À côté des outils empruntés aux maçons opératifs, des réminiscences du Temple de Salomon, telles les colonnes B et J, et de l’emblème pythagoricien du Pentagramme, la Franc-maçonnerie symbolique honore tout particulièrement un symbole végétal, l’Acacia.
Acacia est en réalité un genre de plantes, en fait de près de 1500 arbres et d’arbustes, dont la plupart en Australie, puis dans les régions tropicales et subtropicales d’Afrique, d’Asie et des Amériques. Leur système racinaire est généralement bien développé, ce qui favorise l’exploitation des ressources hydriques dans des sols souvent pauvres et soumis à une forte variabilité climatique. Le nom de genre Acacia a été publié en 1754 dans la 4e édition abrégée du Gardeners Dictionary. Au cours du XIXe siècle, de nombreuses espèces furent progressivement rattachées à ce genre, qui devint extrêmement vaste et hétérogène.
Le nom Acacia provient du grec ancien ἀκακία (akakia), nom d’un arbre épineux d’Égypte et de la péninsule Arabique. Ce terme est généralement rattaché à ἀκίς (akis), « pointe, épine », tandis que l’étymologie grecque du mot a-kakia suggére l’innocence, vertu de celui qui ignore le mal, signifiant la candeur d’un être aux intentions pures.
L’« acacia » des textes grecs, mentionné notamment par Théophraste Renaudot, correspond vraisemblablement au gommier rouge arbre épineux commun dont les gousses et les exsudats étaient utilisés en pharmacopée antique. Le mot a été repris en latin, puis adopté par la botanique moderne comme nom de genre.
En franc-maçonnerie, l’Acacia occupe une place à part : elle est liée à la légende d’Hiram, et on la retrouve sur presque tous les décors du grade de Maître, ainsi que sur certains hauts grades du REAA.
Mais l’Acacia n’a pas toujours régné seule. Au XVIIIe siècle, et encore au XIXe, d’autres plantes se sont invitées dans certains rituels maçonniques.
C’est le cas du Cassia, qu’on appelle aussi la casse, et du Tamaris.
Du Cassia de Pritchard à l’Acacia
Revenons un instant en arrière. La légende d’Hiram serait entrée dans la Franc-maçonnerie peu avant 1730. Elle n’appartient donc pas au noyau originel de la Franc-maçonnerie spéculative du XVIIe siècle.
On pense que la scène du relèvement du corps d’Hiram s’inspire d’une légende maçonnique plus ancienne : celle de la découverte du corps de Noé par ses trois fils. On en trouve déjà la trace dans le manuscrit Graham, daté de 1726. Mais à ce stade, aucun symbole végétal n’apparaît encore dans le récit.
Il faudra attendre 1730, et le Masonry Dissected de Samuel Pritchard, pour lire la première description du grade de Maître telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Dans ce texte, l’endroit où repose le corps est signalé par un rameau. Mais attention : ce n’est pas encore l’Acacia que l’on connaît. C’est une branche de Cassia, car le mot désigne plusieurs arbustes proches : la casse, le séné, le faux séné, ou encore le cannelier de Chine.
Il s’agit dans tous les cas d’un arbuste, reconnu pour ses vertus médicinales et aromatiques. Cet arbuste a traversé les cultures. On y a souvent vu un symbole de force intérieure, de résilience, de résistance face aux épreuves.
Le Cassia avait aussi sa place dans les rites funéraires. En 1731, l’auteur de A Defence of Freemasonry le rappelait en ces mots : on disait que les Frères plaçaient une branche de Cassia à la tête de la tombe d’Hiram, en écho à une ancienne coutume des pays orientaux, celle d’embaumer les morts, et en particulier de préparer la tête et d’en sécher le cerveau, comme Hérodote l’avait déjà raconté.
Le Cassia avait donc tout pour être choisi : ses fleurs d’un jaune éclatant évoquent la lumière, il symbolise l’endurance dans l’épreuve, et il tenait une place dans les rites funéraires. Alors, une question demeure : pourquoi a-t-il fini par céder sa place à l’Acacia ?
Comment l’Acacia a remplacé le Cassia
C’est probablement en France que l’on trouvera la réponse à ces questions. Dès les années 1740, on trouve l’Acacia dans les rituels maçonniques français. C’est le cas notamment dans le Manuscrit Luquet, l’un des deux plus anciens rituels manuscrits français connus (vers 1745), et dans la divulgation « Le Sceau Rompu » (1745).
Comment est-on passé de Cassia à Acacia ? Vraisemblablement par une proche homophonie entre « le Cassia » et « l’Acacia », d’autant plus explicable par le caractère essentiellement oral des anciennes pratiques rituelles des francs-maçons. Mais encore fallait-il que cette homophonie fît sens.
Et c’était le cas, car l’Acacia a encore plus de lettres de noblesse que le Cassia. Ne le dit-on pas imputrescible, capable de renaître après les incendies et donc symbole de renaissance et d’immortalité ? Mais surtout, selon la Bible, c’est le bois qui servit à la construction de l’Arche de l’Alliance, du mobilier liturgique et des piliers du Tabernacle, le Temple itinérant institué par Moïse dans le désert (Exode, chapitres 25 à 27).
La tradition chrétienne affirme quant à elle, sans référence scripturaire, que la Croix du Christ et la couronne d’épine était faites d’Acacia. Et dans certaines versions de la légende d’Osiris, le corps du dieu assassiné reposa près d’un Acacia.
Si le Cassia avait de bonnes raisons d’illustrer la légende d’Hiram, l’Acacia en avait de meilleures, car il rattachait la mort d’Hiram à l’Arche de l’Alliance et à l’idée de renaissance et de résurrection induite par les figures du Christ et d’Osiris.
Mais comment expliquer qu’une homophonie entre « la Cassia » et « l’Acacia » en français ait imposé à l’ensemble de la Franc-maçonnerie le symbole de l’Acacia ? Les rituels anglais (que ce soit Emulation ou les autres rituels en usage dans la Grande Loge Unie d’Angleterre, tels le Taylor, le West End, …) connaissent tous l’Acacia.
Serait-il alors admissible que les rituels maçonniques français aient pour une fois influencé les usages maçonniques anglais et non l’inverse ?
La Cassia était clairement la version en usage chez les Modernes, c’est-à-dire les Loges de la Première Grande Loge de Londres (1717), selon la divulgation de Pritchard en 1730.
On ignore en revanche si un symbole végétal équivalent apparaissait dans les rituels des Anciens, dont la Grande Loge fut fondée en 1753. En tout cas la divulgation The Three Distinct Knocks de 1760, qui révèle les usages rituels d’une Loge des Anciens, n’en mentionne aucun.
Mais l’on sait très bien qu’il y eut beaucoup de contacts entre les francs-maçons jacobites exilés en France et les Loges françaises.
Or les Jacobites avaient généralement plus d’affinités avec les Anciens qu’avec les Modernes, inféodés à la dynastie hanovrienne. C’est donc vraisemblablement par eux que l’Acacia français pénétra la Franc-maçonnerie anglaise des Anciens.
Et lors de l’union des deux Grandes Loges en 1813 pour former la Grande Loge Unie d’Angleterre, on sait que les usages rituels des Anciens furent adoptés et c’est très vraisemblablement à partir de là que l’Acacia remplaça la Cassia dans les rituels anglais.
Le Tamaris du Rite de Misraïm
Si l’Acacia semble s’être imposé dans l’ensemble de la Franc-maçonnerie mondiale, une troisième variante apparut en France au sein du Rite de Misraïm.
Dans le rituel de ce Rite rédigé entre 1815 et 1820, on ne trouve mention ni de Cassia ni d’Acacia, mais de Tamaris. Connu de la Bible et de nombreuses cultures anciennes (Égypte, Grèce, Scandinavie, Chine, Japon…), le Tamaris véhicule un symbolisme qui n’est pas très éloigné de celui du Cassia et de l’Acacia : force, endurance, fécondité, longévité et immortalité. Mais c’est bien évidemment son inscription dans la tradition égyptienne qui va pousser les auteurs de ce Rite à le choisir.
Les sources égyptiennes affirment généralement que le corps d’Osiris reposa près d’un Acacia ou d’un Sycomore. Mais il faut bien comprendre que ces sources restèrent inaccessibles aux lecteurs modernes jusqu’au déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion en 1822.
Les créateurs de la Franc-maçonnerie égyptienne n’avaient donc accès à l’Égypte ancienne qu’au travers des écrits des auteurs grecs (Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, Plutarque…) et dans une moindre mesure, latins (Pline l’Ancien, Apulée…). Faisant preuve d’une certaine érudition, c’est certainement chez Plutarque que l’auteur découvrit le Tamaris, qu’il choisit d’introduire dans sa légende d’Hiram, au lieu de la Cassia ou de l’Acacia, afin d’égyptianiser davantage son propos.
Plutarque rapporte en effet une version du mythe d’Osiris inconnue dans les sources égyptiennes : selon cette variante, le corps d’Osiris, placé dans un coffre, fut livré aux flots de la mer et dériva jusqu’à s’échouer contre un Tamaris à Byblos en Phénicie (actuellement au Liban).
Le Tamaris grandit autour du coffre, qu’il finit par englober, et le roi de Byblos, émerveillé de la croissance inhabituelle de cet arbre, le fit couper pour en faire une colonne de son palais.
À la recherche du corps de son époux, Isis parvint à obtenir la colonne, en dégagea le corps d’Osiris, qu’elle embauma et ramena en Égypte.
acacia
Cette légende avait au moins deux raisons de retenir l’attention de l’auteur du rituel de Misraïm : tout d’abord, le Tamaris était explicitement intégré à la découverte du corps d’Osiris et pouvait ainsi tout naturellement trouver sa place dans la légende d’Hiram. Ensuite, le fait que le corps d’Hiram se soit retrouvé à l’intérieur d’une colonne devait être très parlant pour un auteur de rituel maçonnique. Et plus, si l’on suppose que l’auteur avait également connaissance des écrits botaniques de Pline l’Ancien, qui affirme que les prêtres égyptiens portaient des couronnes faites de rameaux de Tamaris.
Le choix du Tamaris était donc tout à fait judicieux pour souligner la dimension égyptienne du rituel, et l’on peut regretter que le Rite de Misraïm utilisé de nos jours (dit Rite de Venise 1788), qui date en fait des années 1980 seulement, n’ait pas suivi son illustre prédécesseur sur ce point et se soit aligné sur l’Acacia.
En somme,Acacia, Cassia ou Tamaris ont tous trois de bonnes raisons d’avoir été choisis pour illustrer la légende d’Hiram dans les rituels maçonniques.
Mais l’importance prépondérante du symbole de l’acacia au 3ème degré a permis à William Hutchinson (1732-1814), membre de la Royal Society of Antiquaries de surnommer les francs-maçons, les Acaciens.
Probablement jugé plus prestigieux que ses concurrents, l’Acacia s’est donc finalement imposé.
Mais il est temps de se focaliser sur l’Acacia, au risque de ne pas choisir d’autre végétal mentionné par les traditions !
« L’acacia m’est connu », la parole du Maître
D’un degré à l’autre, les réponses au tuilage progressent d’un état de passivité vers un niveau d’implication et de responsabilité.
Branche d’acacia dans les mains sur tissu rouge
Au 1er degré, l’Apprenti annonce : « Mes Frères me reconnaissent comme tel ». Il dépend de ses Frères qui admettent sa qualité maçonnique, donc il est mis sur la voie silencieuse de l’introspection.
Au2ème degré, le Compagnon déclare : « J’ai vu l’étoile flamboyante ». Il consacre ses sens à la prospection du monde, guidée par son étoile, mais n’est pas encore maître de son voyage.
Au 3e degré, le Maître affirme : « L’acacia m’est connu», il agit en possession des mots substitués, maîtrisant ses pas sur la voie du milieu ; il s’engage pour chercher les secrets véritables qui ont été perdus, là où se trouve l’acacia.
Dans la plupart des rituels d’élévation à la Maîtrise, alors que la loge est plongée dans le plus grand chaos, neuf Frères voyagent à la recherche du Maître assassiné.
Soudain, le 2e Surveillant fait savoir : « Cet arbre funéraire, cet acacia m’annonce une sépulture. Il n’y a pas longtemps qu’il est planté… peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Maître Hiram ».
On peut citer ici une variante de ce mythe. Les Maîtres partis à la recherche d’Hiram n’aperçoivent pas l’acacia, car ce sont eux qui vont le planter. Voici ce que rapporte François-Timoléon Bègue-Clavel du Rite Français ancien dans son ouvrage Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des Sociétés Secrètes Anciennes et Modernes de 1783 : « Le respectable Maître Hiram ne paraissant plus aux travaux comme à son ordinaire, Salomon ordonna à neuf maîtres de faire des recherches, et ceux-ci allèrent sur le mont Liban.
Le deuxième jour, l’un d’eux, excessivement fatigué, voulut se reposer sur un monticule ; s’étant aperçu que la terre était nouvellement remuée, il s’en approcha et fouillant, il trouva le cadavre. Il appela ses camarades et leur fit part de sa triste découverte, présumant que c’était le corps de leur respectable Maître qui sans doute avait été assassiné, et n’osant, par respect, pousser leurs recherches plus loin, ils recouvrirent la fosse et pour la reconnaître ils coupèrent une branche d’acacia qu’ils plantèrent au-dessus et se retirèrent vers Salomon auquel ils firent leur rapport »
Peu importe la version à retenir, l’acacia, verdoyant, planté sur un tertre fraîchement dressé, indique toujours la sépulture du Maître.
Branche d’acacia – Crédit photo Radio 2
Il pointe le centre du drame, où se retrouvent alors les Frères Maîtres, entre l’équerre et le compas.
Repère solitaire dans l’immensité du voyage, l’acacia oriente l’attention du Maître Maçon et balise son chemin à la rencontre de son propre centre.
Cependant, sur la tombe d’Hiram où la terre est fraîchement remuée, l’acacia n’est pas né tout seul d’un germe spontané.
Sa plantation implique un acte volontaire qui, dans notre rituel, mémorise un emplacement et donne une suite à l’histoire.
Comme c’est le cas le plus courant dans nos rituels actuels, dans un effort commun, les neuf Frères ont retrouvé la sépulture d’Hiram grâce à l’acacia. Ils tournent alors leur regard vers le tombeau et ses mystères.
La Connaissance à l’ombre de l’Acacia
Le 1e Surveillant témoigne : « oui, il est dit que la Connaissance repose à l’ombre de l’Acacia ».
Le maître du chantier, mis à mort par l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition, possède la Connaissance que localise l’acacia. Il a emporté avec lui les secrets véritables des maîtres bâtisseurs.
L’ombre donne la fraîcheur, mais aussi la clairvoyance sur ce qui ne peut être dévoilé en pleine lumière, car le plein soleil aveugle l’esprit et il est dangereux de « Révéler » à qui n’a pas qualité pour recevoir, comprendre et s’en servir.
L’acacia aux fortes épines protège cette Vérité qui doit rester hermétique aux imposteurs, car les mauvais Compagnons rôdent toujours.
L’aspect épineux de l’acacia a suggéré une tradition christique selon laquelle la couronne d’épine de Jésus fut tressée avec les épines de cet arbuste. Au-delà, la croix elle-même aurait été faite du bois qui servait à la construction du temple donc avec de l’acacia… ou du cèdre.
Dans le livre de 1440 Heures de Catherine de Clèves, une miniature montre une passerelle que la reine de Saba doit franchir pour rendre visite à Salomon. La reine, cependant, eut une vision prophétique que le pont fournirait le bois sur lequel le Christ serait crucifié. Elle refuse donc de marcher sur le pont et patauge pour rejoindre le roi qui l’attend.
Dans l’analogie astronomique, la légende d’Hiram est l’emblème du soleil, le symbole de sa marche apparente : ainsi le Compagnon est entré à reculons dans le Temple, contemplant l’étoile flamboyante qui brille au loin à l’Occident, posant un regard sur son travail passé. Puis il a fait face pour marcher vers son avenir, comme le soleil d’automne en route vers le déclin.
Si l’acacia est un Arbre funéraire, c’est donc aussi un arbre de vie
On notera ainsi que sur un tableau allégorique anonyme, conservé au Musée de la Franc-maçonnerie de Londres et intitulé Les mystères montrés ici sont ceux que seul un maçon peut connaître, le Roi Salomon dessine le théorème de Pythagore, et dans le ciel, sur des nuages, Chronos tient dans sa main droite la faux de la mort et une branche d’acacia résurrectionnelle dans sa main gauche.
Sur la tombe d’Hiram, la verdeur de l’acacia a signé un triomphe sur la mort, il est imputrescible. Il forme cet axe vertical chargé de sève dont les racines inventives cheminent vers des richesses connues d’elles seules, tandis que ses feuilles respirent au plus près du soleil.
Il se régénère sur le terreau des morts où s’organise le grand rassemblement des particules dispersées à travers l’espace et le temps.
C’est la règle générale de la nature qui donne la vie et la reprend, se nourrit d’elle-même, recycle à l’infini.
À l’image de l’acacia, le nouveau Maître prend racine dans cette part invisible de lui-même, se recentre dans une intimité déjà sondée le long du fil à plomb.
Par les 5 points de la Maîtrise, le futur Maître est relevé et reçoit les syllabes du Mot Sacré. Comme le soleil reparaît au solstice d’hiver, le Maître renaît plus radieux que jamais, rayonnant de lumière. L’acacia est connu.
Restauré dans ses possibilités et devenu conscient d’une transformation en lui, le Maître se nourrit désormais de l’enseignement de son relèvement pour continuer sa quête et devenir un pilier stable de la loge.
L’acacia, symbole d’immortalité et de renaissance
Plante de résilience dans les déserts arides, bois imputrescible de l’Arche d’Alliance, arbre de renaissance associé à Osiris et au Christ, l’acacia concentre en lui les grandes thématiques initiatiques : la mort, la quête, la connaissance et la régénération.
En définitive, l’Acacia ne marque pas seulement l’emplacement du corps d’Hiram : il indique le chemin que chaque Maître Maçon doit suivre pour retrouver, en lui, le Maître véritable.
Symbole d’immortalité et d’espérance, il rappelle avec force que, même après l’épreuve la plus sombre, la vie et la lumière peuvent toujours renaître, plus vigoureuses et plus lumineuses qu’auparavant.
Le Maître Maçon comprend que la véritable immortalité ne réside pas dans la survie du corps, mais dans la transmission de la Lumière, de la Connaissance et des valeurs qu’il s’efforce d’incarner.
Plus de deux siècles après leur rédaction, les rituels consignés par Claude-André Vuillaume retrouvent le chemin des mains, du regard et de l’étude. Le Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté entreprend la publication d’un ensemble documentaire exceptionnel sous le titre Rituel des trente-trois degrés de l’Écossisme. Les deux premiers tomes seront disponibles à l’occasion des Rencontres Écossaises de Grenoble, les 19 et 20 septembre 2026. Les quatre volumes suivants viendront compléter cette monumentale entreprise éditoriale en 2027.
Quand un manuscrit oublié redevient une source vivante
Il est des archives qui dorment et d’autres qui attendent. La nuance est essentielle. Les premières appartiennent au silence du passé ; les secondes semblent patienter jusqu’à ce qu’un regard suffisamment attentif vienne à nouveau les éclairer. Le Manuscrit Vuillaume appartient incontestablement à cette seconde catégorie.
En 2019, la Bibliothèque nationale de France numérise, au sein de Gallica, trois manuscrits conservés sous les cotes Smith-Lesouëf 125 à 127. Parce qu’ils n’étaient pas intégrés au fonds maçonnique proprement dit, ces documents fondamentaux avaient jusque-là largement échappé au regard des historiens de la Franc-Maçonnerie. Ils sont alors repérés et étudiés par les chercheurs de la Fondation Latomia, qui parviennent à identifier leur rédacteur : Claude-André Vuillaume, 33e, auteur du célèbre Tuileur, et à dater leur rédaction de 1822.
Cette date suffit presque à dire l’importance de l’ensemble. Nous nous situons aux premières années de l’installation et de la structuration du Rite Écossais Ancien et Accepté en France, dans la proximité immédiate de la réorganisation du Suprême Conseil en 1821. Le Suprême Conseil du 33e degré avait été créé en France en 1804 ; les décennies suivantes furent celles des ajustements, des transmissions, des recompositions institutionnelles et rituelles dont devait naître une tradition durable.
Le manuscrit ne constitue donc pas seulement une curiosité bibliophilique. Il offre quelque chose de beaucoup plus précieux : un témoignage rituel situé dans le temps, au moment où le REAA français prend forme, organise ses degrés et transmet son architecture initiatique.
Trente-trois degrés, trois manuscrits, six tomes
Devant l’importance historique et rituelle de ces documents, la Commission Histoire du Suprême Conseil pour la France a souhaité en assurer la publication. L’ensemble paraîtra sous le titre Rituel des trente-trois degrés de l’Écossisme et permettra de parcourir progressivement la totalité de l’édifice écossais.
L’édition ne se contente pas de reproduire un texte ancien
Elle restitue des manuscrits remarquablement illustrés, dans lesquels figurent des lithographies issues notamment de l’édition de 1820 du Tuileur de Vuillaume, mais aussi des dessins originaux, plans, signes d’ordre, bijoux, tableaux de Loge, objets et tabliers du Rite. Chaque grade est accompagné de représentations du Franc-Maçon dans les décors et les postures d’ordre caractéristiques. L’ensemble compte 107 illustrations en pleine page, auxquelles viennent s’ajouter de nombreuses illustrations insérées dans le texte ainsi qu’un appareil de notes explicatives particulièrement développé.
Le choix éditorial consiste à répartir les trois manuscrits originaux en six tomes, accompagnés de leur transcription et d’un abondant apparat critique.
Le premier volume couvre les 1er au 3e degrés, complétés notamment par les rituels funèbres et celui de Passé-Maître ; le deuxième conduit du 4e au 14e degré. Viendront ensuite le tome 3, consacré aux 15e à 18e degrés ; le tome 4, aux 19e à 27e degrés ; le tome 5, aux 28e à 30e degrés ; enfin le tome 6, qui conduira du 31e au 33e degré, avec un supplément historique.
Grenoble 2026 : les deux premiers tomes disponibles
C’est donc un rendez-vous éditorial autant qu’initiatique qui attend les participants aux prochaines Rencontres Écossaises, organisées à Grenoble les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026. Le site officiel du Suprême Conseil pour la France confirme ces dates,
À cette occasion, les deux premiers tomes du Rituel des trente-trois degrés de l’Écossisme seront disponibles. Ce premier ensemble permettra déjà de suivre un arc essentiel de la progression écossaise, depuis les trois grades symboliques jusqu’au 14e degré. Les tomes 3, 4, 5 et 6 paraîtront au cours de l’année 2027, achevant ainsi la publication de l’intégralité du corpus Vuillaume.
Le choix de présenter ces premiers volumes lors des Rencontres Écossaises n’a d’ailleurs rien d’anodin. Ces journées sont devenues au fil des décennies un lieu de dialogue entre histoire, philosophie, science, symbolisme et spiritualité, prolongeant par la réflexion ce que le Rite propose par l’expérience. En 2026, elles se tiendront à Grenoble autour de grandes interrogations liées notamment à la Création et à la pensée initiatique.
Le rituel comme mémoire en mouvement
L’intérêt d’une telle publication dépasse naturellement la seule histoire documentaire. Un rituel ancien n’est pas un fossile que l’on placerait sous verre ; il est une strate de mémoire. Il révèle ce qu’une génération de Maçons recevait, pratiquait, transformait et transmettait. En confrontant ces textes de 1822 aux usages contemporains, le lecteur peut mesurer ce qui demeure, ce qui s’est déplacé, ce qui s’est enrichi et parfois ce qui s’est effacé.
C’est là que l’entreprise prend une véritable dimension initiatique. La Tradition n’est pas la répétition mécanique du passé ; elle est transmission d’un dépôt vivant. Encore faut-il connaître ce dépôt, revenir aux sources, examiner les mots, les gestes, les décors et les symboles avant de prétendre en comprendre l’esprit. Le Manuscrit Vuillaume nous offre précisément cette possibilité : remonter le cours du Rite jusqu’à une époque où nombre de ses formes étaient encore proches de leur élaboration française.
On pourrait presque y voir le geste de l’archéologue rejoint par celui du Maçon.
L’un retire patiemment les couches du temps ; l’autre cherche derrière les formes successives la pierre première dont procède l’édifice. Tous deux savent que l’ancien ne vaut pas parce qu’il est ancien, mais parce qu’il permet de mieux interroger le présent.
Avec cette édition en six tomes, le Suprême Conseil pour la France accomplit ainsi un véritable travail de conservation et de transmission. Les deux premiers volumes proposés à Grenoble ouvriront la porte ; les quatre autres, attendus en 2027, permettront d’achever le parcours jusqu’au 33e degré. Deux cents ans après que Claude-André Vuillaume eut fixé sur le papier rites, signes, décors et enseignements, son manuscrit revient ainsi parmi les Maçons non comme une relique, mais comme une parole retrouvée de la mémoire écossaise.
Les Rencontres Écossaises 2026 auront lieu à Grenoble les 19 et 20 septembre. Pour les amoureux du REAA, de son histoire et de ses sources, le rendez-vous prendra cette année une dimension particulière : celle de pouvoir enfin ouvrir les premiers volumes d’un manuscrit qui, après deux siècles de silence, recommence à transmettre.
Il est minuscule, marche au ras de la terre et travaille dans ce que l’homme regarde volontiers comme une matière vile. Pourtant, l’Égypte ancienne en fit l’un des plus puissants signes de la renaissance solaire. Sous le nom de Khépri, le scarabée devint l’image du Soleil qui revient, du monde qui recommence et de l’être qui ne cesse de « venir à l’existence ». Entre la boule sombre poussée sur le sol et l’astre surgissant à l’Orient se dessine alors une extraordinaire leçon initiatique : la Lumière n’est peut-être jamais donnée une fois pour toutes ; il faut chaque matin contribuer à la remettre en mouvement. Pour le Franc-Maçon, qui travaille symboliquement au passage des ténèbres à la Lumière et à la transformation de sa propre matière, le scarabée égyptien devient ainsi un compagnon inattendu du Grand Œuvre.
Il existe des animaux dont le symbole naît de leur force, de leur majesté ou de leur capacité à dominer l’espace. L’aigle règne sur le ciel, le lion sur la terre, le serpent se glisse entre les mondes. Le scarabée, lui, ne domine rien. Il pousse. Toute sa grandeur symbolique tient peut-être dans ce verbe. Il pousse devant lui une sphère beaucoup plus volumineuse que son propre corps et, dans cette obstination presque dérisoire à l’échelle du désert, les anciens Égyptiens crurent discerner un mystère cosmique. Ce petit animal affairé au ras du sol devenait l’image d’une puissance qui, chaque matin, remet le Soleil en mouvement et empêche la création de s’effondrer dans l’immobilité de la nuit.
Le rapprochement n’est pas seulement poétique
Le scarabée était appelé kheperer et le verbe égyptien kheper signifie « devenir », « venir à l’existence », « prendre forme ». De ce même champ symbolique procède Khépri, forme du Soleil levant, puissance de transformation et de renouvellement. Les Égyptiens assimilèrent le mouvement de l’insecte roulant sa boule à celui de l’astre surgissant chaque matin à l’horizon oriental. Le scarabée devint ainsi l’un des amulettes les plus répandues de l’Égypte ancienne, signe de régénération dans l’existence terrestre autant que d’espérance de renaissance dans l’au-delà.
Khépri : non pas être, mais devenir
Voilà sans doute ce qui donne au scarabée sa profondeur proprement initiatique. Il n’est pas seulement symbole de vie. Il est symbole du devenir. La nuance est considérable. La vie pourrait se concevoir comme un état ; le devenir est un mouvement. Or l’initiation véritable ne promet précisément aucun état définitif. Elle ouvre un chemin.
L’initié n’est jamais achevé.
Il serait pourtant trop facile d’entendre cette affirmation comme une simple morale du perfectionnement personnel. L’Égypte nous conduit plus loin. Kheper, c’est l’apparition d’une forme nouvelle là où elle n’était pas encore visible. C’est la transformation qui permet à l’être d’advenir à lui-même. Khépri n’est donc pas seulement le Soleil : il est le Soleil au moment où celui-ci devient visible, lorsqu’il franchit le seuil oriental et arrache progressivement le monde à l’indistinction nocturne.
Tout initié reconnaîtra ici une géographie familière.
La nuit n’est jamais totalement supprimée ; elle précède l’aube et lui donne son sens. L’Orient n’est pas seulement une direction géographique ; il devient le lieu symbolique où quelque chose commence à paraître. Entrer dans la Lumière ne signifie donc pas conquérir une clarté permanente, mais accepter d’accomplir sans cesse le passage qui conduit de l’obscur à l’intelligible.
Voilà pourquoi le scarabée pourrait presque être regardé comme un animal du seuil. Il travaille entre deux états du monde : la terre et le ciel, la matière et l’astre, l’obscurité et la naissance solaire. Il ne contemple pas passivement la lumière ; il semble participer à son avènement.
Pour le Franc-Maçon, l’image est saisissante.
Lorsque le néophyte reçoit symboliquement la Lumière, rien n’est terminé. Tout commence. Croire que l’initiation consiste à avoir reçu une Lumière serait confondre le seuil avec le chemin. Le scarabée nous enseigne au contraire que l’astre doit être remis en mouvement chaque matin, comme la pierre doit être retravaillée à chaque Tenue. La Lumière initiatique n’est pas un capital spirituel que l’on posséderait définitivement ; elle est une exigence renouvelée.
Du fumier au Soleil : l’étrange alchimie du scarabée
Le symbole devient encore plus saisissant lorsque l’on considère la matière avec laquelle travaille l’animal. Le scarabée ne roule ni or, ni cristal, ni pierre précieuse. Il façonne sa sphère à partir de matière organique en décomposition. Ce détail biologique, transposé dans le langage symbolique, ouvre un vertigineux renversement : le Soleil semble naître de ce que l’homme méprise.
Il faut ici résister à la tentation d’attribuer aux anciens Égyptiens une doctrine alchimique formulée telle que les siècles hellénistiques, arabes et européens la développeront ensuite. Mais l’analogie est trop féconde pour que le regard initiatique l’ignore. L’alchimiste sait que l’Œuvre ne commence pas avec une matière déjà pure. Elle commence précisément avec une matière confuse, obscure, parfois désignée comme vile, qu’il faudra travailler, dissoudre, transformer et conduire à une autre modalité d’existence.
Le scarabée semble raconter cette histoire bien avant nos traités. Il prend l’informe, le rassemble, lui donne une forme sphérique et le met en mouvement.
La sphère mérite à elle seule que l’on s’y arrête. Sans commencement ni fin, elle est l’une des figures les plus anciennes de la totalité, du monde accompli et de la perfection cosmique. Entre les pattes du scarabée, la matière dispersée devient unité. Ce qui était épars est rassemblé. Ce qui semblait rejet devient support de vie. Ce qui appartenait à la décomposition entre dans un cycle de génération.
Or rassembler ce qui est épars est déjà une opération initiatique.
L’alchimiste pourrait y reconnaître, par analogie, quelque chose de la nigredo, cette œuvre au noir dans laquelle l’ancienne forme se défait avant qu’une autre puisse apparaître. Il ne s’agit pas de prétendre que le scarabée soit historiquement le symbole canonique de la nigredo, encore moins de projeter rétrospectivement tout le corpus hermétique sur l’Égypte pharaonique. Mais le regard symbolique travaille justement par correspondances : la matière noire, l’enfouissement, la putréfaction, l’obscurité souterraine et l’émergence d’une vie nouvelle appartiennent à une même grammaire universelle de la transformation.
Ce que le profane rejette peut ainsi devenir matière de l’Œuvre. Nos erreurs, nos contradictions, nos passions, nos blessures même ne sont pas nécessairement des déchets dont il faudrait seulement se débarrasser. Elles peuvent devenir, lorsque la conscience les travaille, matière première de la transmutation intérieure. Le scarabée ne nie pas la matière obscure : il la façonne.
Mourir à la nuit pour sortir au jour
Une seconde observation renforça encore la puissance du symbole. Pour les anciens Égyptiens, qui ne connaissaient naturellement pas tous les mécanismes biologiques de reproduction du coléoptère, l’apparition de jeunes scarabées depuis la terre semblait relever d’une forme de génération mystérieuse. L’animal paraissait naître de lui-même, comme si la vie surgissait spontanément d’une matière apparemment inerte. Il devint ainsi un extraordinaire symbole de régénération et de renaissance.
On comprend dès lors pourquoi il entra si profondément dans l’univers funéraire égyptien. Car l’Égypte n’a probablement jamais pensé la mort comme une simple extinction. Elle l’a pensée comme un passage dangereux nécessitant rites, paroles, connaissances et transformations. Le défunt doit franchir la nuit pour rejoindre une autre forme de vie ; il doit, comme le Soleil, traverser les régions obscures avant de pouvoir renaître.
Le titre moderne de Livre des Morts masque d’ailleurs en partie cette dynamique. Le corpus funéraire que nous désignons ainsi portait en Égypte le sens beaucoup plus lumineux de « formules pour sortir au jour ». Tout est là : non un livre destiné à demeurer parmi les morts, mais un ensemble de paroles permettant de retrouver le jour.
Le scarabée appartient profondément à cette théologie de l’émergence. Il ne célèbre pas la mort ; il affirme qu’aucune nuit n’est nécessairement le dernier mot.
L’initiation, toutes proportions gardées, repose sur une structure analogue. Il faut quitter un état pour qu’un autre devienne possible. Le cabinet de réflexion, la séparation d’avec le monde profane, les épreuves, le dépouillement des métaux et la confrontation symbolique à la mort ne prennent sens que parce qu’une renaissance est attendue. L’initié ne revient pas exactement là où il était. Il est appelé, selon le vocabulaire même de Khépri, à devenir.
Le scarabée de cœur : lorsque l’homme est pesé par sa propre vérité
Mais il est une forme de scarabée qui conduit encore plus profondément dans le sanctuaire intérieur : le scarabée de cœur.
Livre des Morts
Dans les pratiques funéraires égyptiennes, de grands scarabées étaient placés sur la poitrine du défunt. Certains portaient sur leur face inférieure une formule correspondant notamment au chapitre 30B duLivre des Morts. Le cœur occupait pour l’Égyptien une fonction qui dépassait largement notre représentation sentimentale moderne : il était lié à la pensée, à la mémoire, à la conscience et à la valeur morale de l’individu. Dans la scène célèbre de la psychostasie, il devait être pesé face à Maât, principe de vérité, de justice, d’équilibre et d’ordre cosmique. Le scarabée de cœur était associé à cette redoutable épreuve et à la nécessité que le cœur ne condamne pas son propre possesseur.
Nous voici soudain très loin de l’amulette décorative.
Car le véritable tribunal n’est plus extérieur : l’homme porte son témoin en lui-même.
Voilà peut-être l’une des pensées les plus puissantes que l’Égypte ancienne puisse transmettre à l’initié contemporain. On peut tromper les autres, élaborer des justifications, construire autour de soi le décor flatteur d’une vertu proclamée ; il demeure un espace intérieur où l’être sait. Le cœur conserve la mémoire de ce que nous avons réellement pensé, voulu, accompli ou refusé d’accomplir.
La pesée du cœur devient alors une extraordinaire figure de l’examen de conscience initiatique. Que pèserait mon cœur si, ce soir, il devait être placé sur la balance ?
Non pas : quels grades ai-je reçus ? Quelles fonctions ai-je occupées ? Quels titres puis-je aligner ? Mais : qu’ai-je véritablement construit ? Quelle part de moi-même ai-je rectifiée ? Ai-je rendu le monde autour de moi un peu plus juste, un peu plus fraternel, un peu plus lumineux ?
Face à Maât, les cordons ne pèsent rien.
Mâat Ordre cosmique
Cette image mérite d’être méditée en Franc-Maçonnerie. Car nos Temples possèdent leurs offices, leurs dignités, leurs préséances et leurs décors nécessaires à l’ordonnancement rituel. Mais la véritable balance initiatique ne connaît pas ces hiérarchies. Elle mesure autre chose : la conformité progressive de l’être avec la parole qu’il prononce, l’écart entre le symbole affiché et la vie réellement menée.
Le scarabée de cœur nous ramène ainsi vers un Temple beaucoup plus secret que celui dans lequel nous nous réunissons : le sanctuaire de notre propre conscience.
Sous la terre, le Soleil invisible
Il existe encore, dans l’imaginaire du scarabée, une dimension souterraine essentielle. La boule est enterrée. La vie s’y prépare hors de la vue. L’œuvre véritable commence donc dans l’invisible.
L’initié connaît lui aussi cette loi du silence.
Ce qui transforme profondément un être ne produit pas toujours immédiatement des signes extérieurs. Entre l’instant où une parole rituelle est entendue et celui où elle devient réellement conscience, il peut s’écouler des années. Le symbole descend en nous comme une semence enfouie. Il travaille dans les régions que nous ne maîtrisons pas encore.
Nous aimerions parfois que l’initiation produise des illuminations éclatantes. Le scarabée nous rappelle une vérité plus humble : la métamorphose se prépare dans le noir.
La graine travaille sous la terre. L’enfant se forme dans le secret du ventre. Le Soleil lui-même, dans l’imaginaire religieux égyptien, traverse pendant la nuit un royaume invisible avant de reparaître à l’Orient. Toute renaissance suppose donc un temps de retrait, d’obscurité et de gestation.
C’est peut-être ici que le symbolisme du scarabée rejoint le plus profondément celui du cabinet de réflexion. Celui qui y descend ne reçoit pas encore la Lumière. Il rencontre la terre, le silence, le dépouillement, les signes de la finitude. Mais cette obscurité n’est pas une négation de la Lumière : elle en constitue la matrice.
Avant l’Orient, il y a toujours une nuit.
Des mystères d’Égypte aux maçonneries égyptiennes : la nécessaire prudence
Le scarabée exerce naturellement une séduction particulière dès que l’on approche l’hermétisme, l’égyptosophie ou les Rites maçonniques dits égyptiens. Dès les XVIIIe et XIXe siècles, l’Europe initiatique rêve l’Égypte comme la patrie primordiale des Mystères. Memphis, Misraïm, puis Memphis-Misraïm construiront une part de leur univers symbolique dans cet imaginaire pharaonique et hermétique.
Il serait pourtant historiquement imprudent d’en déduire une transmission continue allant des prêtres de l’Égypte ancienne jusqu’aux Loges modernes. La puissance d’une correspondance symbolique ne constitue jamais la preuve d’une filiation historique. Le Franc-Maçon peut donc regarder le scarabée comme un magnifique miroir de sa démarche sans prétendre que les bâtisseurs de cathédrales, les premières Loges spéculatives ou les fondateurs des Rites égyptiens auraient reçu de manière ininterrompue un enseignement secret venu des temples de Karnak ou d’Héliopolis.
Cette prudence n’appauvrit aucunement le symbole ; elle le libère au contraire des légendes faciles.
Car l’essentiel est ailleurs. L’Égypte offre au Franc-Maçon un langage permettant de penser quelques-unes des intuitions fondamentales de toute démarche initiatique : la mort et la renaissance, la descente et la remontée, l’Orient et la Lumière, l’équilibre et la justice, le travail sur la matière, le passage du multiple à l’unité et surtout cette conviction que l’homme n’est pas condamné à demeurer ce qu’il est.
Le scarabée ou la fraternité des bâtisseurs minuscules
Il y a enfin quelque chose de profondément touchant à ce que l’Égypte ait choisi un insecte pour représenter une puissance solaire. Le scarabée n’a rien d’un animal triomphant. Il avance péniblement. Il recommence lorsque l’obstacle renverse sa sphère. Il contourne la pierre, gravit l’irrégularité du sol et pousse encore.
Son héroïsme n’est pas celui du conquérant. C’est celui du travailleur.
À cet endroit précis, son enseignement devient presque maçonnique par nature. Le Franc-Maçon n’est pas appelé à devenir le propriétaire de la Lumière mais son ouvrier. Il ne crée ni la Vérité, ni la Justice, ni la Fraternité ; il tente modestement de leur ouvrir un passage dans le monde.
Chaque pierre taillée, chaque préjugé abandonné, chaque colère dominée, chaque parole devenue plus juste, chaque acte de fraternité posé là où l’indifférence aurait été plus facile constitue une manière infime de pousser le Soleil.
Nous rêvons volontiers de grandes révélations. Le scarabée nous enseigne la fidélité aux petits mouvements répétés.
Et peut-être est-ce ainsi que les mondes changent.
Pousser chaque matin notre propre Soleil
Lorsque vient l’aube sur la vallée du Nil, Khépri commence symboliquement son œuvre. Le disque solaire paraît au bord du monde et la création recommence. Ce qui s’est accompli hier ne dispense pas le Soleil de se lever aujourd’hui.
L’initié devrait peut-être se souvenir chaque matin de cette vérité.
Aucune initiation ancienne ne nous dispense de recommencer. Aucun degré atteint n’autorise à considérer la pierre comme définitivement polie. Aucune Lumière reçue ne garantit que nous ne retournerons pas vers nos propres ténèbres. Le travail maçonnique est précisément ce recommencement obstiné par lequel l’être tente, jour après jour, de faire émerger en lui un peu plus d’ordre du chaos, de conscience de l’obscurité, d’unité de la dispersion.
Le scarabée égyptien nous laisse ainsi une étrange et magnifique parole silencieuse.
Ne demande pas seulement quand viendra la Lumière. Demande-toi ce que tu fais pour qu’elle se lève.
Car le véritable initié n’est peut-être pas celui qui affirme avoir trouvé la Lumière, mais celui qui, comme Khépri à l’Orient du monde, accepte humblement de reprendre chaque matin son ouvrage, de poser les mains sur la matière encore obscure de lui-même et de pousser, avec patience, persévérance et espérance, son propre Soleil hors de la nuit.
De la France aux horizons du monde, 450.fm vous propose un regard quotidien sur l’actualité maçonnique, ses échos dans la presse et les débats qui traversent nos sociétés. Entre vie des obédiences, culture, histoire et questions contemporaines, cette revue rassemble les informations utiles pour nourrir notre réflexion et exercer ce discernement auquel nous invite la démarche initiatique.
Période couverte : alertes reçues du jeudi 10 septembre 2026 à 16 heures au vendredi 11 septembre 2026 à 16 heures, heure de Paris.Vendredi 11 septembre 2026
FRANCE – Obédiences, société et débats publics
Guillaume Trichard retrouve la Grande Maîtrise du Grand Orient de France
Guillaume Trichard
Lyon Capitale – presse régionale | France | 10 septembre 2026 à 16 h | Français |
Le quotidien régional revient sur la réélection de Guillaume Trichard, originaire du Beaujolais, et sur les priorités qu’il assigne au GODF : lutte contre les extrémismes, santé globale, dignité du grand âge, éducation populaire et protection des Francs-Maçons menacés. Sa venue à Villefranche-sur-Saône, le 14 septembre, doit permettre de préciser ce cap.
Guillaume Trichard expose à 450.fm le cap de sa mandature
450.fm – presse maçonnique, entretien | France | 11 septembre 2026 | Français |
L’entretien annonce notamment la volonté de renforcer les coopérations internationales entre Franc-Maçonneries libérales et adogmatiques, dans un contexte où certains Frères sont menacés en raison de leur appartenance. La notice repose sur l’extrait de l’alerte et l’index du journal ; les développements complets devront être lus dans l’article.
Écoles hors contrat : la controverse autour des propos du Grand Maître s’internationalise
EWTN Italie – média catholique ; Le Salon Beige – blog d’opinion | France, regard italien |
EWTN traduit le débat français en affrontement historique entre Maçonnerie et enseignement catholique, tandis que la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes répond à Guillaume Trichard. Ces publications expriment un cadrage confessionnel et militant. Elles ne doivent pas conduire à confondre l’ensemble des écoles privées avec le seul secteur hors contrat visé par la déclaration.
Emmanuel Pierrat condamné à deux ans de prison avec sursis pour harcèlement moral
450.fm – presse maçonnique ; décision corroborée par Actu-Juridique et Le Parisien | France |
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’avocat, présenté par 450.fm comme membre du GODF, pour le harcèlement moral de dix-huit anciens collaborateurs. Il devra aussi indemniser les victimes ; aucune interdiction d’exercer n’a été prononcée. Cette décision pénale, distincte d’une sanction disciplinaire antérieure, appelle une restitution factuelle, sans atténuation ni extrapolation maçonnique.
« Passages » : les Minutes de liberté maçonnique du Droit Humain
Fédération française du Droit Humain – communication institutionnelle, podcast | France |
La Fédération française du Droit Humain publie un nouvel épisode de ses « Minutes de liberté maçonnique » consacré aux passages. Le thème touche naturellement aux seuils, aux changements d’état et à la transformation initiatique. La page n’ayant pas pu être ouverte, aucun contenu précis ni aucune citation du podcast ne sont ici reconstitués.
Étampes : laïcité, spiritualité et Franc-Maçonnerie en débat
Grand Orient de France – communication institutionnelle | France |
Une conférence publique organisée par une Loge du GODF se tiendra le 9 octobre à l’établissement public de santé Barthélemy-Durand, à Étampes. En rapprochant laïcité et spiritualité, l’intitulé invite à penser une articulation souvent caricaturée : garantir la liberté de conscience n’interdit nullement l’expérience intérieure, mais protège précisément la pluralité de ses expressions.
Mahsa Jina Amini : le GODF fait de la mémoire un devoir de justice
450.fm – presse maçonnique | France / Iran | 10 septembre 2026 | Français |
Le 16 septembre, le GODF projettera à Paris le documentaire « Iran : Plaidoyer pour la justice », quatre ans après la mort en détention de Mahsa Jina Amini. Producteur, sociologue, équipe du film et représentants de l’Obédience participeront à la rencontre. L’événement relie liberté de conscience, dignité des femmes et vigilance envers la répression politico-religieuse.
La Grande Loge de France ouvre plusieurs Temples pour les Journées du patrimoine
La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.
Le Populaire du Centre et Grande Loge de France – presse régionale et communication institutionnelle | France |
À Couzeix, Villefranche-de-Rouergue et Carsac-Aillac, la GLDF associe visites guidées, présentation des symboles et conférences sur l’engagement maçonnique. Villefranche propose trois créneaux sur inscription ; Carsac ouvre son Temple pendant deux jours et accueille, le samedi à 17 h 30, une conférence du Premier Grand Maître adjoint. Le patrimoine devient ainsi médiation vivante.
Rillieux-la-Pape : la GLNF ouvre son Temple et son musée
Logo-GLNF-Officiel
Le Progrès – presse régionale | France | 10 septembre 2026 | Français |
La Grande Loge Nationale Française annonce l’ouverture au public de son Temple situé 140 avenue de l’Industrie, à Rillieux-la-Pape, ainsi que de son musée. Le détail du programme reste derrière l’accès abonnés. Cette ouverture permet néanmoins de confronter les représentations fantasmées de la Loge à un lieu réel, inscrit dans une histoire, une architecture et une pratique.
La GLTSO ouvre ses Temples : « Raviver, Résister, Réimaginer »
450.fm, d’après un communiqué de la GLTSO – presse maçonnique et source institutionnelle | France |
Le dimanche 20 septembre, la GLTSO accueillera le public à Saint-André-lez-Lille, Levallois-Perret et Villeurbanne pour des visites et conférences sur inscription. Son triptyque invite à recevoir un héritage sans le figer : raviver les sources, résister à l’effacement et réimaginer la transmission. Le Temple se présente moins comme décor que comme architecture de pensée.
Le billet annoncé interroge la raison de la participation aux travaux de Loge et l’associe à la taille de la pierre brute, à la maîtrise des passions et au progrès intérieur. Cette approche relève d’une interprétation initiatique du rituel, non d’une enquête historique. Le texte complet n’étant pas accessible, ses arguments précis ne sont pas reconstruits.
« Marcas, Maître Franc-Maçon » : « Le Rituel de l’ombre » en édition intégrale
Decitre et Furet du Nord – fiches commerciales de librairie | France |
Les libraires annoncent une édition intégrale du « Rituel de l’ombre » d’Éric Giacometti, dans la série « Marcas, Maître Franc-Maçon ». Ces fiches ne constituent ni une critique ni une information éditoriale indépendante, mais elles signalent la réunion d’un récit où l’imaginaire du secret maçonnique sert les ressorts du thriller et de la bande dessinée populaire.
Quand un site polémique prétend que l’armée serait « passée en revue » par le GODF
Riposte Laïque – site d’opinion polémique | France |
Le titre et l’extrait associent la hiérarchie militaire, des appartenances supposées et le Grand Orient dans un registre accusatoire. Faute d’accès au texte et de documents établissant les liens avancés, aucune de ces insinuations n’est reprise comme un fait. Ce signalement relève surtout de la veille sur la permanence d’un imaginaire antimaçonnique des réseaux cachés.
Le Bondi Masonic Centre avait omis de remettre sa déclaration annuelle de sécurité incendie et a plaidé coupable après une convocation judiciaire. Le juge a finalement classé l’affaire sans condamnation. Le titre joue sur le « secret brûlant » maçonnique ; les faits rapportés relèvent plus simplement d’une obligation réglementaire et de sa régularisation judiciaire.
MONDE – Bulgarie – Justice et soupçon d’appartenance
Conseil supérieur de la magistrature : Atanas Slavov invoque le risque des fidélités de Loge
Fakti.bg, d’après Bulgaria ON AIR – presse | Bulgarie |
L’ancien ministre de la Justice Atanas Slavov exige indépendance et intégrité des candidats au nouveau Conseil supérieur de la magistrature. Il évoque les Francs-Maçons et les Templiers pour opposer la loi aux fidélités fraternelles. Il s’agit d’une mise en garde politique générale : l’article ne démontre l’appartenance d’aucun candidat ni une influence maçonnique déterminée.
Luca Sforzini récuse le récit de « pouvoirs forts » autour de Vannacci
Visione TV – entretien vidéo / média d’opinion | Italie |
Luca Sforzini rejette l’idée d’une « Maçonnerie obscure » agissant autour de Roberto Vannacci et affirme appartenir à une Maçonnerie régulière. La formule visant des « Maçons improbables » relève de son jugement personnel. La page n’ayant pas pu être consultée, le contexte politique complet et les personnes éventuellement mises en cause restent à vérifier.
Inondations au Népal : 50 000 livres d’aide financées par la charité maçonnique
Lancashire Post et Stand Up For Southport – presse locale ; Freemasons’ Charity – source institutionnelle | Royaume-Uni / Népal |
La Freemasons’ Charity finance une aide d’urgence de 50 000 livres, acheminée par la Croix-Rouge britannique avec son homologue népalaise auprès des victimes d’inondations. Les deux articles locaux associent ce soutien aux Francs-Maçons du Lancashire occidental. La reprise groupée évite de transformer une même opération nationale de solidarité en plusieurs informations distinctes.
Wisbech et March : des lieux maçonniques participent aux journées portes ouvertes
Fenland Citizen – presse locale | Royaume-Uni | Date de publication non vérifiée | Anglais | Article inaccessible ; extrait Google Alerts
À l’occasion des Heritage Open Days, des sites historiques de Wisbech et March accueilleront le public, avec des membres disponibles pour expliquer la Franc-Maçonnerie, son héritage local et ses actions caritatives. Le programme détaillé repose sur l’extrait de l’alerte. Cette médiation de proximité fait du patrimoine bâti un seuil vers la rencontre plutôt qu’un simple objet de curiosité.
Dix ans de festivals caritatifs et 86 millions de livres annoncés
Freemasons’ Charity sur Instagram – communication institutionnelle et réseau social | Royaume-Uni |
La publication institutionnelle affirme que le système des festivals maçonniques a permis de réunir 86 millions de livres depuis 2016. Le chiffre n’a pas été vérifié dans un rapport financier au cours de cette revue et doit donc rester attribué à l’organisme. Il témoigne néanmoins de la place structurelle donnée à la philanthropie dans la Maçonnerie britannique.
Wisconsin : deux Loges soutiennent les repas scolaires et un camp de jeunesse
Grand Lodge of Wisconsin – communication institutionnelle | États-Unis | Mise en ligne en septembre 2026 ; jour non indiqué | Anglais |
La Loge de Waterloo a versé 2 000 dollars à chacun de deux programmes scolaires destinés à financer des repas, avec l’appui du programme « Acts of Kindness ». À Ladysmith, une autre Loge annonce un don au Trail’s End Youth Camp. Ces communications illustrent une philanthropie de proximité, mais ne constituent pas une couverture de presse indépendante.
FRANCE – Vie publique, justice et liberté de conscience
Guillaume Trichard attendu à Villefranche-sur-Saône le 14 septembre
Lyon Capitale – presse régionale | Publication : 10 septembre 2026, 16h00 | Langue : Français |
Lyon Capitale revient sur le retour de Guillaume Trichard à la Grande Maîtrise du GODF et annonce son déplacement dans le Beaujolais le 14 septembre. Le journal présente les « Chantiers de la République », cycle de conférences publiques destiné à porter les orientations de l’obédience dans les territoires.
Mahsa Jina Amini : une soirée de mémoire et de justice rue Cadet
450.fm – presse maçonnique, annonce et analyse | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français |
Le GODF accueillera le 16 septembre, de 19h30 à 22h00, la projection d’Iran : Plaidoyer pour la justice, suivie d’une conférence avec notamment Hirbod Dehghani-Azar et Chahla Chafiq. Organisée au Temple Arthur Groussier, sur inscription, la rencontre relie la mémoire de Mahsa Jina Amini à la défense des libertés.
Emmanuel Pierrat : une condamnation pour harcèlement moral rapportée par 450.fm
450.fm – presse maçonnique, compte rendu judiciaire | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français |
Selon 450.fm, Emmanuel Pierrat a été condamné le 9 septembre à deux ans de prison avec sursis pour le harcèlement moral de dix-huit anciens collaborateurs, sans interdiction d’exercer. Son ancienne associée a été relaxée. Le jugement intégral n’a pas été consulté et le caractère définitif de la décision n’est pas établi ici.
Rue Cadet : le tag contre le GODF ravive la question de l’antimaçonnisme
450.fm ; GADLU.INFO – article et reprise sur un blog maçonnique | Publication : 9 septembre 2026 pour 450.fm ; reprise le 10 septembre | Langue : Français |
450.fm rapporte une dégradation du siège du GODF dans la nuit du 5 au 6 septembre et le dépôt d’une plainte, information également relayée par GADLU.INFO. L’article analyse le vocabulaire de l’influence cachée comme un ressort du soupçon antimaçonnique, sans que l’identité des auteurs de l’inscription soit établie.
Les obsèques de Charles Josselin alimentent un nouveau commentaire catholique
Tribune Chrétienne – média confessionnel, opinion | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Après le cas de François Patriat, Tribune Chrétienne prend les obsèques catholiques de Charles Josselin pour interroger la cohérence de la pratique ecclésiale envers les Francs-Maçons. L’article défend une position doctrinale restrictive ; cette appréciation appartient au média et ne constitue ni une décision épiscopale publiée ni une enquête sur la conscience des défunts.
Écoles indépendantes : des réponses aux prises de position du GODF
Le Salon Beige ; Famille Chrétienne – publications catholiques d’opinion | Publication : Dates de publication non vérifiées | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le Salon Beige annonce une réponse de la Fédération des Parents d’Élèves des Écoles Indépendantes au Grand Maître du GODF, tandis que Famille Chrétienne défend la liberté de l’enseignement catholique. Ces deux signalements reposent sur les extraits Google Alerts : les textes complets étant inaccessibles, leurs arguments détaillés ne sont pas repris.
Riposte Laïque s’en prend à la visibilité publique du Grand Orient
Riposte Laïque – site d’opinion | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Français |
Sous un titre consacré à l’armée française et au chef du Grand Orient, Riposte Laïque mobilise des références à l’appartenance maçonnique de personnalités publiques. La page étant inaccessible, le signalement repose uniquement sur l’extrait Google Alerts ; ses insinuations ne sont pas reprises comme des faits, ni ses affiliations affirmées comme vérifiées.
À Angoulême, une conférence de conversion dans un cadre polémique
Médias-Presse.Info – média catholique traditionaliste, annonce | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Médias-Presse.Info annonce, le 3 octobre à 11h00, une intervention de Serge Abad-Gallardo sur sa conversion après son parcours maçonnique. Le texte d’accompagnement lui attribue une dénonciation générale de la Franc-Maçonnerie comme adversaire du catholicisme. Ce discours militant doit être distingué d’un travail historique et d’une description impartiale des obédiences.
Villefranche-de-Rouergue : trois rendez-vous pour découvrir le Temple
Grande Loge de France – communication institutionnelle | Publication : Mise en ligne non datée ; événement les 19 et 20 septembre 2026 | Langue : Français |
La GLDF annonce des visites guidées d’une heure trente, uniquement sur inscription : samedi 19 septembre à 16h00, puis dimanche 20 à 10h00 et 16h00. Cette ouverture propose une découverte accompagnée du lieu maçonnique, où l’explication des usages et des symboles peut donner sa profondeur à la visite patrimoniale.
450.fm – presse maçonnique, relais d’un communiqué GLTSO | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Saint-André-lez-Lille, Levallois-Perret et Villeurbanne accueilleront le public le dimanche 20 septembre pour des visites et conférences. L’article précise qu’une inscription préalable est indispensable, avec confirmation et pièce d’identité à présenter. Le programme associe découverte des lieux et rencontre avec leurs membres, autour d’une réflexion sur la transmission d’un patrimoine vivant.
Rillieux-la-Pape : le Temple et le musée de la GLNF annoncés au programme
Le Progrès – presse régionale | Publication : 10 septembre 2026, 19h48 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le Progrès signale l’ouverture du Temple de la GLNF et de son musée, au 140 avenue de l’Industrie, pour les Journées du patrimoine. Seul le début de l’article est accessible : l’annonce est confirmée, mais les horaires et modalités de visite ne peuvent pas être précisés à partir de ce contenu.
Clermont-Ferrand : la GLDF parmi les lieux à découvrir
La Montagne – presse régionale | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Dans une sélection de lieux insolites du Puy-de-Dôme, La Montagne annonce un accueil par les Francs-Maçons de la GLDF les 19 et 20 septembre, de 10h00 à 18h00. La notice repose sur l’extrait Google Alerts, l’article étant inaccessible ; adresse et conditions d’accès restent à confirmer avant déplacement.
Saint-Germain-en-Laye : visites et conférences au Temple La Bonne Foi
Sortiraparis – agenda culturel | Publication : Date de mise à jour non relevée ; événement les 19 et 20 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le programme annonce des visites guidées et une présentation d’objets et de décors maçonniques, de 14h00 à 18h00 les deux jours. Une conférence de découverte est prévue à 16h00 chaque après-midi. L’accès est indiqué gratuit et sans réservation, offrant une entrée concrète dans la compréhension du patrimoine maçonnique local.
Lauriane Josende annoncée au Grand Orient le 23 septembre
Ouillade – média local, agenda | Publication : 9 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Ouillade annonce la présence de la sénatrice Lauriane Josende au Grand Orient de France le mercredi 23 septembre à 19h30. L’alerte rattache ce rendez-vous au 234e anniversaire de la Première République ; la page consultée confirme l’invitée et l’horaire, mais ne fournit pas de programme textuel détaillé ni de modalités d’inscription.
Rennes : Thomas Denicourt présentera la démarche de l’OITAR
Infolocale – annonce du Cercle François Rabelais | Publication : Mise en ligne non datée ; événement le 9 octobre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Blason OITAR
Le Cercle François Rabelais propose une conférence gratuite le 9 octobre à 19h00, salle Pélican du Jeu de Paume à Rennes. Thomas Denicourt, présenté comme ancien Grand Maître Général de l’OITAR, abordera la méthode initiatique, l’écoute et le travail symbolique, avant un échange avec le public et un moment convivial.
René Guénon et les débuts du REAA au programme de la Commission Histoire
René Guénon, photographie de 1925 (à 38 ans)
Bloc-notes de Jean-Laurent Turbet – blog maçonnique | Publication : Page classée en août 2026 ; jour de publication non vérifié | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
L’alerte annonce une réunion de la Commission Histoire de la GLDF le 26 septembre à 10h00, consacrée à René Guénon et à la Franc-Maçonnerie au REAA jusqu’en 1805, avec Jean-Laurent Turbet et N.-E. Bessis. La page étant inaccessible, ce signalement d’agenda repose sur l’extrait Google Alerts ; les conditions d’accès restent à vérifier.
Jean Monard : faire passer les outils du commentaire à l’expérience
450.fm – presse maçonnique, critique de livres | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
La chronique rapproche les livres d’exercices de l’Apprenti et du Compagnon de Jean Monard, en soulignant leur progression du travail intérieur vers la relation au monde. Elle propose une lecture pratique de l’initiation : le symbole prend son sens lorsqu’il transforme les comportements, la qualité de l’écoute et la manière de transmettre.
Pic de la Mirandole et Botticelli dans un nouveau chapitre littéraire
450.fm – feuilleton de Solange Sudarskis | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le douzième chapitre d’Il fut Pic de la Mirandole met en scène une rencontre avec Botticelli autour du mystère du Printemps. Ce dialogue littéraire fait voisiner humanisme renaissant, peinture et interprétation symbolique. Il convient de le lire comme une création narrative, et non comme le compte rendu documentaire d’une conversation historiquement attestée.
Apprentissage et première pierre : deux méditations sur le commencement
GADLU.INFO – blog maçonnique, réflexions symboliques | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Deux contributions interrogent le début du chemin : l’une accompagne l’Apprenti après son entrée en Loge, l’autre médite sur la pose de la première pierre. Leur rapprochement invite à penser le commencement comme un engagement durable plutôt qu’un instant cérémoniel ; il s’agit de propositions symboliques, distinctes d’une enquête sur les pratiques contemporaines.
Alexandre Chambat : les valeurs du Compagnonnage à l’épreuve de la cuisine
Le Parisien – presse, portrait | Publication : 9 septembre 2026, 13h55 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le Parisien présente Alexandre Chambat, chef du restaurant Eskal à Paris, et relie sa cuisine à son parcours de Compagnon du Tour de France. Le début accessible du portrait montre l’attention au geste et au travail collectif ; l’entretien intégral est réservé aux abonnés. Ce voisinage culturel n’implique aucune appartenance maçonnique.
Échirolles lance une collecte pour sauver la chapelle des Templiers
Ville d’Échirolles – communication municipale | Publication : 9 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
La Ville annonce des travaux de sauvegarde à partir de cet automne et une collecte avec la Fondation du patrimoine. Celle-ci doublera les dons recueillis dans la limite de 10 000 euros. Ce chantier concerne un vestige de commanderie médiévale : son intérêt patrimonial ne doit pas être confondu avec une filiation maçonnique démontrée.
À Cherbourg, l’ange déchu devient une figure de la révolte
Le Monde – presse, critique d’exposition | Publication : 10 septembre 2026 ; mise à jour à 14h34 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le Monde présente l’exposition L’Ange de la révolte au Musée Thomas-Henry, consacrée aux représentations de Satan au XIXe siècle. Le chapeau accessible décrit le passage du monstre au rebelle humanisé, puis aux démons intérieurs. L’article complet est réservé aux abonnés ; cette piste éclaire l’histoire des imaginaires sans assimiler symbolisme et croyance.
Hildesheimer Allgemeine Zeitung – presse régionale | Publication : 9 septembre 2026, 19h44 ; mise à jour le 10 septembre à 01h35 | Langue : Allemand | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Le quotidien annonce des visites du bâtiment historique de la Loge de Hildesheim. Le titre et le début du texte sont consultables, mais le détail de l’événement n’est pas accessible ; dates de visite et modalités ne sont donc pas précisées ici. L’initiative témoigne d’une mise en partage du patrimoine maçonnique local.
Bondi : une affaire de déclaration de sécurité incendie, sans condamnation
The Daily Telegraph / Wentworth Courier – presse locale | Publication : 10 septembre 2026 selon l’index de presse | Langue : Anglais | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Selon le texte disponible dans l’index de presse, le centre maçonnique de Bondi a comparu pour défaut de transmission d’une déclaration annuelle de sécurité incendie. L’affaire s’est terminée sans condamnation. La page directe étant inaccessible, la notice repose sur cet index ; le titre accrocheur ne doit pas masquer la nature administrative du dossier.
Wisconsin : 4 000 dollars pour aider les élèves à déjeuner
Wisconsin Freemasons – communication institutionnelle | Publication : Septembre 2026 selon l’URL ; jour non indiqué | Langue : Anglais | Alerte reçue le 11 septembre 2026
La Loge Waterloo n°63 annonce un don total de 4 000 dollars aux programmes de repas scolaires de Waterloo et de Marshall, soit 2 000 dollars pour chaque district. Soutenue par la Wisconsin Masonic Foundation, cette initiative traduit la solidarité fraternelle en aide alimentaire concrète pour les enfants qui en ont besoin.
Fenland : des lieux historiques et maçonniques accueillent le public
Fenland Citizen – presse locale | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Anglais | Alerte reçue le 10 septembre 2026
L’alerte signale des ouvertures patrimoniales à Wisbech et March, avec présentation de l’histoire maçonnique locale et des activités caritatives. La page étant inaccessible, ce signalement repose sur l’extrait Google Alerts ; les lieux et horaires exacts restent à confirmer. L’accueil annoncé privilégie l’échange avec les membres plutôt que la seule découverte architecturale.
Craftcast explore l’évolution de la Franc-Maçonnerie avec Martin Faulks
Craftcast – podcast maçonnique institutionnel, vidéo | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Anglais | Alerte reçue le 10 septembre 2026
Un nouvel épisode signalé par les alertes reçoit Martin Faulks pour explorer l’évolution de la Franc-Maçonnerie au cours des trois derniers siècles. La vidéo n’a pas été visionnée : cette notice repose sur sa présentation dans Google Alerts, sans reprendre comme établies les thèses historiques suggérées par son titre sur les origines.
Catholique et Franc-Maçon : un prêtre et un évêque répondent
Le Club de Mediapart – billet de blog, non assimilable à la rédaction de Mediapart | France
Le billet interroge la compatibilité entre catholicisme et appartenance maçonnique en rapportant les réponses d’un curé et d’un évêque. D’après l’extrait, le prêtre estime cette double appartenance impossible. Le texte intégral n’ayant pas été consulté, cette position reste attribuée à l’auteur et aux interlocuteurs annoncés, sans généralisation à l’ensemble des catholiques.
Écoles privées catholiques : un média confessionnel américain observe le GODF
National Catholic Register – presse catholique | États-Unis / sujet France | 9 septembre 2026 selon l’index de recherche
Le National Catholic Register présente les prises de position de Guillaume Trichard sur l’enseignement privé catholique à l’approche de l’élection présidentielle. Son cadrage, explicitement confessionnel, rappelle le rôle maçonnique dans les lois scolaires de Jules Ferry. Faute d’accès au corps du texte, les formulations politiques précises et les citations complètes ne sont pas reprises comme vérifiées.
Funérailles catholiques de Francs-Maçons : des pratiques épiscopales contrastées
Enterrement plus écologique
ZENIT – média catholique | France et Italie | 9 septembre 2026, 16 h 54
ZENIT rapproche deux refus de funérailles liturgiques en Italie et la cérémonie présidée en France pour François Patriat, sans eucharistie selon le diocèse de Dijon. L’article défend la doctrine catholique d’incompatibilité avec la Franc-Maçonnerie. Il s’agit d’une lecture confessionnelle et canonique, distincte d’un jugement sur la personne ou son destin spirituel.
« Trente jours d’influence » : la FSSPX propose une lecture polémique
FSSPX Actualités – média institutionnel catholique traditionaliste | France | 9 septembre 2026 |
La publication rapproche plusieurs événements récents — débat sur l’euthanasie, funérailles de personnalités et réception d’un candidat au siège du GODF — pour soutenir une thèse d’influence maçonnique. Cette causalité relève du cadrage éditorial de la FSSPX : la simultanéité des faits cités ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une coordination.
Franc-Maçonnerie et religions : construire un dialogue sans effacer les divergences
450.fm – presse maçonnique, analyse | France / source initiale Brésil | 9 septembre 2026 |
À partir d’un article de Manuel Luiz Figueiroa publié au Brésil, 450.fm examine trois siècles de défiance entre Franc-Maçonnerie et institutions religieuses. Le texte ne prétend pas à une réconciliation doctrinale ; il propose plutôt une coexistence fondée sur la liberté de conscience et des actions communes, en maintenant clairement les désaccords.
Pierre Bertinotti : « la méthode maçonnique, c’est l’école de la démocratie »
Le Télégramme – presse régionale | France | Date de publication non vérifiée | Français |
L’extrait donne la parole à Pierre Bertinotti sur la liberté d’expression en Loge et la règle qui autorise chacun à révéler sa propre appartenance, mais non celle d’autrui. L’idée d’une « école de la démocratie » constitue son appréciation de la méthode maçonnique ; l’entretien complet n’a pas pu être vérifié.
« Fauda » relue à travers le masque et la frontière intérieure
450.fm – presse maçonnique, critique culturelle | France | 9 septembre 2026 | Français |
Erwan Le Bihan lit la série israélienne comme une interrogation sur l’identité de celui qui doit porter le visage de son adversaire. L’article distingue la fiction née en 2015 des événements postérieurs au 7 octobre 2023 et précise qu’elle n’a rien « prédit ». Le regard maçonnique est ici interprétatif, non documentaire.
À Orléans, un parchemin maçonnique vendu plus de 200 000 euros
actu Orléans – presse locale | France | Date de publication non vérifiée | Français |
L’alerte annonce la vente à plus de 200 000 euros d’un parchemin ancien présenté lors d’une vacation consacrée à la Franc-Maçonnerie. L’index évoque un document de plus de cinq siècles, mais le détail matériel, la provenance et le prix exact n’ont pas été consultés. L’intérêt patrimonial est donc signalé sous réserve.
Des pionniers masculins du féminisme, de Condorcet à Léon Blum
The Conversation – média d’analyse universitaire | France |
L’article annoncé retrace l’engagement d’hommes en faveur des droits des femmes, de Condorcet à Léon Blum, en évoquant notamment les réseaux maçonniques comme espaces de circulation des idées émancipatrices. Le corps du texte étant inaccessible, cette piste historique ne permet pas ici d’évaluer la place exacte attribuée aux Loges ni les nuances chronologiques.
Grand Orient de France – communication institutionnelle | France |
La Loge PAX organise au Palais des Congrès de Grasse une exposition sur l’histoire maçonnique locale, puis une conférence avec Guillaume Trichard et l’historien Pierre-Yves Beaurepaire. L’entrée est libre de 14 h à 19 h 30. L’anniversaire relie mémoire territoriale, recherche historique et présentation publique d’une obédience.
La Réunion : le temple de Saint-Denis ouvre ses portes
Linfo.re – média d’actualité, vidéo | France (La Réunion) |
L’alerte signale un reportage vidéo sur l’ouverture au public du temple de Saint-Denis. La page renvoie désormais vers l’index général des vidéos, empêchant de vérifier le contenu et les modalités pratiques. Le sujet reste culturellement notable : l’ouverture d’un lieu maçonnique permet d’inscrire son histoire dans le patrimoine réunionnais.
Toulouse : une conférence pour découvrir la Grande Loge de France
Oazis – agenda événementiel | France |
L’agenda annonce une conférence gratuite au Club Écossais Toulousain afin de présenter la Franc-Maçonnerie pratiquée à la Grande Loge de France et d’échanger avec le public. L’annonce n’ayant pas pu être consultée directement, le lieu précis, les conditions d’accès et l’éventuelle inscription doivent être confirmés avant déplacement.
Le complotisme prend la Franc-Maçonnerie parmi ses objets d’étude
Front Populaire – revue d’opinion souverainiste, présentation commerciale | France |
Le numéro 26 annonce un dossier sur la frontière entre doute légitime, raisonnement complotiste et usage polémique de l’étiquette « complotiste ». La Franc-Maçonnerie figure parmi les thèmes évoqués, sans être l’unique objet du dossier. Cette présence rappelle combien l’imaginaire maçonnique demeure un laboratoire privilégié des récits de pouvoir caché.
Kurt Tucholsky, « la voix qui avait raison trop tôt »
European Security – média d’analyse | Allemagne | Date de publication non vérifiée | Français |
L’article annoncé revient sur l’écrivain et journaliste allemand Kurt Tucholsky, critique précoce du nationalisme et du militarisme, en renvoyant à des travaux sur son identité juive, socialiste et maçonnique. Le texte n’a pas été consulté : l’appartenance et son rôle biographique doivent donc être lus à partir des références historiques citées, non de l’extrait seul.
Les Francs-Maçons lancent une initiative sur la santé des femmes
Business Eye – presse économique régionale | Irlande | 9 septembre 2026 | Anglais |
Les Freemasons of Ireland annoncent une série de rencontres publiques gratuites sur la santé et le bien-être. La première, le 22 septembre près de Belfast, portera sur les cancers du sein et de l’ovaire avec deux spécialistes de Queen’s University. Cette publication précise et confirme un signalement plus sommaire relevé dans l’édition précédente.
Mort d’Andreï Serkov, historien majeur de la Franc-Maçonnerie russe
Kommersant, information reprise par RBC, KP et Life – presse | Russie |
Andreï Serkov est mort à 62 ans. Chercheur à l’Institut de littérature mondiale de l’Académie des sciences de Russie, il avait consacré plus de trente ans aux archives maçonniques. Son dictionnaire encyclopédique « Franc-Maçonnerie russe, 1731-2000 » rassemble plus de 12 000 biographies et visait à sortir le sujet du registre conspirationniste pour l’établir académiquement.
Au fil de ces regards croisés, cette revue de presse invite à prolonger la réflexion, à confronter les points de vue et à demeurer attentifs aux mouvements de notre temps, dans un esprit de liberté, de vigilance et de fraternité.
Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères, nous vous souhaitons une bonne lecture.
Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, New York rallume, ce vendredi 11 septembre 2026, les deux faisceaux bleus de Tribute in Light. Depuis leur première apparition, six mois après la catastrophe, ces colonnes immatérielles sont devenues bien davantage qu’un dispositif commémoratif : elles constituent une véritable architecture de l’absence, un monument sans pierre qui restitue non les tours disparues, mais le vide qu’elles ont laissé dans le paysage et dans la mémoire.
Pour le Franc-Maçon, la contemplation d’une telle œuvre fait nécessairement résonner quelques-uns des grands symboles de l’initiation : les deux colonnes, la verticalité, le carré, la Lumière, la chute et le relèvement, la mémoire des disparus et la poursuite de l’ouvrage. Il ne s’agit nullement de faire de Tribute in Light une création maçonnique, ce qu’elle n’est pas, mais de laisser le regard initiatique mesurer tout ce qu’une œuvre universelle peut éveiller lorsqu’elle rencontre les grands archétypes de l’humanité.
Il existe des monuments qui s’imposent par leur masse et d’autres dont la puissance tient précisément à ce qu’ils refusent de remplir l’espace.
Tribute in Light appartient à cette seconde catégorie. Lorsque la nuit descend sur Manhattan et que deux immenses faisceaux bleutés s’élèvent depuis Lower Manhattan, aucune tour ne renaît véritablement, aucune silhouette architecturale n’est reconstituée, aucun trompe-l’œil ne cherche à nous rendre ce qui a été détruit. L’œuvre agit autrement : elle matérialise le manque. Elle transforme en présence sensible ce qui, depuis le matin du 11 septembre 2001, demeure irrévocablement absent. Là où s’élevaient autrefois les Twin Towers, il ne reste, dans le ciel nocturne, que deux verticales de lumière, presque sans épaisseur, sans façade, sans fenêtres, sans poids, comme si la ville elle-même avait trouvé le moyen de donner une forme au souvenir sans prétendre vaincre la mort.
Cette année, le geste prend une intensité particulière puisque le 11 septembre 2026 marque le vingt-cinquième anniversaire des attentats.
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Un quart de siècle s’est écoulé depuis que les tours se sont effondrées sous les yeux du monde entier, faisant entrer en quelques heures New York, l’Amérique et, au-delà, une grande partie de notre imaginaire collectif dans un autre âge. Il y eut ce jour-là la sidération, puis le deuil, la colère, les guerres, les fractures politiques et géopolitiques que l’on sait ; mais il y eut aussi, très vite, la nécessité de trouver une forme juste à la mémoire. Or la mémoire monumentale court toujours le risque de devenir pesante, démonstrative ou triomphale. Tribute in Light choisit au contraire l’effacement, la transparence, l’immatériel. La ville n’élève pas un nouvel objet destiné à rivaliser avec ce qui a disparu ; elle confie à la lumière le soin de désigner ce qui n’est plus.
L’histoire de l’œuvre éclaire cette retenue.
Une œuvre collective née le 11 mars 2002
Présentée pour la première fois le 11 mars 2002, six mois exactement après les attentats, elle naît de plusieurs intuitions convergentes portées par des artistes, architectes et concepteurs qui avaient compris que l’enjeu ne consistait pas à reconstruire symboliquement les tours, mais à rendre sensible leur disparition. John Bennett, Gustavo Bonevardi, Richard Nash Gould, Julian LaVerdiere et Paul Myoda, avec Paul Marantz pour la conception lumineuse, participèrent à cette création collective dont la force tient justement à ce refus de l’imitation. Les premières esquisses évoquaient déjà l’idée de tours fantômes, de volumes absents dont le manque continuait pourtant d’habiter le paysage. On songe ici à ce phénomène étrange du « membre fantôme », lorsque le corps continue de sentir ce qui n’est plus là : Manhattan semblait avoir perdu deux de ses membres et, paradoxalement, leur disparition les rendait plus présents encore.
C’est sans doute là que commence la véritable profondeur esthétique de Tribute in Light.
L’œuvre nous rappelle que l’art n’a pas toujours pour mission de représenter ce qui fut ; il peut également donner forme à ce qui manque. Il existe une esthétique de la présence, celle des statues, des portraits, des monuments équestres et des architectures commémoratives, mais il existe aussi une esthétique du retrait, où le vide devient langage. L’histoire de l’art moderne en offre de nombreux exemples, depuis les mémoriaux abstraits du XXe siècle jusqu’aux installations contemporaines qui préfèrent la trace à la figuration. À New York, cette esthétique atteint une intensité particulière : la catastrophe avait détruit deux architectures de masse ; la mémoire leur répond par une architecture sans matière. Le verre, l’acier et le béton ont disparu ; subsistent deux colonnes lumineuses qui ne peuvent être ni touchées ni possédées.
Le dispositif technique lui-même nourrit cette lecture
Quatre-vingt-huit puissants projecteurs, disposés en deux ensembles carrés, créent les faisceaux qui montent dans le ciel. Ce détail pourrait sembler purement matériel ; il devient pourtant, sous le regard symbolique, extraordinairement suggestif. L’œuvre commence par le carré, figure de la mesure, de la stabilité, de l’espace terrestre organisé, pour s’élancer ensuite vers une hauteur dont l’œil ne saisit plus la fin. L’architecture prend naissance dans une géométrie parfaitement calculée avant de se dissoudre dans l’incommensurable. Pour le Franc-Maçon, habitué à travailler avec l’équerre et le compas, avec la pierre et sous la Voûte étoilée, cette tension entre le mesurable et l’infini possède une résonance immédiate.
L’homme trace, ordonne, bâtit, vérifie ses angles et ses proportions… mais l’édifice véritable ouvre toujours sur quelque chose qui dépasse la seule mesure humaine.
Les deux faisceaux évoquent naturellement les deux colonnes placées à l’entrée du Temple maçonnique
Il serait toutefois intellectuellement fautif d’aller plus loin et d’imaginer quelque intention ésotérique cachée chez les concepteurs. La richesse du symbole ne tient pas à son origine supposée, mais à sa capacité de faire dialoguer des traditions différentes. Deux colonnes appartiennent depuis l’Antiquité à l’imaginaire du seuil, de la garde et du passage. Dans la tradition biblique, Jakin et Boaz marquent l’entrée du Temple de Salomon ; dans la culture initiatique, elles séparent et relient tout à la fois le dehors et le dedans, le profane et le sacré, ce qui précède et ce qui commence. À Manhattan, la situation est plus troublante encore, car ces deux colonnes lumineuses ne soutiennent aucun édifice et n’encadrent aucune porte visible. Elles dressent un seuil sans révéler ce qui se trouve au-delà.
C’est précisément cette absence de Temple qui leur confère une force si singulière
Les colonnes maçonniques appartiennent à une architecture ordonnée, à un espace où l’on entre pour travailler ; celles de Tribute in Light demeurent seules dans la nuit, dépouillées de toute fonction porteuse, comme si le Temple avait disparu et que ne subsistaient que les signes de son passage. Elles ne soutiennent rien, mais elles maintiennent symboliquement une mémoire debout. Le Franc-Maçon peut y reconnaître une vérité essentielle de son propre chemin : lorsque les formes matérielles s’effondrent, le travail ne s’interrompt pas nécessairement ; il peut changer de nature. Ce qui était architecture devient souvenir, ce qui était présence devient transmission, ce qui était pierre devient lumière.
De la chute au relèvement
Le motif du relèvement s’impose alors avec une grande évidence. Toute la mémoire visuelle du 11 septembre demeure liée à la chute : chute des avions, chute des corps, effondrement des étages, immense descente de poussière recouvrant les rues de Lower Manhattan. Tribute in Light inverse cette dynamique sans jamais la nier. Là où tout était tombé, quelque chose désormais s’élève. Il ne s’agit pas d’une revanche esthétique sur la catastrophe, encore moins d’une victoire proclamée sur la mort, mais d’un geste infiniment plus mesuré : répondre à la chute par une verticalité, au poids par l’immatériel, à l’effondrement par une ascension silencieuse.
Cette idée du relèvement appartient profondément à l’univers initiatique.
Toute initiation suppose une rupture, une traversée, une perte de l’ancienne forme avant qu’une autre possibilité d’être puisse apparaître. Le Maçon sait qu’il n’existe pas de véritable élévation sans confrontation préalable avec ce qui tombe, se brise ou disparaît. Mais il sait également que relever ne signifie jamais reconstituer à l’identique. Voilà sans doute l’une des plus belles leçons de cette œuvre : reconstruire n’est pas effacer la cicatrice. Une société, un individu ou une communauté peuvent poursuivre leur ouvrage sans prétendre revenir à l’état antérieur. La mémoire n’est pas la restauration d’un passé intact ; elle est l’intégration de la blessure dans une histoire qui continue.
Tribute in Light et le mémorial Reflecting Absence
Cette dialectique prend une profondeur supplémentaire lorsque l’on rapproche Tribute in Light du mémorial permanent de Ground Zero, conçu autour du projet Reflecting Absence. Là où se dressaient les tours se trouvent désormais deux vastes bassins carrés dans lesquels l’eau s’écoule continuellement avant de disparaître dans une cavité centrale dont le fond échappe au regard. La rencontre de ces deux dispositifs constitue, presque malgré leurs auteurs, une extraordinaire composition symbolique : au sol, deux carrés dans lesquels l’eau descend ; dans le ciel, deux carrés d’où la lumière s’élève. L’eau plonge vers les profondeurs tandis que la lumière se dirige vers les hauteurs, comme si la mémoire du lieu se déployait désormais sur un axe vertical reliant symboliquement l’abîme et le ciel.
Les traditions initiatiques et religieuses ont depuis toujours accordé une place essentielle à cette double orientation.
On descend dans la caverne, le tombeau, la crypte ou les entrailles de la terre avant de remonter vers la lumière. Les Grecs parlaient de katabasis pour désigner la descente aux Enfers et d’anabasis pour le mouvement inverse. L’alchimie elle-même ne cesse de jouer avec cette nécessité de la dissolution avant la recomposition, du solve avant le coagula. La Franc-Maçonnerie, sans se confondre avec ces traditions, en partage certains grands archétypes : on ne reçoit la Lumière qu’après avoir accepté de traverser l’obscurité. À Ground Zero, cette antique grammaire symbolique semble s’être inscrite dans l’espace urbain : l’eau descend vers le manque tandis que la lumière s’élève depuis l’empreinte de ce qui fut.
Une Lumière qui a besoin de la nuit
Mais il faut aller plus loin encore, car Tribute in Light modifie subtilement notre conception même de la Lumière. Trop souvent, celle-ci est pensée comme simple contraire des ténèbres, selon une opposition presque enfantine dans laquelle la clarté serait le Bien et l’obscurité le Mal. Or l’installation new-yorkaise nous enseigne exactement l’inverse : sans nuit, les faisceaux disparaissent. La lumière ne supprime donc pas les ténèbres ; elle a besoin d’elles pour devenir visible. Voilà une leçon profondément initiatique. Recevoir la Lumière ne signifie pas être délivré une fois pour toutes de l’ombre ; cela signifie apprendre à discerner dans l’obscurité, à lui donner une forme, à ne plus la confondre avec le néant.
Cette Lumière possède aussi une dimension spirituelle universelle. Depuis que l’humanité honore ses morts, elle allume des flammes : lampes funéraires de l’Antiquité, cierges chrétiens, veilleuses juives du Yahrzeit, lampes votives, feux rituels ou simples bougies déposées devant un nom. La flamme est peut-être l’un des plus anciens langages par lesquels les vivants refusent que les morts disparaissent entièrement. Tribute in Light transpose ce geste ancestral à l’échelle d’une métropole. La petite veilleuse devient colonne céleste, mais l’intention demeure étonnamment proche : maintenir une clarté là où l’absence pourrait devenir oubli.
Il y a enfin dans cette œuvre une forme de sobriété qui rappelle ce que les traditions mystiques nomment parfois la voie apophatique : dire en renonçant à tout dire, approcher le mystère en acceptant qu’il échappe aux représentations. Tribute in Light ne raconte pas la vie des victimes, ne figure pas leurs visages, ne prétend pas offrir de réponse métaphysique à leur disparition. Elle ne dit ni où sont les morts ni ce que leur mort signifie. Elle se contente de laisser deux immenses traces lumineuses dans le ciel. Ce renoncement à expliquer constitue probablement sa plus grande dignité. Il existe des douleurs que le langage affaiblit lorsqu’il veut trop les commenter ; il existe des absences que l’on respecte davantage en leur donnant un espace qu’en prétendant les combler.
Le Maçon peut reconnaître ici quelque chose de son propre rapport au symbole.
Le symbole véritable n’impose pas une définition ; il ouvre une profondeur. Il ne ferme pas le sens mais le met en mouvement. Les deux colonnes lumineuses ne délivrent aucun message univoque, et c’est précisément pourquoi elles peuvent parler à chacun. Le croyant y verra peut-être une élévation des âmes, l’agnostique une présence de la mémoire, l’artiste une victoire de l’immatériel sur la masse, l’architecte une réponse au vide urbain, le survivant une trace des disparus, tandis que le Maçon y reconnaîtra peut-être l’écho de ces deux colonnes entre lesquelles tout passage initiatique commence.
Un détail plus discret enrichit encore la méditation
Les faisceaux attirent parfois les oiseaux migrateurs et peuvent perturber leur navigation nocturne ; depuis plusieurs années, des ornithologues surveillent leurs déplacements et l’installation peut être momentanément éteinte lorsque trop d’oiseaux se trouvent désorientés. Ce simple fait pourrait fournir à lui seul une magnifique leçon symbolique : la Lumière elle-même doit connaître la mesure. Toute lumière n’est pas nécessairement bonne parce qu’elle éclaire ; lorsqu’elle aveugle ou détourne le vivant de sa route, elle doit savoir s’effacer. Le Maçon, qui apprend que la maîtrise ne réside jamais dans l’excès mais dans la juste mesure, trouvera là matière à méditer sur toutes ces certitudes humaines qui prétendent éclairer le monde au point d’empêcher parfois les autres de trouver leur propre chemin.
Vingt-cinq ans après les attentats, Tribute in Light entre désormais dans une autre dimension de la mémoire.
Vingt-cinq ans après, transmettre la mémoire
Une génération entière est née après le 11 septembre 2001. Ce qui fut pour certains une expérience vécue devient pour d’autres un événement historique transmis par des images, des récits et des commémorations. C’est précisément à ce moment que l’art acquiert une responsabilité nouvelle : lorsque les témoins disparaissent peu à peu, les œuvres deviennent les dépositaires d’une mémoire qu’elles ne doivent ni figer ni banaliser. Les deux colonnes de lumière remplissent cette fonction avec une remarquable économie de moyens symboliques. Elles ne racontent pas toute l’histoire ; elles empêchent simplement que le vide cesse de parler.
Et c’est peut-être là, finalement, que se trouve le cœur maçonnique de notre regard, non dans l’œuvre elle-même mais dans ce qu’elle nous oblige à penser. Tout Maçon sait que le Temple auquel il travaille ne sera jamais achevé, que d’autres ouvriers l’ont précédé et que d’autres reprendront un jour les outils qu’il devra lui-même déposer. Il sait que construire signifie nécessairement recevoir un héritage, travailler un temps puis transmettre à son tour. La mémoire des morts n’est donc pas un culte du passé ; elle devient une responsabilité confiée aux vivants.
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Lorsque, dans la nuit du 11 septembre 2026, les deux faisceaux bleus s’élèveront de nouveau au-dessus de Manhattan, ils ne rendront pas les morts à leurs familles, ne restitueront pas les tours disparues et n’effaceront aucune cicatrice. Ils accompliront quelque chose de plus humble et peut-être de plus profond : rappeler qu’un vide peut devenir mémoire, qu’une absence peut devenir transmission, qu’une chute n’interdit pas le relèvement et qu’une architecture peut parfois se construire avec ce qui, par définition, ne possède ni poids ni matière.
Ainsi, entre la nuit de Manhattan et la Voûte étoilée, deux colonnes continueront de monter vers un ciel qu’elles n’atteindront jamais. Et le Maçon qui les contemplera pourra peut-être entendre, dans leur silence, une antique invitation : ce qui a été abattu ne peut être rendu intact, mais ce qui demeure vivant en nous peut encore être relevé, transmis et offert à ceux qui poursuivront l’ouvrage après nous.
Dans un monde saturé de bruits, nous oublions que chaque cellule de notre corps est sensible aux vibrations sonores. En résonance avec les enjeux contemporains, cet ouvrage propose une approche structurée, accessible et éclairée, nourrie par les connaissances contemporaines en neuroacoustique, psychoacoustique et par des années d’exploration du sonore.
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Alex Michel est compositeur et explorateur des approches vibratoires du son. Fondateur de MENTAL WAVES, il développe depuis plus de vingt ans des recherches auprès de scientifique allemands et américains pour appliquer des expériences d’écoute intensive mêlant création musicale, observation des états de conscience et technologies.
De l’école qui décroche à la démocratie qui vacille, de l’impôt sur les fortunes au voile dans l’espace public, de la tentation populiste au rêve d’immortalité, les hebdomadaires français de cette semaine semblent parler de tout. Pourtant, sous la diversité des couvertures, une même question affleure : que voulons-nous encore transmettre ensemble ?
Cette semaine, le compas s’ouvre, une nouvelle fois, sur cinq titres – Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs, Marianne et Valeurs actuelles.
Cinq sensibilités, cinq façons de regarder la France, l’Europe et le Monde, mais une inquiétude commune devant un édifice démocratique dont certaines pierres paraissent se desceller.
L’école n’est pas un dossier… Elle est la première pierre du Temple !
Il est des coïncidences éditoriales qui valent presque diagnostic. Le Point, L’Express et Marianneconsacrent tous trois une place importante aux résultats de Pisa 2025, et aucun ne trouve matière à se réjouir. Le Point titre brutalement « L’école en chute libre » avant de proposer « 14 idées pour relever le niveau » : apprendre à lire dès la maternelle, en finir avec le redoublement systématique, mieux former les enseignants, donner davantage d’autonomie aux établissements, replacer les parents dans le jeu éducatif ou encore réduire le nombre d’élèves par classe. L’Expressconstate de son côté que les résultats français en sciences, compréhension de l’écrit et mathématiques n’ont jamais été aussi faibles, rappelant notamment une perte de 43 points en compréhension de l’écrit et de 35 points en mathématiques en dix ans. Quant à Marianne, son « Maths, lecture : pourquoi la France décroche » conduit Christophe Kerrero à défendre une idée d’une simplicité presque subversive : faire lire très tôt aux enfants de véritables textes littéraires.
Pour le Franc-Maçon, cette convergence devrait résonner comme un coup de maillet.
L’instruction n’est jamais seulement transmission de compétences mais constitue une émancipation
Condorcet le savait lorsqu’il associait instruction publique et citoyenneté ; les fondateurs de l’école républicaine savaient également que l’égalité proclamée resterait un mot gravé sur un fronton si les enfants ne recevaient pas les outils leur permettant d’exercer leur jugement. Le Temple maçonnique lui-même repose sur cette conviction, la pierre ne se polit pas par décret, elle se travaille. Une République qui renonce progressivement à transmettre la langue, le raisonnement, l’histoire et la culture ne produit pas davantage de liberté ; elle livre chacun aux déterminismes familiaux, économiques et numériques dont elle prétendait précisément l’affranchir.
Quand le suffrage ne suffit plus à faire une démocratie
Un deuxième fil traverse puissamment cette semaine : la fragilité démocratique européenne. L’Express aligne presque comme les stations d’un chemin de vigilance « L’extrême droite surfe sur la crise du modèle allemand », « La démocratie allemande à l’épreuve » et cette question remarquablement formulée par Gérald Bronner : « Un démocrate peut-il désobéir à la démocratie ? » Le Nouvel Obs regarde le même paysage depuis la Saxe-Anhalt, où l’AfD vient d’atteindre 44 % des suffrages, et replace cette poussée dans le contexte d’une Europe travaillée simultanément par les populismes et par les stratégies russes de déstabilisation. Marianne, enfin, consacre également son regard à Ulrich Siegmund et s’interroge sur la capacité du « mur de feu » allemand à résister.
La question mérite d’être posée sans raccourci historique. Une démocratie n’est pas uniquement le pouvoir arithmétique de cinquante pour cent des citoyens plus un. Elle repose également sur l’État de droit, la séparation des pouvoirs, le pluralisme, les libertés fondamentales et la protection des minorités. Autrement dit, le nombre ne devient volonté générale qu’à la condition de demeurer contenu dans une architecture de principes.
Le Franc-Maçon comprend intuitivement cette nécessité : le compas ne supprime pas la liberté du trait, il lui donne sa mesure. C’est peut-être l’un des enseignements les plus actuels de cette presse hebdomadaire : lorsque les institutions cessent d’être comprises, lorsque l’école transmet moins bien, lorsque les citoyens n’habitent plus le même espace symbolique, la démocratie finit par n’être considérée que comme une machine électorale. Elle devient alors vulnérable à ceux qui promettent d’en utiliser les mécanismes pour en réduire les garanties.
Richesse et héritage : l’éternelle querelle de l’égalité et de l’équité
Le Point choisit une autre fracture française avec son dossier « La chasse aux riches, une folie française ». Taxe Zucman, ISF, successions, patrimoine, progressivité : près d’une vingtaine de pages mettent en scène cette vieille passion nationale où la fiscalité finit toujours par devenir philosophie politique. Le magazine consacre notamment plusieurs pages à l’héritage, « cette bombe fiscale que personne n’ose désamorcer », rappelant combien transmission et taxation divisent jusque dans les programmes présidentiels.
Le regard maçonnique permet ici d’échapper au duel sommaire entre confiscation et sanctuarisation. L’égalité n’est pas l’identité des conditions ; l’équité consiste à rechercher une juste proportion. Comment permettre la transmission sans transformer la naissance en destin ? Comment favoriser l’initiative sans accepter qu’une société se fossilise en castes patrimoniales ? La vieille tension entre liberté et égalité demeure entière, et la Fraternité devrait précisément être ce troisième terme qui empêche chacune des deux premières de devenir monstrueuse. La République ne peut durablement demander à ceux qui réussissent de s’excuser d’avoir réussi ; elle ne peut davantage expliquer à ceux qui naissent sans patrimoine que l’inégalité initiale serait une fatalité naturelle. Entre niveau et fil à plomb, la construction réclame davantage de finesse que les slogans.
Marianne et le mirage de l’État que l’on pourrait simplement tailler à la hache
La couverture de Marianne est occupée par Sarah Knafo, à laquelle l’hebdomadaire demande sans détour : « A-t-elle tout faux ? » Le magazine confronte ses dénonciations de la bureaucratie et de la dépense publique aux réalités budgétaires de l’école, de la police, de la justice, de l’armée et de l’hôpital, montrant que le tableau est infiniment moins uniforme que ne le laisse entendre le discours consistant à opposer mécaniquement fonctionnaires improductifs et contribuables pressurés.
Voilà une matière très maçonnique, parce que le Maçon connaît la différence entre dégrossir et détruire.
Toute institution accumule ses scories, ses habitudes et parfois ses absurdités ; vouloir les réformer est légitime. Mais l’État républicain n’est pas seulement une administration : il est aussi l’école du village, le magistrat qui garantit le droit, le policier qui protège, le soignant qui accueille et le soldat qui défend. La bonne question n’est donc pas seulement : « Combien cela coûte-t-il ? », mais : « Quelle œuvre commune voulons-nous encore accomplir ? » Supprimer une pierre inutile peut renforcer l’édifice ; retirer sans discernement celles qui portent la voûte conduit simplement à l’effondrement.
Laïcité : tracer une frontière sans ériger un mur
Plus inattendu peut-être, Valeurs actuelles offre cette semaine un dossier juridiquement beaucoup plus nuancé que certains débats télévisés sur l’interdiction du voile islamique dans l’espace public. Le magazine rappelle que la liberté de manifester ses convictions religieuses demeure protégée, que l’égalité devant la loi interdit de cibler arbitrairement une religion et qu’une interdiction générale soulèverait des difficultés constitutionnelles et européennes considérables. Le philosophe Pierre-Henri Tavoillot y rappelle que, dans l’espace public, chacun conserve le droit d’exprimer ses convictions tant qu’il ne verse pas dans l’appel à la haine. Le journal va jusqu’à poser la question du voile des religieuses chrétiennes, révélant par là l’impasse juridique d’une règle qui prétendrait distinguer les vêtements selon la religion de celui ou celle qui les porte.
Il faut redire ici une distinction essentielle : la laïcité n’est pas l’invisibilité des religions dans la rue. La neutralité s’impose d’abord à l’État et à ses agents ; la liberté de conscience appartient aux citoyens. La loi peut poser des limites nécessaires à l’ordre public, à la sécurité ou au fonctionnement de certains services, mais une République laïque ne demande pas au croyant de devenir clandestin. Le Temple offre ici encore une belle métaphore : chacun y abandonne ses métaux, non son identité profonde. La méthode laïque consiste moins à effacer les différences qu’à construire un espace où aucune ne peut prétendre commander aux autres.
Le patrimoine n’est vivant que lorsqu’il devient transmission
C’est encore Valeurs actuelles qui apporte l’une des respirations les plus heureuses de cette semaine avec Stéphane Bern affirmant que « le patrimoine est un vecteur réconciliateur ». Notre-Dame, vitraux, vieilles pierres, tapisserie de Bayeux : derrière les objets apparaît une interrogation sur ce que signifie recevoir quelque chose que nous n’avons pas construit nous-mêmes et dont nous devenons pourtant responsables. Voilà qui rejoint paradoxalement le dossier fiscal du Point : le mot héritage possède deux visages. Nous discutons férocement de ce que nous pouvons léguer en euros tout en oubliant parfois ce que nous devons transmettre en langage, en mémoire, en monuments, en gestes, en principes et en récits.
Le Franc-Maçon sait qu’il n’est jamais propriétaire du Temple. Il en est momentanément le dépositaire. Il reçoit des outils déjà usés par d’autres mains, travaille quelques pierres et les transmettra à ceux qui viendront après lui. Cette conscience pourrait utilement irriguer la cité : une civilisation commence peut-être à décliner lorsque chaque génération se croit autorisée à tout recommencer à partir d’elle-même.
Sous les couvertures, une seule question : qu’allons-nous transmettre ?
Ainsi ces hebdomadaires que tout semble opposer finissent-ils par se rencontrer. Ils parlent d’école, de démocratie, de patrimoine, de fiscalité, de laïcité, de guerre, d’immigration et de services publics ; mais ils interrogent tous, volontairement ou non, la solidité du lien qui transforme une population en communauté politique.
Même le spectaculaire dossier du Nouvel Obs consacré au rêve de vivre jusqu’à 120 ans et au commerce naissant de la longévité ajoute sa pierre à cette méditation : à quoi servirait de prolonger indéfiniment l’existence individuelle si nous ne savons plus très bien quel monde transmettre à ceux qui nous suivent ? Le magazine montre d’ailleurs combien cette médecine préventive ultratechnologique, mobilisant biomarqueurs et intelligence artificielle, demeure aujourd’hui largement réservée aux plus favorisés.
Le Monde au compas ne cherche pas à mettre ces journaux d’accord.
Ce serait contraire à l’esprit même d’une presse libre comme à celui d’une Loge véritable. Il cherche plutôt le point autour duquel le compas peut tourner sans perdre son centre. Cette semaine, ce point porte peut-être un nom très ancien :
transmission.
Transmettre des savoirs sans imposer des dogmes, une mémoire sans cultiver la nostalgie, une République sans en faire une religion civile, une liberté sans abandonner l’égalité, une laïcité sans proscrire les consciences, un patrimoine sans enfermer l’avenir dans le passé.
Car nous ne bâtissons jamais seulement pour nous-mêmes !
Chaque pierre que nous posons est déjà l’héritage de quelqu’un qui n’est pas encore entré dans le chantier.
L’association Georges Troispoints Moselle organise le mardi 16 septembre à 18h30 son grand Rendez-vous annuel dans les somptueux salons de la ville de Metz. Cette année, l’invité qui assurera la prise de paroles et partagera avec le public le fruit de ses réflexions sera Bernard SAÏAG, philosophe et chercheur français.
L’entrée est libre et gratuite. Retenez bien la date : le 16 septembre 2026 de 18h30 à 20h00 dans les grands Salons de la ville de Metz.
Qui est Bernard SAÏAG ?
Bernard SAÏAG
Bernard Saïag est né en 1947. Il est professeur émérite en physiologie et pharmacologie à l’université de Rennes, école doctorale vie et santé. Il a soutenu en décembre 2024, une thèse de doctorat en philosophie intitulée « Qu’est-ce que la vie ? Selon les vitalismes de Barthez et Bordeu à l’école de médecine de Montpellier, au siècle des Lumières ». Il est actuellement chercheur en philosophie des sciences dans l’équipe de recherche CAPHI (Centre Atlantique de Philosophie) des Universités de Nantes et Rennes. Il a récemment donné à l’Université populaire d’Avignon une longue conférence sur le thème « théories vitalistes au siècle des lumières : révolution ou involution ?
Discussions comparatives sur d’autres concepts du vivant de l’antiquité à aujourd’hui ». Sa carrière scientifique a commencé, après un doctorat de 3ème cycle, par des postes d’assistants contractuels (Créteil, Paris 5 et 6) puis par des postes de pharmacologues dans l’industrie pharmaceutique et à l’INSERM-Unité 7 à l’hôpital Necker, Paris. Parallèlement, obtention d’une maîtrise de Biologie humaine en Pharmacologie (Faculté de Médecine, Paris7) et soutenance d’un doctorat d’état ès Sciences. En 1983, il a été recruté comme Maître-Assistant/ Maître de Conférences à la Faculté de Pharmacie de Rennes.
Après les qualifications pour candidater aux fonctions de professeur et l’agrégation de physiologie en sciences du médicament, il a été nommé professeur de physiologie à l’université de Brest et à l’Université de Rennes. Depuis 1980, Bernard Saïag a développé ses recherches sur la paroi vasculaire. Il s’est intéressé à étudier certains mécanismes régulateurs du diamètre d’un vaisseau dans des conditions normales et/ou pathologiques. Il a dirigé, de 1995 à 2000, au CHRU de Rennes, une des trois sous équipes d’une grande équipe « Insuffisance cardiaque » regroupant des cliniciens et des fondamentalistes. Il a alors été président de l’ARREndothélium (Association Régionale de Recherche sur l’Endothélium).
Puis de 2000 à 2005, BS été directeur d’une équipe de recherche multidisciplinaire sur « santé et activité physique » à Brest dans laquelle il étudiait les effets bénéfiques de l’activité physique sur la paroi vasculaire. L’ensemble de sa carrière a permis la production de nombreuses publications et communications scientifiques (nationales et internationales), des participations à des ouvrages collectifs, des conférences scientifiques, ainsi que la formation à la recherche de nombreux étudiants en Maîtrise, Master 2, DEA, DESS, Directeur de Thèse pour des doctorats d’exercice en pharmacie et des Doctorats de recherche. BS a participé à de nombreux jurys (rapporteur, membre, président). Il a aussi participé au comité d’éthique CNRS sur l’expérimentation animale.
Il a fait partie de commissions de recrutement d’enseignants- chercheurs et a aussi été président de commission de recrutement d’enseignants-chercheurs. La dernière thèse encadrée par BS a été soutenue en 2014. Puis ayant beaucoup aimé la philosophie, il a décidé de préparer, dès 2017, un doctorat de philosophie. Bernard SAÏAG est par ailleurs, depuis 20 ans chroniqueur radiophonique sur des thèmes scientifiques très variés et il participe activement à la médiation culturelle, sociale et scientifique en Bretagne. Il est aussi administrateur dans plusieurs associations : « Entraînement cérébral » ; UTL Bretagne ; Conseil de développement ; Radio Laser. Il demeure « sportif « : cap, vélo, plongée subaquatique. Il persévère à chanter et jouer de la guitare en école de musique…Il a choisi d’aborder à Metz le thème de l’esprit critique et de l’éthique.
Chez Bernard Saïag, l’esprit critique et l’éthique ne sont pas des sujets qu’il traite à part. Sa méthode consiste à convoquer plusieurs penseurs en tension les uns avec les autres pour ouvrir la réflexion plutôt qu’à imposer une réponse, et il ramène presque toujours la question morale au terrain du vivre-ensemble : citoyenneté, démocratie, solidarité.
Pourquoi ce thème parle particulièrement à des francs-maçons
L’esprit critique tel que le pratique SAÏAG, qui consiste à convoquer des positions contradictoires (Hobbes/Rousseau, Spinoza/Kant, cyniques/stoïciens) sans trancher dogmatiquement, recoupe une méthode que les Loges cultivent c’est-à-dire le travail sur soi par le doute méthodique, l’obligation de « soumettre toute idée reçue à l’examen de la raison » avant de l’accepter comme vérité. Si vous vous demandez ce que cela change, et bien il y a d’abord le rapport dialectique à la vérité qui est impacté. Le travail au Rituel pratiqué au Droit Humain fait que l’on progresse par contradictions successives (thèse/antithèse tenues en tension plutôt que résolues). La méthode proposée par Bernard Saïag refuse la réponse toute faite au profit de l’ouverture du questionnement. Cette disposition proche de ce que la tradition maçonnique appelle le « doute maçonnique » n’est pas scepticisme stérile mais méthode de construction.
L’éthique chez lui devient le fondement du lien social sans pour autant se transformer en une morale imposée. Rattacher les concepts de liberté, d’égalité, et de fraternité à une interrogation permanente plutôt qu’à des slogans figés fait écho à la manière dont les ateliers travaillent ces mêmes trois termes comme un chantier jamais clos, où la valeur n’a de sens que réactualisée par chacun.
Plus que jamais, la vigilance s’impose contre le dogme et le fanatisme. Si on accepte de considérer que le fanatisme « sépare l’homme de lui-même », la réflexion éthique est une occasion de toucher directement à une préoccupation centrale de la démarche maçonnique : la lutte contre l’obscurantisme et l’esprit de système, qui suppose de maintenir vivante la faculté de douter même de ses propres certitudes.
Pourquoi c’est un enjeu social, au-delà du cercle initiatique
L’intérêt dépasse largement la loge parce que ce que Bernard Saïag décrit est une compétence civique de base menacée par les conditions mêmes de la vie contemporaine.
Le monde a tendance à se polariser, à se simplifier dans ses analyses. Soit on est pour, soit on est contre. Or, nous savons que les choses ne sont pas seulement noires ou blanches. Aujourd’hui, être capable ou avoir envie de tenir plusieurs points de vue en tension sans se réfugier dans un camp est l’antidote structurel à la pensée binaire qui domine le débat public actuel (réseaux sociaux, petites phrases, indignation permanente).
N’oublions pas également que notre monde est saturé d’informations et d’appels à l’urgence, l’esprit critique devient alors une condition de la citoyenneté active plutôt qu’une posture réservée aux intellectuels. C’est ce qui permet à un citoyen de rester acteur de la délibération publique plutôt que simple consommateur d’opinions préfabriquées.
Contrairement à une vision élitiste du savoir critique qui serait réservé à quelques initiés, Bernard SAÏAG dévoile sa pratique associative : il anime régulièrement des dîners-débats ouverts, publie ses chroniques radio au grand public et nous confie une conviction : l’exigence critique et éthique n’a de valeur que si elle irrigue la vie collective ordinaire, pas seulement les cercles restreints (académiques ou initiatiques).
Trois jours après son retour à la Grande Maîtrise, au terme du 161e Convent du Grand Orient de France, et au lendemain du ravivage de la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, Guillaume Trichard, Grand Maître et président du Conseil de l’Ordre, a reçu en exclusivité notre rédaction ce lundi 31 août dans ses bureaux de la rue Cadet. Franck Fouqueray, directeur de la publication de 450.fm, et Yonnel Ghernaouti, directeur de la rédaction, étaient présents.
Pendant un long échange, le Grand Maître a précisé une feuille de route qui dépasse très largement le seul calendrier politique : 1 400 Loges appelées à agir dans la Cité, réaffirmation de la dimension initiatique et spirituelle du Grand Orient, reconquête de la culture maçonnique, décentralisation, nouvelle stratégie numérique, coopération interobédientielle et ambition internationale. Derrière la formule de « combat » employée la veille dans La Tribune Dimanche, c’est surtout une méthode qui se dessine : transformer les principes en actes.
Trois jours après l’élection, déjà dans l’action
Le contraste est frappant. Vendredi 28 août, à Bordeaux, Guillaume Trichard retrouvait la présidence du Conseil de l’Ordre et la Grande Maîtrise, une fonction qu’il avait déjà occupée en 2023-2024. Comme nous l’écrivions sur 450.fm au lendemain du scrutin, ce retour constitue un événement rare dans l’histoire récente du Grand Orient de France. L’Obédience elle-même présente cette nouvelle mandature autour de trois grandes directions : réaffirmer le GODF comme Ordre initiatique, renforcer son rayonnement dans la Cité et donner une dimension internationale plus forte à son action.
Dimanche, le nouveau Grand Maître était sous l’Arc de Triomphe pour raviver la flamme du Soldat inconnu et déposer, pour la première fois au nom de l’Obédience, une gerbe en mémoire de celles et ceux qui sont tombés pour les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Cet hommage embrassait la mémoire de tous les combattants morts au cours des conflits qui ont traversé notre histoire, mais entendait également saluer, en ces temps troublés, celles et ceux qui, aujourd’hui encore, servent et défendent les couleurs de la France à travers le monde.
À ses côtés participait à la cérémonie un colonel de la Légion étrangère, responsable des forces de l’opération Sentinelle, dispositif mobilisant plus de 8000 militaires pour contribuer, sur le territoire national, à la protection de la population civile. Guillaume Trichard a d’ailleurs insisté sur la portée symbolique de cette présence et sur le fait d’avoir accompli avec cet officier le geste du ravivage de la flamme : la mémoire de ceux qui sont tombés rejoignait ainsi l’engagement de ceux qui veillent aujourd’hui.
De gauche à droite : Franck Fouqueray Directeur de la Publication 450.fm -Guillaume Trichard Grand Maître du GODF – Yonnel Ghernaouti Directeur de la Rédaction de 450.fm
Par ce geste, le Grand Orient de France inscrivait donc la mémoire dans le présent : honorer les morts, reconnaître ceux qui servent et rappeler que la fraternité ne saurait demeurer une simple proclamation gravée au fronton des Temples. C’était déjà, d’une certaine manière, donner corps à cette fraternité universelle que Guillaume Trichard entend replacer au cœur de sa mandature, en reliant le souvenir, le service et l’engagement au bénéfice de tous.
Lundi matin, il recevait en exclusivité notre rédaction rue Cadet. En moins de soixante-douze heures, trois séquences – Convent, cérémonie républicaine, conférence de presse – auront donc donné le ton de cette rentrée : la nouvelle équipe entend occuper rapidement le terrain. Cette accélération n’est pas seulement médiatique. Au fil de l’entretien, Guillaume Trichard revient constamment à la même idée : le Grand Orient ne peut plus se contenter de proclamer ses valeurs. Il doit les rendre visibles, intelligibles et concrètes.
« 1 400 Loges, 1 400 actes » : faire sortir les valeurs du Temple. La formule pourrait devenir l’un des marqueurs de cette mandature : 1 400 Loges, 1 400 actes.
Guillaume Trichard demande à chacune des Loges du Grand Orient de France de poser, avant le prochain Convent, un acte public. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle uniforme depuis la rue Cadet. Les formes pourront être multiples : conférence, exposition, débat public, manifestation culturelle, action de solidarité, intervention dans le champ éducatif ou associatif. Le ravivage de la flamme est présenté par le Grand Maître comme une manière de donner lui-même le signal et de ne pas demander aux Loges ce que l’exécutif obédientiel ne commencerait pas par accomplir.
Cette orientation prolonge le projet des Utopia Masonica, prévues au printemps 2027 L’ambition est qu’au cours d’un même week-end des Loges, sur l’ensemble du territoire, ouvrent leurs portes, organisent des rencontres et accueillent largement les citoyens autour d’un thème qui n’a rien d’accessoire dans la pensée de Guillaume Trichard : la fraternité.
Le choix mérite attention. À l’approche d’une élection présidentielle qui promet d’être particulièrement polarisée, le Grand Maître ne place pas seulement au centre de son discours la République ou la laïcité. Il entend également réhabiliter un mot souvent relégué aux devises et aux frontons : fraternité. Pour lui, celle-ci commence précisément lorsque l’on reconnaît dans l’autre un être humain avant de voir son origine, sa couleur, sa culture ou son appartenance.
La Fondation du Grand Orient de France, qui pour la première fois de son histoire sera dirigée par une sœur en la personne de Salima Duprez-Seghir, Vice-Présidente, devrait elle aussi être mobilisée dans cette volonté de traduire l’idéal en actes, notamment par le soutien à des associations de proximité, d’éducation populaire ou engagées contre la précarité. Il y a là une continuité historique revendiquée avec l’ancien Grand Maître Roger Leray et la volonté ancienne de donner à l’Obédience un outil capable de prolonger la fraternité maçonnique dans la société civile. Cette vocation solidaire de la Fondation avait d’ailleurs été longuement rappelée cette année à 450.fm.
« L’heure du combat est revenue », mais quel combat ?
La veille de notre réception, Guillaume Trichard avait choisi un titre sans ambiguïté pour sa tribune publiée dans La Tribune Dimanche : «L’heure du combat est revenue ». Il y décrivait une République fragilisée et un pacte collectif menacé par les fractures contemporaines.
Rue Cadet, 450.fm a voulu pousser plus loin l’interrogation : résister à quoi, et comment ?
La réponse du Grand Maître introduit une distinction importante. Selon lui, le temps présent n’est pas encore celui d’une résistance au sens propre. Il est d’abord celui de la promotion active des principes républicains : liberté, égalité, fraternité, laïcité, universalisme, état de droit. La résistance n’interviendrait, dit-il en substance, que si l’échéance présidentielle conduisait au pouvoir des forces qu’il considère contraires à ces principes. Et il précise viser tous les extrémismes. Car, selon lui, l’extrémisme est incompatible avec la démarche maçonnique, qui refuse toute position dogmatique et privilégie la recherche de l’équilibre, le discernement, le respect et la raison.
Cette précision est essentielle car Guillaume Trichard récuse parallèlement l’idée d’une consigne de vote maçonnique. Il affirme ne pas avoir à dicter aux membres de l’Obédience leur choix électoral : des Francs-Maçons formés à la liberté de conscience, à l’esprit critique et à l’émancipation des dogmes n’ont pas, selon lui, à recevoir des consignes Le rôle du Grand Orient n’est donc pas, dans sa conception, de se transformer en parti politique supplémentaire, mais de rappeler publiquement les critères au regard desquels il entend juger les discours et les actes.
La frontière qu’il trace se veut ainsi celle des principes et non des étiquettes
Racisme, xénophobie, antisémitisme, homophobie et rejet de l’autre sont explicitement présentés comme incompatibles avec les valeurs de l’Obédience. En revanche, insiste-t-il, le Grand Orient de France n’a pas vocation à intervenir dans le champ de la politique politicienne. La nuance est politiquement importante. Guillaume Trichard revendique un Grand Orient engagé, mais refuse théoriquement le passage de l’engagement républicain à l’alignement partisan. C’est l’un des équilibres qu’il devra maintenir dans les mois qui viennent.
Retrouver Fred Zeller et la tradition des « guetteurs »
Pour inscrire sa démarche dans une continuité plutôt que dans une rupture, Guillaume Trichard revient volontiers aux anciens Grands Maîtres. Il cite en particulier Fred Zeller, auquel il rattache cette idée des Francs-Maçons comme « guetteurs » chargés de demeurer vigilants lorsque les libertés sont menacées. C’est dans cette filiation qu’il situe sa formule : « L’heure du combat est revenue ». Pour lui, les prises de position actuelles ne constitueraient donc pas une innovation doctrinale mais la réactivation d’une tradition du Grand Orient qui, depuis l’après-guerre, a vu nombre de ses Grands Maîtres intervenir publiquement lorsque les principes démocratiques leur paraissaient en danger.
Le mot « combat », dès lors, mérite d’être entendu dans son acception civique : vigilance, argumentation, présence dans le débat public, mobilisation associative et culturelle. Le Grand Orient veut parler, organiser, transmettre, convaincre. Et éventuellement s’opposer.
La surprise de la rentrée : Guillaume Trichard remet la spiritualité au centre
Ceux qui réduiraient cette nouvelle mandature à la campagne présidentielle passeraient pourtant à côté de l’un des passages les plus intéressants de nos échange. Guillaume Trichard entend réaffirmer avec force que le Grand Orient de France est d’abord un Ordre initiatique. Et il ajoute un terme qui, dans certaines oreilles du GODF, pourra surprendre davantage encore : celui de spiritualité.
« La spiritualité ne signifie pas la religion », explique-t-il. Il revendique explicitement l’existence d’une spiritualité laïque, née du travail d’introspection, de la réflexion sur soi, de la maîtrise des passions et, pour employer un langage profondément traditionnel, du travail de l’esprit sur la matière. Ce n’est pas un détail lexical. Derrière cette affirmation se trouve une tentative de réarticuler les deux dimensions parfois présentées comme concurrentes au Grand Orient : l’homme intérieur et le citoyen, l’initiation et la Cité, le silence du Temple et la parole publique.
Pour Guillaume Trichard, il n’y a pas contradiction. C’est précisément parce que la démarche initiatique vise à transformer l’individu qu’elle peut, ensuite, produire des effets dans la société. Le Franc-Maçon n’est pas invité à choisir entre sa construction intérieure et son engagement extérieur : le second doit procéder de la première. Cette inflexion mérite d’être suivie. Elle pourrait constituer l’un des aspects les plus originaux de sa mandature si elle trouve une traduction durable dans la vie des Loges. Non pas une école de pensée, mais une « école de l’émancipation ». À cette dimension spirituelle répond une deuxième priorité interne : la culture maçonnique.
Là encore, le Grand Maître refuse une formule trop scolaire. En Loge, dit-il, « on initie, on transmet, on partage ». La Franc-Maçonnerie n’est pas destinée à fournir un « prêt-à-penser ». Elle doit plutôt donner des outils permettant de s’émanciper des dogmes, des idées toutes faites et de ce que La Boétie appelait la servitude volontaire. Il préfère ainsi parler d’une « école de l’émancipation ».
Ce retour à la culture maçonnique sera décliné concrètement
Guillaume Trichard évoque le développement d’expositions itinérantes, la création, là où les locaux le permettent, de petits espaces muséaux consacrés à l’histoire maçonnique régionale, une meilleure valorisation des archives et du Musée de la Franc-Maçonnerie, mais aussi le rétablissement d’un lien éditorial plus étroit avec les nouveaux initiés. Il annonce notamment son souhait que les Apprentis puissent à nouveau recevoir directement la revue Humanisme.
À l’approche du tricentenaire de 2028, l’enjeu n’est pas mince. Une Obédience qui veut prendre la parole dans la Cité doit également être capable de transmettre à ses propres membres son histoire, ses grandes figures, ses combats, ses textes et ses contradictions.
Le chantier est d’autant plus nécessaire que le Grand Maître s’interroge ouvertement sur le rapport des jeunes générations aux livres, aux revues, aux musées et aux formes classiques de transmission. Il souhaite notamment mieux mesurer la fréquentation du Musée de la Franc-Maçonnerie par les membres eux-mêmes et renforcer le sentiment d’appartenance à une histoire collective de près de trois siècles.
Ni tout numérique ni nostalgie du papier
Sur ce terrain, Guillaume Trichard ne prône pourtant aucun retour nostalgique à l’âge du classeur et de la circulaire. Il observe que le temps de lecture se fragmente, que les usages changent et que les réseaux sociaux imposent de nouveaux formats. Sa conclusion n’est pas qu’il faudrait appauvrir le contenu, mais qu’il faut apprendre à le décliner autrement : livres, articles, conférences, vidéos, podcasts, capsules courtes.
L’échange prend même un détour par l’intelligence artificielle. Pour le Grand Maître, l’audience ne suffira plus à garantir l’influence : les systèmes d’IA recherchent avant tout du contenu susceptible d’être exploité, synthétisé et transmis. D’où cette conviction qu’il faut continuer à produire du fond tout en adaptant ses modes de circulation. Des formats vidéo courts sont notamment envisagés pour diffuser davantage de culture maçonnique.
En même temps, Guillaume Trichard se méfie du tout-numérique. Il raconte combien le document reçu matériellement, la revue trouvée dans sa boîte aux lettres ou le support conservé dans une bibliothèque peuvent créer un lien sensible avec l’Obédience, notamment pour des Frères et des Sœurs plus âgés ou moins à l’aise avec les outils numériques. Cette coexistence du papier et du numérique pourrait résumer assez justement la méthode annoncée : moderniser sans déraciner.
Une nouvelle équipe structurée pour le rayonnement
C’est ici que le dynamisme de la nouvelle équipe apparaît le plus concrètement. Autour de Guillaume Trichard, les trois Grands Maîtres adjoints sont René Turiaf, Joël Vendeville et Assane Cisé. Le bureau comprend également Alexandre Geoffroy comme Grand Orateur, Édouard Ramaroson aux Affaires intérieures, Jean-Édouard Ombetta aux Affaires extérieures, Olivier Cortet à la Grande Trésorerie, Bertrand Sade comme Garde des Sceaux et Alain Dupuy comme Grand Hospitalier, entourés de leurs adjoints. La composition avait déjà été détaillée dans notre précédent article.
Mais l’organisation annoncée lundi va plus loin. Guillaume Trichard indique avoir mis en place un dispositif renforcé autour du rayonnement obédientiel, avec cinq Grands Officiers spécifiquement chargés de la communication, de l’événementiel, des relations institutionnelles, du numérique et de la décentralisation. Le site Internet doit être repensé, la présence sur les réseaux sociaux renforcée et les manifestations davantage diffusées hors de Paris.
Le mot important est peut-être celui de décentralisation.
Les ciné-débats qui rencontrent un public important rue Cadet doivent être déployés en région. Les Chantiers de la République, jusqu’ici fortement identifiés aux rencontres parisiennes, ont vocation à essaimer sur l’ensemble du territoire. Même le Conseil de l’Ordre doit sortir ponctuellement de Paris : un premier Conseil décentralisé est annoncé à Marseille dès octobre. Autrement dit, l’idée des « 1 400 Loges, 1 400 actes » n’est pas seulement un mot d’ordre adressé à la base : l’exécutif veut lui-même déplacer son centre de gravité.
Les « Chantiers de la République » vont essaimer dans les territoires
Cette territorialisation est probablement l’une des décisions les plus intéressantes pour l’année qui commence. Guillaume Trichard souhaite que les Chantiers de la République deviennent un véritable label susceptible d’être repris localement par les Loges lorsqu’elles organisent une conférence ou un événement répondant aux grands axes de la mandature, avec la présence d’un Conseiller de l’Ordre.
Le dispositif pourrait ainsi produire un maillage inédit : au lieu de quelques grands rendez-vous nationaux réunissant un public déjà familier de la Franc-Maçonnerie, multiplier les rencontres locales dans des villes moyennes, des territoires ruraux et même ce que Guillaume Trichard appelle des « déserts maçonniques », ces zones où le Grand Orient est peu ou pas représenté. C’est aussi une manière de poser une question stratégique rarement formulée aussi directement : à quoi sert une grande Obédience nationale si sa parole ne circule qu’entre Paris, les grandes métropoles et ceux qui fréquentent déjà ses événements ?
Une mandature qui ne veut pas s’enfermer dans la présidentielle
La présidentielle de 2027 occupe naturellement une part importante de cette rentrée. Mais Guillaume Trichard insiste sur des combats appelés à durer au-delà de l’échéance électorale.
Le communiqué publié après le Convent fixe quatre sujets de société : la santé globale, la dignité du grand âge, l’éducation populaire et le droit d’asile des réfugiés climatiques. Autant de champs qui montrent que l’Obédience veut continuer à travailler sur des questions prospectives et ne pas réduire son expression publique au face-à-face avec les extrémismes. Cette dimension est essentielle. Pour conserver une parole audible, le Grand Orient devra en effet démontrer qu’il sait être autre chose qu’un acteur réagissant aux crises politiques. Les enjeux de vieillissement, de santé, d’éducation et de bouleversement climatique peuvent lui permettre de retrouver une fonction plus classique de laboratoire d’idées, à condition que les travaux des Loges parviennent effectivement jusqu’au débat public.
Vers davantage d’actions communes entre Obédiences
Autre signal envoyé par Guillaume Trichard : celui d’un rapprochement opérationnel avec plusieurs autres Obédiences françaises. Il dit être sorti très rassuré des échanges du Convent et évoque le souhait de mener, dans les mois à venir, des actions concertées interobédientielles. L’enjeu n’est pas de gommer les différences de traditions, de pratiques ou de conceptions maçonniques, mais de déterminer les sujets sur lesquels des Obédiences différentes peuvent parler ou agir ensemble.
Cette volonté prendra notamment une dimension internationale.
Le Grand Maître veut renforcer ce qu’il appelle une forme d’internationale de la Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique, dans un contexte où des Loges et des Francs-Maçons sont fragilisés ou menacés dans plusieurs pays. L’objectif officiel est la constitution d’un véritable pacte d’alliance, afin qu’aucune Obédience amie confrontée à une crise ne demeure isolée. Le communiqué publié après le Convent évoquait déjà explicitement la situation des Francs-Maçons de Madagascar.
Lors de notre entretien, Guillaume Trichard va plus loin et annonce son intention de réunir prochainement plusieurs Obédiences françaises autour de la situation malgache. Il insiste sur un point : l’efficacité ne passe pas nécessairement par la multiplication des communiqués publics. Dans certaines circonstances, estime-t-il, la solidarité maçonnique internationale doit aussi savoir travailler dans la discrétion. L’argument est profondément maçonnique : si le serment de secours mutuel possède un sens entre deux Frères ou deux Sœurs, pourquoi cesserait-il d’en avoir un lorsque c’est une communauté maçonnique entière qui se trouve menacée ?
Un agenda qui commence déjà à se remplir
La volonté d’action devrait rapidement être mise à l’épreuve. Outre les Journées européennes du patrimoine, plusieurs rendez-vous sont en préparation autour des libertés publiques, de la situation iranienne et de la mémoire de Samuel Paty. Les modalités de certaines manifestations étaient encore en cours d’ajustement au moment de notre entretien. Le 17 septembre est par ailleurs déjà annoncée rue Cadet la projection de L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller, suivie d’un débat consacré à « L’État républicain » en présence du réalisateur. La succession de ces rendez-vous, la décentralisation annoncée des manifestations et du Conseil de l’Ordre, la refonte des outils de communication et la mobilisation des Loges donnent à cette rentrée une tonalité assez différente d’un simple changement de président.
Il y a manifestement, autour de Guillaume Trichard, une volonté d’accélération.
Le véritable enjeu : relier de nouveau le Temple et la Cité. C’est probablement là que se situe la ligne de force de notre entretien.
On aurait pu imaginer que le retour de Guillaume Trichard se résume à une présidence de combat, dominée par l’échéance présidentielle et la dénonciation des extrémismes. La conversation du 31 août révèle un projet plus large et, à certains égards, plus ambitieux : réconcilier ce que l’on oppose parfois trop facilement au sein de la Franc-Maçonnerie française.
La spiritualité et l’engagement. La culture et la communication. Le livre et la vidéo. Le patrimoine et l’intelligence artificielle. Paris et les territoires. La souveraineté de chaque Loge et la puissance collective de 1 400 ateliers. L’identité du Grand Orient et la coopération interobédientielle. La République française et l’universalisme maçonnique.
Cette articulation sera difficile. Elle comporte même une tension féconde : comment demeurer un Ordre initiatique lorsque l’on veut intervenir fortement dans la Cité ? Comment parler politique sans devenir partisan ? Comment défendre une tradition trois fois séculaire sans transformer le patrimoine en musée immobile ? Comment conquérir les nouveaux formats numériques sans sacrifier la profondeur du travail maçonnique ?
Guillaume Trichard semble avoir choisi de ne pas résoudre ces contradictions en supprimant l’un de leurs termes. Il veut au contraire tenir les deux bouts de la chaîne. Et c’est peut-être là que se jouera réellement sa mandature. Car après les discours de Bordeaux, la flamme ravivée sous l’Arc de Triomphe et les premières déclarations de cette rentrée, le Grand Orient de France entre désormais dans le temps plus exigeant de la réalisation. Le chantier est ouvert. Les outils sont annoncés. Les équipes sont en place. Les Loges sont appelées à prendre leur part.
En Franc-Maçonnerie comme ailleurs, on ne juge jamais longtemps le constructeur à la beauté de son plan. Vient toujours l’heure où il faut quitter la planche à tracer, saisir les outils et regarder si, pierre après pierre, l’édifice commence réellement à s’élever. Pour Guillaume Trichard et la nouvelle équipe du Grand Orient de France, cette heure-là vient de commencer.
La rédaction de 450.fm a reçu le communiqué de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra annonçant l’ouverture exceptionnelle de plusieurs de ses temples au public, dimanche 20 septembre 2026, à l’occasion des 43es Journées européennes du patrimoine. À Saint-André-lez-Lille, Levallois-Perret et Villeurbanne, visiteurs et curieux pourront découvrir les lieux maçonniques et surtout rencontrer celles et ceux qui les font vivre.
Trois verbes servent cette année de fil conducteur à la GLTSO : Raviver, Résister, Réimaginer.
Une formule qui dépasse le simple exercice de communication patrimoniale. Raviver ce qui fonde, résister à ce qui fragilise et réimaginer ce qui vient, c’est poser la question essentielle de toute tradition vivante : comment recevoir un héritage sans le figer et comment le transmettre sans le dénaturer ?
Temple Levallois-Perret – site GLTSO
La Franc-Maçonnerie connaît bien cette tension féconde
Le patrimoine maçonnique ne se limite ni aux temples, ni aux décors, ni aux archives. Il est aussi fait de gestes, de rites, de paroles, de symboles et d’une méthode de transmission. La GLTSO entend précisément inscrire sa démarche dans ce lien entre passé, présent et avenir, en invitant chacun à devenir « l’artisan conscient » de ce qu’il reçoit.
Cette ouverture constitue aussi une occasion bienvenue de faire tomber quelques fantasmes. Pousser la porte d’un temple, observer son organisation symbolique, écouter les explications des francs-maçons et dialoguer directement avec eux demeure sans doute l’un des meilleurs moyens de comprendre ce qu’est réellement une Obédience initiatique.
À Saint-André-lez-Lille, l’affiche annonce clairement la couleur : « La Franc-Maçonnerie vous ouvre ses portes ». Des visites des temples seront suivies de conférences ; deux rendez-vous sont prévus à 10 h 30 et 14 h 30 autour de la question « Franc-Maçon, Franc-Maçonne, qui sommes-nous ? », tandis qu’une intervention consacrée à l’histoire de la Franc-Maçonnerie est annoncée à 11 heures.
Créée en 1958, la GLTSO revendique aujourd’hui près de 4200 membres répartis dans 250 Loges
tempel Villeurbanne – photo Yonnel Ghernaouti
Obédience masculine et adogmatique, elle place au centre de sa démarche la recherche spirituelle intérieure et affirme ne pas intervenir dans les champs politique et religieux.
Infos pratiques – dimanche 20 septembre 2026 : visites et conférences d’environ 45 minutes ; inscription préalable indispensable. Les visiteurs devront se présenter quinze minutes avant l’horaire choisi, munis de leur confirmation d’inscription et d’une pièce d’identité.
Une journée pour voir les temples, certes, mais surtout pour comprendre qu’en Franc-Maçonnerie le patrimoine n’est jamais seulement ce que l’on conserve : c’est ce que l’on continue à faire vivre.
Temple Villeurbanne – photo Yonnel Ghernaouti
Pour Saint-André-lez-Lille, l’adresse directe d’inscription est ICI :
Villeurbanne vous propose quatre sessions de visites & conférences entre 10h30 et 17h sur le thème « Raviver la mémoire, Résister aux aléas, Réimaginer notre futur »
Levallois-Perret vous propose trois visites – conférences entre 10h et 16h sur le thème de la « La Franc-maçonnerie de tradition ou l’architecture de la pensée » / Contact