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L’humanisme désigne une conception du monde qui place l’être humain, sa dignité, sa raison et sa capacité de perfectionnement au centre de la réflexion et de l’action. Héritière de la Renaissance et des Lumières, la franc-maçonnerie se présente volontiers comme une école d’humanisme : elle propose à ses membres un travail sur eux-mêmes ordonné à l’amélioration de l’humanité. Spiritualiste ou laïque selon les obédiences, cet humanisme maçonnique est l’un des mots qui reviennent le plus souvent dans les textes fondateurs, les discours et les engagements des loges.
Aux sources de l’humanisme

Le mot humanisme est forgé au XIXe siècle pour désigner le mouvement intellectuel de la Renaissance qui redécouvre les lettres antiques et réfléchit à la dignité de l’homme. Pic de la Mirandole, dans son Discours sur la dignité de l’homme de 1486, Érasme ou Montaigne en sont des figures majeures. Le terme s’est ensuite élargi à toute pensée qui fait de l’homme la mesure et la fin de l’action.
Les Lumières prolongent cet héritage en le liant à la raison, à la tolérance et au progrès. C’est dans ce contexte que naît, au début du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie spéculative.
Un idéal inscrit dans les textes
Les Constitutions d’Anderson de 1723 présentent la maçonnerie comme un centre d’union entre des hommes qui, autrement, seraient restés étrangers les uns aux autres. Cette ambition d’unir au-delà des différences de religion, de nation et de condition est au cœur de l’humanisme maçonnique.
La Constitution du Grand Orient de France définit l’obédience comme une institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, qui travaille à l’amélioration matérielle et morale et au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. D’autres obédiences emploient des formulations proches, mettant l’accent sur le perfectionnement de l’individu.
Humanisme spiritualiste, humanisme laïque
La franc-maçonnerie connaît plusieurs sensibilités. La maçonnerie dite régulière, qui requiert la croyance en un Être suprême, défend un humanisme spiritualiste : l’homme se perfectionne sous le regard du Grand Architecte de l’Univers. La maçonnerie libérale et adogmatique revendique un humanisme laïque, fondé sur la liberté absolue de conscience et sur la seule raison.
Ces différences sont réelles et ont des conséquences institutionnelles, notamment en matière de reconnaissance entre obédiences. Mais toutes partagent l’idée que le travail initiatique vise d’abord l’homme et sa transformation.
L’humanisme en pratique

- Perfectionnement de soi : le travail sur la pierre brute figure l’amélioration de l’individu.
- Fraternité : l’égalité de principe entre frères et sœurs, quelle que soit leur condition.
- Tolérance : le respect des convictions d’autrui dans le débat en loge.
- Solidarité : la bienfaisance et l’entraide, en loge et au-delà.
- Engagement : pour certaines obédiences, la réflexion sur les questions de société.
Le Droit Humain, un nom-programme
L’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain, fondé en 1893 par Maria Deraismes et Georges Martin, a fait de l’humanisme son nom même. En admettant hommes et femmes à égalité, il a voulu appliquer jusque dans ses loges le principe d’une humanité une et indivisible. Son histoire montre que l’humanisme maçonnique est aussi une question d’organisation interne.
Le saviez-vous ?
L’encyclique du pape Léon XIII qui condamna la franc-maçonnerie en 1884 s’intitule Humanum genus, « le genre humain ». Elle oppose deux camps dans l’humanité, l’un fidèle à l’Église, l’autre rangé derrière les sociétés secrètes. Le titre a souvent été relevé comme une ironie de l’histoire par des francs-maçons qui se réclament précisément de l’humanisme.
À retenir
- L’humanisme place l’homme, sa dignité et sa raison au centre de la réflexion.
- La franc-maçonnerie se présente comme une école de perfectionnement de l’homme et de l’humanité.
- Il existe un humanisme maçonnique spiritualiste et un humanisme laïque.
- Le Droit Humain, fondé en 1893, en a fait son nom.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Fraternité, Tolérance, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Libre examen, Pierre brute, Initiation de Georges Martin à la loge Union et Bienfaisance, 21 mars 1879 (date historique), Fondation du Droit Humain par Maria Deraismes et Georges Martin, 4 avril 1893 (date historique).
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