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25/09/25 – Ouverture des portes de l’initiation : l’OITAR invite le public à sa conférence à Paris

Dans un monde où les secrets de la franc-maçonnerie fascinent autant qu’ils intriguent, l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR) franchit une étape audacieuse : ouvrir ses mystères au grand public. Le 25 septembre prochain, à partir de 19h00, une conférence publique exceptionnelle se tiendra au Forum 104, au 104 rue de Vaugirard dans le 6e arrondissement de Paris. Organisée par OITAR IDF, cette soirée, qui s’étendra jusqu’à 22h30, promet d’éclairer – sans trop en révéler, bien sûr – les engagements qui guident la vie d’un franc-maçon au sein de cet ordre unique.

Fondé en 1974 au sein de la mouvance libérale et adogmatique de la franc-maçonnerie française, l’OITAR se distingue par son attachement exclusif au Rite Opératif de Salomon, un rituel en neuf degrés qui met l’accent sur le développement spirituel, le travail symbolique et la transmission orale des savoirs.

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Née de la volonté de neuf frères du Grand Orient de France, dont Jacques de La Personne, cette fraternité mixte – ouverte aux femmes et aux hommes – compte aujourd’hui environ 1 350 membres en France métropolitaine, outre-mer et à l’international (Belgique, Canada, Madagascar).

Contrairement aux obédiences traditionnelles, l’OITAR s’organise en fédération de loges souveraines, où chaque atelier garde une autonomie totale, sous réserve d’une stricte observance du rite.

Le thème de cette conférence, « Franc-maçonnerie, un art du vivre ensemble », résonne avec les valeurs fondamentales de l’ordre : un progrès personnel et collectif imprégné d’humanisme, invitant ses membres à devenir des citoyens « ouverts, lucides et responsables » au sein de la société.

L’événement sera animé en présence de Thomas Denicourt, Grand Maître Général de l’OITAR, un physicien de formation surnommé « Boulonnais, l’Épicurien du Savoir » pour sa passion contagieuse pour les symboles et la connaissance.

Initié il y a plus de vingt ans, Denicourt défend une maçonnerie comme un « espace privilégié de respiration », loin des clichés conspirationnistes, et ancrée dans une démarche initiatique moderne.

L’entrée est libre, mais l’inscription préalable est recommandée via HelloAsso ou en cliquant sur le lien dédié sur le flyer de l’événement. Pour tout renseignement, contactez idf@oitar.info. Cette conférence s’inscrit dans une série d’initiatives publiques de l’OITAR, comme celles récemment tenues à Marseille ou prévues à Troyes, visant à démystifier la franc-maçonnerie et à partager ses outils pour un « vivre ensemble » harmonieux.

En conclusion, cette soirée au Forum 104 n’est pas qu’une simple causerie : c’est une invitation à explorer l’Art Royal comme un chemin vers l’épanouissement collectif, où le sacré et le rationnel se rencontrent pour réenchanter le quotidien. Profanes et curieux, saisissez cette opportunité avant que les tabliers ne se ferment à nouveau !

Monde perdu, lumière retrouvée – L’abécédaire initiatique de Lauric Guillaud

Nous ouvrons ce livre comme nous pousserions une porte lourde et sculptée, avec la sensation d’entrer dans un cabinet de curiosités où les vitrines sont des alphabets et les cartes des songes. Lauric Guillaud a choisi la forme du dictionnaire, pourtant son abécédaire ne dresse pas une collection immobile.

DICTIONNAIRE du MONDE PERDU
DICTIONNAIRE du MONDE PERDU

Chaque entrée palpite, chaque toponyme imaginaire respire, chaque créature chimérique garde le souffle discret des légendes qui refusent de s’éteindre. Nous avançons de A jusqu’à Z comme nous traverserions une forêt d’emblèmes, et nous reconnaissons très vite que ce monde perdu relève moins du folklore exotique que d’une géographie intérieure. Le territoire que nous parcourons ne se situe pas seulement sur des plateaux amazoniens ou dans des îles qu’une Atlantide oublieuse aurait laissées derrière elle. Il s’enracine dans la nuit fertile où se recueillent nos peurs, nos élans, nos récits de fondation. Ce beau livre relié, à la tenue solide et à l’iconographie généreuse, nous rappelle que toute image se lit comme un signe et que tout signe ouvre une porte.

La genèse du mythe se déploie avec la lenteur majestueuse des ères géologiques. Au dix-neuvième siècle, Richard Owen forge le mot dinosaure et nous oblige à étirer notre temps intérieur. Georges Cuvier fait parler les couches du sol, et la paléontologie devient un art d’exhumation qui ressuscite des mondes ensevelis. Les reconstitutions savantes fascinant alors les foules installent dans les esprits une scène nouvelle où se rassemblent squelettes, empreintes, silhouettes d’animaux disparus. La notion de fossile vivant dérange la flèche rassurante du progrès et donne aux marges de la carte l’éclat d’un possible. Des récits jalonnent cette montée. Cutcliffe Hyne C. J. (1866 – 1944) propose sa nouvelle The Lizard à la fin du siècle. Sir Arthur Conan Doyle (1859 – 1930) esquisse une trouée avec The Terror of Blue John Gap et confie qu’une nuit de croisière en Grèce il crut voir surgir un plésiosaure. L’explorateur Percy Fawcett (1867 – 1925), colonel de son état, cherche un isolat primordial sur le mont Roraima et sur les mesas du Venezuela, comme si la géologie elle-même protégeait un plateau suspendu à l’abri des saccages du temps. La science et le roman s’approchent l’un de l’autre et se tendent la main par-dessus le gouffre des certitudes trop étroites. Le mythe trouve alors son lit et s’y installe avec une vigueur qui ne se dément plus.

Parce qu’il s’agit d’un dictionnaire, nous laissons l’abécédaire guider nos pas. Les noms communs d’abord deviennent des pierres d’attente. Dinosaure. Paléontologie. Fossile vivant. Plésiosaure. Mesa. Cryptozoologie telle que la redonnera plus tard le docteur Bernard Heuvelmans (1916 – 2001) avec un doute méthodique qui n’est pas crédule mais attentif. Atlantide comme horizon de mémoire blessée. Les noms propres ensuite forment la constellation des passeurs. Henry Rider Haggard (1856 – 1925)et Edgar Rice Burroughs nourrissent le rêve d’empires intérieurs. Joseph Henri Rosny Aîné (1856 – 1940) ouvre des galeries préhistoriques où palpite une éthique de la survie. Jules Verne porte la lampe sous la voûte terrestre. Steven Spielberg rend à la stupeur une chair contemporaine. Georges Cuvier et Richard Owen installent les cadres du regard. Bernard Heuvelmans demande un surcroît d’enquête. Nous voyons naître une lignée. Nous comprenons que le thème du monde perdu assemble savants, romanciers, cinéastes et voyageurs de l’âme autour d’un même chantier.

Arthur Conan Doyle le 1er juin 1914
Arthur Conan Doyle le 1er juin 1914

Au centre de cette constellation nous consacrons notre regard à Arthur Conan Doyle. Médecin formé au regard exact, voyageur des confins durant la guerre des Boers, écrivain que nous suivons de Baker Street aux plateaux oubliés, il avance avec deux lampes tenues ensemble. L’une éclaire le patient de chair et d’os. L’autre éclaire le patient de l’esprit, car Arthur Conan Doyle fréquente la Société métapsychique et s’engage en Franc-Maçonnerie. Ce double apprentissage façonne le professeur Challenger, figure haute en couleur qui ne craint ni l’hypothèse ni la vérification. Lorsque paraît The Lost World, l’Amazonie se change en salle d’initiation à ciel ouvert. Un isolat perché au sommet d’un monde, protégé par des falaises comme par un secret, héberge la survivance des règnes anciens. La fiction accueille les découvertes récentes de la paléontologie depuis le baptême des terribles lézards par Richard Owen jusqu’aux reconstitutions qui enflamment l’époque. La notion de fossile vivant dérange la chronologie commune. Arthur Conan Doyle entend ce frémissement et l’honore. Dans Le Monde perdu, la descente vers l’inconnu devient montée en conscience. Le plateau interdit fonctionne comme une chambre des épreuves. Nous apprenons la retenue devant ce qui précède l’homme et qui pourtant continue de nous juger.

Portrait de Flammarion par Eugène Pirou en 1883
Portrait de Flammarion par Eugène Pirou en 1883

Nous accordons une égale attention à Camille Flammarion (1842 – 1925). Savant conteur qui parle au grand public sans appauvrir la pensée, astronome attentif à la poésie des faits, il enseigne que la science moderne réveille les ancêtres de la Terre en fouillant les tombeaux de pierre. La résurrection des tombes déploie une liturgie de la mémoire. Le Monde avant la création de l’homme propose des images puissantes où les ères anciennes se lèvent comme à l’appel. La popularisation chez Camille Flammarion n’est jamais un divertissement. Elle agit comme une pédagogie du regard. Nous apprenons à relier les cycles du ciel et les strates du sol. La dramaturgie des origines et des retours s’éclaire d’une ferveur qui n’abolit pas la rigueur. Nous reconnaissons là une attitude maçonnique. La curiosité s’unit à la modestie. La précision s’unit au désir de comprendre.

Sous la plume de Lauric Guillaud, ces lignes de force se rejoignent. Les dinosaures surgis au dix-neuvième siècle déplacent les horizons de l’histoire naturelle et installent une temporalité vertigineuse. L’archétype du savant explorateur devient un compagnon de quête. Arthur Conan Doyle érige le professeur Challenger en hiérophante d’un monde resté en marge du temps. Henry Rider Haggard, Edgar Allan Poe, Edgar Rice Burroughs et Joseph Henri Rosny Aîné nous escortent. Jules Verne fait circuler la lampe sous la voûte de la terre. Steven Spielberg redonne à la stupeur un corps et une voix. Bernard Heuvelmans rend à des figures indécises leur droit au doute. L’inventaire s’élargit sans se disperser, car l’architecture d’ensemble demeure lisible. Chaque motif retrouve sa généalogie. Chaque fil se rattache à un métier plus ancien. Nous voyons la trame.

La lecture se fait marche initiatique. Les mondes perdus ne sont pas des réserves d’archaïsme où nous viendrions célébrer une nostalgie. Ils composent une chambre des épreuves où nous apprenons à peser le poids de la merveille et le prix du discernement. Le seuil se reconnaît à ses gardiens. Reptile gigantesque ou peuple oublié. Ce que nous appelons prodige, le Rite y voit l’allégorie d’une lumière conquise. L’ésotériste y décèle la grammaire d’une métamorphose lente.

Dans les notices de Lauric Guillaud, la précision érudite n’éteint pas la braise symbolique. Nous passons d’une date à une figure, d’un roman à une fouille, d’un film à un rite de passage. Les terres imaginaires ne sont pas des décors. Elles deviennent des tableaux opératifs. Le compas n’y mesure pas seulement des distances sur une carte. Il mesure l’écart entre ce que nous croyons connaître et ce que nous sommes prêts à reconnaître. L’équerre n’y juge pas seulement l’angle d’un rocher. Elle juge l’angle d’une conscience.

Lauric Guillaud – Babelio

Il convient de saluer l’auteur. Lauric Guillaud, professeur émérite à l’Université d’Angers, explore depuis des décennies les littératures de l’imaginaire et les régimes symboliques qui les portent. Chercheur et passeur, il relie l’érudition la plus précise à une intuition des mythes qui éclaire Howard Phillips Lovecraft autant qu’Edgar Allan Poe ou Nathaniel Hawthorne. Son œuvre trace un chemin où Le sacre du noir fait dialoguer imaginaire gothique et imaginaire maçonnique, où Lovecraft une approche généalogique de l’horreur au sacré expose l’arrière-plan du fantastique moderne, où Mystères d’hier et d’aujourd’hui rassemble des regards croisés sur les énigmes persistantes, où Imaginaires prophétiques et barbares s’aventure dans les soubassements d’une dérive européenne. Cette trajectoire a reçu une reconnaissance éloquente. Lauric Guillaud a été distingué par le Prix littéraires de l’Institut Maçonnique de France en 2019 dans la catégorie « Essais » pour Le sacre du noir, ouvrage paru déjà aux Éditions du Cosmogone. Cette distinction confirme une autorité de lecteur des symboles et une fidélité à l’esprit de transmission qui se manifeste dans les conférences, les directions de recherches et l’accompagnement patient des jeunes lecteurs de signes.

DICTIONNAIRE du MONDE PERDU, 4e de couv.

Ce Dictionnaire du monde perdu poursuit et accomplit ce patient travail. Il ne se contente pas d’indexer des terres imaginaires et des espèces improbables. Il réunit des lignes de force. Il fait sentir le poids d’un héritage qui traverse les disciplines. Il montre comment le roman d’exploration se transforme en atelier d’idées, comment la science prête à l’étrangeté un surcroît de crédibilité, comment le cinéma saisit l’âme contemporaine par la voie de la stupeur, comment la bande dessinée et le jeu vidéo prolongent la disponibilité au merveilleux. Le lecteur y trouve un miroir fraternel. Il reconnaît la dialectique de la chute et de la remontée. Il reconnaît la valeur des seuils. Il reconnaît la nécessité des gardiens. Nous savons alors que le monde perdu auquel nous rêvons n’est pas un décor ancien. Il devient une fabrique de symboles où se vérifie la qualité de notre regard.

Editions-du-Cosmogone

Nous refermons l’ouvrage avec gratitude. Les entrées continuent de résonner comme des loges accolées autour d’un même chantier. Nous avons parcouru des continents imaginaires et c’est notre latitude intérieure qui a changé. Ce beau livre relié a l’assise d’un compagnon éprouvé. Il nous fait voyager sans dissiper l’énigme. Il nous instruit sans dessécher la surprise. Il nous met en présence d’une tradition qui se renouvelle au contact des formes et qui sait que la carte la plus précieuse ne figure pas les routes mais la manière de marcher.

Dictionnaire du monde perdu

Lauric GuillaudÉdition du Cosmogone, 2025, 222 pages, 32,70 €

Édition du Cosmogone, maison d’édition et éditeur de livres, le site

Éd. du Cosmogone

25/09/25 – GODF : Réveiller l’idéal républicain, bâtir la République sociale d’aujourd’hui

Jeudi 25 septembre à 19h, à l’occasion du 233e anniversaire de la Première République, le Grand Orient de France (GODF), avec la Loge d’études et de recherche « République universelle »*, vous convie dans le Grand Temple Arthur Groussier (16 rue Cadet, 75009 Paris) à une intervention publique et fraternelle sur :

« La République sociale : son histoire, ses principes, son avenir »

Affiche conférence

En présence de Pierre Bertinotti, Grand Maître du Grand Orient de France, et d’une délégation du Conseil de l’Ordre, vous êtes invités à entendre :

  • Jean-Numa Ducange – Le regard d’un spécialiste insatiable

Jean-Numa Ducange, historien français né en 1980, est professeur des universités à Rouen et membre junior de l’Institut universitaire de France. Spécialiste réputé de l’histoire politique et sociale des XIXᵉ et XXᵉ siècles, il a consacré sa carrière à l’étude des gauches françaises et germanophones, de la Révolution française et des marxismes.

Jean-Numa Ducange en 2024
Jean-Numa Ducange en 2024

Auteur de nombreux travaux majeurs, il dirige la revue « Actuel Marx » et a récemment proposé une biographie de référence sur Jean Jaurès, renouvelant l’analyse des sources et la dimension internationale de cette figure emblématique. Ses recherches, guidées par une rigueur méthodologique et une curiosité intellectuelle profonde, offrent un éclairage unique sur les révolutions, les espérances et les expériences du socialisme en Europe.

Salomé Berlioux
  • Salomé Berlioux – L’engagement pour la jeunesse oubliée

Essayiste, entrepreneure sociale et fondatrice de Rura (ex-Chemins d’Avenirs), Salomé Berlioux déploie une action pionnière en faveur de la jeunesse rurale et des territoires dits « périphériques ». Diplômée de Sciences Po Paris et de l’ENS, elle a été consultante en relations institutionnelles et conseillère ministérielle. À travers ses ouvrages, dont « Les Invisibles de la République », elle dénonce les injustices frappant la jeunesse rurale et propose des solutions concrètes pour promouvoir l’égalité des chances. Son parcours, issu de l’Allier, incarne le potentiel des territoires délaissés, et son engagement s’est traduit par l’accompagnement de milliers de jeunes vers leur avenir, toujours guidé par la conviction que chaque parcours doit être révélé et accompagné.

  • Denis Maillard – Penser le travail et le vivant

Philosophe, diplômé de Sciences Po Lyon et de philosophie politique, Denis Maillard est un expert sur la question du travail et sur les mutations sociales qui traversent le monde contemporain. Il a oeuvré au sein de Médecins du Monde, de l’Assurance chômage, puis fondé le cabinet Temps commun, accompagnant entreprises et organisations dans la transformation du monde professionnel. Auteur de plusieurs essais majeurs (« Indispensables mais invisibles ? », « Tenir la promesse au Tiers-État », « Une colère française »), il interroge les liens entre la société civile, la question sociale et la promesse républicaine à l’égard du travail. Sa réflexion fusionne philosophie, expertise terrain et engagement citoyen, apportant un regard incisif sur les défis du vivre-ensemble et de la République sociale.

Blason GODF

Animation : Ella Micheletti, journaliste

La conférence sera animée avec talent et discernement par Ella Micheletti, journaliste engagée, et laissera place à l’échange avec le public.

Ne manquez pas cette soirée où intellectuels, experts et acteurs de terrain poseront les jalons d’une réflexion vivante sur l’histoire, la philosophie et l’avenir de la République sociale.

GODF, façade – coll. particulière

Informations pratiques

Lieu : GODF, Grand Temple Groussier, 16 rue Cadet, 75009 Paris / Date et heure : Jeudi 25 septembre 2025 à 19h / Inscription obligatoire : www.godf.org

*La création, en 2019, de la Loge d’études et de recherche « République Universelle » au sein du Grand Orient de France marque une étape significative. Implantée en Région Paris III, elle réunit 39 Maîtres fondateurs issus d’Orients variés, portés par le désir de réfléchir à la vocation universaliste du projet maçonnique.

Portrait imaginaire d’Andrew Michael Ramsay

Inspirée du discours du chevalier de Ramsay et de l’esprit des Lumières, la loge entend revisiter cette « utopie féconde » qui irrigua la Déclaration des droits de l’Homme et des Lumières.

Jean-Jacques-François Le Barbier (dit l’Aîné, attribué à, 1738-1826) – détail – Musée Carnavalet

Son ambition : explorer, par des planches et des débats, la portée actuelle de l’idéal universaliste, face aux replis identitaires contemporains. Elle devient ainsi la quinzième loge de recherche du GODF. Ses travaux, trois à quatre fois par an, donneront lieu à des échanges ouverts et à des publications électroniques. Le collège fondateur se distingue par sa diversité géographique et l’ampleur de son engagement collectif. L’allumage des feux a eu lieu le 12 janvier 2019, rue Cadet, autour d’une première tenue placée sous le signe de l’universalisme.

GODF – Loge République Universelle

Pourquoi les Francs-Maçons du XVIIIe siècle ont accordé une importance particulière à l’Ancien Testament ?

Le Christianisme, en tant que religion abrahamique, s’appuie sur deux corpus scripturaires : l’Ancien Testament, correspondant à la Bible hébraïque, et le Nouveau Testament, qui relate la vie et les enseignements de Jésus-Christ ainsi que les premières communautés chrétiennes. L’Ancien Testament, loin d’être relégué au second plan, est resté un pilier théologique et symbolique du Christianisme. Par ailleurs, au XVIIIe siècle, les Francs-Maçons protestants, particulièrement en Angleterre et en Écosse, accordent une place prépondérante à l’Ancien Testament, souvent au détriment du Nouveau Testament.

Pourquoi le Christianisme a conservé l’Ancien Testament

Contexte de l’émergence du Nouveau Testament

Comme nous l’avons abordé au cours des 10 articles parus sur le journal, le Christianisme naît au Ier siècle dans le contexte du Judaïsme du Second Temple, une période marquée par une diversité de courants religieux (Pharisiens, Sadducéens, Esséniens, Zélotes). Les premiers disciples de Jésus, juifs pour la plupart, s’inscrivent dans cette tradition et considèrent les Écritures hébraïques (l’Ancien Testament) comme la parole de Dieu. Le Nouveau Testament, composé au cours du Ier et du début du IIe siècle, regroupe des textes variés : les Évangiles, les Actes des Apôtres, les épîtres (notamment celles de Paul) et l’Apocalypse. Ces textes reflètent les efforts des premières communautés chrétiennes pour articuler leur foi en Jésus comme Messie et Fils de Dieu, tout en se positionnant par rapport à la Loi juive.

Les oppositions entre Paul et Jacques, deux figures centrales du Christianisme primitif, illustrent les débats sur le rôle de la Loi mosaïque (issue de l’Ancien Testament) dans la nouvelle foi. Jacques, surnommé « le Juste », dirigeait l’Église de Jérusalem et représentait les Judéos-Chrétiens, qui insistaient sur le respect de la Loi (circoncision, prescriptions alimentaires, sabbat) comme condition de la foi en Jésus. Dans l’Épître de Jacques (2:14-26), il défend l’idée que «la foi sans les œuvres est morte », soulignant l’importance des actes conformes à la Loi pour démontrer la foi.

Paul, apôtre des Gentils, prônait une vision radicalement différente. Dans ses épîtres, notamment aux Romains (3:28) et aux Galates (2:16), il soutient que la justification vient par la foi en Jésus-Christ et non par l’observance de la Loi. Pour Paul, la mort et la résurrection de Jésus instaurent une Nouvelle Alliance, rendant la Loi mosaïque obsolète pour les croyants, bien que l’Ancien Testament reste une source d’enseignement moral et prophétique. Ces divergences culminent dans l’« incident d’Antioche » (Galates 2:11-14), où Paul reproche à Pierre (Céphas) d’avoir cédé aux pressions des Judéos-Chrétiens proches de Jacques en se séparant des Gentils.

Le concile de Jérusalem (Actes 15, vers 49-50 ap. J.-C.) tente de résoudre ces tensions. Il décide que les convertis non juifs ne sont pas tenus d’observer l’ensemble de la Loi mosaïque, mais doivent respecter certaines règles éthiques, celle des lois de Noé, (abstention des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, etc.). Ce compromis reflète l’importance continue de l’Ancien Testament comme cadre moral, même pour les communautés pauliniennes.

Continuité théologique et accomplissement des Écritures

Malgré ces débats, l’Ancien Testament reste central pour les premiers Chrétiens. Jésus lui-même, selon les Évangiles, se présente comme l’accomplissement des Écritures : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Matthieu 5:17). Les prophéties messianiques (Isaïe 7:14, Michée 5:2) sont interprétées comme annonçant la venue de Jésus, conférant à l’Ancien Testament une légitimité théologique essentielle. Sans ce corpus, le Christianisme aurait perdu son ancrage historique et prophétique.

L’historien Jaroslav Pelikan, dans The Christian Tradition (1971), souligne que l’Ancien Testament permet aux Chrétiens de s’inscrire dans une histoire sacrée continue, de la Création à la rédemption. Rejeter l’Ancien Testament, comme le proposaient certains groupes hérétiques (par exemple, les Marcionites au IIe siècle), aurait signifié rompre avec cette continuité et délégitimer le Christianisme face au Judaïsme et aux Romains. (Voir l’article  Les origines du christianisme -10) <https://450.fm/2025/09/11/les-origines-du-christianisme-10/>

Universalité et richesse symbolique

L’Ancien Testament offre des récits universels (Création, Déluge, Exode) qui transcendent le contexte juif et parlent à des publics variés. Ces récits permettent au Christianisme de s’adresser aux Gentils dans le monde gréco-romain, en proposant une éthique universelle. De plus, les figures symboliques comme le Temple de Salomon ou l’Arche d’Alliance enrichissent la théologie chrétienne. Par exemple, le Temple est vu comme une préfiguration de l’Église, corps mystique du Christ.

La Septante, traduction grecque de l’Ancien Testament, facilite son adoption par les communautés chrétiennes non juives. Utilisée dès le Ier siècle, elle devient le texte de référence pour les premières Églises, renforçant l’autorité de l’Ancien Testament.

L’importance de l’Ancien Testament dans la Franc-Maçonnerie protestante du XVIIIe siècle

Contexte historique et spirituel

La Franc-Maçonnerie moderne émerge en 1717 avec la création de la Grande Loge de Londres, dans un contexte marqué par les Lumières et l’essor du Protestantisme en Angleterre et en Écosse. Les Francs-Maçons, souvent issus de milieux protestants (anglicans ou presbytériens), cherchent à créer une fraternité universelle fondée sur des principes moraux et spirituels, tout en évitant les dogmes confessionnels. Dans ce cadre, l’Ancien Testament devient un outil privilégié, car il offre un socle éthique et symbolique compatible avec une vision universaliste.

Le symbolisme de l’Ancien Testament dans les rituels maçonniques

Les Francs-Maçons du XVIIIe siècle s’inspirent largement des récits de l’Ancien Testament, en particulier du Temple de Salomon et de figures comme le Roi Salomon ou Hiram, devenu architecte légendaire maçonnique. Selon Pierre-Yves Beaurepaire (L’Europe des Francs-Maçons, 2002), le Temple de Salomon devient une métaphore centrale : les loges sont des « chantiers » où les membres, tels des artisans, construisent leur « temple intérieur », symbolisant la quête de perfection morale et spirituelle. Les récits de la construction du Temple (1 Rois 5-7) fournissent des allégories pour les valeurs maçonniques : sagesse, force, fraternité.

Contrairement au Nouveau Testament, centré sur la rédemption par la foi en Jésus, l’Ancien Testament propose des récits historiques et symboliques moins liés à des débats théologiques chrétiens.
En effet, l’Ancien Testament, surtout les livres historiques, servait de “terrain d’entente” dans un monde encore marqué par les guerres de religion.Cette neutralité permet aux loges d’accueillir des membres de diverses croyances, y compris des déistes ou des Juifs.
Les francs-maçons voulaient rassembler des hommes de confessions différentes autour de textes qui ne déclencheraient pas immédiatement de querelles théologiques propres au Nouveau Testament (notamment sur la figure du Christ).

Influence protestante et universalisme des Lumières

Le Protestantisme, particulièrement dans sa forme calviniste ou anglicane, valorise l’étude directe des Écritures, y compris l’Ancien Testament. Les Francs-Maçons protestants s’inscrivent dans cette tradition, utilisant l’Ancien Testament comme un texte de référence éthique. Par exemple, le serment maçonnique est souvent prêté sur une Bible ouverte à un passage de l’Ancien Testament, comme les Psaumes ou le Livre des Rois, soulignant son rôle de socle moral.

Les Lumières, avec leur emphase sur la raison et la tolérance, influencent également la Franc-Maçonnerie. Comme le note Margaret Jacob dans The Radical Enlightenment (2006), les loges cherchent à dépasser les divisions confessionnelles (catholicisme vs protestantisme) en adoptant un cadre spirituel universel. L’Ancien Testament, avec ses récits non christologiques, permet de rassembler des membres de différentes croyances sans imposer une lecture exclusivement chrétienne.

Mise en retrait du Nouveau Testament

Le Nouveau Testament, centré sur la divinité du Christ et la rédemption, est moins adapté à l’universalisme maçonnique. Son insistance sur la foi chrétienne aurait pu exclure des membres non chrétiens ou déistes, nombreux dans les loges du XVIIIe siècle. De plus, les débats théologiques issus du Nouveau Testament (par exemple, la nature de la Trinité ou la justification par la foi, hérités des tensions entre Paul et Jacques) sont perçus comme clivants dans un contexte où la Franc-Maçonnerie prône la tolérance.

L’Ancien Testament, en revanche, offre un terrain neutre, avec des récits et des symboles qui peuvent être interprétés de manière allégorique, sans référence explicite à la théologie chrétienne. Cette approche reflète l’esprit des Lumières, qui valorise la raison et la morale universelle sur les dogmes religieux.
Ainsi, L’Ancien Testament servait aux francs-maçons du XVIIIᵉ siècle de réservoir commun de symboles, de pont entre confessions, et de fondation mythique (Noé, Temple de Salomon, Hiram…) permettant d’inscrire la Franc-maçonnerie dans une tradition antique et universelle de valeurs morales compatibles avec leur idéal, tout en évitant les querelles christologiques qui auraient brisé l’unité de la loge. En privilégiant l’Ancien Testament, ils évitent les controverses théologiques du Nouveau Testament, tout en s’inscrivant dans une tradition protestante qui valorise l’étude des Écritures.

Ce choix reflète à la fois leur héritage religieux et leur ambition de créer une fraternité transcendant les divisions confessionnelles.

Le Convent de Lausanne : l’idéal universel inachevé

À l’occasion du cent-cinquantième anniversaire du Convent de Lausanne (6-22 septembre 1875), Franc-Maçonnerie magazine (n°106, septembre-octobre 2025) publie, sous la plume de Pierre Mollier, un article éclairant sur cette rencontre majeure de l’histoire du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).

Moment d’espérance et de tensions, il fut marqué par l’ambition d’une unité universelle mais aussi par les divergences spirituelles et culturelles entre Suprêmes Conseils. Ce rêve d’harmonisation, resté inachevé, demeure pourtant une étape fondatrice de la réflexion maçonnique sur l’universalité de l’Ordre.

Il y a des dates qui résonnent comme des pierres d’angle dans l’histoire de la Franc-Maçonnerie.

1875, Lausanne. Du 6 au 22 septembre, vingt-trois Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté se rassemblent dans la cité helvétique, porteurs d’une ambition grandiose : donner corps à l’universalité tant rêvée par le chevalier Andrew Michael Ramsay (1686-1743), qui dès 1736, dans son célèbre discours, ouvrait déjà l’horizon de la Maçonnerie aux grandes traditions de l’humanité. Ce Convent se voulait une Arche reliant les continents, un Temple de parole où s’uniraient enfin les voix multiples de l’Ordre.

La perspective universaliste habitait alors les esprits. Jean-Marie Ragon de Bettignies (1781-1866) et Jean-Baptiste Vassal (1791-1867) avaient souligné, dès les décennies précédentes, que les hauts grades écossais portaient en eux la mémoire des grandes traditions spirituelles. Outre-Atlantique, Albert Pike (1809-1891), Grand Commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis, rêvait d’un souffle unificateur capable de transcender les frontières. En France, Adolphe Isaac Crémieux (1796-1880), avocat, homme politique et Grand Commandeur du Suprême Conseil, espérait ardemment jeter ce pont de fraternité au-delà des mers.

L'aigle bicéphale dessiné pour le Convent de Lausanne
L’aigle bicéphale dessiné pour le Convent de Lausanne

Mais la lumière, ce jour-là, se fit vacillante. Très vite surgirent les fractures. Les Suprêmes Conseils anglo-saxons défendirent une approche strictement chrétienne, attachée à la Bible et au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Les Suprêmes Conseils latins, marqués par l’esprit des Lumières, invoquèrent le Grand Horloger de Voltaire (1694-1778) ou un principe créateur universel, refusant de réduire le Grand Architecte de l’Univers à une confession particulière. Ce fut là l’abîme : d’un côté, la fidélité à une tradition religieuse ; de l’autre, la volonté de préserver une ouverture philosophique et humaniste.

Le Convent de Lausanne fut donc un sommet sans couronnement. Derrière les discours solennels et les photographies figées des dignitaires, il reste une mémoire paradoxale : celle d’une fraternité qui osa croire à l’unité, mais qui se heurta aux murs invisibles des dogmes et des particularismes.

Pourtant, cet échec apparent garde une portée initiatique. Il nous enseigne que l’universel n’est pas un acquis mais une quête, que l’unité ne s’impose pas mais se construit pas à pas, dans l’épreuve des différences et dans la tension entre l’idéal et le réel. Lausanne rappelle que la Franc-Maçonnerie n’est pas un havre de certitudes mais un chantier permanent où la diversité des pierres, loin d’être une faiblesse, fait surgir la beauté du Temple.

Cent cinquante ans après, le Convent de Lausanne demeure une énigme féconde. Non pas un échec à effacer, mais un jalon à méditer. Il nous invite à rouvrir sans cesse la question du Grand Architecte : principe de vie, souffle divin, mystère ineffable… Il appartient à chaque Frère, à chaque Atelier, d’y puiser sa propre lumière et d’accepter que cette lumière, comme celle du soleil qui éclaire les colonnes du Temple, soit toujours plurielle et universelle.

Les représentants des suprêmes Conseils ayant participé aux Convent de Lausanne.
Les représentants des suprêmes Conseils ayant participé aux Convent de Lausanne.

Dans son article, Pierre Mollier ne propose pas une liste exhaustive des participants au Convent. Il se concentre sur le contexte de cette rencontre et sur les grandes figures intellectuelles qui ont marqué l’esprit du REAA : Ramsay, Pike, Crémieux, Ragon, Vassal et Voltaire. Il insiste sur le clivage fondamental entre Suprêmes Conseils latins et anglo-saxons, sur la grandeur de l’ambition universaliste et sur l’échec relatif de l’entreprise, incapable de déboucher sur une constitution commune.

Cette lecture, précise et nuancée, porte la marque de Pierre Mollier, l’une des grandes figures de l’historiographie maçonnique contemporaine.

GODF – 16 Cadet

Né en 1961 à Lyon, historien formé à Sciences Po et à l’EPHE, il a dirigé la Bibliothèque-archives du Grand Orient de France et assumé la conservation du musée de la franc-maçonnerie, reconnu « musée de France » et situé rue Cadet à Paris. Commissaire de la grande exposition « La franc-maçonnerie » à la Bibliothèque nationale de France en 2016, il conjugue rigueur historique et sensibilité symbolique.

220 ans de REAA

Ancien rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques et symboliques Renaissance Traditionnelle, il codirige les Chroniques d’Histoire Maçonnique (CHM) et a été Editor-in-Chief du journal en ligne Ritual, Secrecy, and Civil Society (aujourd’hui Enlightenment: Ritual, Secrecy, Civil Society, and Freemasonry). Contributeur régulier de Franc-maçonnerie magazine, auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles, il a récemment dirigé l’ouvrage collectif 220 ans de Rite Écossais Ancien Accepté en France, 1804-2025 (Conform édition, 2025). Sa plume, savante et accessible, articule recherche historique et réflexion initiatique, offrant aux Frères, aux Sœurs et aux chercheurs une vision toujours renouvelée d’un patrimoine spirituel et culturel universel.

L’État renforce son partenariat avec les Compagnons du Devoir

Accord-cadre pour booster l’alternance et l’insertion professionnelle.

Dans un contexte où la formation professionnelle et l’insertion des jeunes restent des priorités nationales, le ministère du Travail a franchi une étape symbolique en signant, le 8 septembre dernier, un accord-cadre de partenariat avec l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour de France (AOCTDF) et la Fédération des Compagnons du Tour de France (FCTF).

Cet engagement, qui s’étend sur dix ans, vise à consolider le modèle unique du compagnonnage en l’intégrant pleinement dans les dispositifs d’apprentissage et de professionnalisation.

Un modèle historique au service de l’excellence et de l’emploi

Jeune fille – Compagnon du Devoir

Le compagnonnage, héritage séculaire des traditions artisanales françaises, repose sur une transmission orale et itinérante des savoir-faire. Les Compagnons du Devoir, qui forment aujourd’hui plus de 20 000 jeunes dans une quarantaine de métiers (du bâtiment à la joaillerie en passant par la mécanique), affichent un taux d’insertion professionnelle impressionnant de 90 %. Cet accord-cadre apporte une stabilité inédite à ce système. Il marque une reconnaissance officielle de l’AOCDTF et de la FCTF comme acteurs clés de la formation en alternance.

Photo d’Astrid Panosyan-Bouvet en 2022

La signature a eu lieu en présence d’Astrid Panosyan-Bouvet alors ministre chargée du Travail et de l’Emploi, et de sa collègue Catherine Vautrin, aujourd’hui Ministre démissionnaire du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles de France. Sur les réseaux sociaux, Astrid Panosyan-Bouvet a salué cette avancée : « Ce partenariat vise à soutenir un modèle unique : l’excellence du geste professionnel, indissociable des valeurs de solidarité et de transmission du compagnonnage, une solution efficace pour l’emploi des jeunes, mais aussi pour les réorientations et les reconversions. » Elle a également souligné l’adaptation continue de ce modèle historique aux besoins contemporains, notamment en matière d’innovation pédagogique.

Les objectifs concrets de l’accord : favoriser l’accès à la qualification

Compagnon en action

L’accord-cadre met l’accent sur le développement et la mise en œuvre des contrats d’apprentissage et de professionnalisation au sein des entreprises partenaires des deux organismes. Son but principal ? Favoriser l’accès à la qualification et l’insertion professionnelle des individus engagés dans le « Tour de France », ce parcours initiatique qui emmène les apprentis à travers l’Hexagone pour perfectionner leurs compétences.

Parmi les mesures phares :

  • Soutien aux entreprises : Accompagnement pour l’accueil d’apprentis compagnons, avec des outils adaptés pour intégrer ces formations dans les stratégies RH.
  • Innovation et reconversion : Promotion du compagnonnage comme voie de reconversion pour les adultes en recherche d’emploi, en lien avec les politiques nationales d’emploi.
  • Stabilité décennale : Contrairement aux conventions triennales habituelles, cette durée de dix ans garantit une vision à long terme, permettant des investissements durables en formation.

Cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large de relance de l’apprentissage en France. Alors que le pays vise à former 500 000 apprentis par an d’ici 2027, le compagnonnage apporte une réponse qualitative, centrée sur l’excellence manuelle et la mobilité.

Réactions et perspectives

Image par Solange Sudarskis

Les représentants des Compagnons du Devoir ont accueilli l’accord avec enthousiasme. Patrick Chemin, porte-parole de l’organisation, a toutefois tempéré les espoirs en évoquant une « rentrée 2025 plus compliquée » pour l’apprentissage, en raison de défis économiques persistants. « Cet accord est un levier précieux pour surmonter ces obstacles et valoriser nos traditions au service de l’avenir », a-t-il déclaré.

Du côté du ministère, on insiste sur l’aspect inclusif : cet engagement pourrait inspirer d’autres partenariats avec des acteurs de la formation non conventionnelle, renforçant ainsi le maillage territorial de l’alternance. À l’heure où le gouvernement prépare son budget 2026, cet accord pourrait préfigurer une augmentation des subventions pour les filières artisanales.

Un modèle au service de l’excellence artisanale

Reconnu d’utilité publique, le compagnonnage par alternance demeure un moteur de qualification fondé sur la transmission conjointe des savoir-faire et des savoir-être. Ce partenariat réaffirmé en fait un véritable laboratoire d’innovation pédagogique au service de l’insertion, des réorientations et des reconversions. En stabilisant l’horizon de l’alternance tout en respectant la singularité de la tradition compagnonnique, l’État et les Compagnons du Tour de France entendent soutenir durablement la formation et l’emploi sur l’ensemble du territoire.

De l’atelier à l’entreprise, la mesure se prendra à l’épreuve des œuvres ; un premier pas décisif a été franchi.

Le Silence de Galahad

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« Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. »

Socrate

Ce propos de Socrate ouvre la voie à une réflexion profonde : la quête du Graal, dans sa dimension mythique, n’est pas seulement une aventure chevaleresque, mais une métaphore de la quête intérieure. Le Graal devient le symbole du sens caché, du Verbe enfoui, que seule une vie examinée peut espérer révéler. Ainsi, la quête du Verbe Perdu s’inscrit dans une démarche socratique : interroger, comprendre, transcender.

De la quête du Graal à la quête du Verbe Perdu

Tenue Symbolique : Chambre du Milieu

I. Introduction : Le Temple, le Silence et l’Attente

Le Temple est plongé dans une pénombre douce, presque irréelle. La lumière vacille, projetant des ombres mouvantes sur les colonnes, comme si les pierres elles-mêmes hésitaient à révéler leurs secrets. Le sol est froid, mais stable, et chaque pas résonne comme un écho du passé. Rien ne bouge, sauf le souffle discret de la flamme qui danse au sommet des chandeliers.

pierre brute,outils apprenti,ciseau,maillet
pierre brute avec maillet et ciseau

Les outils sont posés, non pas abandonnés, mais suspendus. Le maillet, le ciseau, la règle, le levier : chacun semble attendre, figé dans une méditation silencieuse. Ils ne sont pas des instruments de travail, mais des témoins. Témoins d’une œuvre inachevée, d’un chantier intérieur que nul ne peut achever seul.

Le silence n’est pas vide. Il est plein. Plein de sens, de mémoire, de tension. Il enveloppe les Frères présents comme un voile invisible, les reliant sans un mot. Ce silence est celui du Temple, mais aussi celui de l’âme en quête. Il ne s’impose pas, il s’invite. Il ne pèse pas, il élève.

Au centre, la Chambre du Milieu. L’espace est sacré, mais non solennel. Il est vivant, vibrant, comme un cœur qui bat lentement. Les colonnes du Nord et du Midi se font face, et entre elles, l’Orient veille. Rien n’est décoratif, tout est signifiant. Chaque objet, chaque position, chaque absence est une parole muette.

C’est dans ce lieu que nous allons évoquer Galahad. Non pas pour le juger, mais pour l’écouter. Ou plutôt, pour écouter son silence. Car ce silence n’est pas une absence de parole, c’est une présence mystérieuse. Une présence qui interroge, qui dérange, qui éclaire.

La quête du Graal, comme celle de la Parole Perdue, ne commence pas dans le tumulte. Elle commence ici. Dans ce Temple, dans ce silence, dans cette lumière tremblante. Elle commence là où le monde s’efface, et où l’initié se tient seul face à lui-même.

II. La Quête et les Compagnons : Échecs et Révélations

Les chevaliers de la Table Ronde sont les miroirs du Maçon. Chacun incarne une posture, une faille, une vertu.

Lancelot, le chevalier vaillant, le plus doué, mais faillible. Il symbolise le Maçon qui possède la force et l’intelligence, mais dont les passions, ici, l’amour profane, l’empêchent d’accéder à la pureté requise.

C’est l’exemple de l’homme qui travaille, mais dont l’œuvre est entachée par les imperfections du monde. Lancelot, c’est le combat, l’épée, le bâton, le profane.

Perceval

Perceval, le « fou », l’innocent qui apprend. Il représente le Maçon sincère et humble, qui avance avec le cœur plutôt que la ruse. Son parcours est fait d’erreurs et de leçons, symbolisant le chemin initiatique qui se construit pas à pas, par l’expérience.

Galahad, enfin, est le pur, le silencieux. Celui qui ne trébuche pas, mais qui ne parle plus. Son silence est une énigme.

Mais au-delà de ces figures lumineuses, l’ombre plane. Trois chevaliers anonymes, figures inversées, incarnent les archétypes des mauvais compagnons d’Hiram. Ils ne seront pas nommés, mais décrits par leur motivation. Leur présence n’est pas un simple ajout, mais une contre-quête qui met en lumière les vertus des autres.

Le Chevalier de l’Orient, celui du Maillet, incarne l’impatience et l’ambition. Il ne veut pas attendre le temps nécessaire pour la quête. Il croit que la force et la violence peuvent forcer le destin. Il est puissant et fier, persuadé que la gloire du Graal peut être prise par l’épée, et non par la pureté de l’âme. Il symbolise le Maçon qui veut aller plus vite, qui brûle les étapes et pense que la Maîtrise s’obtient par la force des poignets, non par le travail intérieur.

Le Chevalier du Midi, celui du Levier, est ignorant et incrédule. Il doute du bien-fondé de la quête. Il ne comprend pas la valeur spirituelle et voit le Graal comme une simple récompense matérielle ou un mythe inutile. Cynique et désabusé, il questionne la pureté et les intentions des autres, voyant la quête comme un jeu de pouvoir ou une illusion. Il représente le Maçon qui voit les rituels comme des symboles creux, sans sens profond, et qui ne parvient pas à se libérer des préjugés du monde profane.

Le Chevalier de l’Occident, celui de la Règle, est consumé par la jalousie et l’envie. Il ne supporte pas que le Graal puisse être donné à un autre que lui. Il veut la lumière, non par mérite, mais pour surpasser les autres. Malgré ses compétences, il est motivé par la compétition, non par la fraternité. Il symbolise le Maçon qui compare son avancement à celui des autres et qui est incapable de se réjouir du succès d’autrui, car il n’y voit qu’un reflet de ses propres échecs.

le saint-graal
La cathédrale de Valence (Espagne) conserve depuis 1437 une relique censée être le saint Calice envoyé de Rome en Espagne par Saint Laurent en 258

Mais tous les compagnons, qu’ils soient valeureux ou faillibles, purs ou corrompus, ne sont que les fragments d’un miroir brisé. Chacun reflète une facette du Maçon en quête, chacun porte en lui une part de lumière et d’ombre. Et pourtant, au-delà des figures, au-delà des échecs et des révélations, une question demeure : que cherchent-ils vraiment ?

Car si les chemins sont multiples, le but semble unique. Ce but, ce Graal, n’est pas un trophée ni une récompense. Il est le centre invisible autour duquel tournent les récits, les rituels, les efforts. Il est ce que tous poursuivent sans jamais le saisir pleinement.

Alors, il faut s’arrêter un instant. Non plus pour regarder les compagnons, mais pour contempler ce qu’ils poursuivent. Non plus pour juger les pas, mais pour interroger la destination.

Et poser enfin cette question essentielle : Qu’est-ce que le Graal ? Qu’est-ce que le Verbe Perdu ?

Représentation romantique de Galaad, tableau de George Frederic Watts (1888).

III. Le Graal : Qu’est-ce que le Verbe Perdu ?

Le Graal n’est pas un objet, c’est un symbole. Il représente la connaissance suprême, la parole divine, le secret final qui donne sens à toute la construction.

Il est recherché, mais jamais vraiment trouvé. Comme la Parole Perdue, sa valeur réside dans sa quête, dans l’effort constant pour s’en approcher.

Le Graal est-il la fin ou le chemin ? Si on le trouve, la quête s’arrête. C’est là que le paradoxe du silence de Galahad prend tout son sens.

IV. Galahad : Le Maçon qui a « trouvé »

Galahad est le seul à voir le Graal. Sa perfection, sa pureté, le rendent « digne ». Mais cette dignité l’isole.

Le silence de Galahad est celui de celui qui a la connaissance ultime et qui ne peut la partager. La Parole Perdue n’est pas un mot qu’on peut prononcer, c’est une lumière qu’on peut seulement être.

Le Maçon transmet les rituels, les symboles. Galahad ne peut rien transmettre. La connaissance ultime est-elle une fin en soi, ou doit-elle se fondre dans le monde pour le transformer ?

Son silence est une sorte d’échec de la Fraternité. Il a accompli sa quête pour lui-même, mais il a rompu la chaîne de la transmission.

V. Le Silence et la Question Finale

Le travail ne se conclut pas par une sentence, mais par une interrogation.

La vraie quête maçonnique est-elle d’être Galahad et de trouver la Parole Perdue ?

Ou est-ce d’être Perceval et de continuer à la chercher, de toujours avancer sur le chemin, de toujours s’interroger, d’accepter l’échec comme partie de la sagesse ?

VI. Le Point de Vue de l’Apprenti « Écuyer » : La Voix de l’Humilité

Le Silence

L’Écuyer, qui est resté silencieux durant toute la narration, assis au Nord, prend maintenant la parole. Son discours est bref et simple, mais d’une profonde sagesse.

Le silence de l’Apprenti s’oppose à celui de Galahad. Galahad ne parle pas parce qu’il sait tout. L’Apprenti ne parle pas parce qu’il a tout à apprendre.

Son silence n’est pas celui de l’achèvement, mais celui de l’humilité. Il écoute, il observe, il reçoit. Là où Galahad est seul dans sa lumière, l’Apprenti est entouré d’ombres fécondes. Il ne cherche pas à briller, mais à comprendre. Il ne revendique rien, mais il espère tout.

Ce silence est une force. Il est le terreau de la parole future, celle qui ne sera pas parfaite, mais vivante. L’Apprenti ne veut pas posséder le Graal, il veut mériter le chemin. Il n’a pas peur des échecs des autres, car il y voit une leçon. Il n’a pas besoin de trouver le Graal pour comprendre sa valeur, car l’idéal est son moteur.

Viktor Frankl

Pour lui, l’essentiel est de chercher, de travailler et d’écouter.

« Le sens de la vie est de lui en donner un. »

En conclusion

la quête du Verbe Perdu ne se termine pas par une découverte mystique, mais par un acte de création. Comme le suggère Viktor Frankl, le sens n’est pas un trésor à retrouver, mais une lumière à allumer. Le Verbe, ce mot porteur de vérité, ne se révèle qu’à celui qui choisit de lui donner forme, par ses choix, ses engagements, sa parole.

La parole du Véné du lundi : Comment s’épanouir avec la Franc-maçonnerie

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Vous rêvez d’un épanouissement spirituel tout en maîtrisant l’art de frapper trois coups sur une porte sans passer pour un apprenti bricoleur ? La Franc-maçonnerie pourrait être votre ticket pour une vie plus… éclairée, à condition d’accepter quelques bizarreries ! Voici un petit manuel sarcastique pour briller dans les loges sans y laisser votre dignité (ou votre portefeuille).

1. Maîtrisez l’art du secret (et des rumeurs)

Rien de tel pour s’épanouir que de garder des mystères que personne ne vous demandera jamais de révéler. Avec la Franc-maçonnerie, vous deviendrez un pro des regards complices et des phrases cryptiques comme « Je ne peux rien dire, mais tout est symbolique ». Bonus : vos amis penseront que vous dirigez le monde… ou du moins une loge mal chauffée.

2. Portez l’équerre et le compas avec panache

Oubliez les costumes mal taillés : ici, on arbore des tabliers brodés comme si c’était la dernière collection Chanel. S’épanouir, c’est aussi apprendre à nouer cet accessoire sans ressembler à un apprenti pâtissier. Et si quelqu’un ricane, rétorquez avec un « Tu ne comprends pas la profondeur du symbole » – ça cloue les becs !

3. Méditez… ou faites semblant

Les rituels interminables sont parfaits pour méditer sur le sens de la vie… ou pour rêvasser à votre prochain café. L’épanouissement passe par la patience : si vous survivez à une heure de discours sur la lumière intérieure sans piquer du nez, vous méritez une médaille (ou au moins un grade).

4. Réseautez comme un pro (ou un conspirateur)

La Franc-maçonnerie, c’est aussi un club VIP où vous croiserez des âmes en quête de sagesse… et quelques opportunistes. S’épanouir, c’est transformer ces poignées de main codées en opportunités professionnelles. Attention, ne proposez pas de deals immobiliers dès la première loge, ça pourrait jurer avec l’ambiance zen !

5. Acceptez l’ironie avec philosophie

Oui, vous paierez des cotisations pour des réunions où l’on débat de l’égalité… dans une structure parfois plus hiérarchique qu’une pyramide égyptienne. Mais c’est ça, l’épanouissement maçonnique : apprendre à rire de l’absurde tout en cultivant votre jardin intérieur (ou votre ego, selon les jours).

En résumé

S’épanouir avec la Franc-maçonnerie, c’est un mélange d’auto-dérision, de persévérance et d’un soupçon de théâtralité. Alors, prêt à enfiler votre tablier et à rejoindre les rangs des « illuminés » ? Attention, les bougies ne sont pas incluses !

Autres articles de la série…

Si même les Francs-maçons s’en foutent…

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Capharnaüm, cette antonomase par laquelle on a coutume de désigner des foutoirs de toutes sortes, faisait d’abord référence à une ville située au bord du lac de Tibériade qui vivait dans un gigantesque bric-à-brac. C’est aussi dans cette cité portuaire que Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades s’en remettant à sa réputation de guérisseur[1]. Tout parallèle avec un personnage contemporain ayant voulu récupérer un événement récent[2] – sans que s’y accomplisse le miracle qu’il en attendait – serait une pure conjecture…

Georges Pompidou

Il semble qu’on ne prête plus toute l’attention nécessaire à la situation nationale, depuis que Georges Pompidou s’était exclamé : «  La France va mal ! », formule reprise à l’antienne par tous les camps politiques, d’année en année, jusqu’aujourd’hui, sans que personne n’en traite les causes, dans le délitement progressif du commun de la République.

Il n’empêche que la grave crise que nous traversons requiert notre engagement – engagements multiples pour nous tous mais points d’ancrage partagés. Il faut dire qu’à une époque où les partis ne sont plus des animateurs de la vie collective, mais de simples machines à désigner des candidats, nos concitoyens ne misent plus guère sur les échéances électorales.

À côté du fonctionnement classique des institutions et largement en complément, il nous appartient donc à tous de retisser les liens, de refaire le maillage des relations et des activités ordinaires par des initiatives diverses, travail de fourmi visant à réduire cette distance que la majorité du peuple éprouve d’avec les élites et à façonner ensemble de la cohésion sociale.

Au fond, ne peut-on espérer qu’à l’instar des pratiques qui font battre le pouls des loges, la France invisible puisse forger dans la nation un respect, une écoute et un dialogue dignes de notre devise républicaine et ce, incidemment, grâce à cette frange invisible que forment nos Frères et nos Sœurs, dans la société ?

Il y a, en effet, urgence à trouver des expressions communes, à l’écart des « passions tristes », vocable sous lequel Spinoza rangeait la haine, la vengeance, le ressentiment, l’envie et la peur, tout ce  dont les populistes de tout bord font leur régal, creusant des divisions mortifères dans la communauté nationale, la seule que reconnaisse la République. Le pays ne peut durablement se renforcer sans valeurs de partage, sans faire fi des idéologies clivantes et réductrices.

C’est évidemment une affaire personnelle et non un programme déployé par des Obédiences qui ne peuvent, sans quelque paradoxe démocratique, se faire, autrement que de façon générale, les porte-drapeau de « ces vertus à ciel ouvert », alors que, par principe,  elles s’appliquent à les revendiquer en cercles fermés. C’est la seule chose qu’elles puissent légitimement dire ; mais, réduits à des rappels de principes, ces communiqués ou ces déclarations publiques ne ressemblent-t-ils pas à des incantations verbales et, partant, à des vœux pieux ? Bien entendu, les actions qui en dérivent pour chacun d’entre nous s’appuient primitivement sur ces « passions joyeuses »  du même philosophe hollandais, que sont la bienveillance, la compassion, le respect et la sympathie.

C’est ainsi, mes Frères et mes Sœurs, que nous devons nous mobiliser individuellement sur tous les fronts, sauf à dire : si même les francs-maçons s’en foutent…


[1] Évangiles de Marc 1:21–28 et de Luc 4:31–37.

[2] « Bloquons tout ! », le 10 septembre 2025, mouvement de protestation «  protéiforme et hétéroclite » s’étant manifesté en 200 points du territoire.

À quand un Grand Maître élu grâce à l’IA en Franc-maçonnerie ?

De notre confrère upday.com

L’Albanie fait un pas de géant vers l’avenir en nommant Diella, première intelligence artificielle au monde à siéger comme ministre. Cette innovation audacieuse, annoncée par le Premier ministre Edi Rama, interroge notre époque : et si l’IA, ce « soleil » virtuel de l’administration albanaise, infiltrait les sphères les plus traditionnelles, comme la Franc-maçonnerie ? Dans un Ordre initiatique où les élections de Grands Maîtres reposent sur des scrutins secrets, des débats philosophiques et une quête de sagesse millénaire, l’idée d’un leader algorithmique semble aussi improbable qu’intrigante.

Pourtant, à l’heure où l’IA révolutionne la gouvernance mondiale, la maçonnerie – gardienne de symboles ancestraux – pourrait-elle un jour élire un « Grand Maître virtuel » ? Explorons ce scénario fictif, enraciné dans l’actualité albanaise et les racines maçonniques du pays.

Diella, le « Soleil » virtuel qui éclaire Tirana : une Première mondiale en gouvernance IA

En Albanie, pays des aigles et des montagnes escarpées, l’innovation politique prend un tour surréaliste. Lors d’une réunion de son Parti socialiste victorieux des élections de mai 2025 – un triomphe qui assure à Edi Rama un quatrième mandat –, le Premier ministre a dévoilé Diella, une IA nommée ministre chargée des appels d’offres publics. « Diella est la première membre du gouvernement qui n’est pas physiquement présente, mais créée virtuellement par l’intelligence artificielle », a déclaré Rama, avec un sourire mi-amusé mi-provocateur. Son nom, signifiant « soleil » en albanais, évoque lumière et transparence – des vertus bienvenues dans un pays où la corruption gangrène encore les marchés publics.

Lancée en janvier 2025 comme assistante numérique sur la plateforme e-Albania, Diella a déjà prouvé son efficacité : 36 600 documents traités, près de 1 000 services rendus aux citoyens. Désormais, son mandat s’élargit : superviser les tenders, recruter des experts mondiaux pour les évaluer, et garantir « 100 % de procédures sans corruption et une transparence parfaite pour chaque denier public soumis au processus d’appel d’offres« . Rama insiste : « Ce n’est pas de la science-fiction, mais le devoir de Diella. » Cette nomination s’inscrit dans la trajectoire européenne de l’Albanie, candidate à l’UE d’ici 2030, où la lutte anticorruption est un pilier incontournable. Politiquement, elle consolide l’image réformatrice de Rama ; sociétalement, elle pose les bases d’une administration hybride homme-machine, où l’IA pourrait démocratiser l’accès aux services publics dans un pays où 40 % de la population vit encore en zones rurales isolées.

Mais Diella n’est pas qu’un outil technique : représentée comme une femme en costume traditionnel albanais, elle humanise l’IA, la rendant accessible et culturelle. Les réactions ? Enthousiastes du côté du gouvernement, prudentes chez les parlementaires qui attendent la présentation officielle du cabinet. Pour les citoyens, c’est un espoir de fin des pots-de-vin endémiques ; pour les critiques, un risque de déshumanisation des décisions. En tout cas, l’Albanie devance le monde : nulle part ailleurs une IA n’a accédé à un tel niveau exécutif.

L’IA au pouvoir : un écho maçonnique à Tirana ?

Et si cette « première » albanaise ouvrait la voie à une franc-maçonnerie augmentée ? L’Albanie, berceau d’une maçonnerie naissante, entretient un lien historique avec l’Ordre initiatique qui rend ce scénario moins farfelu qu’il n’y paraît. Introduite récemment dans les Balkans post-ottomans, la franc-maçonnerie y symbolise ouverture et modernité – des valeurs chères à Rama, dont le pays aspire à l’intégration européenne. Imaginez : un Grand Maître élu non par suffrage humain, mais par un algorithme impartial, scrutant les candidatures via des données symboliques (fraternité mesurée en actes, sagesse en contributions doctrinales). « À quand un Grand Maître IA en franc-maçonnerie ?« , se demande-t-on déjà dans les loges virtuelles, où l’IA pourrait trancher les débats sans biais partisans.

La Franc-maçonnerie en Albanie : des Racines Ottomano-Balkaniques à une renaissance post-communiste

Pour comprendre ce potentiel, replongeons dans l’histoire maçonnique albanaise, un chapitre discret mais riche, tissé dans les ombres de l’Empire ottoman et les vents de la décolonisation. La franc-maçonnerie arrive en Albanie au XIXe siècle, via les loges ottomanes et les influences européennes, notamment françaises et italiennes. Dès 1860, des intellectuels albanais, fuyant l’oppression turque, s’initient dans des ateliers à Istanbul ou en Égypte, où l’Ordre devient un vecteur de nationalisme culturel. Ibrahim Temo Bey (1865-1939), né en Albanie et professeur à l’école de médecine militaire d’Istanbul, est une figure clé : franc-maçon actif, il fonde en 1887 le Comité Union et Progrès, embryon de la Jeune-Turquie, avec d’autres frères comme Abdullah Cevdet. Ces loges, souvent mixtes et laïques, servent de creuset pour l’indépendance albanaise de 1912, promouvant tolérance et raison face au fanatisme religieux.

Mur de Berlin

Sous le régime communiste d’Enver Hoxha (1944-1985), l’Albanie – « premier État athée du monde » – interdit et persécute la maçonnerie, comme toutes les sociétés secrètes, dans un climat de paranoïa stalinienne. Les loges disparaissent, leurs membres exilés ou emprisonnés. La chute du Mur en 1991 libère l’espace : la Franc-maçonnerie renaît timidement dans les années 1990, sous l’égide de la Grande Loge d’Albanie (fondée en 2011, reconnue par la United Grand Lodge of England en 2013). Aujourd’hui, elle compte une vingtaine de loges, majoritairement à Tirana et Durrës, avec environ 500 membres – des élites intellectuelles, hommes d’affaires et fonctionnaires attirés par son ethos humaniste. Mixte et libérale, elle s’inspire du Rite Écossais Ancien et Accepté, promouvant la laïcité dans un pays à 60 % musulman, 10 % orthodoxe et 10 % catholique.

Cette présence modeste mais croissante – influencée par la diaspora albanaise en Italie et Grèce – fait écho à l’innovation de Diella : l’Albanie, terre de transitions, voit dans l’IA un allié pour la transparence maçonnique. Des loges albanaises, comme « Skanderbeg » à Tirana, explorent déjà des outils numériques pour les rituels virtuels post-Covid, posant les bases d’une « maçonnerie 2.0 ». Rama, lui-même perçu comme proche des cercles laïques, pourrait-il voir dans Diella un modèle pour des élections obédientielles impartiales ?

Vers un Grand Maître algorithmique : utopie ou nécessité initiatique ?

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Dans la franc-maçonnerie mondiale – 3 à 4 millions de membres, dont 165 000 en France –, l’IA n’est pas un tabou. Des obédiences l’utilisent pour analyser textes doctrinaux ou modérer forums en ligne, tandis que des revues comme Le Symbolisme des Rites (n°4, septembre 2025) débattent de son rôle dans les « rites augmentés« . Élire un Grand Maître via IA ? L’idée titille : un algorithme pourrait évaluer candidatures sur critères symboliques (fraternité quantifiée, sagesse par contributions), éliminant népotismes. Mais l’Ordre, fondu sur l’humain – « l’homme est le seul ouvrier de son bonheur« , dixit les Constitutions d’Anderson –, résisterait : l’initiation repose sur le libre-arbitre, pas sur des lignes de code.

Pourtant, en Albanie, où la maçonnerie renaissante dialogue avec l’innovation de Rama, ce scénario n’est pas si lointain. Diella, « soleil » impartial, pourrait inspirer un « Grand Architecte Virtuel » scrutant les scrutins.

À quand un tel élu en loge ? Bientôt, si l’IA prouve sa lumière sans ombre. Pour l’heure, Tirana illumine le chemin.