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La Lettre d’Albert Camus à Monsieur Germain : « Un écho de la transmission maçonnique »

La lettre d’Albert Camus à son instituteur Monsieur Louis Germain (lire en bas d’article), écrite le 19 novembre 1957 après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature, est un vibrant témoignage de gratitude et de reconnaissance. Cette missive illustre non seulement l’importance de l’éducation et des relations maître-élève dans la vie de Camus, mais elle résonne également avec les principes de transmission et de mentorat trouvés dans la Franc-maçonnerie. Cet article explore comment la relation entre Camus et Germain s’aligne avec les traditions maçonniques de transmission de la connaissance et de la sagesse.

La Lettre de Camus : Un acte de gratitude

Albert Camus, dans sa lettre, exprime une reconnaissance profonde envers son instituteur Louis Germain (photo de gauche), reconnaissant son rôle crucial dans son éducation et par extension, dans sa carrière littéraire. La phrase « Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé » met en lumière le mentorat et la transmission du savoir qui sont au cœur de la relation maître-élève.

La transmission dans la Franc-maçonnerie

En Franc-maçonnerie, la transmission de la connaissance, des valeurs et des rituels est un principe fondamental. Les maçons parlent de « maître » et « apprenti« , des termes qui symbolisent la relation d’apprentissage et de guidance. Le parcours maçonnique est conçu comme un voyage initiatique où le maître guide l’apprenti à travers différentes étapes de développement personnel et spirituel. Cette relation est basée sur la confiance, le respect, et une transmission qui dépasse le simple enseignement académique pour inclure des valeurs morales et éthiques.

  • Le Symbolisme du Maître et de l’Apprenti : Dans la loge maçonnique, le maître symbolise la sagesse acquise, tandis que l’apprenti représente celui qui cherche la connaissance. La progression de l’apprenti au compagnon, puis au maître, est un processus d’éducation continue, de maturation et de transmission de l’héritage maçonnique.
  • L’Exemple de Louis Germain : Louis Germain, bien qu’instituteur et non franc-maçon à première vue, a incarné ce rôle de mentor par son engagement éducatif. Il a non seulement enseigné à Camus les bases académiques mais a aussi transmis des valeurs d’humanisme, de respect et de persévérance, des vertus que l’on retrouve dans l’enseignement maçonnique.

Parallèles entre la lettre et les principes maçonniques

  • La Reconnaissance et la Gratitude : La Franc-maçonnerie place une grande importance sur le respect et la gratitude envers ceux qui nous ont enseigné. La lettre de Camus à Germain reflète ce principe maçonnique où l’apprenti reconnaît publiquement la contribution de son maître, non seulement à son éducation mais à sa formation en tant qu’individu.
  • La Transmission des Valeurs : De même que la Franc-maçonnerie insiste sur la transmission de valeurs telles que la fraternité, la liberté et l’égalité, la relation entre Camus et Germain a été une transmission de valeurs humanistes. Camus, influencé par les enseignements de Germain, a développé une philosophie morale qui transparaît dans ses œuvres, parallèle aux idéaux maçonniques.
  • Le Rôle du Mentor : Dans la Franc-maçonnerie, le mentor, ou maître, est celui qui éclaire le chemin, souvent par l’exemple et l’enseignement indirect. Louis Germain, en encourageant Camus à poursuivre ses études malgré les difficultés, a joué ce rôle de lumière dans l’obscurité, une figure presque mythique de mentorat que l’on retrouve dans les récits maçonniques.

La lettre d’Albert Camus à Monsieur Germain, bien que née d’une relation éducative traditionnelle, illustre de manière remarquable les principes de transmission et de mentorat qui sont centraux à la Franc-maçonnerie. Cette correspondance n’est pas seulement un hommage personnel mais une illustration vivante de comment l’éducation et la guidance peuvent transformer une vie, rappelant aux maçons l’importance de leur mission de transmission à travers les générations. La profondeur de la reconnaissance de Camus envers Germain est un testament vivant à l’impact durable d’un mentor, un thème qui résonne profondément dans la tradition maçonnique.

La lettre d’Albert Camus

Cher Monsieur Germain,
J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève.
Je vous embrasse, de toutes mes forces.

Albert Camus

Les Archives de l’Etat du Tessin « héritent » de la collection de la plus ancienne loge maçonnique du canton

De notre confrère italien varesenews.it

36 cartons de documents attestant de la vie de l’organisation fondée en 1877. Les correspondances avec d’autres loges suisses et étrangères sont également consultées. Outre les actes notariés et les documents d’une philharmonie tessinoise, il sera également possible de consulter des photographies, des écrits et des documents qui reconstituent l’histoire d’une loge maçonnique. 

Parmi les fonds acquis en 2024 par les Archives de l’Etat du Canton du Tessin, il y a aussi la documentation fournie par la Loge maçonnique « Il Dovere » de Lugano. L’information a été diffusée par le Canton à travers une communication du Département de l’Éducation, de la Culture et du Sport concernant les 38 nouvelles archives acquises au cours de l’année qui vient de se terminer, parmi lesquelles des documents notariés, des jugements de paix, des bureaux de complexes documentaires, des fonds cantonaux, de la Société Philharmonique du Corps et du Section Scoute Lugano 1905 ou bibliothèques privées. Parmi eux, apprend-on, il y a aussi la collection historique de la Loge maçonnique Il Duty , composée de 36 cartons de documents qui retracent l’ histoire de l’organisation depuis sa naissance en 1877, dont le catalogue détaillé est désormais disponible en consultation. des Archives. En Suisse italienne, il existe cinq loges et Il Dovere est basé à Lugano (sur la photo de couverture, une photo des membres datée de 1903).

« Un geste qui préserve la mémoire »

«La Division de la Culture et des Etudes Universitaires, conjointement avec les Archives de l’État, exprime sa gratitude à toutes les personnes, associations et organismes qui ont choisi de confier leurs souvenirs et documents aux Archives. Ce geste nous permet de préserver ces témoignages pour les générations futures et de les rendre disponibles pour l’étude et la recherche. »

Les documents de la plus ancienne des cinq loges actives au Tessin

Les « nouveautés » de 2024 s’ajoutent aux plus de 650 documentaires complexes livrés aux Archives de l’État par des organismes publics, des associations, des partis, des entreprises, des familles et des personnalités. «En ce qui concerne les documents de la Loge maçonnique Il Duty – explique la note du Département Suisse – c’est l’un des rares cas en Suisse dans lequel une Loge maçonnique a déposé sa collection historique dans des archives publiques . Cela donne aux chercheurs la possibilité d’accéder à l’importante documentation produite en plus d’un siècle d’existence par la plus ancienne des cinq loges actives au Tessin . Le corpus passe en revue les principaux aspects de sa « vie »: des discussions entre membres, aux initiatives prises, de la correspondance avec d’autres loges suisses et étrangères, aux réflexions internes sur des thèmes politiques, historiques et philosophiques ».

Les archives tessinoises, « un patrimoine en pleine croissance »

La note du département de la culture rappelle également que « les dépôts des complexes documentaires actuellement conservés par les Archives de l’Etat s’étendent sur environ 23 mille mètres linéaires. Les Archives forment, gèrent et conservent la mémoire historique du canton . Il rassemble un patrimoine sans cesse croissant, constitué de documents, d’objets et de matériaux hétérogènes : aux côtés des documents sur parchemin, papier et supports numériques, les fonds et collections comprennent des photographies, des documents audio et visuels, des drapeaux, des œuvres musicales, graphiques et picturales, qui permettent de retracer l’histoire des terres tessinoises du XIIe siècle à nos jours ».

Franc-maçonnerie : anatomie d’un bouc émissaire contemporain

De notre confrère italien expartibus.it – Par Hermes

Dans le panorama complexe de la critique sociale contemporaine, la franc-maçonnerie continue de représenter un cas emblématique de la persistance d’anciens mécanismes psychosociaux dans la société moderne.

L’institution maçonnique, notamment en Italie où elle est divisée en multiples obédiences et communions, chacune avec son contexte historique spécifique fait de lumières et d’ombres, se retrouve au centre d’un phénomène de diabolisation qui mérite une analyse approfondie.

Une perspective anthropologique

René Girard (La Libre) ©DR

Le processus de diabolisation de la franc-maçonnerie représente un cas paradigmatique de la théorie du « mécanisme victime » développée par l’anthropologue René Girard. Selon cette perspective, les sociétés humaines tendent à gérer leurs tensions internes en désignant un « ennemi commun ».

Ce processus émerge du « désir mimétique » – un mécanisme par lequel les conflits sociaux naissent de l’imitation des désirs et des peurs collectifs de chacun. La franc-maçonnerie, par son caractère initiatique et sa confidentialité traditionnelle, devient le réceptacle idéal pour projeter des angoisses sociales plus profondes.

La critique sélective comme symptôme social

Il est particulièrement significatif d’observer comment les détracteurs de l’institution maçonnique font preuve d’une sélectivité symptomatique dans leurs critiques. Tout en dirigeant leur véhémence contre la franc-maçonnerie, ils restent souvent silencieux face aux problèmes éthiques les plus urgents de notre époque : le capitalisme prédateur, l’exploitation systémique du travail humain, l’érosion progressive des liens sociaux, les conflits mondiaux, les inégalités économiques croissantes et la crise environnementale.

Cette sélectivité trahit la nature projective de la critique, révélant davantage les peurs collectives que l’objet de la critique lui-même.

Symbolisme et malentendus : le cas de la lettre G

Un exemple éclairant de cette dynamique se manifeste dans la confusion fréquente entre le gnosticisme historique et le sens plus large de la Gnose, symbolisé dans la tradition maçonnique par la lettre G.

Ce symbole polyvalent, qui peut représenter simultanément la Gnose, la connaissance spirituelle, la Géométrie, l’ordre cosmique, Dieu/Grand Architecte, principe créateur et la Génération, la transformation, est souvent réduit à une caricature servant à renforcer des récits préétablis.

La dimension psychologique des préjugés

La rhétorique qui associe la franc-maçonnerie au satanisme révèle de profonds mécanismes psychologiques. Le terme « diable », dérivé du grec « διαβάλλω » (diabállō, « séparer/diviser »), éclaire paradoxalement la nature même du préjugé : c’est dans l’acte d’accuser et de diviser que se manifeste le véritable principe diabolique.

De ce point de vue, le véritable « satanisme » ne consiste pas dans de sombres rituels, mais dans la fragmentation de l’humanité, dans l’opposition dualiste qui alimente une atomisation existentielle.

C’est comme si l’humanité buvait symboliquement l’eau du fleuve Léthé, oubliant son origine commune : une matrice sacrée qui embrasse à la fois les dimensions spirituelles et quantiques de l’intelligence universelle.

La référence critique fréquente au « luciférien » Albert Pike, bien que historiquement pertinente, révèle donc combien de critiques sont ancrées dans une vision désuète et non représentative de la franc-maçonnerie contemporaine.

Cette fixation sur des personnages historiques spécifiques démontre à quel point le mécanisme du bouc émissaire a besoin de symboles tangibles sur lesquels construire son récit accusateur.
Les vrais défis ignorés

La fixation sur la franc-maçonnerie comme bouc émissaire sert involontairement à détourner l’attention des défis évolutionnistes et sociaux plus immédiats et concrets : le narcissisme social dominant, la marchandisation des relations humaines, la violence structurelle dans ses diverses manifestations, les crises éthiques des institutions financières et les scandales impliquant des religieux. institutions elles-mêmes.

Ce mécanisme de détournement, analysé à travers le prisme de la théorie de la « panique morale » de Stanley Cohen, révèle comment les sociétés modernes continuent de recourir à des mécanismes archaïques pour gérer l’anxiété collective.

Vers une compréhension plus profonde

Le défi intellectuel de notre époque ne consiste pas à perpétuer d’anciens préjugés, mais à développer des outils analytiques plus sophistiqués pour comprendre les dynamiques sociales réelles.

Le cas de la franc-maçonnerie offre une opportunité précieuse d’examiner comment les mécanismes archaïques de bouc émissaire continuent de fonctionner dans les sociétés contemporaines, masquant souvent les véritables causes de la détresse sociale.

À une époque caractérisée par des défis existentiels sans précédent, surmonter ces mécanismes primitifs de gestion de l’anxiété sociale devient non seulement un impératif moral, mais aussi une nécessité pratique pour répondre efficacement aux menaces réelles qui pèsent sur la cohésion sociale et la survie même de l’espèce humaine.

L’Union Maçonnique de la Méditerranée se réunit à Palma de Majorque en 2025

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Un rassemblement sous le thème « Pax Mari Nostri » promettant des échanges culturels et intellectuels.

La 22ème réunion annuelle de l’Union Maçonnique de la Méditerranée (U.M.M.) est programmée pour se tenir à Palma de Majorque du 7 au 9 mars 2025, sous le thème évocateur de « Pax Mari Nostri ». Cet événement, organisé par la Gran Logia Simbólica Española (G.L.S.E.), promet d’être un point de rencontre pour les francs-maçons de divers horizons, offrant un programme riche en activités intellectuelles et culturelles.

Un programme chargé et diversifié

La réunion commence le vendredi 7 mars avec une visite guidée du centre historique de Palma, où les participants pourront explorer des sites emblématiques tels que la Cathédrale de Majorque, le Palais de l’Almudaina, et la Place de Cort. L’après-midi sera consacrée à un colloque pour les seniors intitulé « La valeur de la vie : réflexions sur les asymétries de pouvoir dans la Méditerranée« , suivi d’un dîner traditionnel majorquin au restaurant « Celler Sa Premsa ».

Le samedi 8 mars, le programme se poursuit avec un colloque pour les jeunes francs-maçons, « Berceau de la civilisation : mondes en conflit et en harmonie« , suivi par un repas fraternel et une visite de « Palma de Baix« , incluant la Lonja gothique de Palma et Es Baluard. La journée se conclura par un dîner de gala au restaurant « Caballito de Mar« .

Le dimanche 9 mars est dédié à la Tenue Magna et à la cérémonie de clôture au centre Estudi General Lullien, suivi d’un agape fraternel, marquant la fin de ce rassemblement enrichissant.

Une exposition unique

Une exposition intitulée « Je serai toujours ton phare » sera inaugurée le vendredi, présentant des œuvres de Fátima Marceló, une artiste reconnue pour sa maîtrise en Beaux-Arts, et Pensatia, une avocate, navigatrice et philosophe franc-maçonne. Cette exposition symbolise la quête de lumière, de vérité, et de fraternité, thèmes chers à la Franc-maçonnerie.

Logistique et Participation

Les participants peuvent choisir parmi plusieurs options d’hébergement avec des réductions spécifiques pour cette occasion, notamment à l’Hotel Joan Miró Museum et l’Hotel Saratoga. Le coût de l’inscription est de 250 € pour les membres des loges, avec des options supplémentaires pour les dîners traditionnels et de gala. Les inscriptions doivent être effectuées avant le 31 janvier 2025 pour bénéficier des réductions et pour participer aux activités spécifiques.

Connexion et Impact

Palma de Majorque, réputée pour sa connectivité via son aéroport international et son port maritime, est idéalement située pour accueillir des visiteurs du monde entier. Cet événement non seulement enrichira les participants par des échanges culturels et intellectuels mais renforcera également les liens entre les différentes loges maçonniques de la région méditerranéenne.

Ce congrès de l’U.M.M. promet d’être une occasion exceptionnelle de dialogue et d’éducation, reflétant les valeurs de tolérance, de fraternité et de quête de connaissance propres à la franc-maçonnerie. Pour plus d’informations, les intéressés peuvent consulter le site web de la G.L.S.E. ou contacter directement les organisateurs par email.

Un regard approfondi sur les activités culturelles et les discussions philosophiques prévues

Palma de Majorque, 14 Janvier 2025 — La réunion de l’Union Maçonnique de la Méditerranée (U.M.M.) s’annonce comme un événement de premier plan, non seulement pour les francs-maçons mais aussi pour tous ceux intéressés par la culture, l’histoire et la philosophie de la région méditerranéenne.

Exploration Culturelle et Historique

La visite guidée du vendredi permettra aux participants de plonger dans l’histoire de Palma à travers ses monuments les plus significatifs. La Cathédrale de Palma, avec ses phénomènes lumineux uniques, le Palais de l’Almudaina, qui a vu défiler des civilisations depuis l’époque romaine, et la Place de Cort avec son hôtel de ville maniériste, seront au cœur de cette exploration. Ces visites ne sont pas uniquement des moments de loisir; elles servent de toile de fond pour des discussions sur l’interaction historique entre les cultures et les civilisations méditerranéennes.

Colloques et Débats Intellectuels

Les colloques planifiés pour les seniors et les juniors abordent des thèmes d’actualité et de profondeur philosophique. Le colloque senior se penchera sur les dynamiques de pouvoir et leurs influences sur la vie quotidienne et la culture en Méditerranée, tandis que le colloque junior explorera les racines de la civilisation méditerranéenne, mettant en lumière les conflits et les harmonies qui ont façonné cette région. Ces discussions sont l’occasion pour les participants de réfléchir, de débattre et de proposer des solutions ou des perspectives novatrices.

Art et Symbolisme

L’exposition « Je serai toujours ton phare » est plus qu’une simple manifestation artistique; elle représente un pont entre l’art et la philosophie maçonnique. Les œuvres de Fátima Marceló et Pensatia offrent une exploration visuelle de la lumière et de la guidance, des thèmes centraux dans la symbolique maçonnique. Cette exposition souligne comment l’art peut servir de médium pour transmettre des idées et des valeurs maçonniques, tout en étant accessible à un public plus large.

Cuisine et Gastronomie

Les repas, qu’ils soient traditionnels ou sous forme de gala, ne sont pas seulement des moments de convivialité mais aussi des vecteurs de culture. La cuisine majorquine, avec ses plats distinctifs comme la sobrassada, le frit mallorquin, et les pimientos de Padrón, sera mise à l’honneur, offrant une expérience sensorielle qui complète l’immersion culturelle des participants.

Impact et Perspectives

Cet événement est un rappel de l’importance de la franc-maçonnerie dans le dialogue interculturel et la promotion de la paix et de la compréhension entre les nations méditerranéennes. En rassemblant des membres de différentes loges, il favorise une compréhension mutuelle et une collaboration qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà des murs des salles de réunion.

La réunion de l’U.M.M. à Palma de Majorque est beaucoup plus qu’un rassemblement de francs-maçons; elle est un festival de culture, d’histoire, et de philosophie, invitant à une réflexion profonde sur notre passé et notre avenir commun. Les participants quitteront probablement Palma non seulement avec des souvenirs mais aussi avec de nouvelles idées et perspectives, prêts à continuer le travail de construction d’un monde plus fraternel et éclairé.

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Le Vatican assouplit sa position sur l’admission des hommes ouvertement homosexuels au sacerdoce

Une évolution des politiques de l’Église catholique en Italie pour 2025

Dans une annonce qui marque un changement significatif dans la politique de l’Église catholique, le Vatican a approuvé de nouvelles directives le 11 janvier 2025, permettant aux hommes ouvertement homosexuels de devenir prêtres en Italie, sous certaines conditions. Ce développement, rapporté par Euronews et plusieurs autres sources, reflète une nouvelle approche de l’Église face à la sexualité et à l’orientation sexuelle dans le contexte du sacerdoce.

Contexte Historique et Évolution des Politiques

Historiquement, la position du Vatican sur l’homosexualité au sein du clergé a été stricte. En 2005, un document du Vatican interdisait l’ordination des hommes avec des « tendances homosexuelles profondément enracinées« . Cette position a été réaffirmée en 2016 sous le pontificat de François, qui a cependant été perçu comme plus ouvert envers la communauté LGBT+ avec des déclarations comme « Qui suis-je pour juger ? » en 2013.

Les Nouvelles Directives

Les nouvelles lignes directrices, publiées par la Conférence épiscopale italienne et approuvées par le Vatican, stipulent que:

  • Les hommes peuvent être admis au séminaire même s’ils expriment des tendances homosexuelles, à condition qu’elles ne soient pas « profondément enracinées » ou « supportent la culture gay« .
  • Ces candidats doivent montrer une capacité à vivre une vie de chasteté en fidélité à l’engagement de célibat exigé pour tous les prêtres.

Ces directives sont valables pour une période d’essai de trois ans, indiquant une volonté de l’Église de réévaluer cette politique au vu de l’évolution des pratiques et des perceptions.

Réaction de la Communauté et des Experts

  • Communauté Catholique: Des groupes comme New Ways Ministry ont accueilli positivement cette décision, la voyant comme un pas vers une plus grande inclusion dans l’Église.
  • Critiques et Soutiens: Certains membres du clergé et des fidèles conservateurs expriment des réserves concernant ce changement, craignant une « gay lobby » au sein de l’Église. Cependant, les défenseurs de cette réforme soulignent l’importance de l’égalité de traitement pour tous les candidats au sacerdoce.

Impact Potentiel

  • Sur l’Église: Ce changement pourrait affecter la dynamique interne de l’Église, en particulier dans les séminaires, où les candidats seront désormais jugés sur une gamme plus large de critères personnels que leur orientation sexuelle seule.
  • Sur la Société: Cette décision peut aussi avoir des répercussions sur la perception publique de l’Église catholique, peut-être améliorant son image auprès des communautés LGBT+ et de ceux qui prônent une approche plus inclusive de la foi.

Analyse Chiffrée

  • Nombre de prêtres: En Italie, il y a environ 30,000 prêtres diocésains actifs en 2025. Si l’on considère que les estimations globales suggèrent que 30 à 40% des prêtres pourraient être homosexuels, cela pourrait signifier que jusqu’à 12 000 prêtres en Italie pourraient être affectés par ce changement de politique, bien que la majorité soit probablement déjà ordonnée.
  • Impact sur la Formation: Avec 13 séminaires majeurs en Italie formant environ 1 500 séminaristes chaque année (selon les données de la Conférence épiscopale italienne), ce changement pourrait influencer les admissions et les formations futures.

Cette modification des directives du Vatican en 2025 pour l’Italie représente un tournant dans la relation de l’Église avec la sexualité et l’orientation sexuelle dans le sacerdoce. Bien que cela reste conditionné par l’engagement à la chasteté, c’est un pas vers la reconnaissance de la diversité parmi ceux qui servent dans l’Église, reflétant un effort pour concilier la doctrine avec la réalité contemporaine. Cependant, l’impact à long terme de cette décision sur la pratique religieuse, la formation du clergé, et la perception publique reste à voir, surtout en dehors de l’Italie où des politiques similaires pourraient ou non être adoptées.

Et la situation en France…

La situation des prêtres gays en France en 2025 est complexe et influencée par plusieurs facteurs, y compris les politiques de l’Église catholique, la perception sociétale, et les évolutions récentes au sein de l’institution religieuse:

Politique de l’Église :

  • Doctrine Officielle: Officiellement, l’Église catholique maintient que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés » et que les hommes qui « pratiquent l’homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent la soi-disant culture gay » ne peuvent être ordonnés. Cependant, les nouvelles directives italiennes de 2025, qui permettent aux hommes ouvertement homosexuels de devenir prêtres sous certaines conditions, pourraient influencer les pratiques en France, bien que cela ne soit pas spécifiquement confirmé pour le contexte français.
  • Cachotterie et Double Vie: Beaucoup de prêtres homosexuels en France vivent dans le secret, craignant l’exclusion ou la stigmatisation. Il y a une tension entre la vie privée et les obligations publiques de leur ministère.

Perception Sociétale :

  • Évolution des Attitudes: La société française a une vision de plus en plus inclusive de la diversité sexuelle et de l’égalité des droits, mais cela ne se traduit pas nécessairement par un changement radical dans l’Église catholique. Les prêtres gays peuvent trouver un soutien dans certaines communautés ou paroisses, mais dans d’autres, ils doivent rester discrets.
  • Débats et Visibilité: Des groupes et des prêtres individuels tentent de faire avancer la cause de la reconnaissance et de l’acceptation des personnes homosexuelles au sein de l’Église. Par exemple, certains prêtres ont participé à des manifestations pour les droits LGBT+ ou ont fait leur coming out, contribuant à la sensibilisation et au dialogue.

Développements Récents :

  • Déclarations du Pape: Les commentaires du pape François sur les prêtres homosexuels, bien qu’ambivalents à certains moments, ont inclus des apologies pour des propos offensants et des gestes d’ouverture, comme la bénédiction des couples de même sexe, ce qui peut influencer les attitudes dans l’Église en France.
  • Mouvements Internes: Il existe des initiatives au sein de l’Église en France pour mieux accueillir les personnes homosexuelles, avec des groupes de soutien et des discussions sur l’homosexualité dans le cadre de la pastorale. Environ 20 à 30 des 90 diocèses français ont créé des groupes spécifiques pour les personnes homosexuelles.

En 2025, la situation des prêtres gays en France est marquée par une tension entre la doctrine officielle de l’Église et les évolutions sociétales vers une plus grande acceptation de la diversité sexuelle. Bien qu’il y ait des signes d’ouverture dans certains cercles, la vie pour les prêtres gays reste souvent marquée par la discrétion et la lutte pour concilier leur identité personnelle avec leur rôle dans l’Église.

Connais-toi toi-même…

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux »

Une phrase aussi ancienne qu’énigmatique, un phare intemporel qui guide l’humanité à travers les âges. Ce précepte transcende les époques et s’inscrit dans une quête universelle de sagesse, de vérité et de compréhension des mystères de l’existence.

Cette maxime, à la fois simple et profonde, invite à une introspection radicale. Elle suggère que la clé pour appréhender les lois de l’univers et les forces divines réside dans la connaissance de soi. Mais que signifie vraiment « se connaître soi-même » ? Est-ce simplement comprendre ses émotions et ses pensées ? Ou bien cela implique-t-il une plongée plus profonde, une exploration spirituelle qui connecte l’individu au cosmos tout entier ?

De la Grèce antique aux traditions initiatiques du monde entier, cette invitation à la connaissance de soi s’est propagée comme un appel universel. Elle a inspiré des philosophes comme Socrate, des mystiques, des écoles de pensée ésotériques et des pratiques spirituelles. Chaque courant y a vu un chemin vers l’éveil intérieur, une voie pour transcender l’ego et s’unir au divin.


Origines historiques de la maxime

Le temple d’Apollon à Delphes : un centre sacré de sagesse

L’inscription « Connais-toi toi-même » (Gnothi seauton, γνῶθι σεαυτόν) était gravée sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes, l’un des lieux les plus sacrés de la Grèce antique. Ce sanctuaire, situé au pied du mont Parnasse, était bien plus qu’un lieu de culte : il était le cœur spirituel, philosophique et prophétique de l’époque. Les pèlerins s’y rendaient pour consulter l’oracle de la Pythie, la prêtresse d’Apollon, afin de recevoir des conseils divins sur des questions personnelles, politiques ou spirituelles.

Delphes incarnait aussi une vision cosmologique : selon la mythologie grecque, il était considéré comme l’omphalos, le nombril du monde, un point central reliant le ciel, la terre et les enfers. Le temple lui-même symbolisait cet alignement cosmique, et les maximes gravées à son entrée invitaient à la réflexion et à la sagesse universelle.

L’origine de la maxime : une sagesse collective

L’attribution de l’adage « Connais-toi toi-même » reste sujette à débat. Bien que cette pensée soit indissociable de la philosophie socratique, elle est souvent associée aux Sept Sages de la Grèce, des figures semi-légendaires représentant la sagesse pratique et éthique. Parmi eux, Chilon de Sparte, connu pour ses aphorismes concis, aurait contribué à populariser cette maxime.

Socrate, cependant, lui a conféré une profondeur philosophique inégalée. Pour le philosophe, cette maxime n’était pas un simple conseil, mais une quête existentielle : l’examen constant de soi-même était une condition nécessaire pour atteindre la vertu et la sagesse. Il déclarait lors de son procès, tel que rapporté dans l’Apologie de Platon : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. » En ce sens, il faisait de la connaissance de soi une obligation morale et un chemin vers le divin.

La deuxième partie : une pensée ésotérique et tardive

La formule complète, « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux », ne figure pas dans les inscriptions originales retrouvées à Delphes. Cette extension, bien qu’apocryphe, reflète une évolution de la pensée grecque vers des horizons plus mystiques et ésotériques. Elle est probablement issue des courants philosophiques et spirituels postérieurs, tels que le néoplatonisme ou l’hermétisme, qui voyaient une relation directe entre l’homme, l’univers et le divin.

Dans ces courants, l’homme est considéré comme un microcosme (un reflet en miniature) du macrocosme (l’univers dans son ensemble). Cette idée, popularisée par des penseurs comme Plotin, s’enracine dans la conviction que l’être humain, par sa nature intérieure, contient une image ou un écho des lois universelles. Ainsi, en explorant son âme et ses profondeurs, il peut accéder à une compréhension des mystères cosmiques et divins.

Le rôle du temple dans l’expérience initiatique

L’inscription gravée au temple d’Apollon ne devait pas seulement être lue, mais méditée. Le voyage à Delphes était, pour beaucoup, une quête initiatique. Avant de consulter la Pythie, les pèlerins, devaient se purifier, accomplir des rites sacrés et réfléchir à leur questionnement intérieur. Cette préparation était en elle-même une forme d’introspection, alignée avec la maxime.

Le temple et son oracle étaient donc un cadre propice à la recherche de soi. Le message « Connais-toi toi-même » servait de rappel fondamental : avant de chercher des réponses à l’extérieur, il fallait regarder à l’intérieur. La quête de sagesse, dans cette perspective, ne pouvait commencer qu’à travers une compréhension claire de son propre être.


Approche mystique et philosophique

La quête d’introspection : un voyage intérieur

La maxime « Connais-toi toi-même » constitue une invitation à un voyage d’introspection radicale, un retour à l’essentiel de l’être. Elle engage l’individu à tourner son regard vers l’intérieur pour explorer les profondeurs de son âme. Dans une perspective mystique, cette démarche n’est pas qu’un exercice intellectuel : elle est une véritable quête spirituelle, où l’âme humaine est perçue comme le miroir de l’univers et un fragment du divin.

Cette introspection vise à dénouer les illusions de l’ego et à révéler l’essence pure et immuable de l’être. Ce processus est souvent décrit comme un dépouillement : il s’agit de traverser les couches de conditionnements, de désirs et de peurs pour atteindre une vérité fondamentale.

L’être humain : microcosme du macrocosme

Les traditions mystiques, telles que l’hermétisme ou les courants ésotériques, enseignent que l’être humain est un microcosme, une représentation miniature du macrocosme qu’est l’univers. Cette idée repose sur le principe hermétique de correspondance :

« Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. »

Selon cette vision :

Le corps humain reflète l’univers : L’organisation de l’univers, avec ses cycles et ses équilibres, trouve une résonance dans le fonctionnement du corps et de l’âme humaine. Par exemple, les rythmes cardiaques ou respiratoires peuvent être comparés aux cycles cosmiques.

Les lois universelles s’appliquent à l’âme : Les dynamiques universelles – création, destruction, renouvellement – se retrouvent dans les expériences humaines de naissance, de mort et de transformation spirituelle.

Plonger dans ses propres mécanismes, émotions et pensées permet donc de découvrir les lois qui régissent l’ensemble du cosmos. Cette compréhension intime, presque intuitive, transcende les limites du savoir rationnel.

La connaissance des dieux : une résonance avec le divin

Dans la philosophie antique, les dieux ne sont pas perçus uniquement comme des entités surnaturelles extérieures à l’homme. Ils incarnent des principes universels ou des archétypes fondamentaux :

Apollon, par exemple, symbolise la lumière, l’harmonie et la raison.

Dionysos, à l’opposé, représente l’extase, la passion et la transcendance des limites.
Connaître les dieux signifie alors entrer en résonance avec ces forces qui agissent à la fois dans l’univers et dans l’homme. Cette connaissance est double : elle est à la fois une prise de conscience des dynamiques universelles et une intégration de ces forces en soi.

Les traditions ésotériques enseignent que le divin ne peut être compris qu’en reconnaissant sa manifestation à travers l’âme humaine. En se connaissant pleinement, l’individu devient le canal par lequel le divin s’exprime, retrouvant ainsi son unité avec le tout.

L’introspection selon Socrate : un fondement philosophique

Pour Socrate, la maxime « Connais-toi toi-même » n’était pas qu’une devise mystique, mais une base éthique et philosophique. Dans ses dialogues rapportés par Platon, Socrate insiste sur le fait que :

Ignorer sa véritable nature, c’est vivre dans l’illusion : Les désirs démesurés, les ambitions mal placées ou l’arrogance proviennent d’un manque de connaissance de soi. En identifiant ses limites, ses faiblesses et ses aspirations, l’individu peut se libérer des illusions et des faux attachements.

La connaissance de soi mène à la vertu : Pour Socrate, se connaître permet de vivre une vie juste et harmonieuse, en accord avec sa propre nature et avec les lois universelles.

Cette quête introspective n’était pas une fin en soi pour Socrate. Elle servait de moyen pour atteindre la sagesse et comprendre le monde. Socrate voyait dans la recherche de soi une porte d’entrée vers la connaissance des vérités éternelles, à la fois personnelles et universelles.

Une quête d’éveil spirituel

Dans une perspective plus contemporaine, la maxime « Connais-toi toi-même » peut être interprétée comme un appel à l’éveil spirituel. En dépassant la connaissance superficielle de son identité (rôle social, apparences), l’individu peut accéder à une dimension plus profonde de lui-même, où il perçoit sa connexion avec l’univers et le divin.

Cette introspection devient alors un chemin de transformation :

Elle transcende l’ego : L’individu réalise que son existence personnelle est intimement liée à une réalité plus vaste.

Elle offre une unité intérieure et extérieure : En se connaissant, on découvre que l’univers et les lois qui le gouvernent ne sont pas séparés de soi.

Ainsi, la quête de soi devient la clé d’une compréhension plus large, où l’humain, l’univers et le divin sont perçus comme un tout indissociable. Cette réalisation constitue le cœur des traditions mystiques et philosophiques depuis l’Antiquité.


Parallèle avec les voies initiatiques

Les voies initiatiques, qu’elles soient occidentales ou orientales, reposent sur l’idée que la connaissance de soi est la clé d’une transformation profonde, permettant à l’individu d’accéder à des vérités supérieures et à une dimension transcendante. Cette quête initiatique, inspirée par la maxime « Connais-toi toi-même », guide les chercheurs à travers des rituels, des enseignements et des pratiques introspectives, les conduisant du profane à l’éveil spirituel.

La Franc-maçonnerie : le voyage de la pierre brute à la pierre polie

Dans la Franc-maçonnerie, la connaissance de soi est symbolisée par le travail de l’apprenti sur la pierre brute, représentant l’individu non formé, encore prisonnier de ses imperfections et de ses illusions. À travers les rituels maçonniques et les enseignements ésotériques, l’apprenti apprend à :

Explorer ses forces et ses faiblesses : Il s’agit d’une introspection approfondie visant à identifier les aspects de soi qui nécessitent un travail d’amélioration.

Harmoniser ses passions et ses pensées : La maîtrise de soi est une étape clé dans le processus d’évolution. Cela permet de canaliser ses énergies pour les mettre au service d’un but plus élevé.

Tendre vers la perfection spirituelle : La pierre brute, travaillée et polie, devient une pierre parfaite, prête à s’intégrer dans l’édifice symbolique du Temple. Ce temple représente à la fois l’humanité unifiée et l’univers harmonieux.

La franc-maçonnerie illustre donc parfaitement la maxime « Connais-toi toi-même » en plaçant l’introspection et la transformation intérieure au cœur de son chemin initiatique. Ce processus n’est pas une fin en soi, mais un moyen de servir un idéal plus grand : l’unité de l’humanité et l’élévation spirituelle.

L’hermétisme et l’alchimie : l’union du matériel et du spirituel

Les enseignements hermétiques, qui trouvent leur source dans les écrits attribués à Hermès Trismégiste, considèrent que la connaissance de soi est inséparable de la compréhension des lois universelles. L’adage hermétique « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » résume cette vision : l’homme, en tant que microcosme, contient en lui les clés pour comprendre le macrocosme.

Dans l’alchimie, la quête de la pierre philosophale est aussi une métaphore du processus de transmutation intérieure. Les étapes alchimiques, telles que la calcination, la dissolution, la coagulation, et les œuvres, noir, blanc et rouge, représentent :

Le dépouillement de l’ego : Les impuretés de l’âme, représentées par la matière brute, sont éliminées à travers un travail introspectif intense.

L’unification des opposés : L’alchimie cherche à réconcilier les dualités (matériel et spirituel, masculin et féminin) pour atteindre l’unité intérieure.

La transmutation spirituelle : L’achèvement du Grand Œuvre symbolise l’illumination et la fusion avec le divin.

L’hermétisme et l’alchimie, à travers leurs enseignements mystiques et symboliques, démontrent que la connaissance de soi est un processus actif de transformation qui mène à l’éveil spirituel et à l’union avec les lois de l’univers.

Les traditions orientales : le chemin vers l’unité cosmique

Les traditions orientales, telles que le soufisme, le yoga et le bouddhisme, intègrent également l’introspection comme pilier de leur chemin initiatique :

Dans le soufisme, la quête de soi est associée à l’amour divin. Le soufi, à travers la méditation, la prière et la danse mystique (comme le samâ), cherche à dépasser son ego pour s’unir à Dieu, qu’il perçoit comme la vérité ultime résidant en lui-même.
Dans le yoga, la connaissance de soi est le fruit de pratiques telles que la méditation, les postures (asanas) et la respiration (pranayama). Ces disciplines permettent de calmer le mental, de prendre conscience de son essence spirituelle et de s’unir à l’énergie cosmique (Brahman).

Dans le bouddhisme, la méditation introspective vise à comprendre la nature éphémère et interdépendante de l’existence. Le pratiquant découvre que son ego est une illusion, et qu’en transcendant cette illusion, il peut atteindre l’éveil ou le nirvana, une expérience d’unité avec le tout.

Ces traditions partagent une conviction commune : l’introspection et la maîtrise de soi ne mènent pas seulement à une meilleure compréhension individuelle, mais à une réintégration dans l’unité cosmique.

Convergence des voies initiatiques

Bien que les voies initiatiques diffèrent dans leurs formes et leurs pratiques, elles convergent vers une même vérité : la connaissance de soi est le chemin vers l’unité avec l’univers et le divin. En plongeant dans les profondeurs de leur être, les initiés découvrent :

Leur lien intrinsèque avec l’univers : L’homme n’est pas une entité séparée, mais une partie intégrante d’un tout.

Une dimension transcendante : La quête initiatique dépasse les préoccupations matérielles pour accéder à des vérités spirituelles universelles.

Cette convergence souligne l’intemporalité et l’universalité de la maxime « Connais-toi toi-même », qui reste une pierre angulaire des traditions spirituelles et mystiques. À travers les âges et les cultures, elle guide ceux qui cherchent à transcender leur condition humaine pour accéder à une compréhension supérieure de l’existence.


Connais-toi toi-même : un pèlerinage intérieur

« Connais-toi toi-même » est une étoile ancienne, gravée dans le firmament de l’âme humaine, une clé sacrée qui déverrouille les mystères de l’univers et des dieux. Elle murmure que tout voyage, qu’il soit vers les cimes du savoir ou les profondeurs du cosmos, du nadir au zénith, commence par une descente dans les abysses de son propre être.

Dans le silence de l’introspection, elle révèle que la quête de soi n’est pas un repli égoïste, mais un pèlerinage sacré vers l’unité. En chaque battement de cœur, en chaque souffle, résonnent les lois universelles ; l’homme devient alors le miroir du divin, et l’univers s’épanouit en lui.

Cette maxime, telle une flamme éternelle, éclaire le chemin des âmes en quête de vérité. Elle n’offre pas seulement des réponses, mais une harmonie, un élan vers l’infini, et la promesse d’un sens profond dans le grand mystère de l’existence.

Si c’est pas toi, c’est donc ton frère !

…de la franc-maçonnerie comme « famille recomposée »

« L’Eternel dit à Caïn : où est ton frère Abel ? Il répondit : je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? Et Dieu dit : Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi.
Maintenant tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre ».

Genèse 4, versets 9 à 12.

Ce passage biblique pourrait presque nous apparaître comme le compte-rendu d’une Cour d’Assises, où le président annoncerait le verdict après le meurtre d’Abel par Caïn ! En tout cas, la Genèse ne se place pas sous les auspices d’un optimisme délirant et insinue l’idée, ou le constat, que le ver est dans le fruit, comme le serpent tentateur rôdant dans le jardin d’Eden afin de conduire Eve et Adam à la transgression de l’interdit !

Mais ce que nous dit surtout le texte, c’est que le mal prendrait naissance dans la famille : point d’ennemis à l’extérieur, mais une bonne haine recuite au sein même de ce qui apparaîtrait comme un milieu protecteur, un retour à une situation fœtale espérée et fantasmée, d’avant la « chute » ». Ce n’est que le commencement de la désillusion : le reste de la Bible n’épargne pas les trahisons familiales, les perversions exercées sur les proches, les meurtres perpétrés sous formes d’infanticide ou de parricides, les incestes, etc. J’en passe et des meilleures !

A un point que les ennemis pourraient presque apparaître pour des « enfants de chœur » à côté des joyeusetés familiales. Force est de constater qu’à la lecture d’autres textes « sacrés », de cultures diverses, nous y découvrons les mêmes turpitudes. La famille, lieu d’après le départ du ventre maternel, devient l’adaptation brutale au réel du désir du sujet langagier, donc porteur du symbolique. Dès lors, la famille devient le lieu fondamental, le laboratoire où s’expérimente ce qui fera caresse ou cicatrice dans la vie d’adulte.

Peu importe ce que nous devenons socialement par la suite, nous traînons toute notre existence, à nos basques, le vécu familial, avec plus ou moins de bonheur. Avec, en toile de fond, le désir de tenter, coûte que coûte, de poursuivre le cocon familial si l’ambiance familiale fut bonne ou de réparer cette dernière en « réglant des comptes » ou en surinvestissant certains milieux comme étant la famille idéale qui manquait.

Famille courant dans la nature

Bien entendu, c’est l’échec dans les deux cas de figure : les groupes sont constitués sur un inconscient familial idéalisé, réparateur de celui d’origine, mais amalgame de désirs individuels différents, voire contradictoires et violemment opposés. Ce désir de « bonne famille » réparatrice va bien entendu fonctionner sur le mode de projections sur les autres, inconsciemment, avec la mise en place de la théâtralisation de problèmes affectifs non résolus, provenant de sa propre enfance, et qui subsistent à l’âge adulte constituant le vécu des groupes en large partie : nous avons tous l’expérience des problèmes de groupe qui agitent et perturbent, en dehors des objectifs déclarés, le milieu professionnel ou associatif. Le groupe génère-t-il un lieu de production matérielle ou intellectuelle ou un lieu de tentative de résolution de problèmes d’enfance refoulés, jamais résolus et handicapants, tentant de trouver une issue par le mécanisme de projection sur l’autre qui ne fait qu’être une image d’une figure familiale ?

La véritable histoire du grade de Maître

Bien entendu, la Franc-Maçonnerie, de par sa structure, est un milieu privilégié de ce fonctionnement propre à tout groupe humain, et en est même presque une caricature symbolique : des Frères et des Sœurs, enfants de la Veuve, dont le mari est assassiné par des parricides, (mais qui ressuscite en fin de compte !), l’initiation comme mise en scène de l’accouchement, etc… Nous pouvons naturellement y voir un parallélisme avec l’organisation symbolique catholique : Saint-Père, symbolique des Frères et des Sœurs dans les paroisses ou les ordres religieux, mort sacrificielle de Jésus, suivie de sa Résurrection, existence de la mère intouchable dans le culte marial, baptême-initiation donnant naissance à une nouvelle vie. Naturellement, la symbolique des deux structures (où, il convient de dire que la Maçonnerie a beaucoup emprunté à l’Église !) va déclencher et amplifier ce qu’il en est des projections inconscientes.

I-LA FRANC-MACONNERIE COMME ENTRÉE DANS LE « ROMAN FAMILIAL ».

Dès le départ, nous savons que la famille baigne dans l’imaginaire à-travers le roman familial, notion que Freud élabore dès 1898, remarquant que les névrosés (et les autres !) avaient tendance à idéaliser leurs parents et à vouloir leur ressembler pour être aimés et donc d’adopter leurs idéaux du moi les concernant. Ensuite, ils faisaient le discernement et entraient en rivalité sexuelle avec le père ou la mère, choisissant peu à peu leur moi idéal, reflet de leurs désirs à eux. En 1909, dans un article rédigé spécialement pour l’ouvrage d’Otto Rank (1) : « Le mythe de la naissance du héros », Freud va utiliser pour la première fois l’expression « roman familial » pour désigner une construction inconsciente dans laquelle la famille inventée ou adoptée symboliquement par le sujet revêt toutes les qualités que n’a pas la famille réelle du sujet. Freud développera cette théorie dans d’autres ouvrages : « Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci », « Totem et tabou », « L’homme Moïse et la religion monothéiste ». En général, le « héros » de cette histoire est recueilli par une famille de classe sociale inférieure à la suite d’une malédiction : Moïse, Romulus et Remus, et naturellement Œdipe , en sont les parfaites illustrations. Ils sont appelés à reconquérir leur place après toute une épopée à l’issue de laquelle le héros tue le père qui l’avait abandonné. La psychanalyse voit dans ce mécanisme deux orientations :

  • Le déni de l’Œdipe à l’intérieur de la famille réelle : « je dois me venger d’un père lointain qui m’a abandonné, contre l’avis de ma mère qui m’aimait, et qui m’a ainsi contraint à cohabiter avec ces gens inférieurs avec lesquels je me trouve actuellement ». Ce montage inconscient permet d’atténuer la culpabilité : haïr le père réel et désirer la mère réelle a moins de conséquence puisqu’ils ne seraient pas les « vrais parents ».
  • Maintenir le narcissisme dans une période de trouble et de construction de la personnalité : « Je sens que je ne suis pas à ma vraie place avec ces gens médiocres. Je dois mériter mieux en tant que fils de « quelqu’un », ce qui me permet, en « prince », de haïr de façon justifiée ce père qui ne serait pas le vrai et qui me bloquerait l’accession aux plus hautes fonctions » …

La psychanalyste Mélanie Klein (Photo à gauche) avance l’idée que la haine est constituante pour le développement de la personnalité de l’enfant à-travers son imaginaire, et qui doit aboutir, dans l’âge adulte, par la maîtrise des tendances destructives. Pour elle, cette tendance n’étant pas dépassée conduit à la perversion par la continuité de l’imaginaire infantile.

Ce dépassement, ce « meurtre du père », qu’il convient de réaliser pour « naître à soi » n’est naturellement pas facile à réaliser car il véhicule la peur de n’être plus aimé ou d’avoir à subir des représailles de la figure tutélaire (le fameux fantasme de la « castration » » !). Ce conflit interne « ça laisse des traces » névrotiques qui souvent se prolongent dans la vie adulte sous des formes variées et, considérablement, influencent notre rapport à l’autre, au « prochain », car l’inconscient joue sa carte : nous projetons allégrement sur lui les images parentales, celles qui eurent lieu ou celles qui furent souhaitées. Il y a donc un profond décalage entre ce que je projette sur l’autre et ce qu’il est réellement, d’où une incompréhension latente chez les sujets qui se rencontrent. Ce qui faisait dire à Jacques Lacan : « Aimer, c’est donner ce que je n’ai pas à quelqu’un qui n’en veut pas » !

Je parle dès lors à un autre qui n’est pas lui afin de dire à une figure parentale enfouie en moi : « Est-ce que tu es satisfait de moi et suis-je en accord avec ce que tu souhaitais ? » Naturellement, l’autre plongé dans la même dialectique que moi, n’est pas concerné par la réponse inconsciente souhaitée, d’où la naissance de l’agressivité, voire de la haine envers lui : la destruction de la personne qui ne me reconnaît pas devient un impératif pour me prouver à moi-même que j’existe : « Mes Frères me reconnaissent comme tel » peut fonctionner, à contrario, dans la destruction de l’autre. La famille réelle ou symbolique est ce lieu étrange où s’élaborent à la fois la vérité du rapport, mais aussi et surtout un incroyable jeu de projections. La famille, c’est du cinéma permanent, comme nous le dit Oscar Wilde dans l’un de ses aphorismes (2) : « La famille, c’est tout simplement une meute de gens assommants qui n’ont pas la plus faible idée de la façon dont il convient de vivre et sont dénués du moindre instinct concernant le moment où il convient de mourir » !…

II- SACRE FAMILLE MACONNIQUE !

Il convient de dire que nous n’avons pas choisi la facilité dans le symbolique en attirant, par le sens même de l’institution familiale que nous présentons comme idéal, une kyrielle de Frères et de Sœurs qui ont des choses à dire à leur propre famille à-travers celle qui, symboliquement, représente une forme de lieu de résolution de problèmes point encore résolus. La famille symbolique ou non a pour fonction de faire pont entre naissance et disparition, de trouver une amarre qui justifie un rattachement à « quelque chose », d’être « en cordée ». Le suicidaire est celui qui n’arrive plus à toucher, qui ne se rattache à rien, tel le personnage de Drieu La Rochelle (à droite sur la photo) dans « Le feu-follet » (3), cet homme qui explique que les autres ne font plus traces en lui.

Le rôle théorique de la famille serait aussi d’autoriser l’altérité, la sienne et celle des autres et ce, par le langage. Ce que le philosophe Paul Ricoeur écrit dans « De l’interprétation » (4) : « C’est dans cette liaison du sens au sens que réside ce que j’ai appelé le plein du langage. Cette plénitude consiste en ceci que le second sens habite en quelque sorte le premier. Cette juxtaposition de sens donne un langage particulier à la famille, une orientation quasiment tribale, où le langage véhicule le mythe des ancêtres, le dit, les légendes de la famille, ce qui est en suspens dans le non-traduit qui ne demande pas forcément à l’être » …

Les choses ne sont pas simples car les demandes déçues dans la première expérience familiale vont s’en trouver décuplées dans la seconde, symbolique. Dans cette famille « inventée », on va tenter d’intégrer, voire d’absorber un nouvel élément nommé « profane » (donc qui n’était pas de la famille) avec un nouvel imaginaire, un nouveau langage, de nouveaux mythes que nous pourrions appeler « tribaux ». A l’individualisme de la famille nucléaire succède le groupe élargi. Naturellement, tout cela n’est pas sans conséquences sur des sujets impliqués (que l’on nomme « initiés » si le groupe décide qu’ils peuvent « faire partie de la famille » et reconnus comme tels !). Voyons quelques-unes de ces conséquences :

  • Le devoir de fidélité. La situation d’initié réactive le « roman familial » soit dans un sens, soit dans un autre : où les nouveaux frères, et notamment le Vénérable Maître, deviennent la famille idéale tant attendue et parée de toutes les vertus, soit un sentiment de culpabilité les gagnent par rapport aux anciens contacts. Ce qui laisse un sentiment d’amertume et bientôt d’agressivité qui peuvent conduire, inconsciemment, à une rupture avec le nouveau groupe pour retrouver l’ancien après moult actions qui rendent impossible tout règlement pacifique avec le groupe. Ce qui fait dire à un humoriste, Maçon, dit : « Il y a quatre étapes en Maçonnerie : Apprenti, Compagnon, Maître, déçu ! »
  • De la place des « demi-frères et demi-sœurs » dans la loge. La réactivation de l’œdipe entre de nouveau en scène, avec l’amour et la haine liés à ce réveil et le rapport avec les figures symboliques qui comptent plus que les personnalités réelles. Concernant la « fratrie », ils peuvent être vécus comme des sujets étranges qui auraient « une part » d’eux, mais pas totalement. Des sortes d’hybrides de soi-même dans lesquels on se reconnaît qu’à demi, mais avec lesquels aussi une sympathie peut naître, non entravée par un passé concurrentiel avec les vrais frères et sœurs. Des alliances transférentielles se forment souvent et un étrange sentiment de sérénité ou de fraternité se développe qui se traduit par une certaine fierté à annoncer : « Celui-ci, ou celle-là, est mon frère ou ma soeur » !
  • S’insérer dans le regard des autres : de la sympathie à la haine plus ou moins dissimulées. Trouver sa place symbolique n’est pas une chose simple : faut-il user de violence pour se poser ou s’effacer dans la séduction ? La loge, à titre collectif et individuel, va recevoir le nouveau venu en fonction de critères qui, inconsciemment, varient d’un sujet à l’autre et représente une double projection :
  • De sympathie, car il représente un pan de la vie représentant de bons souvenirs.
  • De haine, car il peut rappeler des « autres », porteurs d’expériences douloureuses, de ratages, images d’un naufrage passé que l’on a constamment sous les yeux. Même le physique du nouvel arrivant joue dans la condition de son accueil ou de son rejet, ce dernier faisant écho en nous à la trame du passé. A-travers la Franc-Maçonnerie, famille de substitution, le sujet s’adresse à la sienne, haine comprise parfois !

III- AU-DELA D’EROS ET THANATOS EXISTE T’IL UNE ETHIQUE POSSIBLE ?

Bien évidemment, la Franc-Maçonnerie a tout de l’image d’une famille recomposée, avec tout ce que cela suppose de violence latente ou déclarée et parfois de passions réactivées par le cadre même de l’institution et des fantasmes générés. C’est aussi un espoir en « quelque chose de mieux », mais également lieu de souffrance possible lié à une réalité ou à un imaginaire qui est la confrontation à des dimensions qui frisent parfois l’insupportable. Ce que nous dit Paul Ricoeur de nouveau (5) : « Les expériences de la pensée que nous conduisons dans le grand laboratoire de l’imaginaire sont aussi des explorations menées dans le royaume du bien et du mal. Transvaluer, voire dévaluer, c’est encore évaluer. Le jugement moral n’est pas aboli, il est plutôt lui-même soumis aux variations imaginatives propres à la fiction ». Paul Ricoeur (à gauche sur la photo) nous dit indirectement que toute construction imaginaire, et la famille en est une (qu’elle soit nucléaire ou symbolique), n’échappe pas à l’éthique. Est-ce un espoir ou un vœu pieux ?

A l’actif de la Franc-Maçonnerie, se trouve la grande lucidité que la violence est le propre de l’homme et que sa résolution en serait dans la création de rituels canalisant et symbolisant cette violence, ce que nous constatons à leur lecture ou pratique : c’est un festival de noirceur avec ses menaces d’égorgement, d’arrachement du coeur, d’éviscération, de meurtres divers dont celui de l’image du père, le tout, sous-tendu par des discours moralisateurs sonnant faux. Mais, au-delà des apparences, la réflexion est bonne : faire vivre une violence symbolique rituélique pour contrôler la vraie, celle qui échappe au langage et à la théâtralisation. Intéressante expérience qui réduit la tension, mais ne la supprime pas, car apparaît une autre dimension au fil du travail d’approfondissement : la découverte que le combat n’est pas extérieur à nous, mais se livre en nous. Une sorte de « Jihad » où l’extérieur n’est que la projection du conflit interne. Ce dernier est l’affrontement permanent entre Eros et Thanatos, entre l’amour donc la vie et le désir de mort pour l’autre. Si ce qui me pousse à chercher l’amour de l’autre est plus fort en moi, je vais tenter de me projeter vers les autres pour tenter de capter leur affection ; si c’est le contraire l’envie de les détruire va me gagner afin de ne pas retourner sur moi l’instinct de mort. Peut-être que je vais même y prendre plaisir à cette destruction et m’engager dans la perversion. C’est ce que nous pouvons noter parfois, dans nos loges, avec amertume.

La Maçonnerie, comme tout groupe familial symbolique a le courage du discernement et ne se raconte pas de fable au-delà de ses symboles. Elle participe pleinement à l’aventure humaine avec ses hauts et ses bas, tentant de faire émerger la lumière encore captive d’une gangue noire.

Elle se veut un cierge dans les ténèbres et veille à ce que les vents mauvais ne l’éteignent pas.

NOTES

Rank Otto : Le traumatisme de la naissance. Paris. Editions Payot. 1976

(1) Rank Otto : Le mythe de la naissance du héros. Paris. Editions Payot. 1983.

(2) Wilde Oscar : Aphorismes. Paris. Editions Arléa. 2000. (Page 183).

(3) Drieu La Rochelle : Le feu Follet. Paris. Editions la République des Lettres. 2023.

(4) Ricoeur Paul : De l’interprétation. Essai sur Freud. Paris. Editions du Seuil. 1965.(Page 39).

(5) Ricoeur Paul : Soi-même comme un autre. Paris. Editions du Seuil. 1992. (Page 194).

BIBLIOGRAPHIE

Freud Sigmund : Au-delà du principe de plaisir. Paris. Editions Payot. 2010.

Levi-Strauss Claude : L’exercice de la parenté. Paris. Editions Gallimard / Le Seuil. 1981.

Pontalis J.B. : L’enfant des limbes. Paris. Editions Gallimard. 1998.

Vient de paraître « Fraternité Internationale Laïque N°14 »

Je suis très fier de présenter aux lecteurs le 14ème numéro de FIL, la revue numérique mensuelle de l’association Fil – Infos – Loges, que nous présentons désormais sous le titre de Fraternité Internationale Laïque.

Vous trouverez au sommaire :

  • Un édito sur « La Fraternité, une voie vers la Paix »
  • Fraternité et Arétécratie : Le Chemin vers l’Unité Mondiale de Milton Arrieta-López
  • Le manque de fraternité, un risque réel pour l’humanité de Giordano BRUNEAU
  • Le hurlement du loup ou comment essayer de se mettre dans la peau d’un loup par Michel Renault
  • Se parler, une nécessité pour être fraternel ! Gilles Théron.
  • Gardons l’espoir face à la crise planétaire ? Leo Goeyens.
  • Les Arts Royaux de Gérard Baudou-Platon.
  • La figure du héros et son évolution – Quand la victime devient un modèle par Odile Grisver.
  • La guerre civile espagnole et ses lendemains – Jean-Luc Vidal.
  • La pensée de Rudolf Steiner : Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Sylvie Moy
  • Comprendre la survenue d’émotions par Mateo Simoita.
  • Quelle place pour les femmes en franc-maçonnerie ? par Pauline Léon.

Soit onze contributeurs, pour la plupart francs-maçons mais aussi quelques profanes ! La plupart français mais aussi des USA et de Belgique !

Pour téléchargez gratuitement ce numéro il suffit de cliquer sur ce lien !

Votre ressenti, votre critique, nous aidera pour essayer de faire mieux ! Merci d’avance !

Plus d’info sur le site de l’association: www.webfil.info

La Franc-maçonnerie grecque de Nauplie à Argos

De notre confrère grec argolikeseidhseis.gr

Franc-maçonnerie. Un mot, mais de nombreuses conjectures et arguments autour de sa signification. Le terme est également connu sous le nom de franc-maçonnerie ou Franc-maçonnerie . Selon le « Dictionnaire utile de la langue grecque moderne » de l’Académie d’Athènes (éd. 2014), la franc-maçonnerie est une organisation secrète mondiale dotée d’une hiérarchie stricte, connue pour ses rituels et la solidarité de ses membres. 

Le mot franc-maçonnerie vient du français maçonnerie, qui remonte à 1280 et qui à son tour vient du mot maçon= bâtisseur.

La Franc-maçonnerie en Grèce

L’histoire de la franc-maçonnerie dans notre pays commence bien avant la fondation du nouvel État grec, car de nombreux Grecs éminents vivant en Europe ou dans les Balkans ont été initiés aux idées de l’organisation ainsi qu’aux loges maçonniques à l’étranger.

En Grèce, la première loge maçonnique fut fondée à Corfou en 1781, alors sous occupation vénitienne, sous le nom de « Beneficenza » (Bienveillance), qui appartenait à la grande loge de Vérone, en Italie.

D’après les preuves dont nous disposons, la comtesse d’Ionie a constitué le noyau de la propagation de la franc-maçonnerie en Grèce. Au début des années 1800, deux loges opéraient à Corfou : « Agathorgia » qui s’était jointe à la « Filogenia » francophone et Saint Napoléon qui fut fondée en 1809 par le « Grand Orient » de France, la Loge « Enosis » à Lefkada, dans laquelle quelques années plus tard fut initiée l’un des fondateurs de Philiki Etairia, Emmanuel Xanthos.Peu de gens savent que la première loge maçonnique de la Grèce libre a été fondée en 1826 à Nauplie, sous le nom de « Panellinion ». Cela ressort en fait d’une lettre de Jean-Baptiste Theotokos, habitant de Nauplie, au comte Dionysios Roma à Zakynthos, datée du 22 mai 1825, date à laquelle les travaux de création de la galerie commençaient peut-être.

Dans sa lettre il écrit :

« Par l’intermédiaire de l’archimandrite Zensos, je vous prie de m’envoyer tout ce qui est nécessaire pour que nous soyons éclairés, c’est-à-dire pour établir une loge maçonnique (LoggiaM.), seul moyen d’exciter et d’attirer les patriotes à la cause salvifique pour défendre ses droits pays mère etc. Tout autre système serait dangereux et créerait des désaccords entre nous, tant sur la disposition de l’institution que sur la réglementation acceptée alors que le système de M. établie depuis des siècles, elle ne demande pas beaucoup de travail, quand elle n’est pas mise en œuvre, nous pouvons lui donner une autre forme ; mais pour nous, le sort ici est que nous sommes toujours inaptes à entreprendre ces choses, c’est-à-dire enseigner, catéchiser. , etc. Je vous informe que mon ami M. Gerakaris retournera dans le Péloponnèse. Il serait donc bon qu’on m’envoie tout le nécessaire pour, par exemple, ouvrir la Loge maçonnique, ce que la plupart des Frères aimeraient avoir l’appartenance à la Loge maçonnique de Nauplie, écrit en latin, certifie son enregistrement et prie instamment toutes les autres loges à reconnaître son statut, à coopérer avec lui et à lui apporter toute assistance demandée.

Le « voile de mystère » autour d’Argos

Plus d’« obscurité » régnait à Argos quant à la présence de la franc-maçonnerie dans la région. Selon les preuves, après le couronnement de Georges Ier comme roi des Grecs en 1863, deux loges furent fondées à Argos. La première sous le nom de « Providence » fut fondée en 1863 et la seconde un an plus tard sous le nom de « Progress ». Il convient de noter qu’en 1864, en très peu de temps, 13 loges au total ont été fondées dans 8 villes, qui non seulement n’avaient aucune activité maçonnique au cours de leurs 35 années de liberté, mais étaient également strictement interdites.

30/01/25 à 8h30 à la GLDF : Petit-déjeuner d’échanges ouvert au public avec Jean-Jacques Hublin « la tyrannie du cerveau »

Tous les mois, la Grande Loge de France organise un petit-déjeuner d’échanges, ouvert à toutes et à tous, maçons ou non, avec une personnalité du monde culturel ou spirituel. En 2024, le fil directeur de ces rencontres a été « Croire ».

En 2025, ce fil directeur sera « l’humain, le vivant, la planète ».

  • Le jeudi 30 janvier à 8 h 30, en l’hôtel de la Grande Loge de France, 8 rue Louis Puteaux (Paris 17°) l’invité de ce premier petit-déjeuner sera Jean-Jacques Hublin (à droite), paléoanthropologue, professeur au Collège de France, membre de l’académie des sciences. Jusque récemment, Jean Jacques Hublin était également directeur du département Évolution de l’homme de l’Institut MaxPlanck d’anthropologie évolutionniste à Leipzig.

Interrogé par Dominique Losay (à gauche), 1er Grand Maître adjoint également en charge de la vie culturelle de la GLDF, il nous parlera de l’évolution de l’espèce humaine, son domaine de spécialité, autour de son dernier ouvrage « la tyrannie du cerveau ».

Jean Jacques Hublin a considérablement fait avancer la connaissance de l’évolution des homininés et il tient une place essentielle dans la paléoanthropologie. Son dernier livre connaît un retentissement important.

Ce sera donc un rendez-vous,  exceptionnel.

S’inscrire en cliquant ici

Il est également déjà possible de s’inscrire aux rendez-vous suivants :

Le petit-déjeuner suivant se tiendra le jeudi 20 février à 8 h 30. Monsieur Josef Schovanec interviendra sur le thème : « l’autisme, un autre regard sur le monde ».

S’inscrire ici

Le 20 mars, ce sera autour de Madame Marine Calmet, avocate et présidente de l’association écologiste « wild legal » ; le 10 avril le Professeur Philippe Sansonetti sera l’invité.

Nous vous rappelons que ces événements sont ouverts au public, à toutes et à tous, et en aucun cas réservés aux membres de la Grande Loge de France. Il est cependant indispensable de s’inscrire.

L’entrée est gratuite, mais une participation aux frais et des dons aux œuvres caritatives de la Grande Loge de France sont possibles en s’inscrivant.

Si vous voulez un avant-goût…