01 47 14 54 54.

Le nombre 3 en Franc-maçonnerie

« Enfin, sachez qu’en tant qu’Apprenti, votre âge est de « Trois ans » ».

La question que je me suis posée en moi-même a été immédiatement : pourquoi 3 ans alors que je venais de naître en Maçonnerie ? Pourquoi pas 1 jour ? C’est tout le symbolisme du nombre « Trois » qu’il me faut découvrir et je vais vous livrer mes quelques réflexions au tracé de ce texte. Le but n’est pas d’être exhaustif, mais d’entrevoir la lumière du nombre 3.

Mais avant de commencer, je voudrais revenir sur le nombre Trois, qui est également un chiffre puisqu’il appartient aux dix symboles (0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9) qui nous permettent de compter et d’ordonner. L’objectif de ce texte n’est pas de tendre vers une analyse mathématique, numérologique ou kabbalistique mais plutôt d’extraire la « substantifique moelle » des documents mis à ma disposition d’apprenti depuis mon arrivée dans notre Respectable Loge : le Rituel du grade apprenti pour le Rite Écossais Ancien et Accepté.

Préliminaire

Le nombre Trois est omniprésent dans notre vie profane de tous les jours : trois coups introduisent une pièce de théâtre, trois fusées éclairent le début d’un feu d’artifice, toute rédaction comprend généralement trois phases distinctes (thèse, anti-thèse et synthèse). La République Française est fondée sur la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » inscrite dans l’article 1ᵉʳ de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Je pourrai continuer avec les contes et les fables qui ont nourri notre enfance : les trois petits cochons, les trois mousquetaires, les trois HO HO HO du Père Noël ou encore les trois Rois Mages. Enfin, le symbolisme ternaire rythme notre vie profane que ce soit temporellement (le passé, le présent et le futur mais aussi le matin, le midi et le soir), spatialement (la longueur, la largeur et la hauteur ou le petit, le moyen et le grand) ou philosophiquement (la Naissance, la Vie et la Mort ou l’Homme, la Terre et le Ciel). La science-fiction n’est pas en reste avec les trois lois de la robotique imaginées par le romancier Isaac Asimov, un des pères fondateurs du genre.

Le rituel

Mais alors, qu’en est-il du Rituel maçonnique du grade d’apprenti ? Je vais rapidement énumérer les principaux symboles liés dans le rituel au nombre « Trois » :

Avant l’Initiation

On trouve la force du nombre Trois dans le rituel d’initiation du profane au grade d’apprenti.Avant le passage sous le bandeau, la candidature du profane qui postule pour entrer dans la Loge a été soumise au cours des tenues précédentes à trois reprises. À la troisième attache, il est présenté aux Sœurs et aux Frères sous le bandeau. Trois tours de scrutin favorables sont nécessaires avant l’initiation ou son refus par la Loge. En parallèle, trois enquêteurs sont nommés par le Vénérable Maître pour recevoir le candidat dans la vie profane à l’occasion d’un rendez-vous en dehors du Temple et l’interroger sur ses motivations.

Nombre Trois

Une fois dans le cabinet de réflexion, le profane trouve trois coupelles contenant respectivement du mercure (représentant l’âme), du soufre (représentant l’esprit) et du sel (représentant la sagesse et le savoir), symboles de l’Alchimie et de l’Hermétisme. Il y trouve également un tabouret à trois pieds marquant la stabilité dans la pièce.

Livré à lui-même dans ses propres ténèbres, le profane devra répondre aux trois questions suivantes :

« Qu’est-ce qu’un homme doit à son créateur ? »
« Que se doit-il à lui-même ? »
« Que doit-il à ses semblables et à sa patrie ? »

Pendant l’initiation, le profane est accueilli en Loge par trois coups de maillet qui symbolisent la Lumière, la Vérité et la Porte de la Loge² :

« Demandez et l’on vous donnera. » (la lumière)
« Cherchez et vous recevrez. » (la vérité)
« Frappez et l’on vous ouvrira. » (la porte)

Le profane doit alors effectuer sous le bandeau trois voyages aboutissant à trois épreuves allant de crescendo dans la difficulté : celles de l’Air, de l’Eau et du Feu.

Tout au long du rituel d’initiation, le langage ternaire rythme la cadence des épreuves. Lors de l’épreuve de l’eau, le Maître des Cérémonies plonge trois fois la main gauche du profane dans un bassin rempli d’eau.

Le Vénérable Maître énonce alors les trois devoirs d’un maçon : d’abord garder le silence sur les travaux en Loge, ensuite combattre les passions et pratiquer les vertus, et enfin se conformer aux statuts généraux de la Franc-Maçonnerie Régulière et aux lois particulières de l’Ordre Écossais Ancien et Accepté.

La Chaîne d’Union, réalisée à l’issue de l’initiation, n’est rompue qu’après avoir été éprouvée par des secousses des bras réalisées à trois reprises. C’est la seule Chaîne d’Union qui est éprouvée.

Les secrets du grade livrés au récipiendaire sont au nombre de trois : un Signe (la mise à l’ordre), un Attouchement (la poignée de main) et un Mot sacré.

L’apprenti apprend également les trois pas qu’il doit réaliser pour toute entrée individuelle dans le Temple ainsi que le salut à l’ordre aux Trois Maîtres Maçons qui dirigent la Loge.

L’accolade fraternelle comporte trois temps³ : Faire ensemble le signe pénal,Frapper mutuellement par trois fois de la main droite sur l’épaule gauche du vis-à-vis,Puis échanger un triple baiser.

L’atelier ou le temple

colonnes

La composition de l’atelier est également marquée par le nombre Trois. L’espace du temple maçonnique, c’est-à-dire l’atelier sacralisé, se décompose en trois principales parties : L’Occident comprenant les deux colonnes J (JAKIN – « Il établit ») et B (BOAZ – « Force »). Ces colonnes supportent chacune trois grenades entrouvertes. Trois officiers se trouvent dans cette première partie située à l’Occident : Le 1ᵉʳ Surveillant, le Maître des Cérémonies et le Couvreur.

Le Centre inspiré du Temple de Salomon et recouvert du Pavé Mosaïque de 5 x 3 carreaux sur lequel est posé le tableau représentatif de la Loge. Trois piliers symboliques (Sagesse, Force et Beauté) bornent ce tableau. Trois étoiles (ou trois bougies blanches) sont posées chacune sur un des piliers et brillent pendant les travaux.

L’Orient constitué d’une estrade, du Trône du Vénérable Maître et des chaires de deux Officiers, l’Orateur et le Secrétaire. Ils sont situés tous trois sur une estrade à laquelle on accède par trois marches égales. De même, l’Autel des Serments situé devant l’estrade reçoit les Trois Grandes Lumières (le Compas, l’Équerre et le Volume de la Loi Sacrée, c’est-à-dire la Bible).

Enfin, au-dessus du Trône du Vénérable Maître et derrière lui, un Delta Lumineux préside au rituel. De chacun des trois côtés du triangle jaillissent trois rayons. On peut également distinguer derrière au-dessus de l’estrade trois symboles : le Soleil, la Lune et le Delta Lumineux (précédemment évoqué).

Il est à noter que le Temple de Salomon comportait trois niveaux de Sainteté représentés par les Parvis (au nombre de trois : le Grand Parvis, l’Autre Parvis et le Parvis intérieur), le Hékal (le Saint) et le Débir (le Très Saint). Le lien entre le Temple maçonnique et le Temple de Salomon est symbolique, avec notamment en commun un espace sacré au centre. Tous deux aspirent à construire une « maison de Dieu », un lieu où le Divin est accessible.

Dans le cas de Temple maçonnique, seul le travail acharné et assidu sur soi-même permettra d’atteindre la Lumière, de s’élever au-dessus de la Matière.

Lors de l’ouverture des travaux

Bijou du 1e Surveillant
Bijou du 1e Surveillant

Dès l’ouverture des travaux, on assiste à un trilogue ou une communication triangulée entre les trois Maîtres Maçons qui dirigent la Loge : le Vénérable Maître, le 1ᵉʳ Surveillant puis le 2ᵉ Surveillant. Ce trialogue atteint son paroxysme lorsque tous les F :. se lèvent à l’ordre à la demande du Vénérable Maître et qu’il est énoncé :

Bijou du 2e Surveillant
Bijou du 2e Surveillant

Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice ! (le Vénérable Maître)
Que la Force l’achève ! (le 1ᵉʳ Surveillant)
Que la Beauté l’orne ! (le 2ᵉ Surveillant)

Ces paroles réfèrent aux trois grands piliers que l’on nomme Sagesse, Force et Beauté qui soutiennent symboliquement le Temple et sont représentés respectivement par le Vénérable Maître, le 1ᵉʳ Surveillant et le 2ᵉ Surveillant :

« La Sagesse conçoit, la Force exécute et la Beauté orne »

Enfin, l’ouverture est marquée par trois actions : le signe, la batterie et l’acclamation écossaise à trois « HOUZE » lorsque la Loge bascule du monde profane dans le monde Sacré.

Pendant les travaux

Pendant les travaux et lors des échanges de place dans la Loge lors du rituel, les Frères se donnent l’accolade marquée par trois bises et trois frappes réciproques sur l’épaule droite.

Fermeture des travaux

De même, à la fermeture des travaux, le langage ternaire reprend entre le Vénérable Maître qui s’adresse au 1ᵉʳ Surveillant, lequel s’adresse au 2ᵉ Surveillant, et en retour, le même échange triangulé en sens inverse.

« Que la Paix règne sur la Terre »,
« Que l’Amour règne parmi les Hommes »,
« Que la Joie soit dans les cœurs » sont prononcés respectivement par chacun des trois Maîtres Maçons dirigeant la Loge (le Vénérable Maître, le 1ᵉʳ Surveillant puis le 2ᵉ Surveillant) et sont marqués par Trois coups de maillet successifs.

À la fermeture des travaux, le V :. M :. demande : « Frères Maître des Cérémonies et Expert, rangez les Trois Grandes Lumières »⁷ Ces Trois Grandes Lumières sont l’Équerre et le Compas et le Volume de la Loi Sacrée.

La fermeture, tout comme l’ouverture, est marquée par le signe, la batterie et l’acclamation écossaise comprenant trois « HOUZE ». À l’issue, la Loge revient dans le monde profane. La boucle est bouclée.

Mais encore

Charles Baudelaire

Mais encore, Mes Frères, quand j’ai dit cela, je n’ai fait qu’épeler, je n’ai fait qu’énoncer. Je n’ai rien montré de la force et de la magie du nombre Trois. C’est de la très belle mécanique que le fonctionnement du rituel et je pense avoir suffisamment démonté ses rouages pour mettre en évidence la présence d’une base ternaire dans le Rituel, qu’il concerne l’initiation d’un profane ou les travaux en Loge : tout est bâti sur une base ternaire qui en assure la fondation, l’édification et la stabilité. Tout ceci confine à l’horlogerie. Cet équilibre qui tend à la perfection et l’harmonie pourrait se résumer dans les vers de Charles Baudelaire dans « L’Invitation au voyage » : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté ». Le calme du travail de la loge, le luxe d’appartenir à cette fraternité qu’est la Franc-Maçonnerie et la volupté de l’âme à tendre vers l’Esprit et à la transcendance du profane vers le Sacré.

Bien souvent, les triples actions ou les représentations triplées contiennent chacune trois sous-niveaux, indiquant qu’il y a plusieurs niveaux de symbolisme et que le contenu est tout aussi important que le contenant.

Il faut bien comprendre que le nombre « Trois » est la fondation, voire le fondement de la Maçonnerie. Il organise, structure et articule le rituel maçonnique. Ce n’est pas sans raison que les trois points ponctuent la prose maçonnique. Sans le trois, le triangle, qui est la première forme géométrique avec ses trois côtés et ses trois angles, ne verrait pas le jour. La géométrie, qui est à la base des grandes réflexions de l’humanité n’aurait pas de sens : il n’existe pas de polygone à un ou deux côtés.

Trois permet donc de fonder et d’édifier la géométrie, et donc l’univers qui nous entoure. Sans le nombre « Trois », l’espace n’existerait pas et nous serions confinés dans un monde à deux dimensions comme dans Flatland imaginé par Edwin A. Abbott en 1884 !Le nombre « Trois » symbolise également la stabilité et l’équilibre. Un trépied ne peut être bancal. Il en va de même pour le rituel maçonnique qui en s’appuyant sur le nombre « Trois » et la base ternaire dans ses échanges et ses représentations, trouve un rythme équilibré, juste et parfait. N’oublions pas également que ce sont trois Maîtres Maçons qui dirigent la Loge.

Enfin

Mais enfin, il y a une phrase du manuel qui m’interpelle et que l’on trouve à la fin dans le chapitre « Instruction au grade d’Apprenti ». En effet, à la question, « Que concluez-vous des principes que nous révèlent les trois premiers nombres ? » l’apprenti doit répondre : « Qu’il y a lieu de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre Trois ».

En apparaissant après deux, à savoir la représentation du binaire, de la dualité et du manichéisme (le bien et le mal, le blanc et le noir, le ying et le yang), le nombre « Trois » ouvre une autre voie, permet de trouver d’autres solutions à la dualité des échanges et de dépasser leurs contraires, donne une dimension supplémentaire qui permet d’élever le débat, de trancher pour décider, de prendre de la hauteur sur des situations opposées et insolubles.Par le dépassement du Deux, le Maçon cherche avant tout à dépasser la Matière, symbolisée par le binaire, et donc à se transcender.

Sans un travail sur soi, sans cette volonté de se dépasser et de s’élever, il n’est pas possible d’atteindre la Lumière, le Divin que tout Homme a en soi : V :. I :. T :. R :. I :. O :. L :. sont les lettres qui apparaissent au Profane dans le Cabinet de réflexion avant son initiation. L’impétrant ne peut en appréhender la force lors de cette première rencontre. Mais ces lettres sont l’essence même de la Franc-Maçonnerie et ordonnent le travail à accomplir par le Maçon pour construire son « Temple intérieur » et atteindre la Lumière. Il faut visiter l’intérieur de la Terre (Visita Interiora Terrae), c’est-à-dire la Matière, la Pierre Brute, donc soi-même, et en rectifiant (Rectificandoque), il est possible de dégrossir, de tailler sa propre Pierre afin de découvrir la Pierre cachée (Invenies Occultum Lapidem), c’est-à-dire la Lumière. Ces trois actions (visiter, dégrossir et découvrir) représentent donc les étapes des travaux que doit mener avec persévérance et assiduité le Maçon pour s’élever vers la Lumière. Cette tâche est un travail de chaque instant sans cesse perfectible.

La Pierre Brute est un des symboles présents au grade d’Apprenti. N’oublions pas que la Pierre Brute est imparfaitement dégrossie mais elle tend à prendre une forme cubique, représentant le nombre Trois. Selon Jean-Marie RAGON dans son « Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes » paru en 1841, « la Pierre Brute symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le Maçon doit s’appliquer à corriger »⁸. À l’aide des deux outils mis à la disposition de l’Apprenti, à savoir le Ciseau et le Maillet, ce dernier va pouvoir dégrossir sa pierre et ainsi commencer à se libérer de la Matière.

Par ce travail sur soi, le but est de retrouver la Lumière qui est en soi et par là même accéder au Divin qui est en nous. Trois permet donc d’accéder à un niveau supérieur auquel l’homme n’est pas enclin de prime abord. C’est l’élévation du binaire (la base du triangle donc le monde profane) vers le ternaire et donc l’unité (le haut du triangle symbolisant le divin), le passage de l’horizontalité à la verticalité et par là-même, la transcendance de la pluralité et la réunification des idées éparses.

En conclusion, le langage binaire est celui du monde profane.

abréviation, triangle, triponctuation

Le langage et la structure ternaires permettent de dépasser la condition humaine, d’élever l’âme humaine et d’accéder à l’unique, au divin par l’Esprit. Le nombre « Trois » est le fondement à toute construction, en assure la stabilité mais surtout ouvre la possibilité d’un dépassement de la matière par un travail sur soi en vue d’accéder au divin.

Mais dire cela c’est déjà toucher à l’indicible, c’est tendre à construire un égrégore cher à l’esprit maçonnique.

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Messages d’ailleurs (Roswell – Suite)

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L’ouvrage propose une analyse systématique et documentée du célèbre accident de Roswell (Nouveau Mexique – 1947). L’auteur s’interroge sur l’authenticité des récits initiaux, et sur les sources documentaires. Plutôt que d’adopter une version unilatérale (ballon météo au lieu d’engin extraterrestre) il montre que l’incident soulève encore des zones d’ombres liés à la destruction ou à la classification de nombreux documents militaires de l’époque.

L’ouvrage met en lumière l’influence potentielle de ces événement sur l’évolution des services de renseignement de l’armée américaine et des technologies de défense. Les événements auraient pu accélérer certaines avancée en matériau ou en electronique par le biais de retro-ingénierie.

Une part importante du livre de 500 pages est consacrée à l’étude de témoignages oraux, de récits médiatiques postérieurs et des publications successives..

Enfin l’ouvrage pose une question philosophique implicite : les OVNIS pourraient-ils devenir une réflexion sur la manière dont les sociétés moderne traitent l’inconnu, le secret et les limites du savoir ? L’ouvrage ne se limite pas à un événement isolé : il touche à des questions culturelles profondes sur la place de l’humain dans l’univers, la confiance envers les institutions et la manière dont l’information circule et est reçue par le public.

Ainsi Roswell ne renvoie pas à un mythe mais à une constellation de mythes anciens et modernes qui se superposent comme ceux de Prométhée et de la Gnose (révélation interdite), ceux des dieux descendus du ciel Aanges- Devas- Quetzalcoatl), ceux du corps sacré caché – (Graal- Saint Suaire) et les mythes institutionnels actuels (complotisme). En ce sens l’extraterrestre pourrait incarner notre relativisation cosmique, (fin de l’exception humaine) la perte du salut d’élu, la fin de l’anthropocentrisme. Nous touchons ici, à la métaphysique.

L’AUTEUR

Jean Jacques Vélasco a travaillé comme ingénieur au Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) avant de rejoindre le Groupe d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés (GEPAN) en 1977 dont il devient le directeur en 1983 jusqu’en 2004. Son expérience dans l’étude des phénomènes aérospatiaux insolites fait de lui l’un des premiers experts mondiaux sur la question des OVNI. Il a participé à de nombreux groupe d’étude s internationaux, dont le rapport COMETA (1994-1999) il a par ailleurs publié

  • Ovnis la science avance (1993 ) Robert Laffont – avec Jean-Claude Bourret
  • Troubles dans le ciel (2013) Presse de Chatelet – avec Nicolas Montgiani

Revoir la Partie 1 de cet article

« Miséricorde » – du latin miserum cor dare : Avoir un cœur pour ceux qui souffrent

De notre confère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Imaginez-vous seul dans votre pièce de réflexion. Le silence y est pesant comme du plomb. Vous tenez le compas entre vos mains : ses pointes froides, l’une ancrée au sol, l’autre flottant légèrement. Vous l’ouvrez lentement et tracez un cercle parfait sur le sol rugueux. Il ne s’agit pas seulement de géométrie : c’est une invitation à étendre l’âme au-delà des limites étroites du moi.

Ici commence notre histoire, l’histoire de la miséricorde en franc-maçonnerie, ce principe lumineux qui combat l’égoïsme comme un antidote divin, tissant une solidarité humaine sans barrières. La miséricorde, du latin miserum cor dare , avoir un cœur pour ceux qui souffrent. Non pas une pitié plaintive, mais une force royale. Une arche qui s’étend du centre de l’ego vers l’infini.

Commençons par le Compas.

Le catéchisme stipule :

Limitez vos désirs et restez dans le cadre de la virilité.

Mais qu’est-ce que cela signifie ?
L’égoïsme est ce point fixe qui vous cloue au pilori : il vous fait voir uniquement votre petit monde, votre faible lumière, vos besoins criants. Il vous persuade que le monde tourne autour de vous, érigeant des murs invisibles. Le franc-maçon le sait bien ; il l’a vu dans le regard du profane qui frappe à la porte du Temple. Pourtant, en ouvrant le compas, ce cercle s’élargit. Ce n’est pas un agrandissement aléatoire : c’est la miséricorde en action.

James Anderson l’avait compris il y a trois siècles dans ses Constitutions de 1723 :

Un franc-maçon est un homme bon et tolérant, qui agit avec droiture et selon le principe de la bienveillance, embrassant toute la nature humaine.

Voilà le point essentiel : la bienveillance n’est pas abstraite. C’est une miséricorde concrète, sine discriminane personarum , sans distinction de personnes. Songez à nos rituels, notamment dans le rite écossais ancien et accepté, où la miséricorde s’incarne.

Vous souvenez-vous d’Hiram, le maître assassiné ? Il repose dans son tombeau, poignardé par ses propres hommes, et pourtant, de sa tombe ne s’élève pas une malédiction, mais un pardon silencieux. C’est le cœur parmi les cœurs, qui se courbe non par lâcheté, mais pour élever. Dans les œuvres de Loggia, nous évoquons ceci : le compas ne mesure pas seulement les pierres brutes, mais aussi les distances humaines.

Dante le dirait mieux :

Considérez votre lignée :vous n’avez pas été créés pour vivre comme des brutes,mais pour suivre la vertu et la connaissance.

La vertu avant tout ? La miséricorde, qui dissout l’égoïsme comme la brume au lever du soleil.

Mais allons au-delà des symboles. La franc-maçonnerie n’est pas un club de contemplatifs : c’est l’action. L’égoïsme, ce démon intérieur , nous tente par l’isolement, le « moi avant tout ». La miséricorde lui répond par la fraternité universelle.

Dans les anciennes Constitutions d’Édimbourg de 1599, on peut lire :

Tu aimeras ton frère comme toi-même.

Non seulement le frère de la loge, mais l’homme tout court . C’est là que le franc-maçon cultive la solidarité sans distinction : le laïc indigent, le voyageur étranger, la veuve oubliée par les œuvres de charité. Non pas une philanthropie de façade, mais une charité discrète , à l’image des Templiers qui, des siècles auparavant, ouvraient des hôpitaux pour les lépreux sans exiger ni croyance ni richesse.

Laissez-moi vous raconter une histoire vraie, une de celles qui réchauffent le cœur.

Il y a des années, dans une loge napolitaine, un Frère aîné, un Vénérable Maître, entendit parler d’une famille profane en proie au désarroi : un père sans emploi, des enfants affamés et une mère malade. Pas d’appel, pas d’insistance. Il prit le compas Intérieur, ouvrit son portefeuille et réunit silencieusement les Frères. Ils apportèrent de la nourriture, des médicaments et un travail. La famille ne sut jamais rien de leurs tabliers.

Voici le franc-maçon mis en accusation : la miséricorde l’emportant sur l’égoïsme, tissant des réseaux invisibles de solidarité.

Goethe, franc-maçon initié, l’évoque dans « Faust » :

Hélas, deux âmes habitent ma poitrine, et l’une aspire à se séparer de l’autre.

L’un égoïste, l’autre miséricordieux. Nous choisissons ce dernier. Et l’ésotérisme ? Nous entrons ici dans le saint des saints . Le compas n’est pas qu’un simple instrument : elle est le Gamma céleste qui, en tant que Grand Architecte de l’Univers, mesure la Création avec une équité bienveillante.

Dieu misereatur nostri et benedicat nobis.
Psaume 66

Dans la Kabbale juive, qui influence nos rites supérieurs, la miséricorde est Chesed, la sefirah de la Grâce de la main droite, qui équilibre la Justice sévère de Gevurah. Le franc-maçon, dans son laboratoire alchimique, fond les métaux : l’égoïsme/le plomb en or solidaire. C’est une transformation intérieure, solve et coagula.

Souvenez-vous d’Hermès Trismégiste :

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas…

Statue de Cicéron
Statue de Cicéron devant le Palais de Justice, Rome, © Wikimedia Commons

La miséricorde cosmique se reflète dans notre cercle : en l’élargissant, nous touchons l’Un. La miséricorde comme force.

Mais attention : la miséricorde n’est pas faiblesse. La miséricorde maçonnique est vigoureuse, forgée sur le banc du Compas. Elle ne pardonne pas le mal par inertie, mais le corrige par une compassion active. Si l’égoïsme est solitude, la miséricorde est communion. Dans nos Tenuti, nous parlons de philanthropie , d’amour de l’humanité.

Cicéron, dans De Officiis , écrit :

La miséricorde est la disposition de l’âme à rechercher le pardon pour ceux qui ont mal agi.

Le franc-maçon l’incarne : il ne juge pas le profane déchu, il l’élève. Il est l’antidote à l’ego : du « mien » au « nôtre ».

Fratres semper, fratres omnes.

Des frères pour toujours, des frères tous.

Bouclons le cercle, tel un compas retournant à son centre. Cultivons la miséricorde non comme un précepte figé, mais comme une pratique vivante. Car c’est seulement ainsi, de l’ombre de l’ego, que la Lumière émerge.

In hoc signo vinces.

Sous ce signe, vous gagnerez.

Et votre entourage ?

Ce sera sans fin.

La parole du Véné du lundi : « J’ai la chance d’avoir le Rituel le plus pur »

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Mes très chers Frères et Soeurs,Ah, la pureté du Rituel… Ce grand marathon de la vanité maçonnique. On en entend tous les jours en Loge, comme une rengaine un peu triste :« Mon Rituel est inchangé depuis 1723. » – « Moi j’ai la version originale, tapée sur le clavier de Willermoz en personne. » – « Le mien, c’est le vrai, les autres c’est du réchauffé. » Franchement, c’est à se tordre. Très sincèrement, connaissez-vous beaucoup de Frères ou de Sœurs capables de vous expliquer, les yeux dans les yeux, en quoi le fait que leur Rituel soit « plus ancien » le rendrait plus pur, plus puissant, plus efficace ?

Parce que moi, après vingt-cinq ans de tablier, je n’en ai rencontré qu’un seul… et encore, il confondait « ancien » avec « photocopié en 1978 sur du papier pelure ».

Un Rituel, mes amis, ce n’est pas un texte sacré figé dans l’ambre.
C’est un corps qui bouge dans l’espace pour mettre en mouvement des énergies. Des énergies qui peuvent créer… ou détruire. Ordo ab chao, vous vous souvenez ?

Ça veut bien dire que l’ordre et le chaos se succèdent, s’enchaînent, se chevauchent dans une danse perpétuelle. Figer son Rituel pour le répéter à l’identique, c’est comme réciter un mantra en sanskrit sans avoir la moindre idée de ce qu’il signifie. Ça fait joli dans la bouche, ça berce l’ego, mais ça ne fait pas grand-chose d’autre.

La plupart d’entre nous ne maîtrisent même pas l’alphabet symbolique de base de leur propre Obédience. Alors décoder les couches successives du Rituel – matérielle, sacrée, énergétique, sociale, psychique – on n’en parle même pas.

On fait semblant. On répète. On se rassure.

Et puis un jour on se dit : « Bah, l’essentiel, c’est de transmettre la tradition, non ? » Donc on ne touche à rien. On laisse le Rituel dans la naphtaline, bien plié, avec ses petites boules qui sentent la vieille armoire.

On le ressort tous les quinze jours, on le secoue un peu pour enlever la poussière, on le récite pieusement, et on le range jusqu’à la prochaine fois. C’est beau, la fidélité.
C’est surtout très pratique quand on n’a pas envie de se poser de questions.

Allez, je vous laisse méditer là-dessus.
Ou pas.
De toute façon, dans trois semaines, quelqu’un va encore nous sortir que son Rituel est « le seul authentique depuis 1723 ». Et nous, comme d’habitude, on sourira poliment.

Votre Vénérable Maître,
qui préfère un Rituel vivant à un cadavre bien conservé.

21/02/26 – Académie maçonnique Paris : « Le Grand Architecte de l’Univers au  cœur de la démarche spirituelle en Franc-maçonnerie»

Ce samedi 21 février à 10h30, l’Académie maçonnique à Paris recevra, lors de son webinaire mensuel, dans le cadre d’une conférence intitulée :

« Le Grand Architecte de l’Univers, au cœur de la démarche spirituelle en Franc-maçonnerie »

Jean-Jacques Zambrowski

Jean-Jacques ZAMBROWSKI, conférencier émérite de l’histoire et de la pensée maçonniques.

Ce webinaire est gracieusement accessible aux Sœurs et aux Frères de toutes Obédiences, titulaires du grade de Maître, sur inscription préalable :

https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_35wgrLapRnyjXqiWRqCyEA

Dans son cycle annuel 2025-2026 ayant pour thème général : « Paroles de vie maçonnique(s) », l’Académie maçonnique Paris recevra le T⸫ C⸫ F⸫ Jean-Jacques ZAMBROWSKI.

Christian Roblin
Christian Roblin

C’est ainsi, qu’au cours d’un entretien avec Christian Roblin, suivi des habituels échanges avec le public en ligne, il répondra aux questions que suscitera sa conférence sur :

« Le Grand Architecte de l’Univers, au cœur de la démarche spirituelle en franc-maçonnerie ».

Vous vous êtes mis en bouche, avec gourmandise, le symbole du Grand Architecte de l’Univers, habituellement identifié au Principe créateur. Vous l’avez contemplé à l’Orient, pendant des années, ou, au contraire, vous vous demandez à quoi Il sert, dans nos affaires. Eh bien, vous avez une occasion unique d’aller au-delà du bref entretien imaginaire, aussi plaisant qu’instructif, que la Rédaction vient de publier de Lui dans ce Journal, en partageant la synthétique approche que vous en propose, à l’Académie maçonnique, Jean-Jacques Zambrowski qui parcourt les principaux auteurs et courants de pensée qui En ont créé ou accueilli la figure – des penseurs antiques aux physiciens contemporains, en passant par les philosophes des Lumières, sans oublier les traditions spirituelles et initiatiques, tout cela d’une manière fluide, lapidaire et évocatrice, qui fait, ensuite, toute sa place à un dialogue avec les participants. Passionnante perspective, n’est-ce pas ?

Alors, rendez-vous en ligne le samedi 21 février à 10h30, en vous inscrivant préalablement au moyen du lien proposé plus bas, à condition que, Frères ou Sœurs, vous soyez titulaires du grade de maître.

Quant à Jean-Jacques Zambrowski qui publie occasionnellement dans ce Journal et qui présida, un temps, l’Académie maçonnique à Paris, c’est un maçon chevronné, avec plus de quarante ans d’activité au compteur – ce qui s’est traduit, dans son cas, par la collation progressive de tous les grades du Rite Écossais Ancien et Accepté. Ancien Grand Chancelier de la Grande Loge de France, il est aujourd’hui membre de la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité, où il préside l’Académie de Salomon.

En visioconférence avec l’outil Zoom en vous inscrivant grâce au lien suivant :

https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_35wgrLapRnyjXqiWRqCyEA

Accès réservé aux Sœurs et aux Frères de toutes obédiences, titulaires du grade de maître.