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Un Suprême Conseil est l’autorité souveraine qui administre, dans un territoire donné, les degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, du 4e au 33e. Composé de Souverains Grands Inspecteurs Généraux, titulaires du 33e degré, et présidé par un Souverain Grand Commandeur, il délivre les patentes, contrôle les ateliers de perfectionnement et confère les plus hauts degrés. Le premier fut fondé à Charleston, aux États-Unis, en 1801 ; le Suprême Conseil de France suivit en 1804. Leur histoire éclaire celle des hauts grades et des relations, souvent complexes, entre juridictions écossaises et obédiences symboliques.
Aux origines : Charleston, 1801

Le premier Suprême Conseil du 33e degré est créé en 1801 à Charleston, en Caroline du Sud, sous l’impulsion notamment de John Mitchell et de Frederick Dalcho. Il deviendra le Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis, considéré comme le « Conseil mère » du rite. Il s’appuie sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse, attribution que les historiens jugent très contestable.
Le système de 33 degrés mis en place à Charleston réorganise des grades plus anciens, nés en grande partie en France au XVIIIe siècle, en particulier ceux du Rite de Perfection.
Le Suprême Conseil de France
Le comte Alexandre de Grasse-Tilly, après avoir constitué en 1802 un Suprême Conseil pour les îles françaises d’Amérique, fonde en 1804 à Paris le Suprême Conseil pour la France. De 1805 à 1814, un concordat avec le Grand Orient de France répartit les compétences : le Grand Orient gère les 18 premiers degrés, le Suprême Conseil les degrés 19 à 33. Après la rupture, le Suprême Conseil se réorganise en 1821 sous le nom de Suprême Conseil de France.
En 1894, il crée la Grande Loge de France pour administrer les loges symboliques au REAA ; celle-ci obtient son autonomie administrative complète en 1904. Le Grand Orient de France dispose de son côté d’une juridiction écossaise propre, le Suprême Conseil Grand Collège du Rite Écossais Ancien Accepté. En 1964, une scission conduit une partie des membres du Suprême Conseil de France vers la Grande Loge Nationale Française, auprès de laquelle se constitue un autre Suprême Conseil.
Organisation des degrés
En France, les degrés administrés par un Suprême Conseil sont répartis en plusieurs types d’ateliers :
- Loges de perfection : du 4e au 14e degré.
- Chapitres : du 15e au 18e degré, dont le Chevalier Rose-Croix.
- Aréopages : du 19e au 30e degré, dont le Chevalier Kadosch.
- Tribunaux : 31e degré.
- Consistoires : 32e degré.
- Suprême Conseil : 33e degré, Souverain Grand Inspecteur Général.
L’ancienne version de cette notice regroupait 31e et 32e degrés dans les consistoires : en France, le 31e relève des tribunaux. Dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, l’organisation et les appellations diffèrent sensiblement.
Fonctionnement et souveraineté

Un Suprême Conseil compte un nombre limité de membres actifs, titulaires du 33e degré, et un Souverain Grand Commandeur à sa tête, assisté d’un Lieutenant Grand Commandeur et de grands officiers. Il délivre les patentes de constitution des ateliers, veille à la régularité des rituels, décide des élévations aux degrés les plus élevés et entretient des relations avec les Suprêmes Conseils étrangers.
Chaque Suprême Conseil est en principe seul souverain sur son territoire, mais l’histoire a produit, en France comme ailleurs, plusieurs juridictions concurrentes, liées à des obédiences différentes, qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.
Le saviez-vous ?
En 1875, un convent réunissant plusieurs Suprêmes Conseils se tint à Lausanne pour réviser les constitutions du rite. Ses débats, notamment sur la formulation du principe créateur, contribuèrent aux divisions de la maçonnerie écossaise. Aux États-Unis, Albert Pike, Souverain Grand Commandeur de la Juridiction Sud, publia en 1871 Morals and Dogma, monumental commentaire des 32 premiers degrés.
Pour approfondir : ouvrages de référence
- Albert Pike, Morals and Dogma of the Ancient and Accepted Scottish Rite, Charleston, 1871.
- Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
- Jean-Pierre Bayard, Le Symbolisme maçonnique traditionnel, 1972.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Ouverture du premier Suprême Conseil du 33e degré à Charleston, 31 mai 1801 (date historique), Installation de Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, 18 juin 2010 (date historique), Rose-Croix, Ralliement de Marcel Cerbu et d’un millier de frères de la Grande Loge de France à la GLNF, 1965 (date historique).
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