Accueil Blog Page 153

Californie : « L’autre maison de la fraternité »

De notre confrère californien alumni.berkeley.edu – par Ian A. Stewart

Pendant près de 50 ans, les francs-maçons ont eu une présence considérable sur le campus. Aujourd’hui, un nouveau groupe tente de faire revivre cet héritage fraternel. Ce printemps, 18 anciens élèves de Cal se sont réunis au Odd Fellows Hall, sur Bancroft Avenue, juste en face du stade Edwards, pour célébrer une cérémonie secrète vieille de plusieurs siècles instituant la Loge maçonnique Fiat Lux – la première loge de ce type à se réunir à Berkeley depuis au moins 25 ans. Ils espèrent attirer des étudiants curieux de mysticisme et des rituels secrets de la fraternité.

Tout d’abord, pour les non-initiés : la franc-maçonnerie est un ordre fraternel masculin vieux de 300 ans, composé de chapitres, ou loges, présents dans presque tous les pays du monde. Ses membres participent à des cérémonies rituelles secrètes qui utilisent l’allégorie de la construction du Temple du roi Salomon dans la Bible pour dispenser des leçons de morale et pratiquer le développement personnel. 

Les francs-maçons ont longtemps été une source de fascination et de complots pour les étrangers. Sachant qu’au moins 14 présidents des États-Unis et 19 des 40 gouverneurs de Californie étaient francs-maçons, la réputation du groupe, peuplé de dirigeants de l’ombre, est peut-être fondée sur un fond de vérité, même si elle relève aussi de l’hyperbole. (Pour une société dite secrète, la franc-maçonnerie n’est pas particulièrement secrète : vers le milieu du siècle, on estime qu’un homme sur dix aux États-Unis appartenait à une loge.) À son apogée, la fraternité comptait 250 000 membres en Californie ; aujourd’hui, ce chiffre est plus proche de 40 000. 

La nouvelle loge marque la continuation d’un long chapitre, quoique largement oublié, de l’histoire de Californie. Les Francs-Maçons Fiat Lux sont les héritiers d’une importante tradition fraternelle à l’Université de Californie, dont l’histoire remonte au fondateur et premier président de l’UC Berkeley, Henry Durant, qui était membre d’une loge d’Oakland.

En fait, certains des noms les plus importants de l’histoire de l’université ont été des francs-maçons : Walter Haas, l’homme d’affaires, philanthrope et homonyme de l’école de commerce ; John Whipple Dwinelle, le législateur de l’État et régent de l’UC qui a rédigé la loi de 1868 qui a établi le système de l’UC ; et David Farquharson, l’architecte de South Hall qui a consacré rituellement sa pierre angulaire lors de sa pose en 1873 avec du maïs, de l’huile et du vin – une coutume maçonnique symbolisant les salaires des premiers tailleurs de pierre.

Des années 1920 aux années 1960, la présence maçonnique à Berkeley était incontournable. Un club étudiant était ouvert à deux pas de Sather Gate, proposant des salles d’étude, des salons et des clubs sociaux pour les jeunes francs-maçons et leurs enfants. Parallèlement, une loge dédiée aux enseignants se réunissait régulièrement au Odd Fellows Hall, tout proche, aux côtés de fraternités et de sororités grecques. 

Bien que les ordres fraternels comme la franc-maçonnerie aient décliné ces dernières décennies, de 1923 à 1972, la Loge Henry Morse Stephens n° 541 a prospéré au Odd Fellows Hall de Berkeley. Avec environ 300 membres issus du corps enseignant et du personnel de l’université, dont des personnalités comme le naturaliste William Herms et le directeur sportif Milton T. Farmer, elle jouait un rôle important dans la vie du campus. Outre cette loge, pas moins de six autres groupes maçonniques se réunissaient à Berkeley, dont beaucoup au sein du Temple maçonnique de Berkeley, situé à un pâté de maisons de là, sur Bancroft Avenue. 

Le véritable centre d’activité fraternelle du campus était le club-house des étudiants maçonniques, situé à l’angle des rues Bancroft et Bowditch, à quatre pâtés de maisons de la nouvelle loge. Les francs-maçons de l’État ont collecté plus de 100 000 dollars (environ 1,7 million de dollars aujourd’hui) pour acheter et construire le club-house, espérant ainsi inculquer aux futurs dirigeants de l’État une solide base morale.

Le clubhouse en briques, de style géorgien-colonial, a ouvert ses portes en 1923 pour accueillir ce qui était jusque-là un club non officiel de l’université, composé de jeunes étudiants maçonniques. L’idée était d’offrir aux jeunes membres de l’« art » maçonnique un lieu de socialisation et, comme l’a dit un grand maître, d’offrir « autant qu’il est humainement possible la touche de vie et le confort d’un foyer, si cruellement absents dans une grande institution de plus de dix mille étudiants ». 

  • Un membre non identifié du Club maçonnique de l’UC (à gauche), Alfred F. Breslauer (au centre), alors Grand Maître des Francs-Maçons de Californie, et Edward Siems, Grand Secrétaire, au club-house. Vers les années 1960.
  • Soirée hawaïenne au Masonic Clubhouse, vers les années 1950. Avec l’aimable autorisation d’Ian Stewart.
  • Un membre non identifié du Club maçonnique de l’UC (à gauche), Alfred F. Breslauer (au centre), alors Grand Maître des Francs-Maçons de Californie, et Edward Siems, Grand Secrétaire, au club-house. Vers les années 1960.
  • Soirée hawaïenne au Masonic Clubhouse, vers les années 1950. Avec l’aimable autorisation d’Ian Stewart.

Soirée hawaïenne au Masonic Clubhouse, vers les années 1950. Avec l’aimable autorisation d’Ian Stewart.

Le centre connut un franc-maçonnage populaire. Ses membres formèrent des clubs d’hommes et de femmes ; une « équipe de diplômes » qui répétait et pratiquait les rituels d’initiation ; l’Ashlar Club, un groupe social et de soutien pour les étudiants dont les parents étaient francs-maçons ; et un club pour les étudiants plus âgés qui avaient dépassé l’âge limite des programmes maçonniques pour jeunes. De même, une sororité, Phi Omega Pi, fut fondée à Berkeley en 1922 pour les jeunes femmes associées à l’Ordre de l’Étoile de l’Est, une organisation maçonnique féminine apparentée. 

Pour les jeunes francs-maçons, cela servait également à des fins plus pratiques : un comité de service aidait les nouveaux étudiants à s’inscrire aux cours et à trouver un logement, tandis qu’un bureau d’emploi les aidait à trouver un emploi. 

Pendant plusieurs années, le clubhouse prospéra, atteignant un pic d’environ 800 membres en 1946. Mais dans les années d’après-guerre, après une vague initiale de candidatures au GI Bill, l’université connut une chute vertigineuse des inscriptions. Le club maçonnique ne comptait plus que 405 membres en 1950 ; cinq ans plus tard, il n’en comptait plus que 180. Parallèlement, « un nombre croissant de centres étudiants apparaissent sur le campus ou à proximité, et le club maçonnique subit les effets de la concurrence », selon un rapport annuel déposé par les administrateurs du clubhouse cette année-là.

Le club-house accueillant moins d’étudiants, les francs-maçons de l’État décidèrent de le fermer en 1967. Le club-house maçonnique de l’UC Berkeley fut vendu, les bénéfices constituant la base d’une nouvelle dotation de la Fondation maçonnique de Californie, qui offre aujourd’hui des bourses d’études aux lycéens. En quelques années seulement, la plupart des loges maçonniques de Berkeley furent fermées, et les derniers vestiges de ces groupes mirent finalement le cap en 2001.

C’est maintenant au tour des membres fondateurs de la Loge Fiat Lux de combler ce vide. Fred Loeser, promotion 1973, maître du nouveau groupe maçonnique, souligne qu’il s’adresse souvent à des jeunes désireux d’en savoir plus sur un groupe auquel leur grand-père aurait pu appartenir. 

Tigran Agadzhanyan, promotion 2019, autre membre fondateur du groupe, espère que la loge pourra apporter aux futurs étudiants ce que la loge Rockridge, sur College Avenue, lui a apporté à 19 ans. Fasciné par le lien entre la franc-maçonnerie et des personnages historiques (George Washington, Mozart, Simón Bolívar), il a approché le groupe en s’attendant à un monde de secrets et de relations. Au lieu de cela, il a trouvé un groupe de mentors qui l’ont aidé à gérer ses études et son début de carrière. « Je me suis senti presque immédiatement chez moi », dit-il. « C’est l’endroit idéal pour moi. »

15/07/2025 – Conférence publique : « Liberté, Égalité, Fraternité : une devise, des racines maçonniques ? », à Luchon (Haute-Garonne)

Chers Frères, chères Sœurs, chers amis(ies) de la Lumière et citoyens en quête de sens, 

Dans le cadre des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon 2025, nous vous convions à une conférence exceptionnelle animée par notre Frère Yonnel Ghernaouti, le mardi 15 juillet 2025 à 15h, à la salle du Dancing – Casino de Luchon (Haute-Garonne).

Intitulée « Liberté, Égalité, Fraternité : une devise, des racines maçonniques ? », cette rencontre offrira une exploration initiatique, historique et philosophique de la devise républicaine.

À une époque où la République est en danger, confrontée à la montée des extrêmes de gauche comme de droite, aux fractures sociales, aux replis identitaires et aux défis d’une société sous surveillance, Yonnel Ghernaouti retracera l’empreinte maçonnique dans la genèse de ces idéaux universels, nés du souffle des Lumières et forgés dans le creuset révolutionnaire.

Face à ces périls, il rappellera comment la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » demeure un rempart éthique et un appel vibrant à réparer le lien social, en s’appuyant sur la laïcité comme pilier vivant du pacte républicain, garant de la liberté de conscience et de l’unité citoyenne dans une société plurielle.

À travers un parcours en quatre temps – origines historiques, symbolisme, figures emblématiques et héritage vivant – il éclairera :

– Les racines révolutionnaires de la devise, de son inscription en 1793 à sa consécration officielle en 1848, portée par des figures comme La Fayette, Mirabeau ou Desmoulins ;

– Le rôle des loges maçonniques, véritables laboratoires d’idées où liberté, égalité et fraternité prenaient vie sous le tablier, bien avant leur adoption républicaine ;

– Le 14 juillet, fête nationale aux résonances maçonniques, de la Fête de la Fédération de 1790 à la symbolique du drapeau tricolore ;

Un héritage à faire vivre, face aux défis contemporains – fractures sociales, surveillance, repli – comme un appel à l’engagement pour une société plus juste et fraternelle.

Yonnel Ghernaouti : un bâtisseur de ponts entre tradition et modernité

Initié en 1989, Yonnel Ghernaouti est membre de la Respectable Loge Albert Lantoine de la Grande Loge de France (GLDF), une Loge prestigieuse portant le nom d’un illustre historien de la Franc-Maçonnerie, également connu comme poète et romancier.

Petit-fils de Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis, fondée en 1889, portant l’héritage des bâtisseurs, dédié à l’apprentissage, au progrès et à la transmission des savoirs.

Après une carrière dans une grande banque française, Yonnel Ghernaouti s’est toujours consacré aux sciences traditionnelles et à la transmission des idéaux initiatiques. Directeur de la rédaction de 450.fm jusqu’en septembre 2024, il a fait de cette plateforme un espace de référence pour la réflexion maçonnique. Chroniqueur littéraire, il enrichit des revues prestigieuses telles que La Chaîne d’Union, revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France, créée en 1864 à Londres par des francs-maçons exilés fuyant le régime autoritaire de Napoléon III ;

Chemins de traverse, publication de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain ;

et Le Compagnonnage, revue de l’Union Compagnonnique. Il est également responsable de la rubrique littéraire « La Plume et le Rabot » dans cette dernière, et ses recensions paraissent sur le site public de la Grande Loge de France (rubrique « Actualité littéraire »), sur celui du Cercle littéraire de l’Acacia, ainsi que dans La Fraternité, revue numérique internationale dédiée à l’humanisme, la laïcité et les valeurs maçonniques.

En tant que médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (musée de France) à Paris, il guide initiés et profanes à travers les symboles et l’histoire maçonnique. Membre du bureau de l’Institut Maçonnique de France (IMF) présidé par le maçonnologue Roger Dachez, il promeut une maçonnerie en prise avec les enjeux éthiques contemporains. Formateur Valeurs de la République et Laïcité (VRL), il défend une laïcité vivante, socle de la concorde universelle.

Yonnel Ghernaouti est l’initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, dont il a été le commissaire général, créant un espace unique de dialogue entre initiés et profanes. En 2023, il a été nommé membre d’honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d’Épinal (IM&E) par leurs coprésidents, Jacques Orefice et Patrice Lhote,  saluant ainsi son rayonnement dans la pensée maçonnique.

Un auteur et directeur de collection engagé

 Auteur chez Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel, Yonnel Ghernaouti a publié deux ouvrages majeurs :

Pourquoi les francs-maçons veulent-ils reconstruire le Temple ? (Dervy, 2023), où il explore la symbolique du Temple de Salomon, cœur des rites maçonniques, comme une quête intérieure et fraternelle pour bâtir une société tolérante et éclairée ;

Les grands mystères de la franc-maçonnerie (Dervy, 2024), coécrit avec Jean-François Blondel, conférencier et expert du Moyen Âge, est un ouvrage richement illustré qui explore les symboles, rituels et valeurs de la Franc-Maçonnerie, dévoilant leur portée universelle avec clarté et profondeur.

En tant que directeur de collection chez Numérilivre, il supervise des ouvrages dédiés aux traditions initiatiques, enrichissant le patrimoine maçonnique. Il dirige également des collections chez Le compas dans l’œil, qui explore les dimensions symboliques et philosophiques de la Franc-Maçonnerie.

Une invitation fraternelle à Luchon

Le mardi 15 juillet 2025 à 15h, à la salle du Dancing – Casino de Luchon, reine des Pyrénées, Yonnel Ghernaouti offrira une conférence publique, gratuite et ouverte à toutes et tous, suivie d’un verre de la Fraternité.

Ce moment d’échange sera une célébration des idéaux maçonniques et républicains, portée par une voix savante et chaleureuse.

La célèbre bouquiniste luchonnaise Sophie Dufor, de la librairie « Au Cœur à l’Ouvrage », sera présente pour proposer une sélection d’ouvrages anciens et neufs, ainsi que des livres à prix réduit, permettant aux participants de prolonger leur réflexion à travers des textes inspirants.

Comme le disait Victor Hugo : « Liberté, Égalité, Fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher. »

Avec Yonnel Ghernaouti, ces trois mots deviennent un chantier vivant, un appel à réparer la République et à construire, dans les loges, dans les rues et dans les cœurs, une société plus fraternelle face aux défis de notre temps.

Entrée libre et gratuite, ouverte à toutes et tous.

Rendez-vous à Luchon pour une rencontre lumineuse et fraternelle !

La Gnose et la Franc-maçonnerie : une quête initiatique vers la Lumière

De notre confrère elnacional.com

Múnera Muñoz, nous propose ce dimanche un texte intitulé « Obreros de Hiram Abiff : La gnosis y la masonería », qui explore avec profondeur le lien intime entre la gnose, un phénomène de connaissance spirituelle, et la franc-maçonnerie, une institution initiatique et philosophique. En s’appuyant sur la devise de Sivananda – « Libérez-vous de l’esclavage des préjugés qui émoussent l’intellect et obscurcissent les pensées » – cet article nous invite à plonger dans une réflexion sur la gnose, définie comme une connaissance intuitive et non rationnelle, et son rôle central dans les rites et symboles maçonniques. À l’occasion de cette publication, nous vous proposons un voyage à travers la gnose maçonnique, ses racines historiques, ses implications spirituelles et son impact sur la quête de l’initié vers l’illumination.

La Gnose : Une Connaissance au Cœur de l’HumainLa gnose, du grec gnosis signifiant « connaissance », est bien plus qu’un savoir intellectuel. Selon l’article, elle est une expérience spirituelle, intuitive, qui transcende la science et la raison. Pour les gnostiques, ces premières sectes chrétiennes des premiers siècles, la gnose représente une connaissance inhérente à l’essence humaine, un chemin vers l’illumination spirituelle, ésotérique ou mystique, qui mène au salut. Contrairement à la foi chrétienne traditionnelle, qui repose sur le pardon divin par le sacrifice du Christ, la gnose propose un salut par la connaissance intérieure, une compréhension profonde de la réalité du monde et de la divinité qui réside en chaque être. Cette idée d’une connaissance intuitive, détachée des dogmes, résonne profondément avec les principes de la franc-maçonnerie.

Comme le souligne Mario Múnera Muñoz, la gnose est la « Sagesse du Grand Architecte de l’Univers (GADU) », un savoir qui se révèle aux initiés qualifiés à travers les symboles maçonniques. Ces symboles – l’équerre, le compas, le marteau, le ciseau, la truelle – ne sont pas de simples outils d’architecture ; ils incarnent une science millénaire, héritée des traditions égyptiennes, perses, chaldéennes, indiennes, grecques et judéo-chrétiennes. La gnose maçonnique, en particulier dans le Rite Écossais, est présentée comme une synthèse de toutes les écoles initiatiques, détenant le « Secret de l’Univers et le secret de l’évolution ».

La Franc-Maçonnerie : Une Voie Initiatique Fondée sur la Raison et la Transcendance

La franc-maçonnerie, en tant qu’institution initiatique, repose sur deux piliers fondamentaux : la raison et la quête de la transcendance. Contrairement aux religions exotériques, qui transmettent un savoir accessible à tous, la franc-maçonnerie réserve ses enseignements aux « êtres qualifiés », ceux dont le niveau de conscience est suffisamment élevé pour saisir la profondeur des mystères initiatiques. Cette approche non dogmatique laisse une liberté d’interprétation aux adeptes, leur permettant d’explorer les symboles à leur propre rythme, guidés par la raison mais appelés à la transcender pour atteindre un savoir initiatique.L’article met en lumière une hiérarchie dans la compréhension de la gnose au sein de la franc-maçonnerie, structurée en trois niveaux : les Apprentis, limités à une compréhension littérale des rituels ; les Compagnons, plus éveillés, où la raison prédomine ; et les Maîtres, seuls capables de dévoiler les mystères et de s’élever au-delà de la matière vers le monde de l’Esprit.

Cette progression symbolise le passage de la « pierre brute » à la « pierre taillée », une métaphore centrale de la franc-maçonnerie. La pierre brute, représentant l’initié novice, est sculptée par le marteau (la volonté, force inconsciente) et le ciseau (le jugement, force organisatrice de l’esprit) pour s’intégrer à l’« architecture rythmique » de l’univers, en harmonie avec le GADU.Une Tradition Invariable Face aux DogmesL’un des aspects les plus fascinants de la gnose maçonnique est son caractère immuable, comme l’explique l’auteur. La franc-maçonnerie préserve une « Tradition Invariable », transmise par les anciens Grands Initiés, qui échappe aux déformations des dogmes et du fanatisme. Les dogmes, en effet, sont vus comme des obstacles à la véritable connaissance, car ils dominent l’individu et obscurcissent la quête de la vérité. Historiquement, la gnose a été transmise oralement, « d’oreille en oreille », pour éviter sa profanation par les autorités religieuses ou profanes.

Cette discrétion a permis à la gnose de survivre aux persécutions, bien que, dans le monde moderne, certains aient détourné son essence pour des pratiques égoïstes, qualifiées de « sorcellerie » ou de quête de pouvoir. L’article cite Samael Aun Weor, qui insiste sur la nécessité de « dissoudre l’Ego » pour atteindre une véritable illumination. Cette dissolution implique de se libérer des passions, des préjugés et du mensonge intérieur. « Quiconque souhaite dissoudre le soi doit commencer par ne pas mentir », écrit-il, soulignant que la véritable liberté naît de la maîtrise de soi et de l’ouverture de la conscience. Pour le maçon, cette démarche est essentielle : en se dépouillant de son « ancienne personnalité », il revêt le « vêtement de Lumière » de l’élu, prêt à s’intégrer à l’ordre cosmique.

La Gnose : Essence de la Franc-Maçonnerie ?

L’article pose une question provocante : la gnose est-elle le fondement essentiel de la franc-maçonnerie, ou son plus grand secret ? Pour Mario Múnera Muñoz, la réponse semble claire : sans la gnose, la franc-maçonnerie perdrait son sens profond. Elle ne serait qu’un « océan de matérialisme philosophique », un ensemble de rituels vides de substance spirituelle. La gnose, incarnée dans la lettre « G » au centre de l’équerre et du compas, symbolise l’ordre, la beauté et la sagesse. Elle est le fil conducteur qui relie les symboles maçonniques aux mystères universels, permettant à l’initié de transcender la raison pour atteindre une compréhension intuitive de la réalité.Cette idée est renforcée par une citation d’Albert Pike, figure majeure du Rite Écossais : « La gnose est l’essence de la franc-maçonnerie, car c’est le savoir traditionnel. » La gnose maçonnique, en s’appuyant sur les traditions initiatiques des cultures antiques, offre une synthèse unique qui guide l’initié vers l’« ouverture de la conscience ». Cette ouverture n’est pas un simple exercice intellectuel, mais une transformation intérieure, un voyage vers la Lumière où l’initié « contemple, aime, et se sent transporté ».

Une Réflexion sur la Modernité et l’Héritage Gnostique

Dans un monde dominé par le matérialisme et les dogmes, la gnose maçonnique apparaît comme un antidote, une invitation à dépasser les préjugés et à chercher la vérité au-delà des apparences. Sivananda, dont la devise ouvre l’article, nous rappelle l’importance de se libérer des chaînes de l’intellect pour accéder à une pensée claire et pure. La franc-maçonnerie, en tant que voie initiatique, offre un espace où la raison et l’intuition se rencontrent, où l’initié apprend à « penser bien », selon l’expression du philosophe maçonnique Agustín Camacho.

Cependant, l’auteur met en garde contre une vision réductrice de la franc-maçonnerie, souvent perçue comme une institution moralisatrice ou religieuse. Comme le souligne Alice Bailey, la spiritualité maçonnique va au-delà de la morale : elle conduit à l’amour, à la tolérance et à l’harmonie, des valeurs qui transforment non seulement l’individu, mais aussi la société. La gnose, en permettant à l’initié de « voir avec les yeux internes », libère l’esprit des illusions du monde profane et ouvre la voie à une conscience éveillée.

Conclusion : Un Appel à la Méditation

Obreros de Hiram Abiff : La gnosis y la masonería est bien plus qu’un simple article : c’est un manifeste pour une compréhension plus profonde de la franc-maçonnerie et de son lien indissoluble avec la gnose. En explorant les symboles, les rituels et les mystères initiatiques, Mario Múnera Muñoz nous invite à méditer sur une question essentielle : la gnose est-elle le cœur battant de la franc-maçonnerie, ou son secret le mieux gardé ? Peut-être est-elle les deux à la fois – une sagesse qui guide l’initié vers la Lumière tout en restant voilée pour ceux qui ne sont pas prêts à la recevoir.

Pour le maçon, la gnose est une quête sans fin, un chemin où la pierre brute devient pierre taillée, où l’ego s’efface pour laisser place à la conscience universelle. Comme le dit l’auteur

« la connaissance nous domine-t-elle ? C’est du fanatisme. Dominer la connaissance, c’est être libre. »

Dans cette liberté réside la véritable essence de la franc-maçonnerie : un voyage initiatique vers la vérité, guidé par la raison, l’intuition et la lumière du Grand Architecte de l’Univers.

Le son et la géométrie sacrée : une harmonie cosmique au cœur de la création

Dans un article publié en janvier 2004 dans le magazine Spirit of Ma’at (Vol. 4), Ani Williams explore avec une profondeur envoûtante la relation intime entre le son, la géométrie sacrée et la conscience humaine. Intitulé La Géométrie sacrée du son, cet essai s’inspire des traditions anciennes, des découvertes scientifiques et des expériences mystiques pour révéler comment le son, à travers ses fréquences et ses vibrations, façonne l’univers, la matière et l’âme humaine. Cet article, enrichi par les perspectives philosophiques, scientifiques et spirituelles, nous invite à redécouvrir le chant divin qui résonne à travers la Création, reliant le microcosme de l’être humain au macrocosme du cosmos.

À l’occasion de cette réflexion, nous plongeons dans une exploration détaillée et vibrante de ce lien sacré entre le son et la géométrie, où musique, formes et conscience s’entrelacent pour chanter l’harmonie universelle.

Le Son : Une Matrice Vibratoire de la CréationDepuis l’Antiquité, les traditions mystiques et philosophiques ont célébré le son comme une force primordiale de la Création. Ani Williams évoque la légende d’Orphée, dont la lyre, offerte par Apollon, unissait la Nature dans une harmonie de paix et de joie. Cette vision orphique, où la musique devient un pont entre l’humain et le divin, trouve un écho dans les travaux de Pythagore de Samos, considéré comme l’un des premiers physiciens de l’histoire. En pinçant des cordes de différentes longueurs, Pythagore découvrit que les vibrations sonores suivaient une séquence répétitive de sept tonalités, formant l’octave – une structure fondamentale qui reflète l’ordre cosmique.

Cette idée que « toute la Création est une matrice chantante de fréquences » est au cœur de la géométrie sacrée du son.

Comme les sept couleurs de l’arc-en-ciel, les sept notes d’une octave (de do à do) sont des manifestations d’une même réalité vibratoire, qui se traduit en couleurs, sons, matière et états de conscience. Le physicien William Tiller, cité par Williams, renforce cette idée en démontrant que la conscience humaine imprègne l’espace et la matière de l’univers. Ainsi, notre intention – notre capacité à orienter nos pensées et émotions – joue un rôle déterminant dans la qualité et la direction de la Création. La matrice universelle, selon Williams, attend que nous fassions résonner « les cordes les plus harmonieuses » pour manifester une forme idéale et parfaite du cosmos.

Les Volumes de Platon : Une Danse Alchimique des Éléments

Buste de Platon. Marbre, copie romaine d’un original grec du dernier quart du IVe siècle av. J.-C.

Au cœur de la géométrie sacrée, les cinq solides de Platon – tétraèdre, cube, octaèdre, dodécaèdre et icosaèdre – incarnent les éléments fondamentaux de la Création : le feu, la terre, l’air, l’éther et l’eau. Ces formes tridimensionnelles, dont toutes les facettes sont identiques, ne sont pas de simples figures géométriques ; elles sont des symboles de l’ordre universel, des clés pour comprendre la structure vibratoire du monde. Ani Williams raconte son initiation à cette vérité à travers l’expérience de Michael Helios, qui avait harmonisé son clavier à des fréquences correspondant aux proportions géométriques de chaque solide platonicien. Lors de méditations guidées par ces compositions musicales, les participants pouvaient ressentir et « voir » les formes correspondantes – une preuve saisissante du pouvoir du son à commander la Création.

Parmi ces formes, le dodécaèdre, associé à l’éther, occupe une place particulière. Composé de douze facettes pentagonales, il symbolise l’équilibre parfait entre l’infini (la sphère) et le fini (le cube). Des recherches récentes en physique quantique, mentionnées par Williams, suggèrent même que l’univers lui-même pourrait avoir une structure dodécaédrique, basée sur les vagues cosmiques résiduelles du Big Bang. Cette hypothèse audacieuse relie la géométrie sacrée à la cosmologie moderne, suggérant que l’univers chante une harmonie pentagonale, dont l’écho résonne dans la structure même de la vie humaine.

Le Corps Humain : Un Temple de Proportions DoréesLa géométrie sacrée ne se limite pas à l’univers macrocosmique ; elle se reflète également dans le microcosme du corps humain. Williams souligne que le corps, avec ses bras et jambes écartés, s’inscrit dans un pentagramme, une figure à cinq côtés dont les proportions respectent le Nombre d’Or (Phi, environ 1,618). Ce rapport, retrouvé dans la nature, l’art et l’architecture, est également présent dans les cinq doigts de chaque main, les cinq orteils de chaque pied et les cinq ouvertures du visage. Nos cinq sens – vue, ouïe, toucher, goût, odorat – renforcent cette connexion avec le chiffre cinq, qui lie l’humanité à l’harmonie cosmique.

Pentagramme avec des bougie de type Saint Jean
Pentagramme avec des bougie de type Saint Jean

Le pentagramme, avec ses angles respectant le rapport Phi, est aussi le fondement de l’intervalle musical de la quinte, une harmonie fondamentale présente dans les musiques sacrées, du chant grégorien aux compositions indigènes. Comme le note Williams, la quinte est « la première harmonie qui se fait entendre en pinçant une corde », donnant à la note sa profondeur et sa beauté. Cette sonorité, qualifiée par Pythagore d’« expression archétypale d’harmonie », relie le microcosme humain au macrocosme universel, démontrant que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

L’Échelle des Quintes : Une Carte des Chakras

L’article d’Ani Williams explore également l’Échelle des Quintes, une progression musicale qui reflète les relations harmoniques du système énergétique humain, en particulier les chakras. Chaque chakra, ou centre énergétique, est associé à une tonalité et une couleur : le chakra racine (C, rouge), le chakra sacré (D, orange), le plexus solaire (E, jaune), le chakra du cœur (F#, vert), le chakra de la gorge (G, turquoise), le troisième œil (A, indigo) et le chakra coronal (B, magenta). En appliquant l’Échelle des Quintes, Williams révèle des connexions subtiles entre ces centres énergétiques, qui reflètent des problématiques humaines profondes. Par exemple, le chakra racine, lié à la survie et à la sexualité, est connecté au chakra de la gorge, associé à l’expression de la vérité.

illustration suite de fibonacci dans la nature fleur
fleur d’après la suite de Fibonacci

Travailler sur ces deux centres peut aider à guérir des blocages liés à la sécurité matérielle ou à l’authenticité personnelle. Cette progression musicale, qui suit également la séquence de Fibonacci – où chaque nombre est la somme des deux précédents (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, etc.) – illustre la spirale harmonique de la Création. La séquence de Fibonacci, qui se retrouve dans les formes spiralées de la nature (coquillages, fleurs, galaxies), est un miroir mathématique des intervalles musicaux, renforçant l’idée que le son et la géométrie sacrée sont des expressions d’une même loi universelle.

Les Cathédrales Gothiques : Une Musique FigéeLa géométrie sacrée et le son ne se limitent pas à la théorie ; ils se manifestent dans l’architecture sacrée.

Comme le disait Goethe, « l’architecture du sacré est une musique figée ».

Les grandes cathédrales gothiques, telles que Chartres, Notre-Dame de Paris ou Salisbury, ont été conçues selon les principes de la géométrie sacrée et des proportions harmoniques. Ces édifices, construits à partir du XIIe siècle sous l’influence des Templiers, intègrent les rapports du Nombre d’Or et les intervalles musicaux, comme la quinte, pour créer des espaces où la conscience humaine peut s’élever vers d’autres dimensions.

Williams évoque les découvertes des Templiers dans le Temple de Salomon, où des manuscrits et artefacts auraient révélé des connaissances alchimiques sur le son, l’astronomie et la géométrie sacrée. Ces savoirs, hérités des traditions hermétiques, ont inspiré l’architecture des cathédrales, conçues comme des « temples du son » où les chœurs monastiques, tels les « chœurs perpétuels » de l’ancienne Bretagne, résonnaient en harmonie avec les cycles cosmiques. Ces chants, synchronisés avec les saisons et les mouvements planétaires, étaient perçus comme un moyen de « chanter le monde », une pratique que l’on retrouve dans de nombreuses cultures indigènes.

La Cymatique et la Science ModerneLa science moderne vient confirmer ces intuitions anciennes. Le chercheur suisse Hans Jenny, pionnier de la cymatique, a démontré dans les années 1960 que des fréquences sonores appliquées à des poudres, des liquides ou des pâtes créaient des motifs géométriques complexes, semblables à ceux observés dans la nature et l’architecture sacrée. Ces expériences révèlent que le son est une force organisatrice, capable de donner forme à la matière. De même, les travaux du Dr Masaru Emoto sur les cristaux d’eau montrent que l’eau exposée à des pensées positives ou à de la musique harmonieuse forme des structures géométriques équilibrées, tandis que des émotions négatives engendrent des formes chaotiques.

Ces découvertes scientifiques modernes font écho à la sagesse du guérisseur navajo Billy Yellow : « Notre tâche est de chanter le monde, de chanter la beauté. Le monde est le miroir de notre chant. »

Le Chant du Cosmos : Une Vision de Johannes KeplerL’astronome et mystique Johannes Kepler (1571-1630) a également exploré la relation entre le son, la géométrie et le cosmos. Dans ses travaux, il a établi des correspondances entre les orbites planétaires et les fréquences musicales, suggérant que chaque planète « chante » une note spécifique, formant un chœur céleste. Selon Stephen Hawking, Kepler aurait même identifié des « voix » planétaires – soprano, ténor, contralto, basse – révélant une harmonie cosmique. Cette vision, inspirée des solides platoniciens, illustre que les lois qui régissent les étoiles sont les mêmes que celles qui animent la vie sur Terre.

Raphaël : Platon et Aristote devisant sur la politique ?

Platon lui-même, dans son Timée, décrivait l’univers comme une création vibratoire, animée par des spirales musicales. Dans La République, il évoque huit spirales cosmiques, chacune portée par une sirène chantant une note et une couleur spécifiques, tissant la trame musicale de la Création. Ces idées, reprises par les traditions hermétiques et les mystiques médiévaux, rappellent que le son est une force unificatrice, reliant l’humanité à l’ordre divin. Une Renaissance du Chant Sacré

Ani Williams note que le chant sacré connaît des périodes de renouveau à des moments clés de l’histoire, notamment aux tournants des millénaires. Au début du christianisme, puis lors de l’époque romantique du Graal autour de l’an 1000, la musique sacrée a joué un rôle central dans l’éveil spirituel. Aujourd’hui, à l’aube du troisième millénaire, le chant reprend sa place dans la création d’un nouveau paradigme. Les pratiques de thérapie musicale, comme celles enseignées par Williams, utilisent des tonalités spécifiques pour harmoniser les chakras, dissoudre les blocages émotionnels et élever la conscience. Ces approches, combinées à la méditation et au chant choral, permettent aux individus de devenir « conscients du son dans leur vie » et de participer activement à la symphonie universelle.

Conclusion : Chanter l’Harmonie de l’UniversLa Géométrie sacrée du son d’Ani Williams est une invitation à redécouvrir la puissance du son comme une clé de la Création. À travers les solides de Platon, les proportions dorées, l’Échelle des Quintes et les découvertes scientifiques modernes, nous comprenons que le son n’est pas seulement une vibration physique, mais une force spirituelle qui relie l’humanité au cosmos. Les cathédrales gothiques, les chœurs perpétuels, les expériences de cymatique et les intuitions des mystiques convergent vers une même vérité : l’univers est un chant, et nous sommes ses choristes.

En jouant les « cordes les plus harmonieuses » de notre conscience, nous pouvons participer à la création d’un monde plus équilibré et harmonieux. Comme l’affirme Billy Yellow, le monde est le miroir de notre chant. En intégrant la géométrie sacrée et le son dans notre vie, nous devenons des architectes de l’âme, sculptant notre propre pierre brute pour nous aligner avec l’harmonie divine. La question reste ouverte : sommes-nous prêts à écouter le chant du cosmos et à y ajouter notre voix ?


Source :

  • Ani Williams, « La Géométrie sacrée du son », Spirit of Ma’at, Vol. 4, janvier 2004.

Bibliographie complémentaire :

  • Gardner, Lawrence, Holy Grail.
  • McIntosh, Stephen Ian, The Harmonic Lyre.
  • Michel, John, Dimensions of Paradise.
  • Lincoln, Michael Henry & Leigh, Richard, Holy Blood, Holy Grail.

Être critique en Franc-maçonnerie

1

Ou l’art de se critiquer entre soeurs et frères !

Je suis amené à voyager et à visiter une loge quand mes itinéraires me le permettent. C’est toujours intéressant, une sorte de parcours compagnonique pourrai-t-on dire.

Partir loin de sa région voire de son pays c’est souvent riche d’enseignement par les sœurs et les frères que nous côtoyons et aussi par leurs parcours qui parfois peuvent se trouver différents de ceux des autres membres membres de la loge. Ils ont pu rejoindre cette loge car ils venaient par exemple s’installer dans le secteur pour leur travail. C’est ainsi que l’on découvre un frère ou une sœur qui auparavant travaillait au Rite Émulation et qui maintenant travaille au R.E.A.A.

Parcours banal, nous avons tous été confrontés à ces situations. C’est aussi l’occasion d’assister à des situations imprévues, burlesques et cocasses qui nous font dire:

“tiens eux aussi, ils ont le mÊme problème”

Comme ce cas où il fut impossible après de longues recherches en pleine tenue de trouver un récipient pour recueillir le tronc de la Veuve et encore moins un sac aux propositions.

Et pourtant ce n’est pas faute de l’avoir dit, on range les choses à leur place !

C’est aussi la vie de la loge, régulièrement on entend des remarques sur comment améliorer le fonctionnement de la loge. Ce sont les remarques

“des jamais contents qui précèdent les je vous l’avais dit”’

C’est l’occasion lors de ces visites, d’entendre des réflexions sur la vie de la loge, en général rien de bien méchant. Je suis un peu le confident, on me sait de passage alors on se libère plus facilement.

Il y a une certaine similitude avec les histoires de famille, (nous en somme une aussi d’ailleurs ne l’oublions pas). Quand nous nous rendons chez les cousins et que nous lâchons quelques remarques sur les agissements d’autres cousins et cousines sous prétextes d’informations, c’est un peu le même contexte. Dans ce cas, certaines personnes laissent parfois poliment leur avis, comme:

“ Oh, elle a envoyé un p’tit pic et bien sûr, comprend qui peut ou qui veut ! »

Allez, prenons ces critiques sur le ton de la dérision, en chantonnant par exemple comme dans la video du Grand rené ci-dessous :

Quelques clefs de L’énigme des maîtres

Pour lire l’épilogue de la semaine dernière : ici

Voici quelques clefs de L’énigme des Maîtres pour vous expliquer les intentions des auteurs dans le choix de quelques passages du roman.

Et pour commencer, vous aurez remarqué que la main de Dieu du tableau de Michel Ange sur la couverture pénètre d’au-delà du champ du cadre. D.ieu ne peut être enfermé.

Prologue

Les lourds rideaux tirés, dans le salon de Buonvincini, sont de même couleur, mais ouverts au manoir d’Archibald.

Sur le tableau L’adoration des mages de Botticelli, Savonarole (son maître spirituel), enserre Laurent le Magnifique dans sa cape, indiquant ainsi à ce dernier que l’on ne peut avoir foi qu’en Dieu qui est l’unique souverain.  On remarquera à droite du tableau, juste devant les chevaux, en vêtement rouge, Léonard de Vinci. Ce tableau annonce l’intrigue future.

On juge à titre posthume Toland. Le 7 février 1497, le jour de Mardi Gras, Savonarole élève le bûcher des Vanités sur la Piazza della Signoria. Le roman s’achève un jour de Mardi Gras à Milan.

Les portraits énigmatiques

Hircine Enhardir anagramme d’Heinrich Reinach pour lui donner un nom inquiétant

Le bleuet porté par le conservateur a été le symbole de reconnaissance pour les nazis autrichiens dans les années 1930. L’ancien leader de l’extrême-droite autrichienne, Jörg Haider, s’était même fait épingler par la Cour constitutionnelle autrichienne en 1997 pour avoir porté un bleuet à sa veste lors d’une apparition à la télévision

Le portrait de Casanova : Le portrait déguisé de Giacomo Casanova:<essentiels.bnf.fr/fr/extrait/23829831-937c-458a-ae4c-32c5480210b0-portrait-deguise-giacomo-casanova>.

L’éveil de l’énigme

Guido Lhermitt, la carte du tarot L’hermite

Archibald, c’est l’arche

Bôase, est la prononciation de Boaz, une des deux colonnes du Temple de Salomon bien connue des francs-maçons.

Newton par-ci, Newton par-là

« il a un petit air féminin ». On prête à Newton une homosexualité cachée.

À la mort de sa femme, alors que Guido n’avait que dix ans, le choix de cet âge est l’âge celui de Christopher Wren quand sa mère mourut.

Gilles Personne de Roberval, De mundi systemate , partibus et motibus ejusdem libellus, p.148.

 Le Livre de la Sagesse de Salomon, rédigé en grec au premier siècle avant notre ère, qui nous informe que Dieu a réalisé le monde selon « Poids, Nombre et Mesure », Chap XI, 20. 

Renversements

L’inscription sur la médaille : f.s.k.i.p.f.t. 

Obrácený se traduit du tchèque par « inverse »

La traversée des époques

De nombreux symboles sont à méditer ici; nous en mentionnerons quelques-uns. Voici, par exemple, le verre…  Henry Corbin, Corps spirituel et corps céleste, paragraphe 228 

Parmi les ombres

L’alphabet de L’ordre des francs-maçons trahi. 

Le carré magique de Mars d’Agrippa.

Rhodanus et Arar : anciens noms du Rhône et de la Saône dont la confluence est à Lyon.

Le Kiphy : Le kyphi est un parfum composé de seize ingrédients, de miel, de vin, de raisins secs, de souciet, de résine, de myrrhe, d’aspalathe, de seseli, de jonc odoriférant, d’asphalte, de feuilles de figuier, d’oseille, des deux espèces de genièvre, le grand et le petit, de cardamome et de roseau aromatique. Ces ingrédients ne sont pas mêlés au hasard, mais dans une proportion prescrite par les livres sacrés, qu’on lit à mesure à ceux qui sont chargés de composer ce parfum. Quant au nombre de seize, quoique ce soit un tétragone formé d’un autre, et que cette figure soit la seule qui, ayant ses côtés parfaitement égaux, ait aussi son périmètre égal à son aire, cette propriété contribue pour bien peu de chose dans l’effet salutaire des parfums. Comme la plupart de ces ingrédients ont une vertu aromatique, il s’en exhale une vapeur douce et active qui change la disposition de l’air, s’insinue dans le corps, donne à ses sens un mouvement convenable et l’invite agréablement au repos, lui procure des affections tranquilles, et, sans lui causer aucune ivresse, relâche et détend les impressions trop vives que lui ont fait éprouver les soins et les soucis de la journée, qui, comme autant de liens, captivent ses facultés. Ce n’est pas tout : ces 399 exhalaisons agissent puissamment sur l’imagination, le siège des songes, et, comme une glace bien polie, la rendent plus claire et plus pure ; ils ne sont pas moins efficaces que les sons de la lyre, auxquels les pythagoriciens avaient coutume de s’endormir pour charmer, pour adoucir par ce moyen la partie raisonnable de l’âme, sujette au trouble des passions. (Plutarque, œuvres morales, tome V, Traité d’Isis et d’Osiris, Paragraphe 80 :

« Ce délicieux présent « où se pillent les minutes », anagramme de « le temps est une illusion » qui annonce la suite du rôle joué par Amélie.

Le ciel est beau comme les vagues de l’océan. Cette phrase annonce dramatiquement le contraire de ce qui va suivre, la noyade d’Amélie.


Ses derniers mots « moi aussi j’aime » est le souvenir de son amour pour Buonvincini, pas pour Alexander, ce qui apparaîtra dans le rapport d’Interpol.

« La mer était devenue une voûte de larmes argentées. » Propos retenus du testament d’Augustin de Monti évoquant son possible naufrage.

La question du ça

La résonance morphique de Rupert Sheldrake 

Sous la surface

D’ailleurs, les alchimistes lyonnais du XVIème siècle sont presque tous médecins : Allusion à Symphorien Champier (1472-1539) : médecin et astrologue, il est l’auteur de plusieurs traités d’alchimie, dont De la vraye et parfaicte science des secrets des philosophes. Oronce Fine (1494-1555) : mathématicien et cartographe, il s’est également intéressé à l’alchimie et a publié un traité sur la distillation. Jean de La Bruyère (1530-1588) : médecin et alchimiste, il est l’auteur de plusieurs traités sur la transmutation des métaux. Denis Zacaire (1510-1556) : médecin et alchimiste, il est l’auteur d’un traité sur la pierre philosophale. Antoine Duchesne (1584-1648) : médecin et alchimiste, il est l’auteur d’un traité sur l’élixir de vie. Sans oublier Bernard Trévisan: Cet alchimiste italien du XVe siècle est connu pour ses travaux sur la pierre philosophale et l’élixir de vie. Il est décédé à Lyon en 1507 et a été inhumé dans l’église Saint-Nizier. Il est possible que ses restes se trouvent dans le cimetière de Loyasse à Lyon.

– Basile Valentin, Les douze clefs de philosophie de frère Basile Valentin,… traictant de la vraye médecine métalique . Plus L’azoth ou le moyen de faire l’or caché des philosophes.

Le tableau de Mendéleïev

Visite à Interpol

Une montre cartier : Amélie la porte au poignet à Prague

Le joyau du château Lamothe

Le Lyon de nos pères de 1901 Par Em. Vingtrinier ; illustré de 20 eaux-fortes et de 300 dessins à la plume et au crayon par J. Drevet

Le château en carton bouilli : Le Château Lamothe, Dernières découvertes historiques, sociologiques et architecturales…par Jean-Pierre Philibert, Ouvrage réalisé par Solange Sudarskis, 2001.

Noblesse oblige

C’est pour ajouter à votre domaine de la sagesse, et pas simplement à votre connaissance. Un homme peut passer sa vie à étudier une seule spécialité de la connaissance… Albert Pike, Morales et dogma du Rite écossais Ancien et Accepté de Franc-maçonnerie, p.28.

Sir John Braddick Monckton fut président du conseil d’administration de la Grande Loge d’Angleterre, l’organe directeur de la Franc-maçonnerie en Angleterre et au Pays de Galles, de 1874 à 1883.

70 degrés de fluorescence : Selon le livre de la genèse 70 est le nombre de l’humanité réunie. Il est aussi la valeur guématrique du secret en hébreu, Sod (סוד).

Il se sentit devenir une baleine, un loup, une montagne, une rivière, une coupe, une terre sacrée flottant au milieu des eaux.
Le dieu Belen, comme tant d’autres divinités ourano-poseidoniennes, a, selon toute vraisemblance, donné son nom à une embarcation marine possédant son essence transcendante dans laquelle séjournaient les néophytes. Ce monde souterrain aquatique, que le Livre biblique de Jonas a rendu célèbre, fut utilisé fréquemment, chez les peuplades littorales, comme lieu de réclusion initiatique.

Apollon était fils d’une louve, et il fut lui-même un loup-garou insigne. C’est d’ailleurs parce que né d’une louve qu’il était porteur de lumière, ainsi que l’indique expressément, en grec, son épithète rituelle de Lykêgène, qui a le double sens de : issu de la lumière, et de : issu d’ une louve  (Johan Dreue, De Bélenos à Gargantua ou la radiance de la révélation primitive retrouvée)
La coupe c’est le graal ou toute coupe pour recevoir la connaissance
Le basilic : C’est une créature hybride elle a des composants du corps qui sont donc  pris sur différentes espèces  et elle peut représenter les forces pulsionnelles les  plus archaïques qui sont en nous et  qu’on doit laisser à l’entrée de la cathédrale. C’est une forme, plus précisément c’est une informe.

La pierre peut-être celle qui est rejetée, ou le symbole lithographique des francs-maçons.

Toute chose finit toujours en ce en quoi elle a pris son être et son commencement : Cosmopolite ou Nouvelle Lumière Chimique sélectionnés par Louis Cattiaux, I. De la Nature en général.

Le secret de la mesure et de la raison

Hypatie d’Alexandrie : fille du philosophe et géomètre Théon d’Alexandrie, qui lui enseigna la philosophie et les mathématiques, ainsi que ses vertus, Hypatie acquit bientôt de telles connaissances que, dit-on, elle dirigea l’école néo-platonicienne de Plotin à Alexandrie, où, à peine âgée d’une vingtaine d’années, elle donna des cours devant un auditoire très nombreux, dès la fin du 4e s. et dans les premières années du 5e. Elle y commentait Platon et Aristote, tout en enseignant l’astronomie.

Michel de Montaigne qui va inventer la laïcisation de la pensée,… Michel Onfray – Nouvelle édition des « Essais » de Montaigne à l’Auditorium de Bordeaux :

Avant le 19e siècle, on peut dire que l’homme  n’existait pas. Quand l’homme devient objet de savoir, la réflexion de Michel Foucault :

En ne fuyant ni de la vie active dans la vie contemplative, ni inversement, mais faire alternativement route vers l’une et vers l’autre, être chez nous dans chacune d’elles et participer à toutes les deux. Hermann Hesse Le jeu des perles de verre.

Ne pas retenir l’oiseau

Città meneghina : Le personnage emblématique du Carnaval à Milan est le célèbre Meneghino, créé par le poète Carlo Maria Maggi au XVIIème siècle et entré par la suite à la commedia dell’arte. Le nominatif est aujourd’hui utilisé pour définir Milan, son dialecte et ses habitants dans le reste de l’Italie : la città meneghina

Carnaval ambrosien : Contrairement aux autres carnavals italiens, qui se terminent le Mardi Gras, le Carnaval de Milan se prolonge jusqu’au samedi après le Mercredi des Cendres. Cette différence découle de l’adhésion de Milan au rite ambrosien, une tradition liturgique nommée d’après Saint Ambroise, le saint patron de la ville.

Épilogue

L’odeur du soleil de la matinée printanière évoque la même odeur que sentait Léonard de Vinci dans la lettre non signée trouvée à Istanbul (p. 144).

Le message crypté: Le diamant n’est pas le but, il est le commencement

Écrit avec l’alphabet bilitère de Francis Bacon inventé au début du 17ème siècle ancêtre du code Ascii informatique qui crypte les programmes informatiques qui utilisent huit positions de 0 et de 1.

Buonvincini disparu, et sans savoir ce que sont devenus nos héros, laisse au lecteur la possibilité d’inventer sa fin du roman.

À moins que cela annonce une suite : que vont devenir les enfants qui ont ingéré la poudre du diamant et les autres personnages ?

Les ouvriers d’Hiram Abiff : Raison et intuition – II

0

De notre confrère elnacional.com

L’Intuition : La Voix Silencieuse de l’Âme

« L’intellect vous mène d’un point A à un point B. L’imagination vous emmène partout. Mais l’intuition vous ramène à la source. »

Cette maxime, attribuée aux traditions zen, capture l’essence mystérieuse de l’intuition, cette faculté souvent qualifiée de « sixième sens », qui fascine et intrigue depuis des siècles. À la croisée de la science, de la philosophie et de la spiritualité, l’intuition se révèle comme un pont entre le conscient et l’inconscient, un guide subtil vers la vérité. Mais qu’est-elle réellement ? Une capacité innée, un don cultivable ou un langage de l’âme ? Cet article explore l’intuition sous ses multiples facettes, de ses fondements neuroscientifiques à ses dimensions philosophiques et spirituelles.

L’Intuition : Entre Instinct et Connaissance

L’intuition est souvent perçue comme une perception immédiate, une connaissance qui surgit sans le filtre du raisonnement conscient. Si l’instinct, plus brut, nous pousse à agir face au danger ou à l’opportunité, l’intuition, elle, nous guide vers une vérité plus profonde, comme une boussole intérieure. Pourtant, l’auteur nous met en garde : l’humain, en raisonnant trop sur ses facultés, tend à confondre instinct et intuition, semant parfois le chaos. Contrairement à l’animal, dont l’instinct est précis car dénué de raison, l’humain navigue dans un équilibre délicat entre ces forces. Sans intuition, l’humanité occuperait une place bien moindre dans l’univers, car c’est elle qui nous permet de transcender la simple logique pour toucher à l’essence des choses.

Dans le cerveau humain, deux modes de pensée coexistent : l’esprit analytique, ancré dans l’hémisphère gauche, excelle dans le raisonnement logique et l’analyse ; l’esprit intuitif, lié à l’hémisphère droit, opère de manière plus fluide, naturelle, et spontanée. Loin d’être un phénomène mystique, l’intuition est aujourd’hui reconnue par les neurosciences comme le fruit de processus cognitifs complexes. Elle repose sur la mémoire implicite, qui stocke nos expériences passées, et sur la capacité du cerveau à reconnaître des schémas à une vitesse fulgurante, sans que nous en ayons conscience. Le cortex préfrontal ventromédian, les noyaux gris centraux, l’insula, l’hippocampe et les lobes temporaux médians s’unissent pour traiter émotions, habitudes et souvenirs, offrant ainsi des éclairs de compréhension instantanée.

Une Faculté au Service de la Décision

Pierre Bayle

Dans les moments de forte pression, lorsque le temps manque pour analyser, l’intuition devient un outil précieux. Notre cerveau, véritable machine de reconnaissance des formes, absorbe et traite une immense quantité d’informations, dont la plupart échappent à notre conscience. Face à une situation nouvelle, il compare les stimuli présents à une archive d’expériences passées, générant des réponses rapides et souvent justes.

Cette « connaissance sans savoir pourquoi » est le fruit d’un traitement subconscient, un dialogue invisible entre différentes régions cérébrales. Et si l’intuition est largement inconsciente, elle peut être affinée par l’exposition à de nouvelles expériences, la réflexion et la pratique de la pleine conscience.

L’Intuition dans les Traditions Spirituelles

Au-delà de la science, l’intuition revêt une dimension spirituelle dans de nombreuses traditions. Dans les écoles ésotériques et hermétiques, elle est perçue comme le « langage de l’âme », un lien direct avec la transcendance. Les rosicruciens parlent de la « lumière du cœur », une étincelle divine guidant l’initié vers l’illumination.

Aurobindo

Pour Sri Aurobindo (1872-1950), poète et philosophe indien, l’intuition est la « perception directe de la Vérité », dévoilée sans l’intermédiaire des sens ou du raisonnement. Dans l’hindouisme, elle est associée à l’ouverture du troisième œil (Ajna chakra), un centre énergétique permettant une vision subtile, antidote à l’ego et révélateur du Dharma, la voie divine. Hermès Trismégiste, figure légendaire de la sagesse antique, affirmait : « Lorsque l’oreille est capable d’entendre, les lèvres se lèvent pour l’emplir de sagesse. » L’intuition, dans cette perspective, est le fruit d’un travail intérieur, un retour à l’origine divine de l’âme.

Les Philosophes et l’Intuition :

Une Réflexion MillénaireL’intuition a captivé les penseurs à travers les âges, chacun y voyant une facette unique de la connaissance humaine :

Emmanuel Kant

Emmanuel Kant (1724-1804) : Sceptique face à une intuition intellectuelle directe, il soutient que la connaissance humaine repose sur des intuitions sensibles (espace et temps), mais ouvre la voie à une intuition morale à travers l’impératif catégorique.

Platon (427-347 av. J.-C.) : Pour lui, l’intuition (noûs) est la capacité de saisir les Idées éternelles – Justice, Beauté, Bien – par la réminiscence, un souvenir de l’âme préexistant à la vie terrestre.

Aristote (384-322 av. J.-C.) : Il distingue le raisonnement discursif, qui analyse, de l’intuition intellectuelle, qui saisit les principes premiers, comme le principe de non-contradiction.

René Descartes (1596-1650) : Il définit l’intuition comme une « lumière naturelle » de la raison, une connaissance immédiate et certaine, à l’image de son célèbre « Je pense, donc je suis. »

Baruch Spinoza (1632-1677) : Pour lui, l’intuition (scientia intuitiva) est le plus haut degré de connaissance, capturant l’essence des choses dans leur lien avec la Nature ou Dieu.

Vers une Redécouverte de l’Intuition

Si ces réflexions philosophiques constituent une base précieuse, elles ne doivent pas figer notre compréhension de l’intuition. Comme le souligne Alicia A. Bailey (1880-1949), écrivaine ésotérique, « nos oreilles sont assourdies par le vacarme de notre civilisation moderne, et pourtant nous discernons parfois des sons qui témoignent d’un monde immatériel. » Dans un monde saturé d’informations, l’intuition nous offre des éclairs de clarté, des visions fugaces d’un état d’être plus subtil. Elle nous rappelle que, derrière le brouillard de la rationalité et de la modernité, il existe une « gloire qui n’a jamais existé, ni sur mer ni sur terre. »

L’intuition n’est pas une relique du passé, mais une faculté vivante, prête à être cultivée. Elle nous invite à équilibrer raison et instinct, à écouter la voix silencieuse de l’âme, et à naviguer avec confiance dans l’incertitude. En fin de compte, l’intuition est ce qui nous ramène à la source.

non pas une vérité figée, mais une quête infinie de sens, de vérité et de connexion avec l’univers.

Découvrir la partie 1

Saint Jean-Baptiste : un voyage ésotérique et maçonnique

De notre confrère expartibus.it – Par Rosamunda Christian

Figure centrale de la tradition chrétienne et emblème puissant du symbolisme maçonnique, saint Jean-Baptiste représente non seulement le précurseur du Christ, mais aussi l’archétype de l’initié qui anticipe la révélation de la Lumière. Sa vie, lue dans une clé ésotérique, devient une métaphore du voyage intérieur que chaque franc-maçon est appelé à entreprendre : de la purification à l’illumination, de la voix dans le désert au silence de la Vérité.

L’Évangile de Luc (1.76) rapporte les paroles prophétiques du père Zacharie :

Toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses voies.

Saint Jean est l’annonceur, celui qui « prépare le Temple » à accueillir la Lumière.

C’est le symbole de l’initiation à la connaissance supérieure :

Vox clamantis dans le désert : défilés viam Domini.
Jean 1.23

Né d’un ventre que l’on croyait stérile, comme beaucoup de héros mythiques et initiatiques, Jean incarne la renaissance du principe spirituel dans un monde aride.

Il vit dans le désert, loin de la corruption du monde profane, vêtu de poils de chameau et nourri de miel sauvage et de sauterelles. Chaque détail est chargé de sens : le miel, symbole de la connaissance, et les sauterelles, symbole de l’austérité, évoquent une vie de recherche et de rigueur, éléments clés de la voie maçonnique.

Le baptême que Jean pratique dans le Jourdain est la purification de l’âme.

Mais lui-même déclare :

Moi, je vous baptise d’eau, mais celui qui vient vous baptisera du Saint-Esprit et de feu.
Luc 3:16.

Ici l’eau est le premier élément de transformation, mais seul le feu, symbole du Logos et de la véritable initiation, conduit à l’illumination.

Dans le contexte maçonnique, le baptême de Jean représente l’entrée sur le chemin : l’eau purifie des impuretés profanes et prépare la pierre brute à être travaillée. Le feu, quant à lui, transmute : c’est le « feu secret » de l’Alchimiste, celui-là même qui transforme le plomb en or, l’homme vulgaire en Homme de Lumière.

La Franc-Maçonnerie célèbre le solstice d’été avec saint Jean-Baptiste, et le solstice d’hiver avec saint Jean l’Évangéliste. Deux piliers symboliques de l’année solaire et du Temple : la lumière maximale et la lumière minimale, « action et contemplation », le feu solaire et le feu intérieur. Saint-Baptiste, associé au soleil à son zénith, représente l’expansion, la pleine manifestation de la Vérité.

Dans le monde maçonnique, le 24 juin devient non pas un jour de repos, mais de réflexion sur le travail effectué et de préparation à la reprise du travail.

Comme l’enseigne le rituel

le Maçon ne s’arrête pas, mais regarde son travail avec un œil critique pour se renouveler.

Jean est emprisonné par Hérode pour avoir dénoncé l’injustice.

Sa tête est demandée par Salomé et offerte sur un plateau :

Caput Ioannis enregistré.
Marc 6.28

C’est le prix de la vérité. La décapitation est le symbole ésotérique de l’abandon de l’ego, du sacrifice de l’identité profane pour accéder à une connaissance supérieure.

La tête coupée de Jean est une puissante icône : la pensée séparée du corps, l’esprit qui survit à la matière. Un rappel du Logos, du Verbe, de la Sagesse initiatique qui surmonte la mort physique.

Dans les Évangiles apocryphes, Jean est souvent décrit comme le pont entre l’Ancien et le Nouveau Testament, entre la Loi et la Grâce.

Dans l’ Apocalypse , écrite par l’autre Jean, nous lisons :

Beatus qui legit et qui audiunt verba Prophetiae

Heureux celui qui lit et entend les paroles de cette prophétie.

C’est une invitation à la vigilance, à rechercher la vérité au-delà du voile, la tâche sacrée du Maçon.

Saint Jean-Baptiste n’est pas seulement une figure historique ou religieuse, mais un symbole éternel de régénération spirituelle.

Pour le Franc-Maçon, il est le Premier Initiateur, celui qui montre la Voie mais n’est pas le but.

Célébrer sa journée signifie honorer la Lumière, la Vérité et le Chemin, c’est un avertissement à chaque Frère et Sœur :

Que la lumière soit et la lumière fut.

Lancement du livre «Les secrets du grand maître entre musique et franc-maçonnerie » : une plongée dans l’univers de Giacomo Puccini

De notre confrère beckmesser.com

Le monde de la musique et de la littérature a vibré avec le lancement du livre « Les secrets du grand maître entre musique et franc-maçonnerie » de Paolo Nuti, publié par Babelcube Books. Cet ouvrage, traduit par Heredia Rojas, explore le lien fascinant entre Giacomo Puccini, l’un des plus grands compositeurs d’opéra italiens, et la Franc-maçonnerie, institution souvent entourée de mystère.

Avec ses 69 pages, vendu au prix de 12 euros (ISBN 9781507199336), ce livre mêle habilement éléments biographiques, anecdotes personnelles de l’auteur et références historiques, invitant le lecteur à un voyage captivant à la découverte des secrets du « Gran Maestro ». Cependant, certaines critiques, comme celle publiée sur le site Beckmesser, regrettent que le titre promette plus qu’il ne livre, le thème de la franc-maçonnerie étant abordé de manière superficielle, tandis que l’ouvrage s’appuie davantage sur les souvenirs personnels de l’auteur.

À l’occasion de ce lancement, nous vous proposons de redécouvrir la vie et l’héritage de Giacomo Puccini, figure centrale de cet ouvrage, dont la carrière et les liens supposés avec la franc-maçonnerie suscitent encore curiosité et débats.Giacomo Puccini : une vie dédiée à l’opéraGiacomo Antonio Domenico Michele Secondo Maria Puccini naît le 22 décembre 1858 à Lucques, en Toscane, dans une famille profondément ancrée dans la tradition musicale. Issu d’une lignée de compositeurs et de musiciens d’église, Puccini est le sixième des neuf enfants de Michele Puccini, organiste et compositeur respecté. Après la mort prématurée de son père en 1864, le jeune Giacomo est formé par son oncle Fortunato Magi, puis à l’Institut musical de Lucques, où il se distingue rapidement par son talent.À 18 ans, Puccini assiste à une représentation de Aida de Verdi à Pise, une expérience qui marque un tournant décisif dans sa vocation : il décide de se consacrer à l’opéra. Il poursuit ses études au Conservatoire de Milan sous la direction d’Amilcare Ponchielli, qui reconnaît son génie. C’est là qu’il compose son premier opéra, Le Villi (1884), un succès modeste mais prometteur qui attire l’attention de l’éditeur Giulio Ricordi. Ce dernier devient un soutien crucial pour Puccini, lui commandant des œuvres majeures.Une carrière jalonnée de chefs-d’œuvrePuccini s’impose rapidement comme l’héritier de Verdi dans le paysage de l’opéra italien. Ses œuvres, marquées par une sensibilité dramatique et une richesse mélodique, révolutionnent le genre. Parmi ses opéras les plus célèbres, on compte :

  • Manon Lescaut (1893), qui consacre son talent malgré des défis dans la composition.
  • La Bohème (1896), un chef-d’œuvre d’émotion et de réalisme, dépeignant la vie des artistes bohèmes à Paris.
  • Tosca (1900), un drame intense mêlant politique, passion et tragédie.
  • Madama Butterfly (1904), une œuvre poignante sur l’amour et le sacrifice, bien que sa première représentation ait été un échec avant d’être retravaillée avec succès.
  • Turandot (1926), inachevé à sa mort, mais devenu un monument de l’opéra grâce à ses airs puissants comme « Nessun dorma ».

Puccini excelle dans l’art du verismo, un courant réaliste mettant en scène des personnages ordinaires confrontés à des émotions universelles. Ses mélodies, d’une expressivité rare, et son sens aigu du théâtre font de lui un compositeur universellement admiré. Comme le souligne un post sur X, Puccini fut « le dernier géant de la composition opératique italienne », mêlant motifs italiens et allemands avec une maîtrise unique de la polyphonie et du chromatisme.Une vie personnelle tumultueuseEn dehors de la scène, la vie de Puccini est marquée par des passions et des controverses. En 1884, il entame une relation avec Elvira Gemignani, épouse d’un ami, qui devient sa compagne et, plus tard, son épouse après la mort de son mari en 1904. Leur relation, bien que passionnée, est tumultueuse, marquée par des accusations d’infidélité. En 1909, un scandale éclate lorsque leur domestique, Doria Manfredi, se suicide après avoir été accusée à tort par Elvira d’être la maîtresse de Puccini. Cet épisode ternit l’image du compositeur et alimente les commérages.

Puccini est également un homme de son temps, passionné par les innovations technologiques comme l’automobile et les voyages. Il s’installe à Torre del Lago, un village paisible où il trouve l’inspiration, mais fréquente aussi les cercles mondains et artistiques. Fumeur invétéré, il succombe à une crise cardiaque le 29 novembre 1924 à Bruxelles, à l’âge de 65 ans, laissant Turandot inachevée.Puccini et la franc-maçonnerie : un lien énigmatiqueLe livre de Paolo Nuti s’intéresse à un aspect moins connu de la vie de Puccini : son supposé lien avec la franc-maçonnerie. Selon l’auteur, Puccini aurait atteint le grade 33, le plus élevé du Rite Écossais Ancien et Accepté, une affirmation qui intrigue mais manque de preuves solides. L’ouvrage explore cette connexion à travers un mélange de fiction et de faits historiques, suggérant que l’universalisme maçonnique aurait influencé l’œuvre du compositeur. Cependant, la critique de Beckmesser note que le traitement de la franc-maçonnerie reste superficiel, l’auteur s’appuyant davantage sur ses propres souvenirs et une approche romancée que sur des éléments concrets.

La franc-maçonnerie, institution philosophique et philanthropique fondée au XVIIIe siècle, valorise la liberté de pensée, l’autoperfectionnement et la fraternité. Ses rituels, riches en symboles géométriques et architecturaux, ont inspiré de nombreux artistes, dont Mozart, dont l’opéra La Flûte enchantée est empreint de références maçonniques. Dans le cas de Puccini, les indices de son appartenance restent anecdotiques, mais l’idée d’un lien entre sa quête d’universalité artistique et les idéaux maçonniques alimente le mystère.

L’auteur et le lancement du livrePaolo Nuti, informaticien de profession et écrivain amateur résidant en Angleterre, signe ici un ouvrage qui reflète son amour pour la culture italienne et son admiration pour Puccini. Originaire de Toscane, comme le compositeur, Nuti a débuté en 2013 avec une guide sur les lieux de Harry Potter à Londres. Dans Los secretos del Gran Maestro, il mêle souvenirs personnels et recherches historiques, offrant une perspective originale, bien que parfois décousue, sur la figure de Puccini.

Le lancement du livre, annoncé le 2 juillet 2025, coïncide avec une période d’effervescence culturelle, comme en témoigne la nouvelle saison de Radio Clásica et le Festival International de Godella, qui promeut de jeunes talents musicaux. Cet événement s’adresse aux passionnés d’opéra, aux amateurs d’histoire et à ceux que les mystères de la franc-maçonnerie intriguent. Malgré les réserves sur la profondeur du propos, l’ouvrage promet une lecture divertissante et une invitation à redécouvrir Puccini sous un angle inédit.

Un hommage à un géant de l’opéraLos secretos del Gran Maestro entre música y masonería est plus qu’une simple exploration biographique : c’est une tentative de relier l’art intemporel de Puccini à une dimension ésotérique, bien que cette connexion reste spéculative. Giacomo Puccini, dont la vie et l’œuvre continuent d’enchanter le monde, reste une figure emblématique de l’opéra italien, un compositeur dont les mélodies transcendent les époques. Ce livre, malgré ses limites, offre une occasion de célébrer son génie tout en s’interrogeant sur les influences cachées qui ont pu façonner son art. Pour les amateurs de Puccini, c’est une invitation à plonger dans son univers, entre passion, tragédie et mystère.


Sources :

  • Post sur X par @ALBERTOHZARATE, 22 décembre 2021.
  • Beckmesser, « Reseña de libro : Los secretos del Gran Maestro entre música y masonería », 2 juillet 2025.
  • Amazon.es, description du livre Los secretos del Gran Maestro entre música y masonería.
  • Wikipédia, « Giacomo Puccini », https://fr.wikipedia.org/wiki/Giacomo_Puccini

JOABEN – « La Lumière – Repères pour temps troubles »

Dans les vastes corridors de l’esprit où la lumière s’entrelace aux ombres dans une étreinte mystique, l’éditorial de Philippe Guglielmi s’élève comme une porte ouverte sur un temple intellectuel, un seuil où résonnent les échos des Lumières traversés par les murmures de leurs contrepoints obscurs. Philippe Guglielmi, dont la plume semble puisée dans l’éther vibrant des idéaux républicains, nous guide à travers un périple introspectif où les ombres mouvantes de notre époque s’entrelacent aux lueurs d’un passé irradiant d’espérance.

Sa voix, empreinte de la dignité d’un Très Sage et Parfait Grand Vénérable du Grand Orient de France, porte une gravité sacrée, un appel vibrant à raviver la flamme initiatique face aux vents contraires qui menacent de l’étouffer. Il nous parle des Lumières comme d’une promesse vivante, un héritage que nous devons façonner à nouveau, loin de toute idolâtrie, en affrontant les Anti-Lumières qui, sous des masques de certitude, disséminent le doute et la discorde. Une tension féconde traverse ses mots, celle d’un gardien du temple qui, refusant la complaisance d’un passé figé, nous presse de faire de la raison et de la fraternité des flambeaux pour éclairer nos propres sentiers.

Philippe Guglielmi ne se contente pas de chanter une gloire révolue ; il nous convie à une vigilance ardente, à un retour aux sources où la lumière jaillit d’une quête collective, un labeur patient de polissage des pierres brutes que nous portons en notre âme.

Et puis, dans cette symphonie d’idées qui vibre comme un chant maçonnique, la voix de Laurent Kupferman s’élève, un hymne vibrant dédié à Joséphine Baker, symbole d’unité nationale et héroïne universelle dont l’âme rayonnante transcende les âges. Laurent, envolé vers l’Orient Éternel le 2 juillet dernier, laisse en héritage un testament d’amour et de justice, une ode à cette femme née dans les ombres de la ségrégation américaine, transformant sa vie en un arc-en-ciel de résistance. Historien passionné, né en 1966 à Paris d’un père, Fred Kupferman, chroniqueur des heures sombres de l’Occupation, et d’une mère, Sigrid, plume sensible aux nuances de l’âme, Laurent a consacré son existence à tisser des liens entre mémoire et idéal. Ses écrits, tels que Le Paris des Francs-Maçons (2009) ou le documentaire « Joséphine Baker, un destin français » (2023), témoignent d’une quête où l’érudition s’unit à un engagement fervent. Sa pétition « Osez Joséphine », qui en 2021 rassembla des milliers de voix et porta cette artiste au Panthéon, fut un acte d’alchimie sociale, un geste où la Franc-Maçonnerie trouva l’une de ses expressions les plus éclatantes.

Dans son texte, Laurent Kupferman dépeint Joséphine comme une initiée sans tablier, une sœur dont la danse devint un rituel de libération, un mouvement qui s’éleva des planches poussiéreuses du « Revue Nègre » en 1925 jusqu’aux sommets de la Résistance française, où son sourire éclatant dissimulait des messages de liberté. Sa tribu arc-en-ciel, sanctuaire pour les orphelins de toutes nations, se révèle sous sa plume comme un symbole maçonnique, un atelier universel où l’amour dissout les barrières. Laurent nous dévoile une Joséphine affrontant les ténèbres du racisme et de l’antisémitisme avec la lumière de l’action, collaborant avec la France libre, soutenant Martin Luther King, incarnant un universalisme que la Franc-Maçonnerie aspire à voir fleurir dans le monde profane. La douleur de sa disparition récente se mue sous ses lignes en une force rayonnante, comme si Joséphine, depuis l’éternité, continuait de danser dans les loges invisibles de nos cœurs.

Et dans cet écrin de pensées, le remarquable ouvrage Lumières, Franc-maçonnerie, Laïcité, 120 ans d’engagement- 1905 – 2025, publié chez Numérilivre et préfacé avec majesté par le Grand Maître Nicolas Penin, s’ajoute comme une pierre précieuse, chroniqué avec soin en page 85 de cette même revue. Charles Coutel y déploie une méditation qui coule comme un ruisseau d’or à travers les pages, reliant les époques avec une grâce intemporelle. Là, l’ombre et la lumière s’entrelacent dans un ballet initiatique, miroir de l’âme humaine en quête de vérité. La Franc-Maçonnerie, fille des Lumières nées en 1728, porte en son sein cette tension féconde où la raison s’élève comme une flamme vive, tandis que l’ombre devient une alliée silencieuse, un terreau où la vigilance s’enracine.

Charles Coutel nous guide à travers une fresque historique où les siècles se répondent comme des échos dans une crypte sacrée, évoquant les lendemains sombres de la Seconde Guerre mondiale où l’ombre semblait avoir englouti les idéaux, pour nous presser de raviver cette lumière par une vigilance sans cesse renouvelée. Cette résonance avec notre époque troublée nous pénètre au plus profond, nous rappelant que le temple intérieur de chacun doit rester un sanctuaire de résistance. La Franc-maçonnerie, dans sa vision, devient un phare qui éclaire sans aveugler, un appel à ne pas céder aux mirages de l’ignorance ni aux excès d’un fanatisme déguisé.

Ces trois voix – Philippe Guglielmi, Laurent Kupferman, Charles Coutel –, que mon choix a réunies en un foyer d’attention, s’entrelacent dans une harmonie initiatique, un dialogue où la lumière ne se contente pas de briller, mais se forge dans l’épreuve. Philippe Guglielmi nous appelle à protéger l’idéal des Lumières contre les assauts de l’obscurantisme moderne, Laurent, par le prisme de Joséphine, nous montre comment cette lumière s’incarne dans une vie offerte au service de l’humanité, et Charles Coutel nous invite à une confrontation active où l’ombre et la lumière se transmutent en une quête de vérité.

Ensemble, ils tissent une tapisserie où la Franc-Maçonnerie apparaît comme un phare vivant, un espace où ces forces contraires se conjuguent pour nous élever vers une fraternité plus haute. Nous, lecteurs, nous tenons au seuil de ce Temple intérieur, invités à allumer nos propres chandelles, à porter la flamme avec humilité, conscients que chaque pas vers la lumière exige de traverser l’ombre avec une foi inébranlable, en ce jour où le temps semble suspendu entre l’aube et l’infini.

JOABEN – La Revue « La Lumière – Repères pour temps troubles »

Grand Chapitre Général du Grand Orient de France

Rite Français 1728- 1786

Collectif – Conform édition, N°25, juin 2025, 96 pages, 14 €

Disponible chez l’éditeur https://www.conform-edit.com/produit/joaben-n25-la-lumiere-reperes-pour-temps-troubles-frais-de-port-inclus/