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La GLFF révolutionne la Franc-maçonnerie avec un concept marketing audacieux : 2 conférences, 2 visions sur l’euthanasie rigoureusement en même temps

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Dans un paysage maçonnique souvent critiqué pour sa rigidité ou ses dépenses somptuaires en communication, la Grande Loge Féminine de France (GLFF) fait preuve d’une inventivité qui force l’admiration. Alors que certaines obédiences rivalisent d’imagination ou investissent des fortunes dans des agences de marketing pour attirer de nouveaux membres, la GLFF frappe un grand coup avec un concept inédit : organiser, à la même adresse, dans deux temples différents, sur un même thème d’actualité brûlante (sic) : l’euthanasie, deux conférences simultanées (le même jour et à la même heure !) avec des intervenants aux points de vue diamétralement opposés. Sinon, ce ne serait pas drôle…

Ce tour de force, prévu pour le 10 octobre prochain à la cité du Couvent, ne se contente pas de doubler l’auditoire : il incarne une approche moderne et inclusive qui pourrait redéfinir l’engagement maçonnique. Explorons cette initiative novatrice, son déroulement, ses implications philosophiques et son potentiel pour revitaliser l’Art Royal féminin.

Un concept marketing brillant : doubler l’audience avec une polémique contrôlée

L’idée est aussi simple qu’ingénieuse. En plaçant l’euthanasie – un sujet clivant qui divise les consciences entre défenseurs du droit à mourir dans la dignité et opposants au nom de la sacralité de la vie – au cœur de deux conférences simultanées, la GLFF jette-t-elle un pont entre les camps adverses ? Ou oblige-t-elle, par ce procédé, à choisir son camp, sans possibilité de dialogue ? Le 10 octobre, à la cité du Couvent, deux temples distincts, situés à deux étages différents, accueilleront des conférenciers profanes aux avis opposés. Les sympathisants de l’euthanasie se dirigeront vers l’un, les détracteurs vers l’autre, attirant ainsi un public varié – franc-maçonnes et invitées initiées – dans un même lieu et à la même heure.

Résultat : Deux salles à combler en nombre et en ardeur.

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Ce coup de génie marketing s’appuie sur une logique d’inclusion paradoxale : en offrant deux perspectives, la GLFF semble éviter de prendre parti, tout en captant l’attention de tous, à moins qu’il ne s’agisse de contrer l’initiative de la loge qui a fait la première annonce .

Contrairement aux obédiences qui dépensent des fortunes en campagnes publicitaires stéréotypées, la GLFF fait mine de miser sur l’intelligence collective et le débat, un choix qui pourrait résonner avec l’esprit maçonnique d’ouverture et de recherche de vérité, si un dilemme ne venait brouiller cette intention, en imposant à chaque participante de choisir son camp dès son arrivée, sans aucune possibilité de rattrapage pour écouter l’autre conférence. À défaut d’un débat argumenté, un débat cornélien pour certaines en leur for intérieur, une pointe de tension attisée par la dramaturgie de l’événement !

Une tenue blanche fermée au service du débat philosophique

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Ces conférences s’inscrivent dans le cadre d’une Tenue Blanche Fermée, un rituel maçonnique réservé aux initiées, où des profanes compétents sont invités à enrichir les réflexions. La GLFF a soigneusement sélectionné des conférenciers experts pour chaque point de vue : dans l’un des temples, un médecin ou un éthicien défendra l’euthanasie comme un acte de liberté et de compassion, citant des exemples comme la législation belge (2002) ou néerlandaise (2001). Dans l’autre, un philosophe arguera de la valeur intrinsèque de la vie, s’appuyant sur des références comme la Déclaration universelle des droits de l’homme ou des textes religieux adaptés.

Cette dualité reflète une tradition maçonnique ancienne : depuis les Lumières, les loges ont été des lieux de confrontation d’idées, où la vérité émerge du débat plutôt que de l’imposition. La GLFF, fondée en 1952 par des femmes cherchant une voix autonome dans un monde maçonnique dominé par les hommes, perpétue cette vocation avec une touche contemporaine. En invitant des profanes à s’exprimer, elle ouvre ses portes tout en préservant l’intimité rituelle, un équilibre délicat.

Implications philosophiques : transgression et harmonie

L’euthanasie, en tant que thème, incarne une transgression morale et sociale : elle défie les normes culturelles établies, qu’elles soient religieuses ou juridiques, pour poser la question ultime de la liberté individuelle face à la fin de vie. En franc-maçonnerie, où la transgression est souvent un moteur d’initiation – penser à Voltaire défiant l’Église ou Garibaldi brisant les chaînes féodales –, ce sujet est une invitation à dépasser les dogmes.

La GLFF ne tranche pas, mais offre un espace où les sœurs peuvent, plutôt que confronter, conforter leurs convictions, sans accepter de soumettre, en un seul et même exercice, des points de vue mettant ensemble à l’épreuve les lois universelles de la raison et de la compassion.

Cette approche résonne, toutefois, avec l’idéal maçonnique, dans des registres quelque peu artificiellement séparés. Si elles avaient été à même de se nourrir concomitamment de visions opposées, les franc-maçonnes auraient été plus pleinement invitées à mourir à leurs préjugés pour renaître à une compréhension plus profonde. En conciliant les contraires ? Cependant, le choix imposé – écouter une seule conférence – peut aussi être vu comme un moindre risque : éviter toute discussion enflammée… En tout cas, la synthèse harmonieuse, chère à la franc-maçonnerie, reste, ce jour-là, hors de portée.

Un modèle pour l’avenir de la maçonnerie féminine ?

Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent
Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent

Cet événement n’est pas qu’une prouesse logistique : il pourrait aussi bien marquer un tournant pour la GLFF, qui compte aujourd’hui environ 13 000 membres dans plus de 400 loges en France et à l’international. En attirant un public diversifié – des franc-maçonnes curieuses aux invitées potentiellement initiables –, la GLFF renforce son rayonnement. De plus, en s’attaquant à un sujet aussi sensible que l’euthanasie, elle affirme son rôle de penseur social, à l’image de son engagement historique pour les droits des femmes et la laïcité… certes, petit point faible, en accueillant les camps dans des enceintes différentes.

D’autres obédiences pourraient s’inspirer de cette stratégie. Imaginez une loge mixte comme le Droit Humain organisant des débats sur l’intelligence artificielle, ou le Grand Orient de France explorant le revenu universel avec deux visions opposées, à chaque fois, en même temps, à des étages différents. Pourquoi ne pas imaginer des entrées et des sorties différentes, pour éviter les rencontres fâcheuses ? La GLFF ouvre ainsi une voie à une époque où les opinions se radicalisent et s’hystérisent : celle d’une maçonnerie active, qui ne se contente pas de préserver des rituels, mais en réoriente l’usage, pour faire face, chacun dans son couloir, aux défis du XXIe siècle. MDR (Mort de Rire), comme on écrit quand on échange encore par SMS.

Bref, la maçonnerie féminine sait encore nous surprendre : rendez-vous, le 10 octobre, à la cité du Couvent, si vous avez décidé à quelle tenue blanche fermée vous rendre…

Alors, mesdames, préparez vos tabliers et vos esprits : le débat… en salle humide, promet d’être incandescent !

(PS : Les Frères sont les bienvenus)

La Prière, un pont spirituel en Franc-maçonnerie

Cet article s’appuie sur des sources historiques comme les Old Charges anglaises, des rituels datant du XVIIIe siècle, et des analyses contemporaines issues de blogs et sites spécialisés.

La Franc-maçonnerie, souvent perçue comme une institution à la croisée de la philosophie, de la spiritualité et de la fraternité, intègre dans ses rituels des prières qui jouaient un rôle central dans ses pratiques. On priait beaucoup, à quasiment tous les rites et à tous les degrés.
On continue de prier pour demander à Dieu la lumière, la connaissance, la fraternité, la vérité, tout ce qui peut rendre l’homme plus heureux et plus vertueux.

La prière est un acte de communication avec le divin ou le sacré.

Elle peut exprimer des émotions, des besoins, des remerciements ou une quête de sens. Selon le Dictionnaire Larousse (édition en ligne, consultée le 28 août 2025), la prière est définie comme « un acte par lequel on s’adresse à Dieu, à une divinité, pour offrir sa vénération, implorer une aide ou rendre grâce ». Dans certaines traditions, comme le bouddhisme, la prière peut être une méditation ou une réflexion visant à cultiver des qualités comme la compassion (ex. : prière de Metta).
Elle peut inclure des textes sacrés (comme le Notre Père dans le christianisme ou la Fatiha dans l’islam), des chants, des mantras, ou des pensées personnelles. Par exemple, dans l’islam, la salat est une prière rituelle effectuée cinq fois par jour (Sahih al-Bukhari, hadith 1.8).

La prière remplit plusieurs fonctions, selon les croyances et les contextes :

Connexion spirituelle : Elle permet de renforcer le lien avec une divinité ou une force spirituelle. Dans le christianisme, Jésus enseigne la prière comme un moyen de s’adresser à Dieu (Évangile selon Matthieu 6:5-13).
Expression de foi : Elle manifeste la croyance en une puissance supérieure et peut structurer la vie religieuse (ex. : prières quotidiennes dans le judaïsme, comme le Shema).
Demande ou intercession : Les prières peuvent inclure des demandes de protection, de guérison ou de guidance (ex. : du‘a dans l’islam, prière personnelle pour demander l’aide d’Allah, Qur’an 2:186).
Méditation et paix intérieure : Dans des pratiques comme le bouddhisme ou le yoga, la prière aide à calmer l’esprit et à développer la mindfulness (Dhammapada, verset 183).
Renforcement communautaire : Les prières collectives, comme à la mosquée ou à l’église, favorisent le sentiment d’appartenance (Qur’an 62:9-10 pour la prière du vendredi).
Gratitude et louange : Exprimer la reconnaissance pour les bienfaits reçus, comme dans les psaumes juifs ou chrétiens (Psaume 100).

En Franc-Maçonnerie, mouvement non confessionnel qui accueille des membres de toutes traditions religieuses, les prières sont conçues pour être inclusives et acceptables par tous. Elles s’adressent généralement au Grand Architecte de l’Univers (GADLU), une figure symbolique représentant une puissance bienveillante et transcendante. Contrairement aux prières religieuses qui pourraient viser des faveurs matérielles, celles de la Maçonnerie expriment des aspirations collectives : la gloire du GADLU, la lumière, la connaissance, la fraternité et la vérité.

Les prières visent à rendre l’homme plus heureux et plus vertueux, sans jamais solliciter un résultat concret ou pratique.

Origines Historiques des Prières Maçonniques

La première trace écrite de prières collectives en contexte maçonnique remonte aux loges anglaises médiévales. Lors de réunions occasionnelles de maçons opératifs – pas nécessairement liés au métier de bâtisseur –, on lisait des extraits des Old Charges, des documents anciens qui incluaient naturellement une prière d’ouverture avant les cérémonies.

Au XVIIIe siècle, avec l’émergence de la Franc-maçonnerie spéculative, les prières s’institutionnalisent notamment au cours de l’obligation du récipiendaire.
Dès 1737 dans la Divulgation Hérault [1], il est rapporté que l’obligation se termine par : « Dieu soit en aide ». Après quoi on lui fait baiser l’Évangile.
En 1740, dans le Rituel de Berne, on trouve des formules comme « Ainsi Dieu me soit en Aide ».
En 1745, Le Sceau rompu remplace « Ainsi » par « Ainsi-soit-il ! »
En 1763 Le Rituel du Marquis de Gages utilise « Ainsi, Dieu me soit en aide et son Saint Évangile ».
En 1784, le Rituel du Duc de Chartres fait dire : « Ainsi, Dieu me soit en aide et son Saint Évangile. ».
Enfin, Le Régulateur du Maçon de 1802 formalise ces expressions par : Que le GADLU me soit en Aide .

Un exemple est une prière notée maladroitement sur une feuille volante signée par « Un serviteur dans la très noble, ancienne et honorable fraternité ».
Elle est considérée comme la première prière des francs-maçons français, datant du XVIIIe siècle a été remarqué par Pierre Mollier : « Dieu éternel le grand architecte et inventeur de l’univers créé ; fait que nous, tes serviteurs, qui sont déjà entrés dans la très noble, ancienne et honorable fraternité, que nous puissions être solides et pensifs et toujours avoir une souvenance des choses secrètes et bénies que nous avons appris sur nous ; et fait que cette personne qui se présente pour être fait maçon, qu’il soit un véritable frère parmi nous, fait que lui et nous tous vivions comme il convient aux maçons. Et vous, Ô Dieu, donnez-nous une intelligence en toutes nos entreprises, donnez-nous des forces pour supporter toutes difficultés, et beautés pour orner la grande loge dans le Royaume du Grand Jéhova. Amen »
Cette prière illustre déjà les thèmes récurrents : hommage au créateur, fraternité et invocation pour sagesse, force et beauté – les trois piliers maçonniques.

Remarquons le Moniteur officiel de la Grande Loge des Anciens Francs-Maçons Libres et Acceptés État du Texas de 1922 qui nous propose des modèles de discours et de prières pour diverses occasions. Par exemple une prière qui doit être lue à l’ouverture des travaux : «Très saint et glorieux Seigneur Dieu, Grand Architecte de l’Univers, dispensateur de tous dons et grâces, Tu as promis que là où deux ou trois sont réunis en Ton nom, Tu seras au milieu d’eux. En Ton nom, nous nous assemblons, Te suppliant très humblement de nous bénir dans toutes nos entreprises, afin que nous Te connaissions et Te servions correctement, et que toutes nos actions contribuent à Ta gloire et à notre avancement en connaissance et en vertu. Nous Te supplions, ô Seigneur Dieu, de bénir notre assemblée actuelle, d’illuminer nos esprits par les divins préceptes de Ta Sainte Parole, et de nous apprendre à marcher à la lumière de Ta face. Et, lorsque les épreuves de notre condition probatoire seront terminées, sois admis dans le TEMPLE « non fait de main d’homme, éternel, dans les cieux « . Amen.» Réponse : Qu’il en soit ainsi.

Utilisation des Prières dans les Rituels Maçonniques

Les prières sont principalement employées à l’ouverture et à la clôture des travaux en loge, pour exprimer hommages et bénédictions. Elles invoquent la gloire du GADLU et sont présentes aux serments, aux initiations et aux agapes. Elles ne demandent jamais de faveurs matérielles, mais synthétisent les attentes de la communauté : lumière, connaissance, fraternité et vérité.

Les prières maçonniques sont récitées en loge, souvent par le Maître de Loge ou un officier comme le chapelain, et sont associées à des ritèmes tels que la Chaîne d’Union – un ancien rite déplacé des agapes vers la loge pour marquer l’unité fraternelle. Elle est dite aussi à l’entrée et à la sortie des agapes, afin de marquer la différence entre un repas bourgeois et purement convivial et une agape vécue « par une société de frères », partageant entre eux des secrets mystérieux et faisant allusion à une réalité autre.

On prie à tous les rites et degrés.

Par exemple, dans le Grade d’Apprenti du Rit Ancien (1804) la prière adressée en faveur du récipiendaire : « Mes Frères humilions nous devant le souverain arbitre des mondes ; reconnaissons sa puissance et notre faiblesse ; contenons nos Esprits et nos cœurs dans les bornes de l’Équité ; et, en marchant dans des voies sûres, élevons nous jusqu’au Maître de l’univers ; il est un, il subsiste par lui-même, c’est à lui que tous les êtres doivent leur existence, il opère en tout et partout. Invisible aux yeux des mortels, il voit lui-même toutes choses, c’est lui que j’invoque, c’est à lui que j’adresse mes vœux et mes prières. Daigne, ô Grand Architecte de l’univers, je t’en conjure, protéger les ouvriers de paix que tu vois réunis ici ; échauffe leur zèle, fortifie leur âme de la lutte fatigante des passions, enflamme leurs cœurs de l’amour des vertus et décide de leurs succès, ainsi que celui de ce nouvel aspirant qui désire participer à nos augustes mystères . Prête à ce Candidat ton assistance et soutiens-le de ton bras puissant au milieu des épreuves qu’il va subir. Amen ».

Dans le Rite de Swedenborg (1870) : à l’ouverture des travaux : « Dieu est dans son Saint Temple. Que toute la Terre fasse silence devant lui !

Au moment où le récipiendaire s’agenouille devant l’autel : « Tout Puissant Dieu, Créateur de l’Univers visible et invisible, nous t’adorons ! Nous te prions ! Et nous cherchons l’aide et les conseils de Ton Esprit et la lumière de Ton Être. »

Ces exemples montrent comment les prières renforcent l’unité et préparent spirituellement les Frères.

Diversité des Prières par Rites Maçonniques

Examinons maintenant la richesse des prières à travers les principaux rites. Chaque rite apporte une tonalité unique, souvent influencée par le christianisme, mais toujours universelle.

Exemples de Prières issues des rituels répertoriées par Thomas Dalet que je reproduis partiellement ici. Je vous invite, bien évidemment, à lire l’intégralité du texte ici

Régime Écossais Rectifié (1782) : Codifié par Jean-Baptiste Willermoz, ce rite intègre des textes officiels empreints de spiritualité chrétienne. Exemple d’ouverture : « Grand Architecte de l’Univers, Être éternel et infini, qui es la bonté, la justice et la vérité même, ô toi qui par ta parole toute puissante et invincible as donné l’être à tout ce qui existe, reçois l’hommage que les frères réunis ici en ta présence t’offrent pour eux-mêmes et pour les autres hommes ; bénis et dirige toi-même les travaux de l’ordre, et les nôtres en particulier ; daigne accorder à notre zèle un succès heureux, afin que le temple que nous avons entrepris d’élever pour ta gloire, étant fondé sur la sagesse, décoré par la beauté, et soutenu par la force qui viennent de toi, soit un séjour de paix et d’union fraternelle, un asile pour la vertu, un rempart impénétrable au vice, et le sanctuaire de la vérité ; enfin, pour que nous puissions tous ÿ trouver le vrai bonheur dont tu es l’unique source, comme tu en es le terme à jamais. Ainsi soit-il ».

Et une prière de clôture :
« Architecte suprême de l’Univers, source unique de tout bien et de toute perfection, ô toi qui as toujours voulu et opéré pour le bonheur de l’homme et de toutes tes créatures, nous te rendons grâce de tes bienfaits paternels, et nous te conjurons tous ensemble de nous les accorder suivant tes desseins sur nous et selon nos propres besoins. Répands sur nous et sur tous nos Frères ta céleste lumière ; fortifie dans nos cœurs l’amour de nos devoirs, afin que nous les observions fidèlement. Puissent nos assemblées être toujours affermies dans leur union par le désir de te plaire et de nous rendre utile à nos semblables. Qu’elles soient à jamais le séjour de la paix et de la vertu, et que la chaîne d’une amitié parfaite et fraternelle soit désormais si forte entre nous que rien ne puisse jamais l’altérer.
Ainsi soit-il. »

Prières spécifiques pour des objets rituels :

Pour la croix :
« Seigneur Dieu tout-puissant, qui as voulu sauver le monde et délivrer le genre humain de l’esclavage de l’ancien ennemi de ta gloire et de son bonheur, par la vénérable croix sur laquelle ton Fils notre divin Seigneur Jésus-Christ a répandu son précieux sang pour notre salut ; nous Te prions d’attacher les vertus de ta sainte bénédiction sur cette croix, qui est destinée pour ton serviteur notre Frère afin qu’elle lui soit un signe de ta divine protection contre les attaques du démon, un aiguillon pour sa foi, un salutaire ressouvenir des fruits de la rédemption, et par là un moyen de force et de consolation dans tous les dangers de sa vie temporelle ; par notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne dans les siècles des siècles. » Amen.

Pour l’épée :
Seigneur Dieu tout-puissant, Dieu de justice et de clémence, Toi qui ordonnes et disposes seul de toutes choses ; qui as permis sur la terre l’usage du glaive pour réprimer la malice des méchants et pour faire régner la justice ; qui as armé Toi-même du glaive tes serviteurs que tu as élus pour les faire triompher des ennemis de ta gloire ; exauce nos prières et daigne bénir cette épée dont ton serviteur, notre Frère …… désire d’être armé pour s’en servir au besoin pour la défense de la foi chrétienne, de sa patrie, et de ses Frères dans l’Ordre, et pour la protection des faibles et des opprimés ; bénis-la, Seigneur, pour qu’elle lui soit principalement un signe de la vertu puissante de l’homme que Tu as confirmé dans la foi, contre ses ennemis visibles et invisibles et ceux de Ton Saint Nom. Nous Te prions aussi, Seigneur, de répandre tes saintes bénédictions sur ton serviteur notre Frère, qui va bientôt être ceint de ce signe de la noblesse chrétienne, qu’il a acquise par ses vertus, et qu’elles demeurent éternellement sur lui ; par notre Seigneur Jésus-Christ. » Amen.

Exemples de prières dans différents rites

Rite Écossais Ancien et Accepté (1804) : Ce rite inclut des textes officiels pour l’ouverture et la clôture : « O toi, Grand et Éternel Dieu, Père de la Lumière, de la vie et des mondes, Suprême Architecte qui, de ton trône de pureté céleste vois tous les peuples de la terre, entends et reçois les prières et les pétitions de tes indignes serviteurs maintenant prosternés devant toi; grave dans nos cœurs la connaissance de ton éternelle parole et permets que le but de notre institution puisse être gouverné par les principes de la vertu et de la justice ; défends nous ô Dieu, des pièges des méchants et contre les mauvais desseins de nos ennemis ; donne nous la force de vaincre ceux qui sont armés contre nous, et l’honneur en sera attribué à ton saint et puissant Nom, maintenant et à jamais ». Tous les FF ajoutent « Ainsi soit-il. »

Rite Standard d’Écosse : Centré sur la géométrie sacrée.
« Avant d’ouvrir la Loge au Deuxième Degré, supplions le Grand Géomètre de l’Univers de nous éclairer des rayons de Sa Divine lumière pour nous éclairer dans les sentiers de la vertu et de la science »
«  Toi Dieu Éternel et Omnipotent, qui apparut à ton serviteur Moïse dans un éclair de feu au milieu d’un buisson, nous te supplions d’embraser nos cœurs d’une divine dévotion, de l’amour pour nos Frères et de la charité envers tout le genre humain. Conforte-nous et tout ton peuple de ta divine grâce, guide-nous et aide-nous à construire un Second Temple a Ton Saint Service. Accorde-nous l’entrée dans le Saint des Saints quand se déchirera pour nous le voile du Saint Tabernacle où tu règnes pour les Siècles des Siècles. Amen. »

Rite York : Influencé par des promesses bibliques.
« Très Saint et très glorieux Seigneur Dieu, Grand Architecte de l’Univers, dispensateur de tous bienfaits et de toutes grâces, tu as promis que  lorsque deux ou trois se rassembleront en ton nom, tu seras au milieu d’eux pour les bénir. C’est en ton nom que nous nous sommes assemblés et c’est en ton nom que nous désirons agir dans tout ce que nous entreprenons. Fais que les sublimes principes de la Franc-maçonnerie soumettent toute passion discordante en nous, harmonisent et enrichissent nos cœurs de ton propre amour et de ta propre bonté afin que cette Loge, en cet instant, reflète humblement cet ordre et cette beauté qui règnent à jamais devant ton trône. Amen. »
« Suprême Grand-Prêtre des Cieux et de la terre, nous Te prions humblement d’accorder Ta bénédiction aux buts de notre présente assemblée. Accorde-nous la sagesse pour entreprendre, la force d’âme pour soutenir et la beauté de l’harmonie pour administrer les affaires de ce Chapitre afin que, tous nos actes soient agréables à Ta face. Amen. »
« Ô Toi, Éternel, Omniprésent J.H.V.H., le glorieux et éternel « JE SUIS », permets à Tes créatures frêles, subordonnées et nécessiteuses, d’approcher Ta Divine Majesté. Nous adorons humblement et rendons grâce à Tes perfections ineffables, à Ta bonté et à Ta bienveillance sans limites. Nous T’adorons pour que, au milieu des peines et des calamités de ce monde, nous soient accordés bien des moyens de repos pendant que nous parcourons les sentiers tortueux de la vie. Ô Toi qui, il y a bien longtemps, apparut à Ton serviteur Moïse, dans les flammes du feu qui jaillit d’un buisson, allume, nous T’en supplions, au cœur de chacun d’entre nous, la flamme de la dévotion à Ton Nom, de l’amour entre nous et de la charité envers tout le genre humain. Puisse la solennité des cérémonies de notre institution se graver dans notre esprit et avoir un effet heureux et durable sur notre vie. Enfin, Ô Père miséricordieux, fais que lorsque nous aurons passé les voiles extérieurs de ces parvis terrestres, nous puissions gagner le Saint des Saints, En‑ Haut pour y être admis à l’audience du Grand Conseil Céleste, où le Grand‑ Prêtre Suprême préside et règne à tout jamais. Amen ».
Une prière de guidance : « Puissions-nous être guidés par la Sagesse du Suprême Grand Prêtre, soutenus par Sa Force et incités par la beauté de la vertu à remplir les obligations qui nous sont enjointes ici, de garder inviolés les mystères qui nous y sont dévoilés et, sans faillir, de pratiquer, hors de ce Chapitre, tous les devoirs qui y sont enseignés. » Amen.

Stricte Observance : Rite templier avec invocations trinitaires.
Le Supérieur: -” Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit” Les assistants: -” Amen.” Le Supérieur: -” Au nom du Grand Précepteur, du Grand Prieur et du Supérieur de cette maison, je tiens audience conformément à nos lois.” Les assistants: -” Conformément à nos lois.” Le Supérieur: -” Seigneur, viens à mon aide.” Les assistants: -” Seigneur, hâte-toi de me secourir.” Le Supérieur: -” Gloire au Père et au Fils.” Les assistants: -” Et au Saint-Esprit.” Le Supérieur: -” Comme il en était au commencement et maintenant et à jamais.” Les assistants: -” Et dans les siècles des siècles. Amen.”

Élus Cohens : Rite mystique de Martinez de Pasqually.
« Seigneur ouvre mes lèvres ; et ma bouche annoncera tes louanges. O Dieu ! Viens à mon aide ! Seigneur, Hâte-toi de me secourir. Gloire soit au père, au fils et au Saint-Esprit, comme elle était au commencement, comme elle est maintenant et comme elle sera toujours dans les siècles des siècles. Amen. O Verbe divin! O Jésus ! O Sauveur du monde, je me réunis dans cette heure et dans cet instant, à tous les esprits de la création, qui composent ta céleste cour ; et qui dans ce moment ou tu parcours tous les cercles de l’univers pour y manifester ta gloire, ta justice et ta miséricorde, répètent dans une admirable harmonie, ce cantique : SAINT! SAINT ! SAINT! LE SEIGNEUR LE DIEU DES ARMÉES : LES CIEUX ET LA TERRE SONT REMPLIS DE TA GLOIRE : HOSANNA AU PLUS HAUT DES CIEUX »

Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm avec une particularité : une indéniable influence hindouiste au 26e degré.
«  O très puissant Créateur, plus grand que Brahmâ, nous nous inclinons devant Toi comme Créateur initial, éternel Dieu d’entre les Dieux, Temple du Monde. Tu es l’incorruptible Essence, distinct de toutes les choses éphémères. Tu étais avant tous les Dieux, l’antique Principe, et Tu es la Cause unique de l’Univers. Tu es le Temple suprême et par Toi, ô Forme infinie, l’Univers put connaître son expansion. »
Une explication cosmologique accompagne cette prière en évoquant la Trinité hindouiste (Brahmâ, Vishnu, Shiva) et des symboles numérologiques.

Dénominations du Divin dans les Prières Maçonniques

Le dieu invoqué est généralement présenté comme tout-puissant et éternel, source de bonté, justice et vérité; il est invoqué comme être qui voit tout et à qui l’on adresse ses vœux et prières. Différentes formulations nomment Dieu comme le Créateur, le Père céleste, la source de tous biens et le dispensateur de la vérité.
Le vocabulaire utilisé pour nommer le divin montre une approche humaine et anthropomorphique destinée à faciliter la compréhension et la relation personnelle avec le divin par les maçons.
Ces dénominations reflètent une vision transcendante, bienveillante et universelle du divin, influencée par les religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam) et parfois par d’autres traditions.

En voici une recension des termes que j’ai pu répertorier, listés par ordre alphabétique pour plus de clarté.

Architecte suprême de l’Univers: Désigne le divin comme source unique de tout bien et de toute perfection, opérant pour le bonheur de l’humanité et des créatures ; apparaît dans des prières du Régime Écossais Rectifié, soulignant l’aspect créateur et bienveillant.
Créateur de l’Univers visible et invisible : Référence au divin comme Tout-Puissant Dieu, invoqué pour aide et lumière ; issu du Rituel du Rite de Swedenborg (1870), mettant l’accent sur la création des mondes physiques et spirituels.
Dieu bienveillant : Utilisé dans des prières quotidiennes maçonniques (ex. : prière du soir), évoquant un dieu miséricordieux qui protège et accorde la paix.
Dieu de justice et de clémence : Présente le divin comme ordonnateur suprême qui permet l’usage du glaive pour la justice ; apparaît dans une prière pour l’épée dans le Régime Écossais Rectifié, symbolisant équilibre entre punition et miséricorde.
Dieu éternel et inventeur de l’univers créé : Terme ancien de la première prière des francs-maçons français (XVIIIe siècle), décrivant le divin comme architecte et créateur, invoqué pour solidité et mémoire des secrets maçonniques.
Dieu éternel et Omnipotent : Désigne le divin apparu à Moïse dans un buisson ardent ; utilisé dans le Rite Standard d’Écosse, pour enflammer les cœurs de dévotion et charité.
Dieu éternel et tout-puissant : Fréquente appellation pour le Père céleste, source de tous biens et dispensateur de vérité ; présente dans le Régime Écossais Rectifié et d’autres rites, soulignant la création et la sanctification.
Dieu Omnipotent, Omniscient, et Omniprésent : Évoque un dieu pour qui rien n’est caché, purifiant les cœurs ; apparaît dans des prières anglo-saxonnes (Rites Emulation), centrée sur la transparence spirituelle.
Dieu Tout-Puissant et Éternel : Source du bien, de la paix et de la lumière ; invoqué dans le Régime Écossais Rectifié pour remplir les devoirs et exemplifier les vertus.
Dieu Très Miséricordieux : Référence à un dieu clément, utilisée dans des prières anglo-saxonnes pour exemplifier les leçons de la vie et mort du Christ.
Être éternel et infini : Décrit le divin comme bonté, justice et vérité, donnant l’être à tout par sa parole ; central dans le Régime Écossais Rectifié (1782) et le Rite Écossais Ancien et Accepté (1804).
Éternel : Appellation simple et transcendante, souvent associée à J.H.V.H. ou « JE SUIS » ; apparaît dans le Rite de York, symbolisant l’éternité divine.
Éternel, Omniprésent J.H.V.H., le glorieux et éternel « JE SUIS » : Référence biblique (Exode) au nom divin ineffable ; utilisée dans le Rite de York pour approcher la majesté divine.
Glorieux Commandeur des Cieux et de la Terre : Présente le divin comme ordonnateur absolu ; invoqué dans les Rites Emulation pour commémorer des événements bibliques comme le Déluge.
Grand Architecte de l’Univers : La dénomination maçonnique la plus courante (GADLU), symbolisant une puissance créatrice et transcendante ; apparaît dans de nombreux rites (ex. : Rit Ancien 1804, Régime Écossais Rectifié), invoqué pour lumière, fraternité et vertu.
Grand Architecte du Ciel et de la Terre : Variante du GADLU, donateur de dons et grâces ; utilisée dans des prières pour assemblées en son nom.
Grand Emmanuel : Référence christique (« Dieu avec nous ») ; apparaît dans des prières anglo-saxonnes comme capitaine céleste.
Grand et Éternel Dieu : Père de la lumière, de la vie et des mondes ; invoqué dans le Rite Écossais Ancien et Accepté pour graver la parole éternelle dans les cœurs.
Grand Géomètre de l’Univers : Symbolise le divin comme maître de l’ordre géométrique ; utilisé dans le Rite Standard d’Écosse pour éclairer les sentiers de la vertu.
Grand Surintendant de l’Univers : Désigne un superviseur bienveillant ; présent dans les Rites Émulation pour bénir les assemblées et travaux.
Mystérieuse et éternelle Trinité : Référence chrétienne à la Trinité (Père, Fils, Saint-Esprit) ; invoquée dans des prières anglo-saxonnes pour bénir les travaux et accorder foi et zèle.
O Verbe divin ! O Jésus ! O Sauveur du monde : Invocation explicitement chrétienne ; issue des Élus Cohens, unissant les esprits de la création en harmonie.
Rédempteur miséricordieux de l’humanité mortelle : Figure christique promettant présence aux assemblés ; utilisée dans des prières anglo-saxonnes pour diriger les travaux par amour.
Saint, Saint, Saint, le Seigneur, Dieu de Sabaoth : Citation biblique (Isaïe) glorifiant le divin ; apparaît dans les Rites Emulation, remplissant les cieux et la terre de gloire.
Seigneur Dieu tout-puissant : Dieu de justice et clémence, armant les serviteurs ; invoqué dans le Régime Écossais Rectifié pour bénir épées et croix.
Seigneur, notre Père Céleste : Appellation chrétienne comme Roi des Rois et Seigneur des Seigneurs ; utilisée dans des prières anglo-saxonnes pour favoriser un souverain.
Souverain arbitre des mondes : Désigne le divin comme maître absolu ; présent dans le Rit Ancien (1804), pour humilier les maçons devant sa puissance.
Souverain éternel de l’Univers : Roi des Rois et Seigneur des Seigneurs ; invoqué dans des prières anglo-saxonnes pour bénir un conclave.
Souverain et Tout-Puissant ordonnateur de toutes choses : Évoque un dieu unificateur ; utilisé dans les Rites Émulation pour accorder la foi et reconstruire le temple.
Suprême Grand-Prêtre des Cieux et de la terre : Image sacerdotale du divin ; apparaît dans le Rite de York pour accorder sagesse, force et harmonie.
Tout Puissant Dieu : Créateur visible et invisible ; invoqué dans le Rite de Swedenborg pour adoration, prière et lumière.
Très glorieuse Trinité dans l’Unité : Variante de la Trinité chrétienne ; utilisée dans des prières anglo-saxonnes pour accorder sagesse et compréhension.
Très puissant Créateur, plus grand que Brahmâ : Rare référence hindouiste au divin comme essence incorruptible et temple du monde ; issue du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm (26e degré).
Très Saint et Glorieux El Shaddaï : Nom hébraïque (« Dieu Tout-Puissant ») ; invoqué pour assemblées en son nom, promettant présence divine.
Très Saint et très glorieux Seigneur Dieu : Grand Architecte dispensateur de bienfaits ; présent dans le Rite de York, citant la promesse biblique de présence.

Écoutez une autre façon de recenser les noms selon leurs attributs et objectifs (en deux parties)

Toutes ces dénominations convergent vers une représentation du divin comme source de lumière, de vertu et d’unité fraternelle

Au-delà des rituels, des prières quotidiennes existent, inclusives et universelles.

· Prière du matin : « Dieu tout-puissant et miséricordieux, donne-nous la force de travailler à la perfection de notre être et de construire notre temple intérieur en harmonie avec les principes de la franc-maçonnerie. Aide-nous à être toujours plus proches de la vérité, de la justice et de la paix. Amen. »
· Prière du soir : « Dieu bienveillant, nous te remercions pour les bénédictions de la journée qui s’achève. Nous te prions de nous protéger pendant la nuit et de nous donner la paix pour que nous puissions nous reposer en toute sécurité. Amen. »
· Prière de la fraternité : « Dieu miséricordieux, nous te prions pour que nous soyons unis dans la fraternité maçonnique et que nous travaillions ensemble pour construire un monde meilleur. Aide-nous à être des instruments de ta paix et de ta justice. Amen. »

Ces prières renforcent la communion fraternelle ; prononcer une prière, c’est assumer une solidarité avec les autres. Prier le « suis » n’est-ce pas pour l’essentiel de se sentir en communion et c’est déjà une manière d’assumer  « je suis bien » avec les autres qui se sentent aussi bien.

Évolution, Controverses et Influences Spirituelles

Le Régulateur du Maçon de 1801, instituant le Rite Français, supprime les prières. De même, dès 1801, les serments se prêtent « sur les statuts de l’Ordre » et « sur cette épée, symbole de l’honneur ». Cela reflète une sécularisation sous l’influence du Grand Orient de France, avec une déchristianisation des rituels et la suppression du GADLU dans certains contextes. Cependant, cela ne reflète pas toute la tradition française antérieure.
Malgré cela, l’influence des Écritures vétéro- et néo-testamentaires persiste : Noé, Melchisédech, Moïse, David, Salomon, Saint Jean, Jésus-Christ… donnent corps aux textes. La Franc-maçonnerie conserve son âme spirituelle, même dans les rites laïcisés (voir l’article Pourquoi les Francs-Maçons du XVIIIe siècle ont accordé une importance particulière à l’Ancien Testament ?).

Les prières en Franc-maçonnerie sont une tradition spirituelle profonde, historique et diverse, reliant les Frères à une quête universelle de vertu et d’unité. Malgré les évolutions laïques, elles préservent l’essence sacrée de l’Ordre, influencée par les religions du Livre et ouverte à d’autres horizons. « Nos prières sont des actes de recherche menant à la connaissance du Divin », comme l’affirme Thomas Dalet à travers ses nombreux articles de recherche sur le sujet.

Il est important de noter que la Franc-maçonnerie est un mouvement non-confessionnel et que les membres peuvent venir de différentes traditions religieuses. Les prières sont donc souvent conçues de manière à être inclusives et à être acceptables pour les membres de toutes les croyances.

Avons-nous besoin d’un transcendant dominant ? Peut-être pas, mais la prière offre un espace de communion fraternelle, sans menace pour rester des cherchants.

[1] La plus ancienne description en langue française d’une initiation maçonnique fut imprimée à Paris par le lieutenant de police René Hérault, seigneur de Fontaine-l’Abbé et de Vaucresson, en décembre 1737 sous le titre Réception d’un Frey-Maçon. Il en aurait obtenu communication par une actrice de l’Opéra, Mlle Carton, dont la correspondance des Maçons français de l’époque assure qu’elle l’avait extorquée d’un Anglais en échange de ses charmes.

05/11/25 – Kerdréan : quand le Surréalisme serre la main de la Franc-Maçonnerie

La cinquième édition des Rencontres maçonniques de Kerdréan se tiendra le mercredi 5 novembre 2025, désormais à Pontivy (Morbihan). Thème de cette journée ouverte au public : « Le surréalisme et la franc-maçonnerie ».

SURRÉALISME et FM

Après le report du printemps, l’invitation renaît plus vive encore, comme une étincelle entre l’imaginaire et l’initiatique. Ici, l’allumage des feux ne se fait pas seulement sous la voûte étoilée d’un Temple, mais aussi dans l’atelier des images, là où l’on apprend à lire l’invisible, à passer du signe à l’énigme, de l’outil au symbole.

Ces Rencontres sont coorganisées par l’Association Les Mégalithes et le C2RBZH – Centre de Réflexion et de Recherche de Bretagne.

Fidèles à l’esprit des pierres levées qui jalonnent la terre armoricaine, elles proposent une traversée où la poésie surréaliste rencontre l’art du dévoilement maçonnique : une même patience du regard, un même courage de l’âme, une même hospitalité faite à l’inattendu.

Intervenants et figures invitées

Charles-Bernard Jameux
Avec Paroles de franc-maçon : mémoires maçonniques et libertaires (éd. Le Compas dans l’œil, coll. La parole circule, , 2024) Charles-Bernard Jameux signe un livre de transmission directe : cinq adresses pour dire l’éveil, la filiation, le travail au tracé, la nécessité d’une langue claire devant profanes et initiés. Un parcours où l’on devine l’axe discret d’une quête spirituelle, et le goût de la liberté franche qui ne s’oppose jamais à la fraternité.

M.-D. Massoni

Marie-Dominique Massoni
Poète, écrivaine, éditrice, longtemps proche du groupe surréaliste de Paris, Marie-Dominique Massoni a créé et dirigé la collection « Voix d’initiées » et préside aux travaux de la Loge nationale de recherche « Bathilde Vérité » de la Grande Loge Féminine de France. Son œuvre relie la ferveur de l’image et la rigueur du symbole ; elle déplie un féminin initiatique qui n’a rien d’idéologique et tout de l’expérience vive.

Que la beauté l’orne

Plusieurs notices récentes rappellent ce double ancrage surréaliste et maçonnique, au service d’une démarche de connaissance habitée par l’hermétisme. Elle est aussi l’auteure chez Numérilivre de Que la beauté l’orne, en 2023.

Pourquoi le surréalisme parle aux francs-maçons

Le surréalisme demande d’oser le regard oblique : ne pas dompter l’image, mais la laisser nous conduire au-delà du visible ; ne pas refermer le sens, mais l’ouvrir comme on entrouvre une porte secrète. La démarche maçonnique, de son côté, invite à ordonner l’invisible par l’outil, la marche et la parole. Entre les deux, il y a ce passage délicat du chaos à la forme, du rêve à la loi, du choc poétique à l’éthique de la liberté. L’initié sait que l’imaginaire a besoin d’un compas ; le poète sait que l’équerre n’est pas ennemie de la fulgurance. Ces Rencontres se proposent de faire converser ces deux fidélités : à la lumière et au mystère.

Quelques mots sur…

L’association « Regroupement Éthique des Anciens Amis des Mégalithes »

Cette dénomination associative mentionnée par les organisateurs au titre des modalités administratives et de règlement, est un regroupement qui se veut un soutien logistique et éthique aux activités culturelles liées aux mégalithes et à la transmission locale. Il rappelle que la Bretagne n’est pas seulement un paysage, mais une mémoire : une chambre de résonance où l’on conjugue patrimoine, esprit de recherche et fraternité civique. (Présentation fondée sur les indications figurant au bulletin des Rencontres. )

Jean-François Guerry
Ami de longue date des passerelles entre humanisme, symbolisme et arts de vivre maçonniques, Jean-François Guerry anime le blog La franc-maçonnerie au cœur, où il tisse depuis des années des portraits, des lectures et des méditations fraternelles. Auteur notamment de La Fraternité au cœur de la franc-maçonnerie (Le compas dans l’œil, 2024), un ouvrage préfacé par Claude Collin, ancien Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France (SCDF), il défend une voie simple et exigeante : faire de la loge une école de bonté agissante et de discernement, et de la parole un pain partagé.

FM au cœur, le blog

À propos
Les Rencontres de Kerdréan sont nées du désir simple et fort de mettre la pensée à la portée de la fraternité : croiser des chercheurs, des auteurs, des poètes, des sœurs et des frères, mais aussi des curieux, et faire de la Bretagne un carrefour vivant où patrimoine et esprit, mégalithes et modernité, s’épaulent sans s’opposer. Cette édition 2025 promet ce que nous aimons de plus haut : l’alliance du regard et de la règle, de l’inspiration et de la mesure.

Infos pratiques

Date et heure : mercredi 5 novembre 2025, 10 h. Nombre de places limité à 60.
Lieu : Pontivy (Morbihan) — information communiquée par les organisateurs lors du report.
Tarif : 27 € la journée (conférences + repas). Modalités de règlement par virement ou chèque détaillées sur le bulletin d’inscription. Date limite de réservation : 29 octobre 2025. Contact et envoi tels qu’indiqués au bulletin.
Contact : rencontresmaconniqueskerdrean@gmail.com

Les ouvriers d’Hiram Abiff : spiritualité et soi intérieur (II)

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz

Dans la continuité de la première partie publiée hier, cet article nous plonge plus profondément dans les abysses de l’être. Ici, la spiritualité n’est plus un vague horizon, mais un sanctuaire intérieur où réside notre origine primordiale. Comme l’évoque avec poésie le Chandogya Upanishad (8-I), texte sacré du sacrifice et de la chanson, l’un des principaux Upanishads de l’hindouisme :

« Il y a dans notre cœur un minuscule espace et, cependant, en lui habitent le soleil, la lune et les étoiles. »

Cette image cosmique du cœur comme microcosme divin cadre parfaitement avec la légende maçonnique d’Hiram Abiff, où les ouvriers – ces bâtisseurs symboliques du temple intérieur – œuvrent à dévoiler cette lumière enfouie.

L’auteur, imprégné d’une sagesse interreligieuse, relie la quête initiatique maçonnique à une exploration universelle de l’existence humaine. Face aux tourments modernes – dualité, désirs et illusions –, il propose un chemin spirituel qui transcende les dogmes pour toucher l’essence du Soi. À travers des références à Raimon Panikkar, Bouddha et Jésus, cet essai interroge les grandes énigmes : Qu’est-ce que l’humain ? Quel sens à cette vie ? Qu’est-ce que le péché, le bien et le mal ? Dans cette analyse structurée, nous explorerons la dualité existentielle, le rôle des religions comme ponts, et le sendero initiático comme voie d’éveil. Pour les ouvriers d’Hiram, ce texte devient un rituel écrit, invitant à polir la pierre brute de l’âme jusqu’à ce qu’elle reflète l’éclat des étoiles intérieures.

La dualité et les voiles de l’existenceAu cœur de notre condition humaine se dresse la loi inexorable de la dualité, ce voile qui obscurcit notre essence spirituelle originelle. L’article nous rappelle que nous entrons dans le plan physique non comme des êtres marqués par le mal, mais comme des âmes venues pour la joie pure.

« Nous sommes des êtres humains qui venons à ce plan pour être heureux. Mais, qu’est-ce qui se passe, dans ce plan, pour que nous ne puissions pas vivre au centre, et que nous soyons soumis à la loi inexorable de la ‘dualité’ ? »

bouddhas dorés : zen
bouddhas dorés alignés

C’est avec le développement de la raison que ce voile se forme, nous couvrant de notre origine spirituelle et nous rendant sensibles aux désirs – ces semences du bien et du mal, comme l’enseignent Bouddha et Jésus.

Ces désirs, source de notre infortune, naissent de l’ignorance primordiale. Le chemin vers le bonheur ? L’extinction de ces attachements, un défi suprême :

« Supprimer les désirs. Est-ce facile ? Non, il n’y a rien de plus difficile que de se gouverner soi-même, c’est pourquoi nous essayons de gouverner les autres, cherchant l’extrême des désirs : ‘Le Pouvoir’. »

Raimon Panikkar (1918-2010), philosophe, théologien et prêtre catholique espagnol, illumine cette crise : « Nous sommes au sommet de la pyramide, nous sommes les rois de l’Univers, et nous ne nous rendons pas compte que nous avons détruit notre royaume et notre règne. C’est pourquoi le problème est métaphysique, et non technologique ou politique. »

Dans le contexte maçonnique, cette dualité évoque les trois assassins d’Hiram – symboles de l’ego fragmenté –, que l’initié doit vaincre pour ressusciter en unité.Les grandes questions de l’humanité – le sens de l’existence, le péché, le bien et le mal – trouvent écho dans les religions, qui offrent des réponses provisoires à notre soif intérieure. Pourtant, l’article insiste : le mal n’est pas inhérent ; il émerge de l’ignorance, et notre venue au monde est une invitation à la félicité, voilée par les illusions du plan physique.

Le rôle des religions : Ponts vers le divin

Les religions, essentielles dans notre évolution collective, agissent comme des ponts entre l’humain et la divinité, guidés par l’enseignement, la croyance, le dogme et la foi. L’auteur les compare à la démocratie :

« Pas le meilleur système, mais le plus sain. Tant que nous, les êtres humains, restons à un bas niveau de conscience, il est important d’être membre d’une religion. »

Elles nous apprennent à croire en la Divinité par la foi, structurant notre esprit encore immature.

Cependant, à mesure que s’ouvre la conscience, le pont religieux cède la place au sendero spirituel et initiatique. « Ce qui arrive, c’est que, à mesure que tu commences à ‘ouvrir la conscience’, tu laisses la religion pour nager dans le sendero spirituel et initiatique. »

Ici, institutions comme la franc-maçonnerie, le rosicrucianisme ou le bouddhisme émergent comme phares :

« Elles nous enseignent à chercher la Lumière par le sendero initiatique, sendero spirituel, et leur objectif est ‘d’ouvrir la conscience’, qui nous montre ce plan sans les fantasmes et illusions qui nous attirent, nous lient au physique. »

Pour les ouvriers d’Hiram, cette transition est emblématique : la religion comme échafaudage du temple extérieur, l’initiation comme achèvement du sanctuaire intérieur. Dévoiler le mystère de l’existence reste impossible en totalité, mais ces chemins élèvent notre conscience, nous libérant des chaînes des désirs et du pouvoir.

Thème cléDescriptionRéférence symbolique
Dualité existentielleVoile des désirs masquant l’origine spirituelleAssassins d’Hiram : ego fragmenté
Rôle des religionsPonts provisoires vers la foiDémocratie spirituelle : saine mais limitée
Sendero initiáticoOuverture de conscience vers la LumièreFranc-maçonnerie : quête du temple intérieur
Ignorance et désirsSource du mal et de l’infelicitéEnseignements de Bouddha et Jésus

Le soi intérieur : Du centre à l’unité cosmique

Le Soi intérieur, ce centre silencieux où règne notre essence véritable, transcende la dualité pour embrasser l’unité. « La religion te enseigne à croire en la Divinité, mais par la foi. Le sendero initiatique ou spirituel te montre que le Ser Supérieur, l’Unique, le Tout ou Dieu, est en toi, et son essence fait partie de toute la nature ; il n’y a ni ciel ni enfer, ni bien ni mal, tout consiste à vivre au centre, indifférent à l’humilité et indifférent à l’orgueil. » L’enfer réside dans le fanatisme, le dogmatisme, l’ambition démesurée et l’hypocrisie ; le ciel, le Nirvana ou l’état primordial, dans l’amour, la compassion pure et la bonté.

L’article distingue avec finesse : « Il ne faut pas confondre religion avec organisation religieuse. La religion, je la porte en moi, elle me relie aux états supérieurs, à l’amour des semblables, à l’esprit et au mystère. »

Cette « religación » religieuse est la conscience de la relationalité du corps mystique de la réalité – un lien vivant, non institutionnel, qui unit l’individuel au cosmique. Dans la tradition d’Hiram Abiff, ce centre est la « Parole Perdue », retrouvée par l’initié qui, comme l’Upanishad, découvre dans son cœur l’univers entier.Vivre au centre, c’est gouverner le soi plutôt que les autres, transcendant le pouvoir par la maîtrise intérieure. Ce chemin, accessible à tous, transforme l’ignorance en éveil, les désirs en liberté.

Conclusion : Vers un règne restauré

Cette seconde partie de la série nous laisse avec une vision restauratrice : nous, rois déchus de l’Univers, pouvons rebâtir notre règne par la métaphysique de l’âme. « La religieuse est la conscience de la religion ; c’est-à-dire, de la ralation du corps mystique de la réalité. »

Pour les ouvriers d’Hiram, ce sendero n’est pas une abstraction, mais un labeur quotidien : ouvrir la conscience pour que le minuscule espace du cœur englobe les étoiles.Dans un monde dévasté par la dualité, cet article est un appel à l’unité – non par la force, mais par le silence intérieur. Que chaque initié, armé de compassion et de Lumière, dissolve les voiles et embrasse son origine primordiale.

Le temple d’Hiram n’est pas de pierre, mais de cœur cosmique, où le Soi et le Tout ne font qu’un.

Relire le numero 1 de cette série

La parole du Véné du lundi : « la preuve que tout le monde est libre et souverain en Franc-maçonnerie »

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Liberté maçonnique : une farce en 4 Actes, orchestrée par la banque centrale !

Ah, la liberté du Franc-maçon ! Ce doux parfum d’indépendance, ce souffle d’émancipation spirituelle, cette quête sublime de la lumière au milieu des ténèbres… ou du moins, c’est ce qu’on nous vend dans les rituels, entre deux coups de maillet et une gorgée de mauvais vin de loge ! Mais arrêtons le délire une seconde, mes frères et sœurs éclairés, et jetons un œil derrière le tablier : cette liberté tant vantée n’est qu’une illusion aussi épaisse que la fumée d’un cierge mal éteint.

Suivez-moi dans cette satire grinçante, où la souveraineté maçonnique ressemble à une poupée russe financièrement coincée, et où le vrai maître du temple pourrait bien porter un costume trois-pièces plutôt qu’un tablier !

Acte I : Le Franc-maçon, roi libre… jusqu’à la Capitation

Imaginez l’apprenti, fraîchement initié, tout émoustillé par l’idée de tailler sa pierre brute dans un sanctuaire de sagesse. Il se voit libre, affranchi des chaînes du monde profane, maître de sa conscience sous le regard bienveillant du Vénérable. Mais attendez une seconde : « Frère, votre Capitation est de 400 euros, s’il vous plaît ! » Oui, cette liberté a un prix, et elle est payable en espèces sonnantes et trébuchantes. Libre de penser ? Peut-être. Libre de ne pas payer ? Pas vraiment. Le Franc-maçon est un roi enchaîné à son porte-monnaie, contraint de financer son illumination à coups de prélèvements automatiques. On lui promet la lumière, mais la première lueur qu’il voit, c’est celle du relevé bancaire !

Acte II : la loge souveraine… mais sous tutelle

Passons à la loge, ce havre de souveraineté où chaque décision est mûrement réfléchie autour d’un plateau carré. Le Vénérable, avec son air solennel, déclare : « Nous sommes libres et de bonnes moeurs mes Soeurs et mes Frères ! » Autonomes, vraiment ? Pas si vite. Cette loge, si fière de ses rituels et de ses débats, dépend comme une adolescente de ses parents de l’Obédience – ce grand frère qui valide les initiations, impose les règlements et veille à ce que personne ne dévie du Rituel. La souveraineté de la loge ressemble à celle d’un royaume médiéval : théorique, mais soumise à l’autorité centrale. Et si la loge ose ruer dans les brancards, hop ! Une lettre de rappel à l’ordre, et les voilà ramenés à la niche. Liberté surveillée, en somme !

Acte III : l’Obédience libre… mais endettée jusqu’au cou

Et que dire de l’Obédience, cette entité majestueuse qui se drape dans les ors de la tradition maçonnique ? Elle se proclame libre, indépendante, un phare d’idées dans la tempête moderne. Sauf que, derrière les colonnes de marbre, il y a un petit détail : le temple flambant neuf a été financé par un prêt bancaire. Oui, mes chers Soeurs et Frères, les temples ne tombent pas du ciel – ou plutôt, ils tombent des mains d’une banque qui, avec un sourire carnassier, exige son dû. L’Obédience, si libre qu’elle soit de rédiger ses constitutions, est pieds et poings liés par les échéances de remboursement. Et devinez qui paie ? Les cotisations des pauvres Francs-maçons, bien sûr, qui se retrouvent à financer à la fois leur initiation et le loyer du sacré ! Ironie du sort : la liberté obédientielle sent le cuir des talons de banquiers.

Acte IV : la banque centrale, le vrai grand architecte ?

Alors, qui tire vraiment les ficelles dans cette mascarade ? Pas le Vénérable, occupé à lever les bras au ciel en signe de désespoir. Pas la loge, trop occupée à débattre de la forme des rituels. Pas même l’Obédience, engluée dans ses dettes. Non, le véritable maître de la Franc-maçonnerie, c’est peut-être le directeur de la Banque centrale – ou du moins, le caissier en chef qui tient les cordons de la bourse. Lui seul est libre : libre de fixer les taux, de serrer la vis, de rappeler que sans liquidités, pas de lumière. Les Francs-maçons, si fiers de leur autonomie spirituelle, dansent au rythme de ses calculs. Et pendant ce temps, le Grand Architecte de l’Univers – s’il existe – doit bien rire dans sa barbe cosmique en voyant ses temples transformés en succursales bancaires !

Un grain de bon sens dans l’acide

Tout ça n’est pas pour dénigrer la beauté de la maçonnerie – ses symboles, sa quête de vérité, son appel à l’harmonie. Mais soyons sérieux : une liberté qui dépend d’un chèque n’est qu’une liberté de façade. La solution ? Peut-être que les loges devraient troquer leurs maillets contre des calculettes et renégocier avec les banquiers – ou mieux, construire leurs temples en bois recyclé pour éviter les dettes ! Quant aux Obédiences, un peu moins de grandeur et un peu plus de gestion saine ne feraient pas de mal. Et si le Franc-maçon veut vraiment être libre, qu’il commence par refuser de payer pour sa propre servitude – ou du moins, qu’il négocie une ristourne sur sa cotisation !

En attendant, mes frères, gardez votre tablier bien attaché et votre humour aiguisé. Car dans cette comédie financière, le seul vrai rituel est de signer le chèque à la fin de la tenue.

Alors, à la prochaine lune, levons nos verres – pas trop pleins, hein, faut économiser – à la liberté… ou à ce qu’il en reste !

Verdun, renonciation et faux raccourcis : remettre les faits d’équerre

Le 27 septembre 2025, Riposte catholique publie une brève signée Maximilien Bernard annonçant que le Saint-Père a accepté la renonciation au gouvernement pastoral du diocèse de Verdun présentée par Mgr Jean-Paul Gusching, 70 ans, évêque depuis 2014. Le texte précise que Mgr Philippe Ballot, archevêque-évêque de Metz, est nommé administrateur apostolique du diocèse de Verdun, sede vacante et ad nutum Sanctae Sedis.

Riposte catholique

Pour celles et ceux qui n’ont pas fait leurs humanités…

Sede vacante signifie littéralement « le siège étant vacant ». C’est une expression utilisée pour désigner la période où le siège d’un évêché, ou plus particulièrement le Saint-Siège (au Vatican) est vacant, c’est-à-dire sans évêque ou sans pape.

Mgr Philippe Ballot, Metz en 2022

Cette vacance peut être due à la mort, à la renonciation, ou à la démission de l’évêque ou du pape. Pendant cette période, le diocèse ou l’Église est en attente d’un nouveau titulaire.

Ad nutum Sanctae Sedis signifie « à la disposition de la Saint-Siège », c’est-à-dire que la personne nommée assure temporairement la gouvernance du diocèse sous l’autorité directe du Saint-Siège, qui peut à tout moment rappeler ou rappeler cette personne.

Dans le cas présent, « Mgr Philippe Ballot a été nommé Administrateur Apostolique sede vacante et ad nutum Sanctae Sedis du diocèse de Verdun » signifie qu’il assume provisoirement la direction du diocèse en attendant la nomination d’un nouvel évêque, et qu’il agit sous la seule autorité directe de Rome.

Données par Risposte catholique, ce sont les faits incontestables du jour.

La même brève rappelle qu’en juin 2023, Mgr Gusching avait participé, à Verdun (Centre mondial de la Paix), à une conférence sur les rapports entre franc-maçonnerie et religion. C’est ici qu’une correction factuelle s’impose : cet événement a été organisé à l’invitation de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), et non de la Grande Loge de France (GLDF). Cette donnée est publiquement vérifiable et déjà documentée dans mon papier, ici-même, ainsi que dans L’Est Républicain la veille de la rencontre.

Mgr Gusching

Faut-il pour autant lier causalement la renonciation de 2025 à la présence de 2023 ? Rien, dans les actes officiels, ne permet de l’affirmer. Une renonciation épiscopale est un acte de gouvernement de l’Église universelle ; elle peut intervenir avant 75 ans (CIC 401 § 2) pour des motifs que le Saint-Siège n’a pas à publier. En l’espèce, aucune source romaine ne relie l’événement de Verdun à la décision acceptée par le pape. La chronologie ne fait pas causalité : c’est une prudence élémentaire de l’historien. (Sur le plan des sources, Riposte-Catholique se borne d’ailleurs à juxtaposer les faits de 2023 et l’annonce de 2025, sans établir de lien.)

Le positionnement du Vatican : une ligne constante, réaffirmée

Pour prendre la mesure du sujet, rappelons la doctrine romaine sur la franc-maçonnerie, qui sert souvent de toile de fond à ces lectures :

-La Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 26 novembre 1983, approuvée par Jean-Paul II, affirme que le jugement négatif de l’Église « demeure », que l’inscription à des associations maçonniques reste interdite, et que les fidèles qui en sont membres se trouvent en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion. Cette norme n’a jamais été levée.

-Le 13 novembre 2023, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a de nouveau réitéré cette incompatibilité, en répondant à Mgr Julito Cortes (Dumaguete, Philippines), et a recommandé une stratégie pastorale pour dissiper la confusion chez des fidèles pensant possible d’être simultanément catholiques pratiquants et Francs-Maçons.

Deux points doivent être nettement distingués :

  1. L’appartenance maçonnique (qui engage la discipline sacramentelle et reçoit une réponse négative claire) ;
  2. Le dialogue ponctuel (colloques, tables rondes) où se rencontrent responsables religieux, spécialistes, voire maçons, que Rome ne prohibe pas ipso facto mais qui demeure sensible et soumis au discernement pastoral. Les textes romains visent l’adhésion (juridique et existentielle), pas l’existence d’un échange public.
Mgr Gusching

Ce que l’on peut dire, exactement, de Verdun

Oui, Mgr Gusching a participé le 20/06/2023 à une rencontre au Centre mondial de la Paix (cf. mon papier ici-même).

Oui, le sujet « franc-maçonnerie et religions » est toujours aussi sensible dans l’Église catholique, apostolique et romaine.

Non, la conférence n’était pas organisée par la GLDF : c’était une initiative de la GLNF.

Non, il n’existe pas de lien officiel entre cette soirée et la renonciation acceptée en 2025 ; aucun document du Saint-Siège ne l’établit…. à cette heure.

Pour l’historien des religions, l’enjeu n’est pas d’inférer une causalité sans preuve, mais de tenir ensemble :

– la stabilité doctrinale romaine (1983, 2023) sur l’incompatibilité de l’adhésion maçonnique avec la pratique sacramentelle ;

– la possibilité d’espaces de parole publique ou d’explication, selon les circonstances locales, qui ne constituent pas en soi une approbation ni un assouplissement du magistère.

Pour mémoire, nous vous rappelons la ligne éditoriale de Riposte catholique

Portail de « réinformation catholique 2.0 », Riposte-Catholique publie quotidiennement des brèves, tribunes et reprises de contenus issus d’un écosystème proche des milieux conservateurs/traditionalistes (rubriques telles que « Points non négociables », « Dubia Amoris laetitia », relais de partenaires et agrégations). Le site revendique notamment une faveur explicite pour la liberté de la messe traditionnelle. L’éditeur est GT Éditions et le directeur de la publication Guillaume de Thieulloy. Positionnement éditorial assumé : cadrage doctrinal strict, critique des orientations perçues comme « progressistes », et volonté déclarée de « ré-informer » le lectorat catholique.

Post-scriptum : entre l’équerre et l’autel : pour un langage clair avec Rome

Nous avançons à pas mesurés, l’équerre sous le bras et le compas au cœur, non pour quémander une absolution impossible mais pour éprouver la tenue d’un dialogue qui n’illusionne personne.

Qu’attendraient des obédiences françaises d’une conversation avec le Vatican, si conversation il y a ?

Non pas l’effacement des frontières, mais la politesse des frontières reconnues, l’art d’habiter la distance sans l’ériger en mur d’hostilité. Nous savons la ligne romaine claire et constante ; nous savons aussi qu’un silence prolongé finit par nourrir des légendes qui durcissent les consciences. Dès lors, entrer en parole, c’est desserrer l’étau des malentendus.

Le premier intérêt est d’ordre spirituel et civique : déminer la confusion. Dire simplement ce qu’est une voie initiatique – son travail sur la conscience, sa soif d’éthique, sa pédagogie des symboles – et ce qu’elle n’est pas : un magistère de substitution, une théologie clandestine, une liturgie parallèle. Nous ne cherchons pas la bénédiction, nous cherchons la clarté. Dans un monde saturé d’anathèmes faciles, la clarté est déjà un service rendu au bien commun.

Vient ensuite la main tendue sur des terrains où la coopération ne brouille aucun statut : la dignité humaine, l’éducation, la lutte contre la misère, la paix civile, la sauvegarde du patrimoine.

Il n’est pas indigne de reconnaître que le soin du monde s’écrit aussi à plusieurs mains. Là, la parole n’est plus un piège ; elle devient une boussole. Nous parlons afin de discerner où nos efforts peuvent, sans confusion d’appartenance, converger vers un soulagement tangible de la souffrance et un accroissement de la liberté intérieure.

Nous y gagnons encore une paix des esprits. Combien de sœurs, combien de frères, combien de croyants enfin, vivent déchirés entre attachements familiaux, fidélités intimes et caricatures publiques ? Un dialogue loyal assainit l’air que nous respirons ensemble. Il soulage les consciences mixtes, il désamorce les procès d’intention, il rappelle que l’on peut se dire un désaccord sans se retrancher dans l’invective.

Mais nous serions naïfs si nous oublions les risques

L’instrumentalisation des rencontres, la tentation de brandir un colloque comme brevet de respectabilité, l’ambiguïté de gestes symboliques mal posés, le goût médiatique du “coup” qui fait du bruit et détruit la nuance. Pour qu’un échange soit noble, il doit être cadré : ni liturgie partagée, ni promesse voilée, ni langue double. Des intervenants légitimes, un lieu public qui honore la raison, des actes écrits qui disent ce qui a été dit ; et surtout, la phrase sobre qui n’ouvre aucune fausse fenêtre. Nous ne jouons pas à déplacer les bornes ; nous consentons à parler en vérité de part et d’autre des bornes.

Le cœur du propos est là : civiliser la différence

Non pour la dissoudre, mais pour l’habiter avec tenue. Nous ne cherchons pas à convaincre Rome de renier sa doctrine ; nous acceptons qu’elle la maintienne. En retour, nous revendiquons le droit de poursuivre notre œuvre intérieure, fidèles à la lente alchimie qui affine la pierre. Entre la clarté d’une position et la courtoisie d’une parole, il y a une voie médiane où l’intelligence se grandit et où l’on apprend à nommer le réel sans le forcer.

Alors, pourquoi frapper aux portes de Rome ? Pour que la vérité ne se « raconte » plus par rumeurs, mais se dise. Pour qu’un désaccord fondateur ne soit plus un prétexte à guerroyer, mais un appel à ordonner nos voix. Pour montrer que l’on peut tenir ensemble la rigueur et la mesure, la fidélité et l’ouverture, le refus de la confusion et la volonté de mieux faire monde. Et s’il ne devait rester d’un tel dialogue qu’une discipline de langage, une sobriété de gestes, une paix un peu plus respirable, ce serait déjà beaucoup : de quoi continuer l’Œuvre, chacun à sa place, sous la même voûte du ciel.

1875-2025 – Suprême Conseil de France : remémorer Lausanne

Nous avons ouvert ce livre de pierre et de souffle qu’est la remémoration du Convent de Lausanne comme on entrouvre une porte sur la mémoire vivante. L’ouvrage n’a pas de reliure, il a des voix. Dès l’incipit, le Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France (SCDF) Jacques Rozen, Président de l’Alliance Internationale Maçonnique Écossaise (A.˙.I.˙.M.˙.E.˙.), porte la parole avec la gravité simple des commencements, rappelant que Lausanne n’est pas un musée de principes mais une boussole pour le voyageur du Rite.

Le ton se pose avec une clarté fraternelle et la journée gagne l’épaisseur d’un temps rituel à largeur d’Orient, relayée jusqu’aux sites connectés qui reçoivent au même instant la lumière, depuis de très nombreux Orients en France, en outre-mer et à l’étranger, notamment en Belgique et en Haïti.

Nous sentons que l’hommage dépasse la révérence protocolaire.

Il devient travail intérieur partagé. La remémoration n’imite pas, elle réactive. Elle fait revenir les lignes de force sous l’écorce des heures, comme si les colonnes laissaient remonter vers nous les circulations profondes de 1875.

SCDF Remémoration

La journée a trouvé son plein sens devant la présence conjointe d’un nombre exceptionnel de Suprêmes Conseils, vaste représentation rassemblée en fraternité, témoins et acteurs de l’unité du Rite.

Dans cette ouverture, l’évocation du principe créateur, de la liberté de conscience et de l’exigence d’une transmission régulière rétablit la filiation. Nous sommes renvoyés à une langue qui ne hiérarchise pas seulement des degrés mais des états d’âme. Jacques Rozen rappelle que l’unité n’est pas l’uniformité. Les héritiers du Convent se tiennent entre fidélité et élan, dans une architecture qui accepte l’inachevé parce que la quête demande de l’espace.

Ce prélude donne à la journée sa colonne vertébrale spirituelle.

La première table ronde nous reconduit vers les prémices et l’enjeu historique ainsi que le déroulé du Convent de Lausanne de 1875.

Jean-Paul Minsier, Lieutenant Grand Commandeur d’Honneur Émérite du SCDF, avance avec la patience des maîtres qui savent que la poussière des archives contient des braises. Il rappelle la chaîne longue qui mène des Constitutions de 1762 aux Grandes Constitutions de 1786, du traité de 1834 aux suprêmes conseils et à leur volonté de rassemblement.

Didier Karkel, en écho, tarit la fable paresseuse de la querelle du Grand Architecte. Il montre la pente réelle des désaccords, la souveraineté des juridictions, les blessures d’orgueil, les territoires politiques qui se recomposent et troublent la géographie symbolique du Rite. La légende cède la place à la compréhension des ressorts sans perdre la perspective initiatique qui donne sens au matériau historique. L’histoire cesse d’être décor. Elle redevient une dialectique de l’Un et du Multiple, de l’ancrage et de la circulation. Nous mesurons alors que Lausanne fut un art des limites autant qu’un art des liens, une jurisprudence spirituelle autant qu’un compromis diplomatique.

La deuxième table ronde – « Les suites du Convent de Lausanne de 1875 à nos jours » – se présente comme un solo.

Jacques Mathieu, passé Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de Belgique, parle des suites de 1875 et la voix prend une ampleur d’océan. Les correspondances se croisent, les malentendus se construisent, les ruptures se signent puis se réparent. Le récit démontre que l’échec n’est pas la dernière ligne mais un passage où se vérifie la solidité des invariants, en particulier l’exigence d’une puissance dogmatique unique par État et la nécessité d’une reconnaissance mutuelle. Nous entendons au milieu des dates l’ombre insistante d’Albert Pike et les rouages d’une histoire qui passe de la figure au principe. La thèse s’impose. Lausanne n’a pas échoué. Lausanne a repositionné la scène pour le siècle suivant. La pensée se déplie comme une carte des vents. Elle montre la respiration longue du Rite, son art de durer malgré la houle. Nous sortons de cette lecture avec la certitude qu’un mythe démonte un autre mythe. L’ésotérisme y gagne une rigueur. L’humanisme y retrouve une armature.

SCDF

L’après-midi s’ouvre vers l’Afrique et le monde.

Marcel Dobill, Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du Cameroun, dit la chose essentielle avec le naturel des évidences. Il n’existe pas d’« écossisme africain ». Il existe une pratique vivante du Rite par des Africains. Les chronologies coloniales et postcoloniales n’y fabriquent pas des exceptions. Elles prouvent la capacité du Rite à se faire demeure dans des sociétés traversées par la mobilité, la pression des pouvoirs, les résistances religieuses. L’exemple sénégalais, les instabilités des premières loges, les phases d’éclipse et de reprise composent une table d’épreuves où la fraternité s’initie à l’endurance. Nous ressentons la puissance d’un langage symbolique assez ample pour accueillir des mémoires multiples sans se renier. La franc-maçonnerie cesse de se croire propriétaire d’un territoire. Elle devient passerelle, métier, axe.

Mohammed El Khourouj, Très Respectable Grand Maître de la Grande Loge du Maroc, ouvre ensuite un vitrail inattendu. Il rapproche la Déclaration de 1875 d’un lexique coranique qui n’enferme pas, il enracine la spiritualité écossaise dans une herméneutique qui sait parcourir les signes. La lecture est d’une délicatesse ferme. Le verset appelle la parabole. Le symbole fait passage entre visible et invisible. La notion d’al-fitra rencontre la naturalité spirituelle du Rite. Loin de la polémique, cette page déplie un continent de convergences possibles où la fidélité au texte sacré devient une pédagogie de l’universel. Nous sortons de cette intervention avec l’intime conviction qu’une maçonnerie de tradition musulmane peut parler au cœur du même chantier intérieur. La lampe du Rite ne devient pas une frontière, elle devient un guide dans la nuit.

Igor Gordeev, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de Russie, referme le triptyque avec une voix venue de Russie. Là encore, la bibliothèque des dates ne suffit pas. Il faut entendre le fil discret qui relie rétablissements, délégations, reconnaissances, maturations.

La page russe témoigne d’une résistance aux fractures, d’une persévérance au milieu des contraintes politiques.

Nulle rhétorique des grands soirs. Une gratitude adressée aux Frères, des preuves de filiation, une intégration progressive au concert international. Ce qui se lit derrière la chronologie, c’est la vitalité d’une chaîne d’union qui traverse les hivers. Le Rite confirme sa vocation de maison intérieure transportable. La souveraineté de l’esprit ne se laisse pas confisquer.

La quatrième table ronde aborde la question la plus exigeante.

Membre actif du SCDF, Pierre Bories rend au manifeste de Lausanne sa dimension de règle de vie. Il parle de jardinage de l’âme, de sources à protéger, de noblesse du comportement. Il rappelle que la vocation du Rite n’est pas de hurler dans les foules mais d’éduquer la liberté, de tenir ensemble transcendance et service. Sa méditation tient du viatique. Elle rend la Déclaration à son avenir, comme s’il fallait chaque matin réapprendre à tenir l’équerre devant soi. Nous nous y reconnaissons. La post-vérité n’est pas un destin. Elle est une tentation que la discipline du symbole peut déjouer.

SCDF – Remémoration

Vient alors l’intervention de Pascal Joudiou, Grand Maître des dépêches du SCDF. Nous la lisons d’un regard fraternel et cependant critique, comme il convient lorsqu’un Atelier veut faire œuvre de vérité. L’attente était grande, parce que la question posée engage le cœur même du Convent. Les fondamentaux demeurent-ils opérants pour les années qui viennent. La parole donnée ce jour-là a peiné à rencontrer la juste mesure. La forme a semblé se livrer à une technicité de langage plus administrative que spirituelle. Le souffle herméneutique y était discret. Le rythme a privilégié des formules qui gèrent plutôt qu’elles n’initient.

Plusieurs Frères ont ressenti un décalage entre le thème annoncé et l’élévation attendue. Rien d’indigne ici, rien d’irrespectueux, seulement l’appel à une profondeur plus grande, à un art plus habité de la référence, à une écoute plus aiguë de ce que l’époque réclame de courage spirituel.

Le fond en a souffert, car le Rite réclame une voix qui ouvre le dedans des mots, non une suite d’assertions sans cheminement.

Dans un tel cadre, nous mesurons combien la parole doit consentir à l’esprit du Rite pour que l’esprit du Rite consente à la parole.

Il y eut d’abord l’allocution de Thierry Zaveroni, passé Grand Maître de la Grande Loge de France, puis celle du Très Respectable Frère Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France, avant la clôture par le Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Jacques Rozen, Président de l’Alliance Internationale Maçonnique Écossaise (A.˙.I.˙.M.˙.E.˙.).

Les allocutions de Thierry Zaveroni et de Jean-Raphaël Notton recousent le tissu par la fraternité agissante.

La première met au clair la patience d’une tradition qui ne se contente pas d’énoncer mais qui prie, transmet et sert. La seconde rappelle la responsabilité de la Grande Loge de France au milieu des Orients, dans une fidélité sereine au travail à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Le livre se referme par la clôture de Jacques Rozen. Il n’a pas fermé les fenêtres. Il a seulement éteint les feux pour que la nuit travaille en nous. Nous sortons de cette note avec l’impression d’avoir relu Lausanne comme un miroir. Tout s’y tient. Les conflits de souveraineté deviennent des avertissements. Les convergences spirituelles deviennent des chemins. L’histoire cesse d’être un jugement. Elle redevient un outillage pour le cœur.

Nous gardons de l’ouvrage cette évidence. Le Convent de 1875 n’a pas légué une formule. Il a légué une tension juste. Un Suprême Conseil par territoire pour préserver la lisibilité. Une reconnaissance partagée pour sauver de l’arbitraire. Un principe créateur qui ouvre sans enfermer. Un Rite qui n’est pas décor mais itinéraire. Lorsque l’Afrique raconte ses loges et que le Maroc relit le Coran, lorsque la Russie recompose une filiation, lorsque la France s’adresse à ses Frères d’Europe et d’ailleurs, la même musique se fait entendre. Il s’agit d’élever l’homme sans humilier sa liberté. D’instruire la conscience sans violenter les croyances. D’assembler sans niveler.

SCDF -Remémoration

Nous avons reçu les trois paroles comme trois cordes tendues sous la même voûte. Thierry Zaveroni a d’abord donné le ton. Sa voix a parlé de patience habitée, de style de vie plus que de déclaration, d’une fraternité confiée à des gestes précis plutôt qu’à des slogans. Nous avons entendu l’éthique de la présence. Tenir l’équerre devant soi, veiller à la dignité du plus humble, préférer l’exemple aux démonstrations. L’héritage de Lausanne revient à hauteur d’homme. Il cesse d’être un texte. Il devient une tenue quotidienne.

Jean-Raphaël Notton a prolongé cette respiration.

Il a montré comment une obédience peut respirer largement sans perdre son axe. Il a dit l’importance d’une parole claire au milieu de bruits saturés, l’importance d’une pédagogie patiente au milieu des impatiences sociales, l’importance d’une présence fraternelle au milieu des fractures. Nous avons reconnu la Grande Loge de France dans cette manière de faire passer l’esprit avant l’outil, la relation avant le prestige, l’exigence avant la posture. Les colonnes se sont rapprochées. La salle a respiré plus juste. Les Trois Grandes Lumières avaient retrouvé leur place dans nos consciences.

Jacques Rozen a refermé l’ouvrage.

Sa parole a parlé d’unité sans confusion, de fidélité sans rigidité, de souveraineté sans surplomb. Il a rappelé que Lausanne demeure une offrande de méthode plus qu’une archive de principes. Nous avons senti passer la rigueur d’une fraternité qui ne craint pas la nuance. La chaîne ne vaut que par la qualité des maillons et le Rite ne dure que par la tenue intérieure des hommes qui le servent. Cette clôture a remis chaque atelier devant sa boussole. Travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers exige davantage qu’un lexique. Cela demande une discipline du cœur.

Nous refermons ce parcours avec une conviction tranquille. Lausanne demeure moins un souvenir qu’une discipline. Une manière de regarder le monde et de s’y tenir. Une façon d’accorder l’intelligence, le courage et la mesure. Si la journée a tant compté, c’est qu’elle a rendu à la Déclaration sa respiration.

Nombreux sous la voûte, les Frères et les Sœurs ont fait vibrer la salle d’applaudissements pour le film magistral et pour l’éblouissante pièce de théâtre portée par des Frères belges, qui redonnaient chair aux termes du Convent de Lausanne à la lumière des ouvrages d’Alain Bernheim (1931-2022), Grand Commandeur honoris causa du Suprême Conseil de France.

Nous partons avec l’équerre ajustée, le compas prêt à l’œuvre et la conscience disposée à la patience du feu. Que nos travaux prolongent la lumière reçue. Que nos paroles demeurent assez simples pour être tenues. Que nos gestes soient assez justes pour devenir exemplaires. Alors Lausanne cessera d’être une date. Elle deviendra notre manière de marcher ensemble.

Le 33ᴇ degré – Du nombre à l’Être, de la structure au Principe

Nous refermons ce livre avec la sensation d’avoir parcouru moins un traité qu’un axe, moins un système qu’une colonne de lumière dressée entre le chantier des hommes et la source silencieuse. Olivier Chebrou de Lespinats n’additionne pas des degrés, il nous reconduit à l’unité qui les précède et les fonde. Il ose dire que la hiérarchie n’est pas une échelle sociale mais un organisme vivant, une structure qui respire, un squelette mystique où le nombre se transmue en être.

Le 33E degré

Nous reconnaissons là une ambition rare, car la progression n’y cherche pas l’ornement ni le prestige, elle s’éprouve comme dépouillement et service, jusqu’à l’effacement du sommet.

Nous entrons dans cette pensée par deux mots qui sonnent comme des portes, Taçarrûf et Sulûk. Le premier donne forme, ordonne, administre le monde selon une mesure qui n’est pas policière mais cosmique. Le second fait marcher l’âme, l’ouvre, l’élève, puis la renvoie vers les autres quand le feu intérieur a trouvé son centre. Rien ici ne sépare l’ossature et le souffle. La structure devient mandala opératif et le chemin se laisse lire comme une dramaturgie du cœur. Nous avançons donc dans une double clarté, l’une qui dessine, l’autre qui vivifie, jusqu’à comprendre que l’ordre véritable n’emprisonne pas, il délivre.

La figure du 33e degré ne se présente jamais comme une apothéose.

Elle se tient au contraire dans une zone d’altitude où la vue se simplifie, où la parole se raréfie, où l’autorité se confond avec la capacité d’orienter sans contraindre. L’auteur rappelle le poids symbolique du nombre, la résonance christique des trente années cachées et des trois années de ministère, la colonne vertébrale avec ses trente-trois anneaux qui soutiennent la tête et relient la terre et le ciel, le double trois comme pli d’éternité. Nous pressentons alors que l’échelle écossaise n’est pas un amas de marches, elle est une montée d’intensité, palier après palier, jusqu’à la transparence.

Nous retrouvons au faîte la triade qui règne sans s’imposer.

Le trente et un discerne et mesure, le trente et deux engage la volonté chevaleresque, le trente et trois couronne par l’invisible et veille dans la discrétion. Cette triplicité réveille en mémoire les grandes familles du sacré étudiées par le philologue, historien des religions et anthropologue Georges Dumézil (1898 – 1986) et les harmonies antiques où le prêtre, le guerrier et le producteur se répondent. Ici, la justice cesse d’être vengeance, le glaive cesse d’être conquête, la couronne cesse d’être trophée. La première devient clairvoyance, le second devient verbe tranchant et protecteur, la troisième devient rayonnement silencieux. Nous goûtons la justesse de cette triangulation qui ne sépare pas mais réunit, et nous comprenons que la souveraineté la plus haute opère par présence.

Le camp des Sublimes – Source Franc-maçon Collection

Le Camp des Tentes se révèle comme une vision intérieure.

Ce n’est plus un campement, c’est une géométrie du centre, une ville idéale où la périphérie se règle sur le noyau et où le noyau demeure vide de toute appropriation. Nous reconnaissons la logique du mandala, la loi des cercles concentriques, la douceur d’une lumière qui s’étend sans violence. Tout signe devient lignage, tout emplacement devient fonction, chaque figure retrouve la place qu’elle reçoit et non celle qu’elle prend. La hiérarchie se fait alors circulation, non pas verticale au sens profane, mais axiale, puis radiale. Le centre n’exerce pas, il respire et, par cette respiration, maintient la vie des cercles.

L’ouvrage assume une anthropologie subtile.

Le Temple n’est plus ailleurs. Il est le corps, il est la mémoire, il est l’âme quand elle consent à l’alignement. Les degrés deviennent fréquences et non titres. Ils accordent la harpe humaine, des instincts pacifiés aux pensées clarifiées, jusqu’au point de calme qui accueille la Présence. L’auteur ose la résonance entre la colonne vertébrale, les centres d’énergie et l’Arbre des sefiroth. Nous lisons cela sans syncrétisme ni confusion, plutôt comme une reconnaissance des formes convergentes par lesquelles la Tradition a patiemment figuré la montée vers la couronne. La pédagogie du Rite se laisse ainsi entendre comme un art de l’accord, chaque étape travaillant une corde différente, jusqu’à l’harmonie.

Nous saluons aussi l’audace d’une hypothèse qui situe le Temple dans la tête, non pour réduire l’expérience spirituelle à la neurologie, mais pour dire que l’esprit humain porte en lui l’architecture rituelle et que les degrés, en éveillant des couches de conscience, réhabilitent ce cerveau oublié qui sait contempler. La frontière entre science et Tradition se voit traitée avec délicatesse. La Tradition n’est pas instrumentalisée, la science n’est pas divinisée, et nous retrouvons la voie du milieu où l’intellect devient Intellect quand il consent au silence et à l’émerveillement.

À mesure que nous progressons, quelque chose se retourne.

La véritable montée commence lorsque nous cessons de monter. À partir du seuil du chevalier Kadosch, la marche change de sens. Nous redescendons dans le monde avec une lumière qui ne cherche plus à se montrer. La justice devient miséricorde ferme, l’action devient veille, la souveraineté devient absence lumineuse. La hiérarchie ne nous place plus au-dessus, elle nous place au centre, et du centre nous recevons la charge de tenir l’axe d’un monde qui vacille. Cette descente n’est pas retrait, elle est mission. Elle n’est pas renoncement triste, elle est joie grave.

Olivier de Lespinats
Olivier de Lespinats

La langue d’Olivier Chebrou de Lespinats épouse cette visée.

Elle organise sans rigidifier, elle érige sans durcir, elle appelle sans capturer. Elle rappelle René Guénon et Ibn ‘Arabî par l’exigence métaphysique, elle convoque Michel Vâlsân par le sens du Principe, elle emprunte à Dumézil la lucidité des structures et s’autorise, à la manière de certains esprits libres, des traversées latérales qui refusent l’académisme. Cette filiation n’est pas ostentation, elle ressemble plutôt à une scène intérieure où des maîtres veillent.

Nous refermons le volume avec la paix des grandes mises au point. Le Rite, relu dans cette clarté, ne promet ni carrières ni insignes. Il rend à chacun le travail qui lui revient. Bâtir en bas, défendre au milieu, veiller en haut. Puis ramener tout au centre. Le 33e degré ne règne pas, il oriente. Il ne juge pas, il comprend et répare. Il ne combat plus, il tient l’heure et garde la flamme. Nous sortons avec la gratitude d’avoir mieux compris ce que la hiérarchie veut dire. Elle ne mesure pas nos distances, elle aligne nos seuils. Et dans l’alignement, la lumière circule.

Tablier Souverain GIG 33e degré REAA – Source Le chemin maçonnique
Tablier Souverain GIG 33e degré REAA – Source Le chemin maçonnique

Nous souhaitons enfin situer brièvement l’auteur, non pour dresser un palmarès, mais pour comprendre la qualité d’attention qui irrigue son texte. Olivier Chebrou de Lespinats est de ces humanistes pour qui l’étude n’a de sens que transmise. Il explore depuis des décennies les rites, les symboles, les grandes lignées du sacré, et conduit cette recherche avec la fermeté chevaleresque d’un homme qui sait que la souveraineté s’exerce d’abord sur soi. Sa route passe par l’engagement, le silence, le goût de la précision, une fidélité au Principe qui rend sa parole ferme et claire. Il a signé des travaux où l’interrogation métaphysique rencontre la pédagogie du Rite, parmi lesquels nous retenons un livre consacré à la conscience maçonnique qui éclaire déjà l’articulation du cœur et de l’esprit dans la voie écossaise. On retrouve son nom dans la même maison d’édition, où sa voix se situe à la croisée de la recherche et de la transmission.

Le 33E degré, détail

Sa bibliographie forme une constellation utile à la lecture présente.

Nous y retrouvons ses écrits consacrés à la vie intérieure du maçon et à la manière d’habiter les symboles, autant d’étapes qui préparent cette méditation sur la souveraineté silencieuse. Nous pouvons y ajouter ses travaux plus anciens sur l’histoire et la mémoire de chevaleries spirituelles, ainsi que des publications de tradition où la rigueur documentaire sert toujours une visée d’éveil. Cette constellation dessine une trajectoire, non une collection. Elle souligne une fidélité qui ne se dément pas, et qui donne à ce livre son poids d’expérience.

Ce volume s’adresse à nous tous qui cherchons un passage entre structure et vie.

Nous y lisons un Rite qui retrouve sa nature de pont. Nous y recevons un rappel simple et exigeant. Rien n’est au sommet qui ne soit d’abord au centre. Rien ne demeure au centre qui ne redescende pour servir. À cette condition, la hiérarchie redevient axe vivant, et l’initié, de degré en degré, devient plus clair que lui-même, jusqu’à n’être plus qu’un lieu où la lumière passe.

Le 33e degré – Du nombre à l’Être, de la structure au Principe

Olivier Chebrou de LespinatsCépaduès, coll. de Midi, 2025, 106 pages, 24 €

Éditions Cépaduès – Transmettre les Savoirs, le site

Le 33E degré, détail

La spiritualité et le soi intérieur : un voyage initiatique vers l’essence de l’être

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz

Dans un monde saturé de bruits extérieurs – ambitions démesurées, hypocrisies sociales et quêtes effrénées de pouvoir –, la spiritualité émerge non comme un luxe superflu, mais comme l’essence même de notre existence. Comme l’affirme avec profondeur John Bradshaw, éducateur et orateur américain (1933-2016) :

« La quête de la spiritualité n’est pas un bénéfice ajouté à notre vie, quelque chose dans quoi on s’embarque si on a le temps et l’inclination. Nous sommes des êtres spirituels en voyage terrestre. Notre spiritualité construit notre être. »

Cette citation ouvre les portes d’un article fascinant publié dans El Nacional en septembre 2025, intitulé La espiritualidad y el Yo interior (I). Ce texte, ancré dans une perspective initiatique, nous invite à un voyage intérieur, loin des dogmes rigides et des illusions matérielles.

Spinoza

À travers une exploration philosophique et ésotérique, l’auteur – non spécifié mais imprégné d’une sagesse millénaire – nous guide vers le « Soi Intérieur », ce noyau essentiel de l’être humain voilé par les voiles de la conscience ordinaire. Inspiré par des penseurs comme Baruch Spinoza, cet essai déconstruit les barrières de l’ego pour révéler un chemin de transformation consciente. Dans cet article structuré, nous décortiquerons les thèmes centraux : le voyage initiatique, le rôle de l’alchimie intérieure et l’appel universel à l’éveil. Que ce soit pour le néophyte ou l’initié, cette réflexion nous rappelle que la vraie liberté réside au cœur de nous-mêmes.

Le Voyage vers le Centre : Une Perspective InitiatiqueLe cœur battant de cet article repose sur la métaphore du « voyage intérieur« , un périple qui transcende les sentiers physiques pour plonger dans les abysses de la conscience.

« Le chemin initiatique est un voyage vers mon intérieur. Il n’est pas nécessaire de se presser ou de désespérer, car notre voyage, aussi loin que nous allions, se fait vers notre intérieur. »

Cette affirmation pose les bases d’une quête universelle, non exclusive aux ordres ésotériques, mais partagée par les grands esprits de l’humanité.

L’auteur convoque Baruch Spinoza (1632-1677), le philosophe rationaliste hollandais dont le système éthique s’apparente à un « chemin initiatique profondément rationnel vers la libération intérieure« . Chez Spinoza, la liberté n’est pas une révolte anarchique, mais une émancipation des dogmes, du fanatisme, de l’hypocrisie et de l’ambition débridée.

« Si nous cherchons à être libres par le biais de la religion, nous sommes assujettis à des dogmas qui nous limitent à voir en profondeur notre intérieur, où réside la ‘Vérité’, au-delà de ce qui est physique et rationnel. Nous pouvons la percevoir par la ‘compréhension’ et la méditation. »

Un Homme en train de méditer à la montagne
Un Homme en train de méditer à la montagne

Cette Vérité, intangible et transcendante, se dévoile non par la force brute, mais par une contemplation sereine.

Dans notre ère chaotique, marquée par les « guerres et ce cancer psychique de l’être humain appelé ‘Pouvoir’« , qui engraisse l’ego au détriment de l’humanité, ce voyage intérieur devient un antidote salvateur. Loin des clichés des sociétés secrètes et des rituels obscurs, le chemin initiatique est un processus de transformation consciente :

« Pour comprendre le macrocosme, nous devons d’abord comprendre le microcosme dont nous faisons partie dans toute notre intégrité. Il s’agit de transformer notre conscience pour atteindre la conscience supérieure qui est en nous. »

Ici, l’humain est vu comme un microcosme du cosmos, un écho miniature de l’univers infini, invitant à une harmonie holistique.

Le soi intérieur : essence voilée et réveil symbolique

Au centre de cette exploration trône le « Yo Interior » – le Soi Intérieur –, cette essence immortelle de chaque être humain, obscurcie par l’arrivée sur le plan physique.

« Quand nous entrons dans le plan physique, nous arrivons avec notre ‘conscience’ voilée, et l’objet d’une initiation dans l’institution initiatique est, avec les messages de ses symboles, de nous aider à ouvrir la conscience, à enlever le voile qui ne nous laisse pas voir la réalité ; nous ne percevons que les fantasmes que nous offre le plan physique. »

Symboles alchimiques
Symboles alchimiques, bougie, crane, élixirs

L’initiation, dans les « Augustes Mystères« , n’est pas un rituel spectaculaire, mais un point de départ symbolique : un voyage non des pieds, mais de la conscience.

Ce réveil s’opère par une alchimie intérieure, un travail subtil qui transmutent les illusions en réalité. Les outils ? La méditation et la contemplation, qui calment l’esprit agité et nous syntonisons avec notre être profond. « Une partie de ces travaux alchimiques en nous se réalisent avec des outils pour calmer l’esprit comme la méditation et la contemplation, qui nous permettent de nous syntoniser avec notre être intérieur. »

Loin d’une spiritualité abstraite ou d’une foi aveugle, il s’agit d’expériences vécues, vérifiées par soi-même :

« Le chemin initiatique est une expérience intérieure qui convertit notre spiritualité en quelque chose de réel, non tangible, mais connecté à notre être intérieur ; non un système de croyances et de foi aveugle, mais des expériences vécues avec notre alchimie spirituelle, vérifiées par nous-mêmes. »

Cette alchimie n’exige pas l’abandon du monde matériel ; au contraire, elle transforme notre manière de l’habiter. C’est un acte constant d’attention, d’intention et de connexion, accessible à tous :

« Ce chemin n’est pas exclusif à certaines personnes ; nous sommes tous appelés à élever notre niveau de conscience. »

Ainsi, le Soi Intérieur n’est pas un refuge égoïste, mais un pont vers une conscience collective, où l’individuel se fond dans l’universel.

Thème CléDescriptionRéférence Philosophique
Voyage IntérieurPériple conscient vers le microcosme personnelSpinoza : Libération rationnelle des dogmes
Voile de la ConscienceIllusion physique masquant la VéritéMéditation comme outil de dévoilement
Alchimie SpirituelleTransformation par expériences vérifiéesOutils : Méditation et contemplation
Appel UniverselOuvert à tous pour élever la conscienceNon exclusif ; intégration au plan physique

Conclusion : les grandes questions et l’éveil infini

L’article, première partie d’une série prometteuse, se clôt sur un cliffhanger existentiel : « D’où viens-je ? Que fais-je ici ? Pour où vais-je ? Les réponses ne se trouvent… » Ces interrogations primordiales – d’où je viens, que je fais ici, où je vais – ne se résolvent pas dans les archives de l’histoire ou les promesses d’un au-delà abstrait, mais dans le silence fertile du Soi Intérieur.

« La spiritualité et le soi intérieur : un voyage initiatique vers l’essence de l’être » nous laisse avec une invitation envoûtante : embrasser le chemin initiatique comme un art de vivre, une danse entre le visible et l’invisible. Dans un monde où l’ego hurle pour dominer, cette spiritualité n’est pas une fuite, mais une ancre profonde. Elle nous exhorte à lever le voile, à alchimiser nos ombres en lumière, et à répondre aux mystères de l’existence par une conscience éveillée.

Que ce voyage intérieur devienne le vôtre : non un but distant, mais un présent éternel, où le Soi et l’Univers ne font qu’un.

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Surconsommation dans les médias sur la Franc-maçonnerie

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Restons branchés, ça n’mange pas de pain !

La franc-maçonnerie est elle devenue un produit de consommation ?

Avant tout la Franc-maçonnerie s’apparente à un champ d’investigations, elle se présente comme un lieu de réflexion qui nous pousse vers une évolution qui s’ouvre vers la connaissance et conduit à l’amélioration.

« Quelle belle tirade même si c’est un peu court jeune homme ! » Le Franc-maçon s’appuie sur ce schéma, pourrions nous dire, philosophique depuis toujours pour progresser sur ce chemin maçonnique que nous développons en Loge, avec nos rituels et dans nos échanges entre frères et soeurs. Notre mode de fonctionnement repose sur l’analyse, la contradiction, l’écoute et la proposition. Nous prenons le temps de réfléchir pour avancer dans la « recherche de la vérité », nous travaillons vers et pour la sagesse.

Ce sont sans doute les points essentiels qui nous différencient du monde de la consommation des médias qui abordent l’essence de la spiritualité et du symbolisme parfois en les survolant !

Ceci laisse supposer que ce type de média est peut-être plus délicat à manier pour nous  conduire vers les profondeurs de la connaissance. Cette démarche apparaît pour certains esprits parfois inappropriée à la réflexion. Pourtant ces types de langages audiovisuels enrichissent notre connaissance. Les journaux, les reportages agrandissent notre vision, nos points de vues et parviennent à nous faire sentir la quintessence de la Franc-maçonnerie.

Mais alors pourquoi parler de surconsommation.

Déjà, c’est accepter le fait que les produits de type « médias», et plus particulièrement ceux sur la Franc-maçonnerie soient, ou tentent à devenir, des produits de consommation. Au delà de ces propos, c’est admettre que le journalisme serait moins noble dans sa recherche que l’essai philosophique. C’est créer peut-être aussi une échelle de valeurs. Fort heureusement, aujourd’hui, tant d’écrits et de reportages, films et vidéo nous prouvent le contraire. La consommation pour la consommation qui nous pousse à la surconsommation nous éloigne certainement de la recherche philosophique et intellectuelle.

Les rabelaisiens consomment mais restent dans un cadre qui se rattache à la réflexion.

Dans les médias type « nouvelle génération réseaux » nous commençons à parler vraiment de consommation. Nous en sommes comme imbibé, soumit à une addiction, et ce sans doute par la fréquence de la diffusion des idées véhiculées. Elles échappent souvent à la vérification qualitative, un principe de garantie de l’information.

La diffusion de contenu doit suivre un rythme sans cesse croissant sur les réseaux et c’est un risque sans doute de porte ouverte à une consommation plus élevée voire de « surconsommation » .

Une sorte de frénésie entre les créateurs, lecteurs, spectateurs s’installe et la demande devient plus pressante. Nous ne sommes plus dans le domaine de la réflexion, nous passons dans la collection des barres de chocolat à déguster qui laisse place à une nouvelle image de la Franc-maçonnerie qui nous interpelle tout comme le constate Le Grand René dans la vidéo ci-dessous :