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Fondateur de la Grande Loge symbolique écossaise, premier président du Parti radical, ministre du Commerce puis directeur de l’Assistance publique de Paris, Gustave Mesureur (1847-1925) fut à trois reprises grand maître de la Grande Loge de France, de 1903 à 1925. Artisan du rapprochement des loges écossaises, il est l’une des figures majeures de la maçonnerie républicaine de la Troisième République.
Un radical au service de la République

Né le 2 avril 1847 à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, Gustave Mesureur s’impose comme l’un des organisateurs du radicalisme. Fondateur de l’Association, puis du Comité d’action pour les réformes républicaines, il devient en 1901 le premier président du Parti radical et radical-socialiste.
Député de la Seine de 1887 à 1902, il est ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes dans le cabinet de Léon Bourgeois (1895-1896). De 1902 à 1920, il dirige l’Assistance publique de Paris ; on lui doit notamment la création de l’école d’infirmières de la Pitié-Salpêtrière. Maire de La Celle-Saint-Cloud de 1912 à 1919, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 30 octobre 1920. Il meurt à Paris le 19 août 1925 et repose au Père-Lachaise ; un square parisien porte son nom.
Du rite écossais à la Grande Loge symbolique écossaise
Initié en 1869 dans la loge « La Justice », n° 133 du Suprême Conseil de France, qui réunit plusieurs hommes politiques, Mesureur refuse d’entrer dans les hauts grades. Ce choix éclaire son engagement : il fait partie des frères qui, en 1880, quittent la tutelle du Suprême Conseil pour fonder la Grande Loge symbolique écossaise, obédience démocratique ne regroupant que des loges bleues. Il la préside en 1883, 1887 et 1894.
Partisan de la réunion des loges écossaises, il conduit avec Wellhoff la commission chargée de préparer la fusion qui aboutit, à la fin de 1896, au ralliement d’une partie des loges de la Grande Loge symbolique écossaise à la jeune Grande Loge de France.
Trois grandes maîtrises
Élu grand maître de la Grande Loge de France en 1903, Mesureur exerce un premier mandat jusqu’en 1910, en pleine période de combat laïque autour de la séparation des Églises et de l’État. Il revient à la tête de l’obédience au début des années 1910, en alternance avec le général Paul Peigné.
Son dernier mandat, en 1924-1925, coïncide avec la campagne du Cartel des gauches : sous sa direction, la Grande Loge de France mobilise ses membres, formule des propositions progressistes et organise en son siège une conférence publique placée sous le mot d’ordre de l’union contre la réaction. Il s’éteint en août 1925.
Postérité
Figure emblématique de la Grande Loge de France, Gustave Mesureur relie trois mondes : la maçonnerie écossaise réformatrice, le radicalisme parlementaire et l’administration hospitalière parisienne. Le musée de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris conserve son portrait gravé, et les archives de l’AP-HP un fonds qui lui est consacré.
Repères
- Naissance : 2 avril 1847, Marcq-en-Barœul (Nord)
- Décès : 19 août 1925, Paris
- Profession : Homme politique ; directeur général de l’Assistance publique de Paris (1902-1920)
- Mandats politiques : Député de la Seine (1887-1902) ; ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes (1895-1896) ; maire de La Celle-Saint-Cloud (1912-1919)
- Obédience : Grande Loge symbolique écossaise, puis Grande Loge de France
- Fonction : Grand maître de la Grande Loge de France
- Mandat(s) : 1903-1910 ; 1911-1913 (ou 1910-1911 selon les sources) ; 1924-1925
- Loge(s) : La Justice n° 133 (initiation, 1869)
- Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur (1920)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grande Loge, Laïcité, Maçonnerie et République.
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