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Archiviste paléographe, historien de Paris et philologue de la langue française en Lorraine, François Bonnardot (1843-1926) fut grand maître de la Grande Loge de France de 1900 à 1903. Initié en 1881 dans une loge du Suprême Conseil, ce savant chartiste incarne la part érudite de la maçonnerie écossaise de la Belle Époque, à la charnière entre les fondateurs de l’obédience et la longue grande maîtrise de Gustave Mesureur.
Un chartiste au service de l’histoire
Né à Demigny, en Saône-et-Loire, en 1843, François Bonnardot se forme à l’École impériale des chartes et à l’École pratique des hautes études. Sa thèse d’archiviste paléographe, soutenue en 1868, est consacrée à la langue française à Metz d’après les documents originaux du XIIIe siècle : une monographie du dialecte lorrain qui annonce une carrière partagée entre archives et philologie.
Archiviste de la ville d’Orléans au sortir de l’École, il rejoint en 1872 le Bureau des travaux historiques de la Ville de Paris, dont il devient sous-directeur. Chargé d’une mission en Lorraine pour rechercher dans les archives publiques les plus anciens documents en langue française, il est nommé en 1898 bibliothécaire de la ville de Verdun, dont il finit conservateur honoraire. Il meurt à Conflans-Sainte-Honorine en 1926.
Une vie savante
Bonnardot appartient à plusieurs sociétés savantes : président de la Société de linguistique de Paris, président de la Société des anciens textes français, membre de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, membre correspondant de l’Académie de Metz et membre honoraire de l’Institut grand-ducal de Luxembourg. La Bibliothèque de l’École des chartes lui consacra une notice nécrologique, signe de l’estime dont il jouissait parmi ses pairs.
Le maçon et le grand maître
Initié en 1881 dans la loge « Union et Bienfaisance », relevant du Suprême Conseil de France, François Bonnardot fréquente ensuite plusieurs ateliers parisiens et orléanais. Il exerce des responsabilités dans l’administration des loges écossaises avant d’accéder, en 1900, à la grande maîtrise de la Grande Loge de France.
Son mandat, de 1900 à 1903, s’inscrit dans une période de consolidation : l’obédience a absorbé une partie des loges de l’ancienne Grande Loge symbolique écossaise et affirme peu à peu son autonomie à l’égard du Suprême Conseil, dans un climat de fort engagement républicain au lendemain de l’affaire Dreyfus. Gustave Mesureur lui succède en 1903.
Repères
- Naissance : 1843, Demigny (Saône-et-Loire)
- Décès : 1926, Conflans-Sainte-Honorine
- Profession : Archiviste paléographe, bibliothécaire, historien et philologue
- Formation : École des chartes ; École pratique des hautes études
- Obédience : Grande Loge de France
- Fonction : Grand maître
- Mandat(s) : 1900-1903
- Loge(s) : Union et Bienfaisance (initiation, 1881)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grande Loge, Suprême Conseil.
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