Émile Mellinet (Grand Maître du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Général de division, héros de Magenta et sénateur du Second Empire, le Nantais Émile Mellinet (1798-1894) a été Grand Maître du Grand Orient de France de 1865 à 1870. Premier Grand Maître librement élu après la tutelle de Murat et Magnan, ce maçon de longue date a défendu la liberté de discussion dans les loges et ouvert la voie à l’émancipation de l’obédience.

Un soldat de toutes les campagnes

Émile Mellinet

Né à Nantes en 1798, fils du général Anne-François Mellinet, Émile Mellinet sert d’abord dans la garde nationale de la Loire-Inférieure, puis participe à l’expédition d’Espagne, où il est blessé. En Algérie à partir de 1841, il commande le 1er régiment de la Légion étrangère et la subdivision de Sidi Bel Abbès.

En Crimée, il commande une brigade puis, par intérim, la division d’infanterie de la Garde, et il est blessé devant Sébastopol. Général de division, il conduit les grenadiers de la Garde pendant la campagne d’Italie de 1859 et a deux chevaux tués sous lui à Magenta. Sénateur, membre du conseil de l’ordre de la Légion d’honneur dont il est grand-croix, il commande ensuite la garde nationale de la Seine. Il se retire à Nantes, où il meurt en 1894 ; une statue l’y honore, place Mellinet.

Un maçon de tradition familiale

Fils et petit-fils de francs-maçons, il est initié dès 1815, à seize ans, à la loge Mars et les Arts, à Nantes. Fidèle à l’Ordre toute sa vie, il sera aussi Grand Commandeur du Grand Collège des rites et membre de la loge Les Cœurs unis.

La grande maîtrise (1865-1870)

À la mort du maréchal Magnan en 1865, le Grand Orient, qui a retrouvé le droit d’élire son chef, porte Mellinet à la grande maîtrise. Contrairement à ses deux prédécesseurs, il est un maçon chevronné et non un homme imposé par le pouvoir : la période correspond à l’Empire dit libéral.

Il s’attache à garantir la liberté de discussion et d’opinion au sein des ateliers, laissant s’exprimer les courants qui contestent la formule déiste de 1849 et réclament une plus large autonomie des loges. En 1870, il ne sollicite pas de nouveau mandat ; Léonide Babaud-Laribière lui succède.

Héritage

Mellinet a assuré la transition entre un Grand Orient sous tutelle et l’obédience républicaine et laïque de la Troisième République. Par son respect du débat, il a rendu possibles les évolutions qui aboutiront à la suppression de la grande maîtrise en 1871 et au convent de 1877.

Repères

  • Naissance : 1798, Nantes
  • Décès : 1894, Nantes
  • Profession : Général de division, sénateur
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Grand Maître
  • Mandat(s) : 1865-1870
  • Loge(s) : Mars et les Arts (Nantes, initiation en 1815) ; Les Cœurs unis
  • Distinctions : Grand-croix de la Légion d’honneur

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grand Orient, Libre examen.

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