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Meurtre d’un Franc-maçon au Texas : l’accusé Julio Diaz désormais relié à deux incendies de loges maçonniques

Une affaire criminelle particulièrement troublante secoue la communauté maçonnique du Rio Grande Valley, au Texas. Julio Diaz, déjà accusé du meurtre d’un membre de la loge maçonnique de McAllen, vient d’être officiellement relié à deux incendies criminels visant des temples maçonniques. Un rebondissement majeur qui renforce l’hypothèse d’une vendetta ciblée contre la Franc-maçonnerie.

Le meurtre de Robert Wise (10 juillet 2023)Le 10 juillet 2023, Robert Wise, 55 ans, membre de la McAllen Masonic Lodge No. 1110, est abattu par balles alors qu’il quittait une réunion de sa loge, située au 118 North 11th Street à McAllen.

Selon les documents judiciaires et les images de vidéosurveillance :

  • – Julio Diaz, alors âgé de 37 ans et résidant à Alamo, arrive sur place à bord d’un Chevrolet Blazer noir.
  • – Il tire plusieurs fois sur Robert Wise.
  • – Diaz filme lui-même l’attaque avec son téléphone et poste la vidéo sur son compte Instagram.
  • – Il envoie également un message à un ami pour revendiquer le meurtre.

Robert Wise venait d’être nommé Junior Deacon de sa loge. Il a été tué devant le temple maçonnique.

Un suspect obsédé par les francs-maçons

Les enquêteurs ont rapidement découvert que Julio Diaz harcelait la communauté maçonnique depuis environ 22 mois avant le meurtre. Il avait déjà commis des actes de vandalisme et des menaces contre plusieurs loges de la région.

Les incendies criminels (2022 et 2023)

  • 2022 : Incendie criminel à la McAllen Masonic Lodge (la loge où Robert Wise a été tué).
  • Février 2023 : Incendie à la Llano Grande Lodge No. 1173 à Weslaco (environ 30 km à l’ouest de McAllen).

Selon les documents du tribunal d’Hidalgo County publiés cette semaine (fin juin 2026), Julio Diaz est désormais officiellement relié à ces deux incendies.

L’évolution judiciaire (derniers rebondissements – juin 2026)

Le 26 juin 2026, la chaîne KRGV a révélé que :

  • Julio Diaz fait désormais face à des accusations supplémentaires liées aux incendies.
  • Son procès pour meurtre a été avancé : une date préférentielle est fixée pour août 2026.
  • Une audience pré-procès est prévue en juillet 2026.

La défense a également demandé une évaluation psychiatrique, après la découverte d’un kyste au cerveau chez l’accusé.

Contexte et réactions

Cette affaire a profondément choqué la communauté maçonnique du Texas. Les loges maçonniques, souvent discrètes, se retrouvent soudainement la cible d’une violence ciblée. Une plainte avait été déposée par la famille de Robert Wise contre la loge, l’accusant de négligence (elle a depuis été réglée à l’amiable en mai 2025).L’affaire soulève des questions sur la vulnérabilité des lieux de culte et de fraternité face à des individus radicalisés ou souffrant de troubles mentaux, dans un contexte où les théories du complot anti-maçonniques continuent de circuler sur internet.

Sources :

  • KRGV (ABC affiliate) – 26 juin 2026 : « Man charged in McAllen Freemason murder now linked in two lodge fires »
  • ValleyCentral / CBS4 – Articles de suivi (2023-2026)
  • MyRGV – « Lawsuit settled between family of slain McAllen man and Masonic Lodge » (mai 2025)
  • Documents judiciaires du comté d’Hidalgo (Texas)

La « Vénus électrique » : quand le faux spiritisme rallume la lumière des vivants

Avec La Vénus électrique, Pierre Salvadori signe une comédie romantique d’époque où l’occultisme n’est jamais réduit au folklore. Sous les tables tournantes, les séances truquées et les faux messages de l’au-delà, le film fait circuler une question plus profonde : comment les vivants reviennent-ils à la lumière lorsqu’ils se sont laissés ensevelir par leurs morts ? Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche y forment un triangle subtil, entre imposture, désir, deuil, création et renaissance.

Pierre Salvadori

Il est des films qui ne prétendent pas parler d’initiation et qui, pourtant, en portent le mouvement secret.

La Vénus électrique, de Pierre Salvadori, appartient à cette famille rare. Sous les dehors d’une comédie romantique élégante, légère, parfois presque virevoltante, le film touche à des questions essentielles : que faire de nos morts ? Comment revient-on à la vie lorsque le chagrin a tari toute création ? Où finit l’imposture et où commence la vérité intérieure ? Et par quelle parole, par quel regard, par quel choc, l’être humain retrouve-t-il le chemin de sa propre lumière ?

Le récit se situe à Paris, en 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, ne parvient plus à travailler depuis la mort de son épouse. Son art s’est arrêté avec elle, comme si le deuil avait figé son regard et tari sa main. Son galeriste, Armand, s’inquiète pour lui, mais aussi pour l’œuvre à venir, pour le marché, pour cette promesse artistique menacée de silence. Un soir d’ivresse et de désespoir, Antoine cherche à entrer en contact avec la disparue par l’intermédiaire d’une voyante. Mais la voix qui lui répond n’est pas celle de l’au-delà. C’est Suzanne, modeste foraine, arrivée là par hasard, par faim, par débrouille et par nécessité. Elle se découvre bientôt un talent inattendu pour l’imposture. Aidée par Armand, elle enchaîne les fausses séances, installe le décor du mystère, prête des mots aux morts. Antoine, lui, recommence à peindre. Suzanne, elle, commence à aimer celui qu’elle trompe. Ainsi se met en marche la mécanique délicate du film : un mensonge fabriqué dans l’ombre finit par rendre à un vivant le chemin de sa lumière.

Tout Salvadori est là : le mensonge comme moteur dramatique, la comédie comme chambre d’écho du tragique, le faux comme détour vers une vérité plus humaine.

La Vénus électrique n’est pas un film ésotérique au sens doctrinal du terme. Il ne valide pas le spiritisme, ne fait pas de la voyance une révélation, ne demande pas au spectateur de croire aux revenants. Mais il fait mieux : il montre pourquoi l’homme a besoin de croire, pourquoi les morts continuent de parler en nous, pourquoi l’absence réclame des formes, des signes, des rituels, des fictions.

C’est ici que le film devient passionnant pour une lecture initiatique.

Anaïs_Demoustier en 2018

L’initiation n’est jamais seulement l’accès à un savoir caché. Elle est passage d’un seuil, descente dans l’obscur, confrontation à l’illusion, puis retour transformé vers la lumière. Antoine est un homme arrêté. Il n’est pas seulement veuf ; il est intérieurement déserté. Le peintre ne peint plus, comme si la mort de l’aimée avait emporté avec elle la source même de son regard. Son atelier est devenu une sorte de tombeau. La toile blanche n’est plus promesse, mais silence.

Face à lui, Suzanne n’a rien d’une initiée officielle

Elle est pauvre, vive, rusée, contrainte par la vie plus que guidée par une doctrine. Pourtant, c’est elle qui devient passeuse. Paradoxalement, celle qui ment rend possible une vérité. Elle ne parle pas avec les morts, mais elle permet à un vivant de sortir de son tombeau. Elle n’ouvre pas les portes de l’au-delà, mais elle entrouvre celles de l’âme. Elle n’est pas médium au sens spirite ; elle devient médium au sens symbolique : un intermédiaire entre ce qui était figé et ce qui peut renaître.

Le titre lui-même mérite attention. La Vénus électrique. Vénus, c’est l’amour, le désir, la beauté, l’attraction. L’électricité, c’est le choc, l’étincelle, l’invisible rendu sensible, cette énergie qui circule sans se laisser saisir.

Le duo Anaïs Demoustier – Pio Marmaï fonctionne précisément ainsi : par polarités. Elle vient du monde forain, du spectacle, du trucage, du corps exposé à la curiosité populaire. Lui vient du monde de l’art, du deuil aristocratique, de l’atelier, de la mémoire blessée. Entre eux, quelque chose passe. Non pas un simple charme de cinéma, mais un courant. Une aimantation.

Pio_Marmaï en 2025

Pio Marmaï donne à Antoine une densité mélancolique, presque enfantine, celle d’un homme qui ne sait plus distinguer le souvenir de la prison

Anaïs Demoustier, elle, est remarquable de mobilité intérieure. Elle joue Suzanne comme une femme qui commence par survivre et finit par se découvrir responsable de l’âme d’un autre. Son imposture initiale n’est jamais cynique au sens froid du terme. Elle naît de la faim, de la débrouille, du hasard. Puis, à mesure qu’elle voit Antoine se ranimer, le mensonge devient charge morale. La comédie se double alors d’une question presque rituelle : peut-on continuer à mentir lorsque le mensonge guérit ?

Il faut ici donner toute sa place à Gilles Lellouche

Gilles Lellouche

Son Armand, galeriste d’Antoine, n’est pas un simple personnage secondaire. Il est le grand organisateur profane de la supercherie, celui qui comprend très vite que la fausse séance peut produire de vrais effets. Armand est à la fois ami, marchand, metteur en scène et tentateur. Il veut sauver Antoine, sans doute, mais il veut aussi sauver l’artiste comme valeur, comme signature, comme promesse commerciale. Chez lui, l’affection et l’intérêt se mêlent. C’est précisément ce qui le rend intéressant.

Dans une lecture symbolique, Armand est le machiniste du faux mystère

Il connaît les ficelles, pousse Suzanne à les utiliser, transforme le deuil en dispositif, l’absence en spectacle, la douleur en méthode. Il est celui qui tire le rideau, règle la lumière, organise l’illusion. Mais, comme souvent chez Pierre Salvadori, le manipulateur est lui-même débordé par ce qu’il met en marche. Armand croit conduire une opération utile, presque rationnelle. Il déclenche en réalité une alchimie humaine qu’il ne maîtrise plus. Lellouche lui donne cette épaisseur : une énergie terrienne, une drôlerie inquiète, une présence qui rappelle que, derrière les grandes affaires de l’âme, il y a toujours des intérêts, des amitiés, des lâchetés, des fidélités imparfaites.

Le triangle Antoine-Suzanne-Armand devient alors plus riche

Antoine est l’homme au tombeau. Suzanne est la fausse médium devenue passeuse. Armand est le frère ambigu, celui qui pousse à l’épreuve sans en mesurer toutes les conséquences. Dans une dramaturgie initiatique, il serait presque le surveillant profane d’une cérémonie truquée qui, à force d’être jouée, devient opérative. Il ne détient pas la lumière, mais il allume malgré lui les lampes du théâtre où cette lumière pourra reparaître.

Anaïs Demoustier avait déjà incarné, dans Alice et le maire, face à Fabrice Luchini, une jeune philosophe appelée à redonner du mouvement à un homme de pouvoir vidé de toute pensée

Le parallèle est éclairant : dans le film de Nicolas Pariser, Alice Heimann est introduite auprès d’un maire de Lyon en crise intellectuelle, précisément parce qu’il n’a plus d’idées. Dans La Vénus électrique, Suzanne réveille l’inspiration d’un peintre à bout de désir. D’un film à l’autre, Anaïs Demoustier semble porter une même fonction symbolique : elle remet en circulation. La pensée chez Luchini, la création chez Marmaï. Elle n’impose pas une vérité ; elle provoque un déplacement. Elle ne donne pas une doctrine ; elle ranime une faculté perdue.

Cette continuité est belle. Elle fait d’Anaïs Demoustier une actrice singulière du réveil intérieur.

Chez elle, l’intelligence n’est jamais décorative. Elle passe par le regard, le rythme, la retenue, la manière de laisser une phrase produire son effet. Dans Alice et le maire, elle était la philosophe au milieu des rouages du pouvoir. Dans La Vénus électrique, elle est la fausse voyante au milieu des rouages du deuil. Mais, dans les deux cas, elle se tient au point exact où une parole peut faire vaciller une certitude.

Le film s’inscrit aussi dans une histoire plus large : celle des années 1920, des tables tournantes, des médiums, des expériences de salon, des spectacles pseudo-scientifiques et des blessures laissées par la guerre.

L’entre-deux-guerres fut un temps de vertige

Le progrès technique fascinait, les religions traditionnelles perdaient de leur autorité dans certains milieux, les morts de masse hantaient les familles, et le spiritisme offrait à beaucoup une grammaire de consolation. Le film ne juge pas ce besoin. Il l’observe avec tendresse. Il sait que l’homme moderne, même lorsqu’il se croit rationnel, demeure un animal symbolique. Il lui faut des signes pour survivre à l’absence.

Pour un regard maçonnique, la roulotte de la voyante peut se lire comme une parodie profane du cabinet de réflexion.

On y entre dans l’ombre. On y vient chargé de peur, de manque, de culpabilité. On y interroge les morts. On y cherche une parole qui permette de continuer. Certes, tout y est truqué. Mais le théâtre du trucage n’empêche pas l’épreuve intérieure. Ce qui compte n’est pas que l’au-delà réponde vraiment. Ce qui compte, c’est que le vivant, confronté à son propre désir de croire, entende enfin ce qu’il portait déjà en lui.

C’est peut-être là la grande intelligence du film : il ne confond pas vérité et exactitude.

La séance est fausse, mais le chagrin est vrai. La médium ment, mais la renaissance d’Antoine est réelle. Armand manipule, mais la peinture revient. Suzanne joue un rôle, mais ce rôle finit par l’obliger à devenir plus juste. Comme souvent dans les récits initiatiques, le masque n’est pas seulement dissimulation ; il peut devenir instrument de révélation. On commence par jouer, puis le jeu vous transforme.

Il ne faut donc pas demander à La Vénus électrique ce qu’il ne veut pas donner

Ce n’est pas un traité d’occultisme, ni une défense du spiritisme, ni une fable ésotérique au premier degré. C’est une comédie de la croyance, une romance de l’imposture, un conte sur la puissance réparatrice de la fiction. Mais c’est précisément pour cela qu’il parle à nos fidèles lecteurs.

Car la Franc-Maçonnerie sait, mieux que beaucoup d’autres traditions, que les symboles ne valent pas parce qu’ils seraient des preuves, mais parce qu’ils mettent l’homme au travail. Une parole rituelle n’est pas une information.

Un signe n’est pas un argument. Une lumière n’est pas seulement un phénomène physique.

Tout dépend de ce que l’homme en fait, de ce qu’elle réveille, de ce qu’elle ordonne en lui

Dans La Vénus électrique, l’électricité n’est pas seulement un effet de foire. Elle devient métaphore de la rencontre. Une étincelle passe entre deux êtres que tout séparait. Une énergie traverse le deuil, l’art, le désir, la culpabilité. Le courant ne vient pas des morts, mais des vivants qui acceptent de se laisser toucher. C’est là que le film devient profondément spirituel : il ne cherche pas le miracle dans l’invisible, mais dans la capacité humaine à recommencer.

La réussite de Pierre Salvadori tient aussi à la précision collective du cinéma

Il faut saluer les acteurs visibles, bien sûr : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern, Madeleine Baudot, tous réunis dans une distribution qui donne chair à cette comédie du trouble et de la renaissance. Mais il faut aussi remercier les équipes techniques et artistiques, celles que le spectateur ne voit pas toujours et sans lesquelles aucune magie ne circule : l’image de Julien Poupard, les décors d’Angelo Zamparutti, la direction artistique et les costumes de Virginie Montel, le montage d’Anne-Sophie Bion, ainsi que l’ensemble des métiers de plateau, de lumière, de son, de maquillage, de production et de postproduction. Le Festival de Cannes mentionne ces principaux collaborateurs dans sa présentation officielle du film.

Car le cinéma est une œuvre collective

La lumière projetée sur l’écran vient de mille gestes invisibles. Un décor devient époque. Un costume devient destin. Un montage devient respiration. Un éclairage devient trouble intérieur. Un silence devient parole. Les acteurs portent l’émotion, mais toute une chaîne humaine la rend possible. Et c’est peut-être l’une des leçons les plus maçonniques du film : aucune lumière ne se lève seule. Elle naît d’un atelier.

Pierre Salvadori n’écrase jamais son sujet sous le sérieux. Il laisse la comédie respirer. Il sait que le rire, comme le symbole, peut ouvrir une brèche. Le spectateur rit de la supercherie, puis se surprend à être ému par ce qu’elle produit. Il voit le faux, mais il reçoit le vrai. Il sait que Suzanne ment, mais il comprend qu’Antoine, grâce à elle, revient vers la vie. Le cinéma lui-même devient alors la grande séance spirite du film : un art d’ombres, de lumières, de fantômes projetés, d’illusions consenties, qui nous fait pourtant éprouver des vérités intimes.

Au fond, La Vénus électrique rappelle une leçon simple et précieuse : l’homme ne renaît pas toujours parce qu’on lui démontre la vérité ; il renaît parfois parce qu’une parole, même fragile, même imparfaite, lui permet de se remettre debout. Le miracle n’est pas que les morts parlent. Le miracle est que les vivants recommencent à entendre.

Et lorsque le rideau tombe, il reste cette évidence : la plus belle communication avec l’au-delà n’est peut-être pas de faire revenir ceux qui sont partis, mais d’empêcher ceux qui restent de devenir morts à eux-mêmes.

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE Bande Annonce (2026) Gilles Lellouche, Pio MarmaïFilmsActu

Source illustrations : Wikipédia ; La Vénus électrique DVD – FNAC / DVD Disponible à partir du 15 septembre 2026 ICI

« Au cœur des symboles » : Exposition maçonnique à Montpellier (JEP 2026)

Au Cercle Culturel Languedocien, à l’Orient de Montpellier, une exposition invite le public à entrer dans l’univers discret, sensible et profondément signifiant de la symbolique maçonnique. Entre porcelaines commémoratives, tableaux contemporains, objets rituels et mémoire des Loges, Au cœur des symboles propose un parcours où l’histoire se fait image, où l’objet devient trace, et où le symbole ouvre un chemin de compréhension.

Il est des expositions qui ne se contentent pas de montrer. Elles invitent à regarder autrement. C’est le cas de Au cœur des symboles, présentée par le Cercle Culturel Languedocien, à Montpellier, dans un lieu où la culture maçonnique se donne à voir sans se livrer entièrement, fidèle à cette juste mesure qui consiste à éclairer sans dissiper tout mystère.

L’exposition rassemble un ensemble remarquable de porcelaines commémoratives issues de différentes Loges de la Grande Loge de France (GLDF).

Ces pièces, souvent méconnues du grand public, appartiennent à une histoire sensible de la Franc-Maçonnerie. Elles disent les anniversaires, les fondations, les fidélités, les passages de témoins, les moments importants de la vie des Loges. À travers elles, c’est toute une mémoire fraternelle qui se déploie : mémoire des lieux, des dates, des emblèmes, des devises, des rites et des Frères qui, génération après génération, ont inscrit leur travail dans la durée.

Mais ces porcelaines ne sont pas seulement des objets commémoratifs

Elles sont aussi des supports symboliques. Compas, équerre, colonnes, soleil, lune, pavé mosaïque, delta lumineux, temple, outils du bâtisseur : chaque signe y apparaît comme une pierre d’un langage ancien, à la fois simple et profond. Le symbole maçonnique ne se réduit jamais à une décoration. Il relie le visible à l’invisible, l’objet à l’idée, la mémoire à l’exigence intérieure.

À ces pièces historiques répondent des tableaux d’artistes contemporains, prolongeant le dialogue entre tradition et création. Car le symbole, lorsqu’il est vivant, n’appartient pas seulement au passé. Il continue d’interroger le présent. Il appelle un regard, une méditation, parfois une transformation. Dans cette rencontre entre objets de mémoire et œuvres actuelles, l’exposition montre que la symbolique maçonnique n’est pas un répertoire figé, mais une matière toujours active, capable de susciter réflexion, émotion et élévation.

Le titre même, Au cœur des symboles, dit bien l’ambition du parcours

Il ne s’agit pas de rester à la surface des images, mais d’en approcher la profondeur. Le cœur du symbole, c’est ce point de passage où l’on cesse de seulement voir pour commencer à comprendre. C’est aussi ce lieu intérieur où l’image devient question : que construisons-nous ? Quelle lumière cherchons-nous ? De quels outils disposons-nous pour tailler notre pierre, ordonner notre chaos, élever notre regard ?

Dans une époque souvent saturée d’images immédiates, cette exposition rappelle que certains signes demandent du temps. Ils ne se consomment pas. Ils se contemplent. Ils se déchiffrent. Ils accompagnent. Ils forment un alphabet discret de la pensée, de la mémoire et de l’initiation.

Le Cercle Culturel Languedocien offre ainsi une belle occasion de découvrir, ou de redécouvrir, la richesse de l’imaginaire maçonnique

Blason GLDF
Blason GLDF

Une richesse où se croisent histoire, art, tradition, spiritualité, fraternité et transmission. Le public pourra notamment approcher cette exposition lors des Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2026, moment privilégié pour franchir le seuil et se laisser guider dans ce monde de signes.

Car au fond, une exposition maçonnique réussie ne livre pas un secret : elle donne le goût de chercher.

Informations pratiques

Exposition : Au cœur des symboles
Lieu : Cercle Culturel Languedocien
2546, avenue de Maurin 34070 Montpellier

Dates : 19 & 20 septembre 2026

Visites : uniquement sur rendez-vous, sauf lors des Journées européennes du patrimoine et des conférences publiques organisées au Cercle Culturel Languedocien. Lors de ces manifestations, les visiteurs seront accompagnés et guidés.

Journées européennes du patrimoine 2026 :
Samedi 19 septembre : 14h à 19h / Dimanche 20 septembre : 9h à 19h / Contacts et renseignements : 06 77 15 85 76

Le réel ne se remplace pas – Salix n° 54 au miroir de Bertrand Vergely

À l’heure où les écrans, les récits concurrents et les images produites à l’infini troublent notre rapport au monde, Salix consacre son cinquante-quatrième numéro au réel. Dans le prolongement des 41es Rencontres écossaises d’Angers, la revue compose une méditation collective sur ce qui résiste, oblige, révèle et transforme. Au cœur de cet ensemble, Bertrand Vergely donne au réel une portée morale, métaphysique et initiatique. Sa parole ne demande pas seulement ce qui existe. Elle cherche ce qui mérite d’être vécu.

Sur la couverture, un homme au chapeau melon tient une montre devant une suite de miroirs où son image se répète. Le réel paraît proche, puis il se retire derrière son reflet. Cette image formule déjà la question qui traverse Salix. Que demeure-t-il lorsque les copies prolifèrent, lorsque l’information remplace la présence et lorsque l’apparence prétend devenir plus vraie que ce qu’elle imite ?

Jacques Azot, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, ouvre cette recherche sans enfermer le réel dans une définition. Patrick Peter l’interroge depuis la science, Françoise Michaud depuis la nouveauté, Emmanuel Kessler depuis les puissances de l’esprit, Jean-Michel Poughon depuis le corps prométhéen, Annick Lucas depuis le dévoilement initiatique et Francis Bardot depuis la réalisation spirituelle propre à l’Ordre écossais. Gérard Audouin encadre cette polyphonie par une interrogation sur le réel qui nous manque et par l’exigence de retrouver le réel perdu.

La revue porte aussi une absence

Claude Guichard rend hommage à Alain Chaize, dont le nom demeure lié à trente-six années de direction et d’organisation des Rencontres écossaises. Le réel est aussi fidélité, durée, geste transmis et visage maintenu dans la mémoire fraternelle. Alain Chaize avait annoncé à Angers qu’il quittait la conduite de ces rencontres après trente-six années de service. Dans une livraison consacrée à ce qui demeure lorsque les apparences passent, l’hommage prend valeur de méditation funèbre. Le Frère absent devient présence intérieure et obligation de poursuivre l’œuvre reçue.

Bertrand_Vergely

Bertrand Vergely occupe le foyer incandescent de ce numéro avec « Le réellement réel ».

Normalien, agrégé de philosophie, philosophe et théologien orthodoxe, il a enseigné en classes préparatoires, à Sciences Po et à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Il aime se définir comme un « artisan philosophe ». La Mort interdite, La Foi ou la nostalgie de l’admirable, Le Silence de Dieu, Retour à l’émerveillement, Deviens qui tu es, Notre vie a un sens !, La Vulnérabilité ou la force oubliée, Voyage en haute connaissance, La Puissance de l’âme et Main basse sur la pensée dessinent une œuvre attentive à ce qui oblige l’être humain à dépasser la survie pour accéder à une vie intérieure.

Dès les premières lignes, Bertrand Vergely noue la quête du réel à celle de l’initiation. La Franc-Maçonnerie lui apparaît comme une pratique conjointe de la connaissance spirituelle, des vertus éthiques et de l’engagement social. La connaissance sans vertu produit l’orgueil. La vertu sans connaissance risque de se réduire à la bonne conscience. L’action sociale sans intériorité peut s’épuiser dans l’agitation. Le réel devient le lieu où ces trois dimensions s’éprouvent mutuellement, comme les côtés d’un triangle dont aucune ligne ne peut disparaître sans ruiner la figure.

Bertrand Vergely distingue trois raisons de s’intéresser au réel, la raison pratique, la raison politique et la raison métaphysique

La première touche à la santé de notre présence au monde. Vivre réellement signifie reconnaître que les êtres existent hors de notre désir, que la matière possède sa résistance et que l’autre n’est pas une extension de nous-mêmes. Le psychiatre nomme psychose la rupture avec le réel. L’initié y reconnaît la tentation de substituer son imaginaire à l’ouvrage commun. La pierre ne devient pas juste parce que nous la rêvons parfaite. Elle réclame la main, l’outil, la patience et l’acceptation de ses aspérités. Toute initiation véritable commence par le consentement à ce qui résiste.

Cette dimension pratique conduit vers une critique de la dématérialisation contemporaine. Écrans, travail à distance, commerce en ligne et relations médiatisées risquent d’abolir le poids des corps, la lenteur de la rencontre et la fécondité de l’attente. Le propos ne condamne pas la technique. Il vise la substitution. L’outil devient dangereux lorsqu’il ne prolonge plus la relation mais prétend la remplacer. Une Tenue ne se réduit ni à la circulation d’informations ni à l’énoncé d’un rituel. Elle suppose des présences accordées, des voix, des silences et la densité d’un temps partagé. Le réel maçonnique naît de l’incarnation du symbole.

La raison politique exige ensuite de nommer correctement les êtres et les actes

George_Orwell

Bertrand Vergely convoque René Girard, Platon, Karl Marx, George Orwell et Albert Camus pour montrer que la violence commence souvent par une falsification du langage. Le coupable devient innocent, l’agresseur se présente comme victime, la servitude emprunte le vocabulaire de la liberté. La confusion dérègle la boussole morale et permet aux pouvoirs d’imposer l’irréel comme vérité commune. La leçon rejoint l’équerre et le fil à plomb. Rectifier les mots, distinguer, peser et mesurer constituent déjà des actes de résistance. La vérité politique commence lorsque le langage cesse de servir de masque à la force.

La troisième raison est métaphysique. Bertrand Vergely oppose la vie subie, dispersée dans les apparences, à une vie morale, philosophique et spirituelle où liberté et beauté se rencontrent. Cette distinction prend toute sa portée si nous y reconnaissons une verticalisation de l’existence plutôt qu’un mépris du quotidien. Voir, écouter, sentir, goûter et respirer deviennent les voies d’une présence. Le « réellement réel » survient lorsque la vie n’est plus seulement continuée mais librement choisie, lorsqu’elle s’oriente vers la beauté et s’éveille à ce que Bertrand Vergely nomme la vie absolue.

Nous retrouvons ici une intuition familière au Rite Écossais Ancien et Accepté

Pavé mosaïque
Pavé mosaïque

Le monde visible n’est ni nié ni méprisé. Il est travaillé jusqu’à laisser paraître une signification plus haute. Le pavé mosaïque ne demande pas de fuir les contraires, mais d’apprendre à les traverser. La Lumière ne supprime pas la nuit, elle révèle ce que la nuit portait en silence. Pierre Soulages, évoqué par Bertrand Vergely, peint le noir jusqu’à faire surgir une clarté venue de la matière elle-même. Le noir devient matrice lumineuse, comme l’épreuve nocturne devient conscience nouvelle.

Après les trois raisons de chercher le réel viennent les trois manières de le détruire, la régression, la confusion et l’hallucination.

La régression refuse l’effort d’exister. Elle rêve d’un monde sans limite, sans contrariété et sans altérité, où chacun serait dispensé de grandir. Le Maçon y reconnaît le refus de tailler sa pierre. Puisque tout travail suppose une résistance et une durée, abolir l’obstacle revient à abolir la possibilité même de se transformer.

La confusion remplace le réel par l’actualité continue. Ce qui se passe devient ce qui est. La violence répétée sur les écrans se change en feuilleton, le massacre en flux et le malheur en objet de consommation. Bertrand Vergely rejoint Hannah Arendt et sa méditation sur la banalité du mal. La saturation peut anesthésier le jugement. Notre époque ne manque pas d’images, elle manque de regard. Elle ne manque pas de commentaires, elle manque d’écoute. Le Temple oppose à cette dispersion une ascèse de l’attention.

L’hallucination substitue enfin la copie au modèle et le virtuel au vivant. Les pages consacrées à l’effacement des différences entre l’être humain et la machine, entre le réel et son imitation, portent une inquiétude très actuelle. Certaines formulations relatives au genre, au corps ou aux frontières du vivant susciteront légitimement la discussion. Elles témoignent d’une pensée qui accepte la confrontation, parfois au risque de resserrer trop vivement des questions complexes. La force du texte réside surtout dans l’alerte qu’il adresse. Une civilisation se met en péril lorsqu’elle ne distingue plus l’existence de sa simulation, la présence de sa ressemblance et la personne de son fonctionnement.

Bertrand Vergely propose trois voies de reconstruction, la réflexion, l’intuition et l’initiation. À la suite de Heinz Wismann, il rappelle la nécessité d’écouter la langue, de recevoir l’enseignement d’un maître et de travailler. Réfléchir ne consiste pas à enfermer le monde dans nos catégories, mais à laisser l’être manifester sa cohérence. L’intuition reconnaît que la présence charnelle ne peut être remplacée par une performance imitative. Un automate en fait toujours trop, tandis que l’être humain n’a pas besoin de démontrer qu’il existe. La machine peut reproduire des formes et ordonner des données. Elle ne porte ni le tremblement d’une conscience, ni la responsabilité d’une parole, ni la vulnérabilité d’un visage.

L’initiation donne à l’écoute une forme, une discipline et une continuité

Bertrand Vergely médite l’étrangeté du mot « initié », qui désigne celui qui introduit autant que celui qui, devenu accompli, n’a plus besoin d’être introduit. L’accomplissement ne consiste pas à posséder le mystère, mais à devenir capable d’y conduire autrui sans le profaner. Le véritable initié ne s’installe pas au sommet d’un savoir. Il demeure au commencement. Il reçoit, transmet et recommence. La connaissance spirituelle n’est pas accumulation, mais approfondissement de l’humilité.

La pensée de Karl Jaspers sur l’Englobant, la leçon de Gaston Bachelard sur le maître qui apprend à penser, les visions de René Magritte et la lumière noire de Pierre Soulages convergent vers une même vérité.

Le réel excède toujours le concept qui prétend le contenir

Il possède une face diurne et une face nocturne, une objectivité et une intériorité, une pesanteur et une puissance d’appel. L’initiation ne délivre pas de ce mystère. Elle apprend à l’habiter avec respect.

La parole de Bertrand Vergely avance avec une énergie oratoire qui multiplie les rapprochements, les images et les formules. Cette abondance produit parfois des raccourcis. Elle demeure fidèle à son ambition première, rendre à la philosophie sa fonction vitale. Il ne s’agit pas de commenter le réel depuis une hauteur abstraite, mais de restaurer notre capacité à être présents, à distinguer le vrai du faux, à accepter la limite, à rencontrer l’autre et à entendre dans la vie une parole qui nous précède. Le texte devient ainsi une planche ouverte, non destinée à clore une question, mais à remettre le lecteur au travail.

Salix n° 54 rappelle que la quête initiatique ne conduit pas hors du monde

Elle nous reconduit vers lui avec des yeux moins captifs et une conscience plus exigeante. Le réel n’est pas l’ennemi du rêve, puisque le rêve peut en révéler la profondeur. Il n’est pas l’ennemi du symbole, puisque le symbole relie ce qui se voit à ce qui se pressent. Il n’est pas davantage l’ennemi de l’esprit, puisque l’esprit ne grandit qu’en rencontrant ce qu’il ne peut fabriquer à sa convenance. Le réel est cette pierre qui résiste assez pour que notre main apprenne la justesse, cette nuit assez profonde pour que la Lumière ne soit jamais confondue avec un éclat trompeur, cette présence assez souveraine pour nous obliger enfin à devenir vivants.

Le chemin ouvert par ce numéro de Salix se prolongera les 19 et 20 septembre 2026 à Grenoble, où les prochaines Rencontres écossaises seront consacrées à « La Création ».

Après avoir interrogé le réel, ses apparences et ses profondeurs, il s’agira donc de méditer l’acte par lequel une forme surgit, une parole ordonne et une conscience transforme.

Le passage du réel à la création dessine déjà une continuité initiatique, puisque créer ne signifie pas produire à partir de rien, mais discerner dans la matière les possibilités qu’elle porte silencieusement.
L’artiste, l’artisan et le Franc-Maçon partagent cette même responsabilité devant l’inachevé, qu’ils doivent servir sans prétendre en épuiser le mystère.
Grenoble, entourée de montagnes et dominée par leurs lignes verticales, offrira à cette réflexion un lieu où la pierre, la hauteur et la lumière semblent dialoguer.

L’image des célèbres bulles suspendues au-dessus de la ville suggère elle-même une élévation progressive du regard, depuis les œuvres humaines jusqu’aux sommets qui les dépassent

La création pourra ainsi être envisagée comme naissance du monde, puissance de l’esprit, travail de l’imagination, édification du Temple intérieur et renouvellement de l’être.
Elle rappellera également que toute œuvre véritable suppose une limite, une résistance, une mesure et cette patience sans laquelle la volonté ne produit qu’une forme privée d’âme.
Les inscriptions à ces Rencontres écossaises 2026 sont ouvertes depuis le 15 avril 2026, ainsi que l’annonce le Suprême Conseil pour la France.
Du réel éprouvé à la création accomplie, le Rite Écossais Ancien et Accepté poursuit ainsi son œuvre essentielle, apprendre à l’être humain non seulement à contempler le monde, mais à participer consciemment à son édification.

L’inscription en ligne

1er au 3 juillet 2026 : Festival Les Heures Bleues au Château Saint-Antoine

Les Heures Bleues : sixième rendez-vous sous les étoiles du Château Saint-Antoine

Il est des lieux qui semblent naturellement destinés à accueillir la beauté. Le Château Saint-Antoine est de ceux-là. C’est en gagnant les collines du Garlaban que le jeune Marcel Pagnol aperçut ces grandes demeures qui allaient nourrir son imaginaire. Parmi elles, le Château Saint-Antoine, posé au bord de l’Huveaune, fut le premier de ces châteaux qui impressionnèrent son regard d’enfant. Longtemps menacé de disparaître, ce joyau du patrimoine marseillais connaît aujourd’hui une remarquable renaissance.

Dernier maillon de la chaîne des châteaux de la vallée de l’Huveaune à avoir été restauré, il a été sauvé en 2015 grâce à l’engagement de la Grande Loge de France. Placé sous la devise « Sans vanité ni faiblesse », héritée du commandant de Robien, le château demeure un lieu maçonnique vivant. Cet officier, qui occupa les lieux au temps de l’enfance de Marcel Pagnol, appartient également à la mémoire du domaine.

es au Château Saint-Antoine
Les Heures Bleues au Château Saint-Antoine

Après plusieurs années de restauration, le Château Saint-Antoine a ouvert ses portes au public en 2018. Depuis lors, il accueille conférences, expositions et manifestations culturelles qui permettent de faire découvrir ce patrimoine singulier et de créer des passerelles entre histoire, culture et partage.

Quand le patrimoine rencontre la musique

C’est dans cet esprit qu’est né, en 2019, le festival Les Heures Bleues. Imaginé et créé par Thierry Zaveroni, alors Conseiller Fédéral (2018-2019) et Délégué du Très Respectable Grand Maître de la Grande Loge de France, Pierre-Marie Adam, pour la mise en valeur du patrimoine culturel de Marseille, le festival est porté par l’association Saint-Jean d’Écosse de Marseille, Loge de recherche au sein de la Grande Loge de France.

Thierry ZAVERONI passé Grand Maître de la GLDF

Dès son origine, il affirme une ambition singulière : faire dialoguer un lieu chargé d’histoire avec la création artistique, en ouvrant le château à travers la musique et la rencontre. Après les années marquées par la pandémie, le festival a progressivement trouvé sa place dans le paysage culturel marseillais et s’est imposé comme un rendez-vous attendu de l’été. En 2026, il célèbre sa sixième édition.

Plus qu’une simple programmation musicale, Les Heures Bleues proposent une soirée où l’on vient autant écouter les artistes que profiter de l’atmosphère particulière du château. À la tombée du jour, lorsque les jardins se parent des nuances du crépuscule, les voix et les instruments dialoguent avec la beauté du domaine, offrant au public un moment privilégié.

Le nom du festival traduit parfaitement cet esprit. En photographie comme en poésie, « l’heure bleue » désigne cet instant fragile entre le jour et la nuit, lorsque le ciel se teinte d’un bleu profond. C’est précisément à ce moment que débutent les soirées du festival. Cette couleur évoque la Méditerranée, le ciel de Provence et cette lumière si particulière qui façonne l’identité de Marseille. Elle porte aussi une dimension symbolique : celle d’un passage, d’un instant de rencontre entre deux horizons.

Une ambition : ouvrir les portes par la culture

Depuis sa création, le festival poursuit une ambition claire : permettre au plus grand nombre de découvrir ce domaine historique et faire de la culture un lien entre les générations.

Cette volonté s’exprime notamment à travers le partenariat fidèle avec l’Institut d’Enseignement Supérieur de la Musique d’Aix-en-Provence (IESM). Chaque année, les étudiants investissent la scène des « Primis » avec une exigence artistique remarquable. Leur talent, leur enthousiasme et leur engagement offrent au public le plaisir de découvrir celles et ceux qui seront peut-être les grandes voix de demain. Cette démarche bénéficie également du soutien du fonds de dotation de la Grande Loge de France « Fraternité et Humanisme », qui accompagne cette dynamique en faveur de la jeunesse, de la formation et de l’accès à la culture.

Trois soirées sous les étoiles

L’édition 2026 se déroulera du mercredi 1er au vendredi 3 juillet dans les jardins du Château Saint-Antoine.

Chaque soirée suivra un rythme désormais bien établi :

19 h : les Happy Hours, un moment convivial mêlant musique et restauration dans les jardins ;
21 h : les Primis, avec les jeunes talents de l’IESM et leurs impromptus musicaux ;
21 h 45 : le grand concert, rendez-vous majeur de la soirée.

Trois univers musicaux se succéderont.

Le mercredi 1er juillet, l’ensemble corse A Filetta ouvrira le festival avec ses polyphonies qui ont construit sa réputation internationale.

Le jeudi 2 juillet, Les Stentors revisiteront les grandes chansons françaises dans un concert placé sous le signe de l’émotion et du partage.

Le vendredi 3 juillet, le festival s’achèvera avec « Un soir à l’Opéra », un spectacle lyrique réunissant plusieurs artistes, parmi lesquels le ténor marseillais Luca Lombardo.

Un festival ouvert à tous

Fidèle à son esprit de partage, Les Heures Bleues souhaitent rendre la culture accessible au plus grand nombre.

Le tarif d’une soirée est fixé à 25 €, tandis qu’un Pass trois jours est proposé au prix de 60 €.
Les enfants de moins de 16 ans accompagnés bénéficient de la gratuité, sur réservation.

Une offre de restauration sera également proposée sur place dès les Happy Hours afin de prolonger cette expérience estivale dans une ambiance chaleureuse.

Un rendez-vous désormais attendu

En seulement six éditions, Les Heures Bleues sont devenues bien davantage qu’un festival. Elles constituent un espace de rencontres entre générations, entre artistes confirmés et jeunes talents, entre mémoire du passé et création contemporaine.

À travers cette aventure culturelle, le Château Saint-Antoine affirme pleinement sa vocation : être un domaine vivant, fidèle à son histoire, capable de créer des liens entre les hommes, les arts et les époques.

Lorsque le soleil disparaît derrière les collines de Marseille et que le ciel prend cette couleur si particulière qui a donné son nom au festival, le Château Saint-Antoine retrouve toute sa magie. Le temps de trois soirées, musique, patrimoine et émotion s’y rencontrent naturellement, offrant au public un souvenir appelé à rester.

Informations et réservations sur le site officiel du festival Les Heures Bleues.

Quelle trouvaille !

5

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Je me souviens d’un tribunal de province où, il y a quelque temps déjà, la présidente était appelée à juger une affaire impliquant son mari, concessionnaire automobile. On porta une demande de récusation devant le premier président de la cour d’appel, qui la rejeta, au motif que les effectifs de la juridiction ne le permettaient pas. Le conjoint défendeur n’en fut pas marri et eut sans doute l’idée d’offrir, en remerciement, à sa vaillante épouse… une voiture neuve !

Des exemples comme celui-ci, nombre d’entre nous en ont en tête, telle la curieuse désignation,  par une juridiction de l’ouest parisien, d’un expert judiciaire exerçant dans la même clinique que le chirurgien entrepris, c’est dire combien le désert médical envahit les zones surpeuplées et c’est ainsi que le patient mécontent n’eut que ses yeux pour pleurer. Un de mes amis, architecte, réclama, devant un tribunal du sud, le règlement de ses honoraires qu’un de ses clients indélicats lui refusait. Malgré toutes les preuves, il n’obtint pas gain de cause. Le mauvais payeur qui présidait une chambre de commerce dans une grande île méditerranéenne, se croyait au-dessus des lois. Il se fit, cependant, arrêté, un peu plus tard, au manche de son avion de tourisme, bourré jusqu’à la gueule de cocaïne (je parle, bien entendu, des soutes et de la carlingue…). Le maître d’œuvre déconfit n’eut plus qu’à se consoler, en songeant que sa canaille de commanditaire rêverait en vain d’une extension à sa cellule. Je laisse de côté les affaires pénales qui sont souvent encore plus sombres et qui suscitent le fréquent émoi des populations.

Comment la Justice traitera-t-elle les contentieux impliquant des francs-maçons, si, en toile de fond, elle nourrit des préventions sommaires, à leur encontre ? Rappelons que les plus hautes autorités de l’État sont reçues par les principales Obédiences maçonniques et que celles-ci délèguent certains de leurs membres pour participer officiellement aux travaux de différentes institutions publiques…

La Justice est un long chemin de croix. Pas plus qu’aucune autre institution, dans ce pays, elle n’a, ô grand jamais, trouvé les moyens de se réformer. Pour autant, elle se drape indéfiniment dans sa dignité et, pour garantir sa pureté, elle vient d’avoir un éclair de génie : chasser les stigmates de la franc-maçonnerie… un éclair de génie qui ressemble à une vieille lune. Le papier absorbe l’encre et, même si la loi du 13 août 1940 portant interdiction des associations secrètes s’est estompée dans les mémoires, quelque chose des mentalités qui ont, dès longtemps, présidé à sa rédaction a perduré, après-guerre, indépendamment du rétablissement de la franc-maçonnerie.

Eh bien, oui ! «  Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent, » comme eût dit Madame de Sévigné : le Collège de déontologie des magistrats de l’ordre judiciaire a rendu un avis[1], le 9 juin dernier, d’où il ressort, d’après son propre résumé, que : « L’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec les obligations déontologiques qui pèsent sur tout magistrat lorsque le serment prêté induit une allégeance ou une solidarité prioritaire. À défaut, elle suscite des réserves importantes et appelle la plus grande vigilance du magistrat au regard du respect, dans l’apparence comme dans la réalité, des principes d’indépendance, d’impartialité et de neutralité ». 

Le Serment (1849) du peintre grec Dionysos Tsokos. Le tableau représente la cérémonie d’initiation d’un nouveau membre de la société secrète «Filiki Eteria» (« Société des Amis »), créée à Odessa en 1814. À genoux, l’ancien « klephte » (« voleur »), chef de bande, puis général Theódoros Kolokotrónis y prête serment d’allégeance sur l’Évangile. où figure en couverture une icône de la Vierge à l’Enfant. Le livre saint lui est présenté, semble-t-il, par le pope Grigórios Phléssas. Les deux hommes sont des héros de la Guerre d’Indépendance grecque (1821-1829). Ils s’illustrèrent dans les combats du Péloponnèse. où le prêtre orthodoxe périt en 1825.

Ainsi, malgré le libellé bienveillant de la saisine qui émanait d’un président de tribunal envisageant sa candidature à une loge maçonnique, est galamment jetée la suspicion sur tout un courant de pensée, qui regroupe les opinions les plus diverses, ne professe aucun dogme et affiche un idéal de tolérance, dépassant tous les clivages qui fracturent la société, aujourd’hui. Et pourquoi ce comble de finesse et d’intelligence, je vous prie ? Parce qu’on y prêterait des serments infâmants. Les serments en cause n’ont jamais porté que sur des comportements d’honneur et de probité, dans le respect des lois républicaines. Quant aux injonctions auxquelles un franc-maçon peut être appelé à se soumettre, elles ne concernent que l’Ordre maçonnique, stricto sensu, et doivent être rigoureusement conformes aux principes et à l’idéal qui unissent les francs-maçons, dans le respect d’autrui et de ses droits. Sinon, le frère ou la sœur a le devoir, qui lui est expressément intimé, de désobéir. Qui plus est, ces formules ont survécu dans un style quelque peu suranné, dans la visée que chacun, en prenant conscience des valeurs morales les plus hautes, se discipline de soi-même et se gouverne en vertu des exigences qu’il a faites siennes, en les incorporant à sa façon. En rien, pour qu’il trahisse de telles lois – ni aucune loi, d’ailleurs, – et, s’il les trahit, comme il arrive accidentellement, c’est simplement qu’il reste toujours quelques brebis galeuses dans tout groupe humain. Pas plus, pas moins. La Justice, qui en est elle-même victime comme le rapporte régulièrement la chronique, ne le sait-elle donc pas ? Regardons le chapitre de la solidarité : elle serait prioritaire. Il y a bien un devoir de bienfaisance… qui se réduit à des aumônes, le plus souvent, et qui, dans différents cas de difficultés ou de malheurs, s’étend à des secours et à des accompagnements plus substantiels – la franc-maçonnerie conduisant, en outre, des actions philanthropiques, en dehors d’elle-même.

Le logotype actuel de Wikipédia est une sphère incomplète représentant le caractère perpétuellement inachevé de la plus grande encyclopédie du monde – sphère construite à partir de pièces de puzzle comportant chacune un glyphe correspondant le plus au « W » latin, dans différents systèmes d’écriture.

Et sur quoi se fondent ces généreuses appréciations ? Je pourrais ici faire crépiter de nouveau le crescendo d’étonnement de notre célèbre marquise épistolière mais, bonnes gens, je vous le dis tout à trac : sur les seuls articles de l’encyclopédie en ligne Wikipédia… pour le moins, rédigés sous serment, je présume ! Les hauts magistrats et autres professeurs en toge, qui se sont gravement penchés sur cette épineuse question, le confessent benoîtement. Pareil investissement intellectuel est assez intrigant pour de telles sommités. J’en conviens, c’est plutôt désarmant, sauf à y déceler – plus que des symptômes, qui ne seraient jamais que des ressentis – le double diagnostic d’une époque résultant de signes cliniques alarmants : la marque suffisante d’une information estampillée sous un emblème de savoir universel, sans recul critique ni croisement de sources (encore connaît-on aujourd’hui l’origine des documents ; mais, tout bientôt, on ne saura plus celle du salmigondis flatteur qu’aura régurgité l’intelligence artificielle générative) et – c’est peut-être plus grave encore – l’empreinte ondoyante d’une opinion publique de plus en plus méfiante, où le fantasme du complot surgit à tout bout de champ et s’insinue dans le moindre propos. Si ce n’est sciemment le cas, cela ne manque pas d’en encourager la tendance, c’est le moins qu’on puisse dire.

Image de deux juges incarnant une Justice indépendante. Pourquoi ne seraient-ils pas de bons francs-maçons ? Ce serait peut-être un gage de sérieux…

Pour ma part, je ne puis, dans ma pensée, réfréner ce penchant : comment d’aussi beaux esprits n’auraient-ils pu anticiper ce risque, à moins d’y consentir ? Certes, un avis consultatif ne fait pas grief. À de rares exceptions près, sous la réserve que des actes de « droit souple » produisent des effets notables ou revêtent un caractère impératif – ce qui n’est pas le cas, en l’espèce –, il est insusceptible de recours. Celui-ci – et c’est bien dommage – continuera donc de sonner bizarrement et d’entretenir une certaine ambiance, que le pouvoir politique, selon la voix qui sortira des urnes, pourra, désormais, plus facilement amplifier. Retenons ceci : les juges seraient plus enserrés dans leurs obligations que les hauts fonctionnaires, les diplomates, les militaires, les agents du fisc et les policiers… Ils ne sauraient, sans une extrême prudence et de façon toujours suspecte, s’accorder le droit d’exercer leur liberté de conscience, dans certains cercles. Je trouvais, jusqu’à présent, à maints francs-maçons, une dilection effrénée pour le doute. Apparemment, ils ne sont pas les seuls. En accentuant un peu plus cette ère du soupçon, on se prépare un terrain passablement nauséabond, me semble-t-il.

Quelle trouvaille !


[1] Il s’agit de l’avis 2026-27. Sur le même sujet, v. l’article, paru le 26 juin dernier, dans ces colonnes, sous le titre : « Franc-maçonnerie et magistrature, la justice ne se rend pas au nom de Wikipédia », en cliquant ici. On lira aussi avec profit la tribune de Frédéric Thiriez, avocat aux Conseils, en cliquant ici. Les titres de la Presse vont bon train : « La franc-maçonnerie jugée potentiellement incompatible avec les obligations déontologiques des magistrats,  » en oubliant parfois l’adverbe…  Sur les réseaux sociaux, on n’est pas non plus avare de conclusions et l’on se rengorge volontiers, justifiant, au moins, ses « préoccupations » voire condamnant purement et simplement l’appartenance d’un juge à la franc-maçonnerie. La chambre criminelle de la Cour de cassation n’a plus qu’à attendre un peu et à fermer le bal ou… le ban ! Dans ce régime de transparence qui s’achemine vers une surveillance généralisée, bien d’autres libertés risquent d’être mises à mal.

Transmissions initiatiques

Il est des héritages qui ne s’écrivent pas. Des lignées qui ne se transmettent ni par le sang, ni par le nom, ni par la mémoire des hommes. Des filiations qui naissent dans le silence, dans la pénombre d’un Temple, dans le frémissement d’une main tendue. La transmission initiatique appartient à ces mystères‑là. Elle circule comme une braise sous la cendre, comme une étoile sous le voile du ciel, comme une parole perdue qui cherche encore une bouche pour renaître. Elle passe d’un regard à un autre, d’un cœur à un autre, d’une âme à une âme qui s’éveille.

Salomon, dans sa sagesse immobile, en porte la couronne. Isis, dans son éternelle fidélité, en porte la blessure et la lumière. Le Maître, humble et debout, en porte la charge. Et le Louveteau, le novice, le chercheur, en portent déjà la promesse.

La transmission initiatique n’est pas un enseignement, elle est une circulation de lumière, une filiation spirituelle, un appel qui traverse les siècles.

Le louveteau (Lowton) : une figure singulière au cœur de la tradition maçonnique

Dans l’imaginaire collectif, la Franc-maçonnerie est souvent perçue comme un espace réservé aux adultes, un lieu de réflexion, de transmission et d’initiation. Pourtant, au sein de nombreuses loges, une figure particulière occupe une place à la fois discrète et profondément symbolique : celle du louveteau ou louveton, c’est‑à‑dire l’enfant d’un franc‑maçon ou d’une franc‑maçonne, « adopté » par la loge pendant sa minorité.
Cette adoption n’a rien de juridique. Elle est symbolique, fraternelle, éducative. Elle inscrit l’enfant dans une lignée de transmission, non pas pour le contraindre à devenir maçon, mais pour l’entourer, l’accompagner, l’éveiller à des valeurs humanistes qui pourront, s’il le souhaite, le conduire un jour à l’initiation.
Le louveteau est ainsi un pont entre deux mondes : celui de l’enfance, avec sa spontanéité et sa quête de repères, et celui de la tradition initiatique, avec sa profondeur, ses symboles et son exigence morale.

Pour François-Timoléon Bègue Clavel, l’origine du mot remonterait à un symbole égyptien : «Les initiés aux mystères d’Isis portaient, même en public, un masque en forme de tête de chacal ou de loup doré; aussi disait-on d’un isiade : «c’est un chacal» ou «c’est un loup.» Le fils d’un initié était qualifié de jeune loup, de louveteau.
Macrobe nous apprend à ce sujet que les anciens avaient aperçu un rapport entre le loup et le soleil, que l’initié représentait dans le cérémonial de sa réception. En effet, disaient-ils, à l’approche du loup, les troupeaux fuient et disparaissent de même les constellations, qui sont des troupeaux d’étoiles, disparaissent devant la lumière du soleil. C’est pour une semblable raison que les compagnons du devoir dits les enfants de Salomon et les compagnons étrangers se donnent aussi la qualification de loups» (Histoire pittoresque de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes).

L’adoption d’un louveteau par une loge est un acte profondément fraternel. Elle signifie que la Loge reconnaît l’enfant comme membre de sa famille élargie ; elle s’engage à veiller sur lui, à l’accompagner moralement ; elle lui ouvre certaines portes, dans la limite de ce qui est compatible avec son âge.

Cette adoption peut prendre plusieurs formes :
Un parrainage ou « marrainage »:Un membre de la loge devient une figure de référence, un adulte bienveillant, un guide discret.
Une présence lors de cérémonies ouvertes Le louveteau peut être invité à des tenues blanches, des fêtes solsticiales, des conférences, des moments de convivialité.
Une transmission de valeurs Sans jamais dévoiler les secrets initiatiques, la loge transmet à l’enfant  le goût de la connaissance, l’importance de la liberté de conscience, le respect de l’autre, la tolérance,la recherche de la vérité.
L’enfant est ainsi éduqué dans un environnement où la réflexion prime sur le dogme, où la fraternité prime sur la compétition.

Le rôle éducatif : éveiller sans influencer

Il est essentiel de souligner que la Franc-maçonnerie ne recrute pas d’enfants. Le louveteau n’est pas un apprenti en devenir, mais un enfant libre, entouré mais jamais orienté de force.
La loge veille à ne pas imposer un destin maçonnique ; ne pas transmettre de symboles ou de rituels inadaptés à son âge ; respecter sa liberté de choisir, à sa majorité, d’entrer ou non dans l’Ordre.
L’objectif n’est pas de fabriquer un futur initié, mais de former un être humain éclairé, capable de discernement, de sens critique, de sensibilité éthique.

Les activités ouvertes ou semi‑ouvertes : un espace d’apprentissage

Les louveteaux peuvent participer à certaines activités, soigneusement choisies :
Les fêtes solsticiales : moments de joie, de partage, de symbolisme accessible.
Les conférences publiques : elles éveillent la curiosité intellectuelle.
Les actions caritatives : elles transmettent l’idée que la fraternité se vit dans l’action.
Les rencontres intergénérationnelles : elles permettent à l’enfant de dialoguer avec des adultes engagés, cultivés, bienveillants
Ces activités ne sont jamais initiatiques. Elles sont pédagogiques, culturelles, humanistes.

Lorsque le louveteau atteint sa majorité, plusieurs chemins s’offrent à lui : demander à être initié ; choisir d’attendre ; décider de ne pas entrer en Franc-maçonnerie.
S’il demande l’initiation, il n’est pas automatiquement accepté. Il doit exprimer une démarche personnelle, montrer sa maturité, être examiné comme tout profane.
La loge ne lui ouvre pas les portes par privilège, mais parce qu’il en fait la demande libre et éclairée.

Au‑delà de l’enfant réel, le louveteau est aussi un symbole puissant : il représente la continuité de la tradition ; il incarne la jeunesse du monde, toujours à reconstruire ; il rappelle que chaque initié a été, un jour, un être en devenir.
Le louveteau est la promesse que le Temple ne cessera jamais d’être rebâti, pierre après pierre, génération après génération.
Le louveteau (lowton) n’est pas un initié, mais il est déjà un porteur de lumière. Il n’est pas un membre de la loge, mais il est déjà entouré par la fraternité. Il n’est pas un maçon, mais il est déjà au contact des valeurs qui fondent l’humanisme maçonnique.

Dans un monde où les repères se brouillent, où les idéaux vacillent, la présence du louveteau rappelle que la transmission est un acte essentiel, que l’avenir se prépare dès l’enfance, et que la fraternité n’est pas un mot, mais une responsabilité.

La figure du louveteau nous invite à réfléchir à ce que signifie transmettre. Transmettre, ce n’est pas modeler. Transmettre, ce n’est pas orienter. Transmettre, ce n’est pas préparer un destin.

Il faudrait, toutefois, différencier les cérémonies de baptême et celles d’adoption.
Il semble qu’il y ait bien eu des cérémonies de baptêmes pour des enfants de moins de 3 ans (accompagnés de leur nourrice!) telles que décrit en 1825 par Riebesthal dans Rituel maçonnique pour tous les rites, section 5 :
L’adoption ne concernait alors que les enfants d’au moins 7 ans, telle que précisée par J.M. Ragon dans son opus Liturgie maçonnique. Rituel d’adoption de jeunes louvetons.
On trouve des liens très intéressants de documents à consulter sur la page Lowton.
Cette pratique est peu répandue en France.

Transmettre, c’est offrir un cadre, une atmosphère, une lumière. C’est permettre à l’autre de devenir lui‑même. C’est accepter que l’avenir ne nous appartienne pas.

La Transmission

La Franc-maçonnerie se présente volontiers comme une école de sagesse, un espace de transformation intérieure, un lieu où l’on apprend à « tailler sa pierre ». Mais derrière les rituels, les symboles et les mots sacrés, il existe un principe fondamental, presque invisible, qui soutient l’ensemble de l’édifice : la transmission.

La transmission n’est pas un simple passage d’informations. Elle n’est pas une pédagogie. Elle n’est pas un enseignement au sens profane du terme.
Elle est une circulation de lumière, un mouvement continu qui relie les vivants aux vivants, les vivants aux morts, et les morts aux vivants.
Elle est la respiration même de l’Ordre.

Et au cœur de cette transmission se tient une figure centrale : le Maître.

Bien avant l’apparition des loges spéculatives, les bâtisseurs opératifs transmettaient leur savoir de génération en génération. Les Old Charges (Regius Manuscript, 1390 ; Cooke Manuscript, 1410) insistent sur l’obligation morale du maître d’enseigner loyalement son apprenti et sur celle de l’apprenti de respecter son maître.
Cette transmission était orale, car le savoir était secret ; expérientielle, car on apprenait en faisant ; morale, car le métier exigeait une conduite irréprochable ; symbolique, car chaque geste renvoyait à un sens caché.

Lorsque la Franc-maçonnerie spéculative naît au XVIIIᵉ siècle, elle hérite de cette structure. Mais elle la spiritualise davantage : le savoir transmis n’est plus seulement technique, il devient initiatique.

Transmettre en Franc-maçonnerie : un acte rituel, moral et existentiel

Dans la loge, transmettre signifie trois choses :
1. Transmettre un rituel. Le rituel n’est pas un texte figé. Il est un corps vivant, qui se transmet par la parole, par le geste, par la présence. Chaque Maître est dépositaire d’une tradition qu’il doit respecter, mais aussi faire vivre.
2. Transmettre une méthode. La méthode maçonnique — silence, écoute, symbolisme, travail intérieur — ne s’enseigne pas comme une leçon. Elle se montre, elle se respire, elle se reçoit.
3. Transmettre une lumière. La lumière n’est pas un savoir. Elle est une expérience. Elle ne se donne pas : elle se révèle.

Ainsi, la transmission maçonnique n’est jamais un transfert vertical. Elle est une mise en disponibilité, une offrande, un appel.

La Franc-maçonnerie aime les chaînes : la chaîne d’union, la chaîne des initiés, la chaîne des temps. La transmission est une chaîne vivante. Elle relie  les maîtres opératifs aux maîtres spéculatifs, les Loges du XVIIIᵉ siècle à celles d’aujourd’hui, les Maîtres d’hier aux apprentis de demain.
Chaque Maître est un anneau. S’il transmet mal, la chaîne se fragilise. S’il transmet bien, la chaîne se renforce.

La transmission comme acte d’amour

On l’oublie trop souvent : transmettre est un acte d’amour. Un amour discret, pudique, exigeant.
Transmettre, c’est croire que l’autre peut grandir. C’est croire que l’autre peut comprendre. C’est croire que l’autre peut dépasser ce que nous sommes.
Le Maître transmet pour que l’Apprenti le dépasse. C’est là sa grandeur.

La transmission est l’âme de la Franc-maçonnerie. Elle est ce qui permet au Temple de se reconstruire sans cesse. Elle est ce qui relie les générations. Elle est ce qui fait de chaque Maître un passeur, un gardien, un témoin.

Être Maître, ce n’est pas être au sommet. C’est être au service. Au service de la loge. Au service de la tradition. Au service de la lumière. Et peut‑être, au service de quelque chose de plus grand encore : la possibilité, pour chaque être humain, de devenir meilleur.

Le « Maître » chargé de la transmission

Dans le monde profane, le mot « maître » évoque l’autorité, la compétence, la domination ou l’expertise. En Franc-maçonnerie, il signifie tout autre chose.
Le Maître n’est pas celui qui sait. Il est celui qui transmet.
Il n’est pas celui qui commande. Il est celui qui guide.
Il n’est pas celui qui détient la vérité. Il est celui qui ouvre un chemin.
Le Maître est une figure centrale de la transmission initiatique. Il en est le dépositaire, le passeur, le témoin et le gardien.

Le Maître comme héritier

Le Maître reçoit une tradition qui le dépasse. Il est le maillon d’une chaîne qui commence bien avant lui.
Il hérite d’un rituel, d’une méthode, d’une lumière, d’une histoire, d’une filiation symbolique.
Il n’est pas propriétaire de ce qu’il transmet : il en est le serviteur.

Le Maître comme passeur

Le Maître ne garde rien pour lui. Il transmet ce qu’il a reçu, mais aussi ce qu’il a compris, ce qu’il a vécu, ce qu’il a transformé.
Il transmet par la parole, par le geste, par la présence, par l’exemple.
Il transmet pour que l’Apprenti le dépasse.

Le Maître comme témoin

Le Maître incarne la possibilité d’un accomplissement intérieur. Non pas un accomplissement achevé, mais un chemin de maîtrise de soi.
Il témoigne de la patience, de la persévérance, de l’humilité, de la transformation intérieure.
Il est un miroir tendu à l’Apprenti, non pour qu’il l’imite, mais pour qu’il s’y reconnaisse.

Le Maître comme gardien

Le Maître veille à la régularité des travaux, à la qualité du rituel, à la cohésion de la loge. Il est garant de l’harmonie.
Il protège la tradition, la méthode, la lumière, la fraternité.
Il veille à ce que la loge reste un lieu de vérité, de recherche, de liberté.

La maîtrise : un état, non un grade supérieur

Le grade de Maître n’est pas une récompense. Il n’est pas un aboutissement. Il n’est pas un statut.
Il est un état intérieur, un engagement, une responsabilité.
Dans le rituel, le Maître est celui qui a traversé la mort symbolique. Il a accepté de laisser derrière lui ses certitudes, ses illusions, son ego.
Il renaît à une autre dimension de lui‑même. Et c’est cette renaissance qui lui permet de transmettre.

Au cœur de cette dynamique se tient donc une figure centrale : le Maître. Mais ce mot, si simple en apparence, porte des nuances profondes selon les rites. Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) et le Rite Écossais Rectifié (RER) en donnent deux interprétations complémentaires, presque deux visages d’une même réalité.

Le mot « Maître » n’a pas la même couleur selon le rite. Il ne renvoie pas à la même fonction, ni à la même tonalité intérieure.

Au REAA : une transmission progressive

Elle suit une logique ascendante, degré après degré, comme une échelle de Jacob. Chaque grade ouvre une porte, chaque porte ouvre un espace, chaque espace ouvre une compréhension.
La transmission y est initiatico‑symbolique : on transmet des outils, des mots, des gestes, mais surtout une manière d’être au monde. Le REAA transmet par la richesse des symboles, la multiplicité des degrés, la profondeur des légendes, la diversité des outils.
Le Maître y est un interprète, un lecteur du monde, un passeur de sens. Il transmet en éclairant, en expliquant, en ouvrant des perspectives. Le Maître est celui qui a traversé la mort symbolique. Le Maître est celui qui a vécu la mort d’Hiram. Il a connu la perte, l’obscurité, le silence. Il a été relevé, non par sa propre force, mais par la chaîne fraternelle. Il est donc un ressuscité, un gardien du secret, un passeur de lumière, un témoin de la fragilité humaine. Sa transmission est empreinte de compassion : il sait que l’homme ne devient maître qu’en acceptant de mourir à ses illusions.
Le Maître est un gardien du Temple. Il veille à ce que la loge reste un lieu de fraternité, de recherche, de liberté. Il protège le rituel comme on protège une flamme fragile.

Au RER : une transmission verticale

Elle s’inscrit dans une tradition chevaleresque et chrétienne intériorisée. Le rite insiste sur la filiation spirituelle, la continuité d’une chaîne qui remonte tant aux anciens maîtres du métier qu’aux maîtres de sagesse.
La transmission y est morale et spirituelle, orientée vers la rectitude, la purification, la restauration intérieure. Le RER transmet par la sobriété du rituel, la rigueur morale, la rectitude du comportement, la cohérence entre l’intérieur et l’extérieur.
Le Maître y est un modèle, un témoin vivant, un homme qui incarne ce qu’il enseigne. Il transmet en étant, plus qu’en disant.
Le Maître au RER est celui qui s’engage sur la voie chevaleresque. Le Maître est d’abord un Maître Écossais de Saint‑André, figure de l’homme restauré, orienté vers la lumière du Verbe. Il n’est pas seulement un initié : il est un chevalier en devenir, un homme qui se prépare à recevoir un engagement spirituel plus élevé. Il est un homme de rectitude, un serviteur de la vérité, un gardien de la tradition chrétienne intérieure, un pèlerin de la restauration spirituelle. Sa transmission est empreinte d’exigence : il sait que l’homme ne devient maître qu’en se soumettant à une discipline intérieure.
Le Maître est gardien de la rectitude du chemin. Il veille à ce que la loge reste un lieu de vérité, de pureté, d’élévation. Il protège la tradition comme on protège une source sacrée.

Dans les deux rites, la transmission n’est jamais un simple passage d’informations. Elle est un acte rituel, un passage de témoin, un mouvement de vie.

4 – La filiation initiatique : une naissance sans sang, une lignée sans généalogie

La Franc-maçonnerie ne transmet pas un sang, un nom ou un patrimoine. Elle transmet une lumière.
Et cette lumière circule par une forme de filiation qui n’a rien de biologique, mais tout de spirituel.
La filiation initiatique n’est pas une hérédité. Elle est une renaissance. Elle n’est pas un lien de sang. Elle est un lien de sens. Elle n’est pas une transmission familiale. Elle est une transmission symbolique, qui fait de chaque initié l’enfant d’une tradition qui le dépasse.

Bien avant l’apparition des loges spéculatives, les traditions initiatiques parlaient déjà de filiation spirituelle. Cette filiation ne repose pas sur le sang, mais sur la transmission d’une lumière, d’un mystère, d’une renaissance intérieure.

On retrouve cette idée dans de nombreuses traditions : dans les Mystères d’Éleusis, l’initié était « enfant de Déméter ». Dans les Mystères d’Isis, il était « fils de la déesse ». Dans les traditions pythagoriciennes, l’initié devenait « frère » de ceux qui avaient reçu la même lumière. Dans les confréries de bâtisseurs, l’apprenti était « fils du métier ».

En Franc-maçonnerie, le Maçon est un fils de la Veuve.

Cette filiation par la mère est une constante initiatique : elle renvoie à une origine non biologique, mais symbolique, intérieure, spirituelle.

Dans la tradition maçonnique, la Veuve est d’abord la mère d’Hiram. Hiram, l’architecte du Temple, est présenté comme « fils d’une veuve de la tribu de Nephtali ». Cette mention, apparemment anodine, est en réalité fondamentale.
Être fils d’une veuve, c’est être né dans un manque, être privé d’un père visible, être issu d’une lignée brisée.
Dans les traditions initiatiques, l’absence du père signifie que le père véritable est spirituel. L’initié n’est pas engendré par la chair, mais par l’esprit.
La Veuve est aussi une figure de matrice, de terre, de réceptacle. Elle est celle qui porte, qui nourrit, qui protège. Dans de nombreuses traditions, la Veuve est associée à :
Isis, veuve d’Osiris, qui reconstitue le corps du dieu pour lui rendre la vie.
Déméter, mère endeuillée qui initie les hommes aux mystères d’Éleusis.
La Shekinah, présence féminine de Dieu dans la Kabbale, exilée et séparée de son époux divin.

La Veuve est donc la mère de l’initié, mais aussi la mère de l’initiation.

Quel est le rapport entre « tailler sa pierre » et être enfant de la veuve ?

Les francs-maçons se disent les enfants de la veuve. Qu’est-ce qu’une veuve sinon une épouse qui a perdu son conjoint ? En d’autres termes, et d’une manière plus globale, c’est un couple qui a perdu sa partie masculine. En effet, le mot « veuve » vient du latin vidua qui signifie privé de… son complément.
L’origine de cette appellation « Enfants de la veuve » peut être recherchée dans plusieurs conjonctures.
La Franc-maçonnerie serait la veuve, ses enfants en seraient les francs-maçons. Dans la légende d’Hiram, Salomon demanda, pour la construction du Temple, de pouvoir engager l’architecte Hiram de Tyr qui était fils d’une veuve.
Jérusalem est décrite, dans Lamentations 1,1 comme semblable à une veuve. L’expression « enfants de la veuve » en serait alors le rappel.
Dans le registre alchimique, un couple initial existe en tant que matière première, corps double fait de l’union du soufre, mâle, et du mercure, femelle. Ce minerai à double complexion perd son soufre pour devenir «mercure », « mère-cure » qui donnera la semence. Pour cela, il faut dégager la matière de toutes ses impuretés car, il n’y a pas de métal, si pur qu’il soit, qui n’ait ses impuretés. Le mercure veuf de son soufre parvient à maturité à force d’itérations de purification ; les résultats de cette multiplication permettent la transmutation. Les enfants de la veuve en seraient la manifestation, ils seraient donc des êtres transmutés.

Dire que le franc-maçon est fils de la veuve serait-il dire qu’il est enfant d’un vide à opérer ?

L’expression « enfants de la veuve » pourrait indiquer au franc-maçon qu’il faut faire un vide dans la matière primordiale (la pierre) pour trouver la pierre philosophale ; l’indication en est donnée par la pierre cubique à pointe sub ascia. Ainsi, il pourrait être montré, en évoquant la symbolique des rituels, des catéchismes et des décors du temple maçonnique, comment, en étant un œuvrier du vide, l’initié devient un enfant de la veuve, un franc-maçon.

Progressivement, l’initiation maçonnique élabore un enchaînement d’étapes, de degrés d’avancement dans la taille d’une pierre pour la faire changer de forme jusqu’à trouver, en son centre, la lumière qui révélera la pierre philosophale. Par itérations métaphoriques mettant en œuvre le vide, la pierre, d’abord brute et informe, va pouvoir devenir cubique, puis cubique à pointe pour s’ouvrir et laisser apparaître une étoile flamboyante au cœur de laquelle se trouve la pierre philosophale.

Le Maître maçon devient « fils de la Veuve » au moment de sa résurrection symbolique. Il meurt à lui‑même, il renaît à une autre dimension, et cette renaissance le fait entrer dans la lignée d’Hiram.

Au Rite Écossais Ancien et Accepté, le Maître est fils de la Veuve parce qu’il est relevé comme Hiram. Il partage  sa mort, son secret, son relèvement, sa fidélité. La filiation est mythique : le Maître devient l’héritier d’un archétype, d’un modèle de droiture et de silence.
Au Rite Écossais Rectifié, la Veuve prend une dimension plus intérieure. Elle symbolise l’âme humaine séparée de son principe divin, en attente de restauration. Le Maître est fils de la Veuve parce qu’il est un homme en quête de réintégration, un être séparé cherchant l’unité, un pèlerin de la lumière intérieure. La filiation est mystique : elle renvoie à la condition humaine elle‑même, orpheline de sa source.

Être fils de la Veuve : une condition existentielle

Le titre de « fils de la Veuve » n’est pas un privilège. C’est une blessure. Le Maître porte en lui une absence. Il sait que quelque chose lui manque. Il sait que le monde n’est pas complet. Il sait que la lumière est voilée. Cette blessure est le moteur de l’initiation.
Être fils de la Veuve, c’est chercher le père perdu, la parole perdue, l’unité perdue.
C’est accepter de marcher dans la nuit en espérant l’aube.

La fraternité des fils de la Veuve

Être fils de la Veuve, c’est avoir la même mère et donc appartenir à une fraternité universelle. Une fraternité sans frontières, sans dogmes, sans distinctions sociales, sans héritage biologique.
Les fils de la Veuve se reconnaissent non par le sang, mais par le travail, la quête, la fidélité, la lumière qu’ils cherchent ensemble.

La filiation spirituelle n’est pas un lien : c’est un appel.

Elle ne dit pas : « Tu viens de moi ». Elle murmure : « Tu viens de plus loin que moi, et tu vas plus loin encore ».
Elle ne dit pas : « Je te transmets ce que je sais ». Elle souffle : « Je t’ouvre un passage vers ce que tu deviendras ».

Dans la nuit du Temple, dans la lente respiration des colonnes, dans la poussière d’or qui flotte entre deux silences, la transmission initiatique tisse son œuvre. Elle ne cherche pas à convaincre. Elle cherche à éveiller. Elle ne cherche pas à former. Elle cherche à engendrer. Et lorsque la lumière passe enfin d’un être à l’autre, lorsqu’elle trouve un cœur assez vaste pour l’accueillir, alors la chaîne se prolonge, alors la lignée se poursuit, alors la Veuve reconnaît un nouveau fils, et le Temple, un nouveau bâtisseur.

De Hiram à Yeshouah ou du Temple de Pierre au Temple du corps

« – Quel est le symbole commun à tous les grades de la Maçonnerie Écossaise ?
– Sublime Grand Maître, c’est le symbole d’un édifice. »

(Rituel du 12ième degré Grand Maître Architecte).

Les compilateurs des Pères de l’Église écrivaient dans la Glose ordinaire[1], que Hiram annonce le Christ, certains allant même jusqu’à écrire que « C’est le Christ qui conduit les ouvriers du Temple et donne les mesures de l’œuvre ». Les Maçons à leur tour, insérèrent les légendes de ces deux personnages dans leurs propres légendes, de manière à montrer leurs analogies, et l’universalité de leur symbolique en dehors de tout dogme.

Ils prirent comme thème central de leur réflexion la construction du Temple de Salomon avec Hiram dont ils firent son architecte, à la suite des bâtisseurs des cathédrales qui le considéraient comme le plus grand des architectes. Ainsi, par exemple au XII° siècle, Garin, architecte de Verdun, était dit plus savant que ses collègues et comparé à Hiram de Tyr, constructeur du Temple de Salomon[2].  Ce qui montre que faire d’Hiram ce constructeur n’est pas une invention de la Franc-Maçonnerie.

Voyons maintenant comment les maçons ont utilisé dans leurs rituels ces deux grands mythes Hiram et Yeshouah issus de la Tradition judéo chrétienne.

Hiram

Lorsque nous passons au grade de Maître, nous entrons pour la première fois dans la « Chambre du milieu », autrement dit dans le Hékhal « Palais[3] » appelée ainsi parce que c’est la plus grande ou « Temple » parce que c’est la grande salle du culte du Temple de Salomon ou Qodesh « Saint ».

On dit qu’elle est au milieu parce qu’elle se trouve entre le Ulam « Qui est en avant[4] », soit le Vestibule, et le Débir (ou plutôt le Devir)« Arrière » ou « Lieu de la Parole, ou Qodesh ha Qodashim « Saint des saints » ». Nous le comprenons parce que nous voyons alors un rideau noir qui nous cache l’Orient et qui est, nous dit-on, le rideau qui sépare le Débir de l’Hékhal. Nous arrivons là après avoir monté quinze marches, trois au grade d’Apprenti, cinq au grade de Compagnon et sept pour arriver à celui de Maître.

Nous apprenons alors l’histoire d’un certain Hiram ou Hiram abi que l’on peut traduire par « Maître Hiram », personnage clef de la Franc-maçonnerie. Il est Tyrien. Il est donc de la même cité que celle de l’autre Hiram, le roi de Tyr. Il est, nous dit le rituel, « Fils d’une veuve de la tribu de Nephtali ».

Il est architecte

« Célèbre architecte et statuaire, envoyé à Salomon par le roi de Tyr pour qu’il dirige les travaux du Temple de Jérusalem. Il divisa, dit le rituel, ses ouvriers en trois catégories : Apprentis, Compagnons et Maîtres. Il leur indiqua, pour se faire reconnaître, des mots, signes et attouchements, particuliers à chaque catégorie et qui, à l’exception du mot sacré et du signe des maîtres, étaient ceux-là mêmes dont nous servons aujourd’hui. ».

Assassiné par trois mauvais compagnons

Mais, voilà que, les travaux n’étant pas finis, il est assassiné par trois mauvais compagnons, parce qu’il ne voulait pas leur donner le mot des Maîtres alors qu’ils n’étaient pas encore parvenus au terme de leur parcours. Le rituel alors fait vivre la scène des trois mauvais compagnons portant des coups à Hiram, représenté par le candidat : Chacun lui porte un coup, après son refus réitéré de leur donner les mots et attouchements du Maître.

Le premier le frappe d’une règle à la porte du Midi, le deuxième avec une équerre à celle de l’Occident et le troisième avec un maillet à celle de l’Orient, devant le Débir d’où il était sorti. Repoussé violement en arrière par un coup de maillet sur le front, il tombe mort. Le candidat est mis dans le cercueil qui l’attendait.

Hiram meurt en tant que triple lumière, stellaire, lunaire, solaire

Hiram attaqué par les 3 mauvais compagnons

Hiram Lumière stellaire

À son arrivée dans le temple on avait fait entrer le futur Maître à reculons pour l’arrêter aussitôt. Il se trouvait alors face à l’étoile à cinq branches[5], placée à l’Ouest du côté Nord. En clair, Vénus à son coucher, prête à disparaître derrière le Soleil déjà passé sous l’horizon, tout comme la Lune, ces deux astres étant éteints à l’Orient derrière le rideau noir.

L’étoile sera éteinte dès que le récipiendaire aura été retourné face à l’Orient. Ainsi lorsqu’il sera mis dans le cercueil, les trois astres seront dans les enfers, Hiram y étant descendu avec eux. Le document Prichard (1730), quant à lui, nous dit qu’Hiram suit l’étoile dans le monde des enfers et qu’il sera retrouvé au bout de quinze jours, temps nécessaire à la réapparition de Vénus en étoile du matin[6].

Quoiqu’il en soit, le V\M\ dira :
– La lumière qui nous éclairait a disparu.


[1] La Glossa Ordonaria ensemble d’annotations accompagnant le texte biblique élaboré par Anselme de Laon et ses disciples entre 1080 et 1130. Elle fut lue jusqu’au XVI° siècle.

[2] Quand les cathédrales étaient peintes Alain Erlande Brandenburg. Découvertes Gallimard

[3] Du babylonien ekallu « palais »

[4] Du babylonien ellamu « qui est en avant »

[5] Rappelons que Vénus trace en huit ans une étoile à cinq branches sur le zodiaque

[6] Etoile du soir pendant 246 jours, elle disparait ensuite pendant 14 ou 15 jours.

La suite…

J’ai l’impression d’être

De notre confrère expartibus.it – Par Rosmund Cristiano

Ce n’est pas une simple phrase. Ce n’est pas une formule à répéter, ni une affirmation à afficher. C’est quelque chose qui se produit. Cela arrive, souvent silencieusement, à un moment où l’on s’arrête vraiment. Non pas quand on pense, mais quand on ressent. Quand, même un bref instant, on cesse de courir après ce qu’on a à faire et qu’on commence à écouter qui l’on est. « Je sens que je suis » est une expérience avant même d’être une pensée.

Dans le langage initiatique, cette étape est essentielle. Il ne s’agit plus de dire « Je suis » comme une étiquette, quelque chose de défini et de figé. Ici, l’être devient vivant, dynamique, en mouvement. C’est quelque chose qui se découvre, se perfectionne, se transforme. C’est un sentiment qui évolue avec nous. Et en franc-maçonnerie, ce moment coïncide avec un seuil : celui du Temple intérieur.

Si nous nous tournons vers le passé, vers les bâtisseurs de l’Antiquité, nous comprenons que rien ne s’est accompli sans une conscience aiguë. Avant même la pose de la première pierre, il y avait l’intention. Avant la construction, il y avait le projet. Mais avant cela encore, il y avait un homme qui s’interrogeait. Rien de solide ne se construit sans fondations internes.
Pourtant, avec le temps, quelque chose s’est perdu. Nous avons appris à nous définir par ce que nous faisons, par nos rôles, par les attentes des autres.

Nous avons pris l’habitude de dire « Je suis ceci », « Je suis cela », oubliant de nous demander : que ressens-je vraiment ?

Ici apparaît une différence fondamentale, souvent subtile mais décisive : celle entre le profane et l’initié. L’homme du commun vit principalement en marge. Il se reconnaît dans ce qui apparaît, dans ce qu’il possède, dans ce qu’on lui attribue. Son « je suis » est lié à des définitions : travail, statut, rôle social. C’est une identité qui évolue au gré des circonstances et qui dépend souvent du regard des autres. L’initié, en revanche, commence à se recentrer sur lui-même. Il ne cesse pas de vivre dans le monde, mais il cesse de s’y identifier complètement. Son « je me sens » ne dépend plus des circonstances extérieures, mais d’une perception plus profonde, plus stable, plus authentique. Ce n’est pas un sentiment de supériorité, c’est une responsabilité. Car vivre ainsi signifie ne plus pouvoir se cacher derrière les apparences. Cela signifie voir et accepter qui l’on est vraiment. Sans masque.

Albert Pike a écrit :

Ce que nous sommes aujourd’hui découle de nos pensées d’hier, et nos pensées présentes construisent notre avenir.

Rudyard Kipling, un maçon, un vrai!

Le profane subit souvent ce processus sans s’en rendre compte ; l’initié, en revanche, tente d’y participer consciemment. Et cette prise de conscience naît dans le présent. Car c’est seulement dans le présent que l’être se manifeste véritablement. Combien de fois sommes-nous ailleurs, même lorsque nous sommes ici ? Combien de fois le corps est-il immobile, tandis que l’esprit s’emballe ? Le travail initiatique, en fin de compte, consiste aussi à apprendre à revenir. À revenir à la respiration, au geste, à la présence. Au Temple, rien n’est laissé au hasard. Le silence, le rythme, les mouvements : tout enseigne une forme d’attention. Non pas parfaite, mais sincère. Et peu à peu, on apprend à être. Non pas à faire, non pas à démontrer. À être.

« Je sens que je suis » est né à cet endroit précis.

Rudyard Kipling nous offre une clé précieuse lorsqu’il écrit :

Si vous pouvez rencontrer le Triomphe et la Défaite et traiter ces deux imposteurs de la même manière… alors vous êtes un homme.

Cet équilibre ne découle pas de l’indifférence, mais d’une racine plus profonde : savoir qui l’on est, même lorsque tout change autour de soi. Ressentir son être, c’est ne pas se perdre complètement dans les événements. C’est les vivre, bien sûr, mais sans en devenir prisonnier.

Et pourtant, ce sentiment n’est jamais synonyme d’isolement. Ce n’est pas une rupture. Ce n’est pas un voyage solitaire au cœur de son monde intérieur. Au contraire, il s’éclaircit et se renforce grâce à la relation. Sur la voie maçonnique, l’autre est fondamental. Nos frères et sœurs ne sont pas seulement des compagnons de route : ils sont des miroirs. Parfois, ils reflètent nos qualités, parfois nos défauts. Mais toujours, d’une manière ou d’une autre, ils nous aident à nous comprendre. « Je sens que j’existe » devient alors aussi « Je me reconnais à travers les autres ». Giuseppe Garibaldi l’exprimait avec une simplicité désarmante :

Celui qui ne vit pas pour les autres ne vit pas pour lui-même.

C’est une phrase qui recèle une profonde vérité initiatique : l’être authentique ne se ferme pas, il s’ouvre. Et s’ouvrir n’est pas facile. Cela signifie s’exposer, accepter de ne pas toujours avoir raison, accepter d’être perçu pour ce que l’on est vraiment. Cela signifie, parfois, baisser sa garde. C’est là que le travail devient sérieux. Car se sentir soi-même, c’est aussi affronter ce qui nous déplaît en nous : nos faiblesses, nos peurs, nos incohérences. Non pas pour les juger, mais pour les comprendre. Pour les travailler, comme une pierre brute.

La différence entre le profane et l’initié se manifeste également ici : le premier tend à dissimuler ses imperfections, le second apprend lentement à les transformer. La pierre, au premier abord, n’est pas belle. Elle est informe, irrégulière. Mais elle recèle un potentiel. Et le travail initiatique consiste précisément à percevoir ce potentiel et à avoir la patience de le révéler. Il n’y a pas de transformation sans temps. Il n’y a pas de croissance sans effort. Une ancienne expression latine le rappelle avec force :

Connais-toi toi-même.

Voltaire

Mais ce savoir n’est pas théorique. Cela ne s’acquiert pas uniquement par la lecture ou l’écoute. Cela se construit en vivant, en faisant des erreurs et en recommençant. Et, surtout, rester présent. Car le plus grand risque est toujours le même : se distancer. Se perdre dans les attentes, les distractions et les illusions de contrôle. « Je sens que je suis » est alors un retour constant. Non pas une conquête définitive, mais un geste qui se renouvelle sans cesse. Tous les jours. Et ce geste a une direction. Il ne reste pas immobile. Il se projette vers l’avant.

Dans une perspective initiatique, l’avenir n’est pas quelque chose qui arrive par hasard. Il se construit. Non pas par de grandes déclarations, mais par de petites actions cohérentes. Voltaire nous rappelle que le doute fait partie intégrante du chemin. Et il a raison. Ne pas savoir est parfois plus authentique que de croire tout savoir. Ressentir son être, c’est aussi accepter cette ouverture, cette quête permanente. L’être n’est pas figé ; il est mouvement.

Et puis, presque sans s’en rendre compte, arrive un moment où tout cela prend forme dans la vie quotidienne. Pas de manière évidente, pas de façon théâtrale. Mais dans les détails. Dans la façon dont vous écoutez quelqu’un, dans la façon dont vous répondez, dans la façon dont vous choisissez d’être présent. C’est là que le travail intérieur devient visible.

« Je sens que je suis » cesse d’être une simple phrase et devient une façon d’être au monde.

Une approche plus attentive, plus présente, plus authentique. Et c’est peut-être là la plus grande transformation : non pas devenir quelque chose d’extraordinaire, mais devenir authentique. Sans avoir à le prouver. Sans avoir à se présenter. Simplement être. Avec ses lumières et ses ombres, mais avec une direction claire. Une direction qui unit le passé, qui nous a façonnés avec ses racines et ses souvenirs, le présent, qui exige notre présence, notre attention et notre vérité, et l’avenir, qui nous appelle à construire, à améliorer, à laisser notre empreinte.

« Je sens que je suis », c’est là que tout cela se rejoint.
C’est la racine, le souffle et l’élan.
C’est la mémoire, la présence et la possibilité.
Et c’est peut-être l’une des rares certitudes qui n’ont pas besoin d’être démontrées.
Parce que quand on le ressent vraiment, on ne peut pas l’expliquer. On le vit.
J’ai l’impression que oui.
Je reste présent.
Je me transforme.
Je construis de la lumière.

02/07/26 à 19h30 : Lamine Gharbi aux entretiens d’été sur : « La santé, un droit ou un privilège ? »

Dans le cadre des Entretiens d’été organisés en ligne, pour la 7e année consécutive, sous l’égide du Collège maçonnique, par Marie-Thérèse BESSON, Ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, et Alain-Noël DUBART, Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, sur le thème général : « JUSTICE, ÉQUITÉ… Une tension féconde »,

LAMINE GHARBI

interviendra en visio-conférence, le 2 juillet à partir de 19h30, sur la question suivante, formulée d’une façon un peu provocatrice :

La Santé, un Droit ou un privilège ?

L’accès aux soins juste et équitable, est une règle fondatrice de notre système de santé. Il en découle toute une série de conséquences concrètes : l’accès aux soins doit rester financièrement  accessible pour tous ; il ne doit pas être entravé par des contraintes géographiques (déserts médicaux ou trop faible disponibilité de certains types de praticiens) ; les soins doivent être réalisés en toute sécurité quelque soit leur lieu ; ils doivent être équitables, quelque soient la citoyenneté, l’âge, le handicap, ou tout autre facteur personnel.

L’accès à des soins de qualité apparaît certainement à tous comme un droit fondamental dans une Nation démocratique, riche et évoluée. Pourtant un sentiment confus émerge, qui met en doute la pertinence et l’efficacité de notre modèle.

Comment donc assurer la Justice et l’Équité de nos jours, en fonction des contraintes financières, des ressources humaines et des oppositions stériles Public-Privé, Étatisme-Libéralisme, etc. ?

Lamine GHARBI, Docteur en pharmacie, Président de la Fédération Hospitalière Privée (FHP)

Lamine GHARBI est un praticien de la santé, Docteur en Pharmacie de la Faculté de Montpellier, il s’est très tôt intéressé à l’Économie de la Santé et au management de l’Industrie Pharmaceutique, puis à l’Économie et à la gestion Hospitalière, avec un “master“ dans chacune de ces disciplines. Après une première expérience dans l’industrie pharmaceutique, il s’est ensuite consacré à la gestion hospitalière privée, puis à la création et à l’animation d’un groupe de cliniques, Cap Santé, qui comprend actuellement 18 établissements.

Ce sont, en outre, ses activités syndicales, qui font de lui un témoin privilégié de l’évolution de notre système de soins. Il s’est engagé, dès 1993, dans l’action syndicale, dans son Languedoc d’origine, puis, à partir de 2008, comme Président du syndicat des établissements privés, dit Médecine, Chirurgie, Obstétrique (MCO). En 2014, il est devenu Président de la Fédération Hospitalière Privée (FHP), charge qu’il assume encore aujourd’hui.

Les modérateurs de la soirée seront Heidi Giovacchini, diplômée en Économie de la santé, Directrice d’une Fondation d’utilité publique, membre de la Grande Loge Féminine de France, et Thierrry Sarrazin, ancien Chef de service, Physique Médicale (Centre Régional de lutte contre le Cancer, Lille),  membre de la Grande Loge de France.

Pour assister gratuitement à cette conférence en ligne comme aux suivantes (v. programme à la fin de notre premier article annonçant cette nouvelle série estivale), il suffit de renseigner le bref formulaire accessible grâce au lien d’inscription ci-dessous :

https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_8EP15HyqTP6Q9lfj47TmMg

On ne doit s’inscrire qu’une seule fois pour l’ensemble du cycle : la plateforme de visioconférence  Zoom renvoie immédiatement une confirmation de l’inscription avec un lien qui, en réalité, n’est pas utile, puisque tous les inscrits recevront chaque jeudi matin un lien de connexion pour l’Entretien du soir même ou, pour le dire autrement, une fois inscrit, chacun reçoit automatiquement un lien différent, chaque semaine, qu’il l’active ou non.

Lors de l’inscription, sont demandés : Nom, Prénom et adresse mail. Pour les non-Maçons, il convient simplement de cocher une petite série de XXXX, dans les autres champs.

Le jeudi 9 Juillet à 19h30,
Hervé-Élie BOKOBZA, Talmudiste, traitera :

Justice-Équité : Le Discernement, la Règle et la Mesure.

Toutes les visio-conférences sont gratuites, ouvertes à tous, enregistrées puis librement accessibles sur le site du Collège Maçonnique :  https://collegemaconnique.fr/entretiens-dete/videos-des-conferences-entretiens-dete/