Arche royale (Rite maçonnique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Arche royale (Royal Arch) est un rite maçonnique pratiqué en chapitre, issu de la tradition anglo-saxonne. Attestée en Irlande dès les années 1740, elle prolonge la maîtrise par le récit de la reconstruction du Temple de Jérusalem et de découvertes faites dans ses fondations. Selon les juridictions, elle se réduit à un grade unique, comme en Angleterre, ou comprend trois ou quatre degrés, comme dans le Rite d’York américain. Très répandue en Angleterre, en Écosse, en Irlande et aux États-Unis, elle reste minoritaire en France et en Europe continentale.

L’origine exacte de l’Arche royale demeure inconnue. Son vocabulaire apparaît dans la littérature maçonnique dès les années 1720, mais la première mention vérifiable est irlandaise : le 27 décembre 1743, à Youghal, l’« Arche royale » est portée en procession par « deux excellents maçons ».

En 1744, l’ouvrage dublinois de Fifield Dassigny sur la décadence de la franc-maçonnerie en Irlande décrit l’Arche royale comme un « corps organisé d’hommes qui ont passé la chaire », pratiqué à Dublin, Londres et York. En 1749, la Grande Loge d’Irlande délivre des patentes à des « loges de l’Arche royale ». Aux États-Unis, une collation est attestée à Fredericksburg (Virginie) dès 1753.

L’Arche royale est au cœur de la querelle des Anciens et des Modernes. Laurence Dermott, figure des Anciens, la considère comme le quatrième grade de la maçonnerie bleue, tandis que les Modernes, attachés aux trois seuls grades, y sont largement hostiles. Pourtant, c’est un corps issu des Modernes qui fonde en 1766 le premier Grand Chapitre d’Angleterre ; les Anciens forment le leur en 1774.

L’Acte d’union de 1813, qui crée la Grande Loge unie d’Angleterre, scelle un compromis : la « pure et ancienne maçonnerie » ne compte que trois degrés, « y compris l’Ordre suprême de la Sainte Arche royale ». En 1817 est constitué le Suprême Grand Chapitre des maçons de l’Arche royale d’Angleterre.

En Angleterre, l’Arche royale forme un grade unique, conféré en chapitre lors d’une cérémonie d’« exaltation » ; les membres sont appelés Compagnons. Le chapitre est gouverné conjointement par trois Principaux : Zorobabel, prince de Jérusalem, le prophète Aggée et le grand prêtre Josué, assistés notamment de deux Scribes, Esdras et Néhémie.

En Écosse, l’accès suppose les grades de maître de la Marque et de maître Excellent. Dans le Rite d’York américain, le chapitre confère quatre degrés :

  • Maître de la Marque (Mark Master Mason)
  • Passé Maître virtuel (Virtual Past Master)
  • Très Excellent Maître (Most Excellent Master)
  • Maçon de l’Arche royale (Royal Arch Mason)

Le grade de Passé Maître virtuel, propre aux chapitres américains, répond à l’ancienne exigence d’avoir présidé une loge bleue pour entrer en chapitre.

Le récit anglais se situe au retour de l’exil à Babylone : en dégageant le sol du Temple de Salomon pour y poser de nouvelles fondations, le candidat fait d’importantes découvertes. La version irlandaise, en usage depuis 1864, évoque plutôt la restauration du premier Temple sous le roi Josias. Le thème de l’Arche d’alliance et de la parole retrouvée donne au rite sa tonalité de recherche et d’accomplissement.

L’emblème majeur du rite est le Triple Tau. Le grade est présenté comme une allégorie ritualisée qui prolonge les enseignements de la maîtrise et constitue une étape de connaissance de soi.

Le rite est surtout implanté dans le monde anglo-saxon. En Angleterre et au pays de Galles, il relève du Suprême Grand Chapitre, organisé en Grands Chapitres métropolitains, provinciaux et de district. L’Irlande et l’Écosse disposent de leurs propres Grands Chapitres, avec des offices et des légendes différents.

Aux États-Unis, le chapitre de l’Arche royale constitue la première étape du Rite d’York, avant le conseil de maçonnerie cryptique et la commanderie de Chevaliers templiers. En France et en Europe continentale, sa pratique reste minoritaire.

En 1823, les maîtres maçons sont autorisés à entrer en chapitre sans avoir été vénérables. En 1835, la cérémonie du « passage des voiles » est abandonnée en Angleterre, avant d’être réadoptée par les chapitres de Bristol.

Le 10 novembre 2004, le Suprême Grand Chapitre revient sur le compromis de 1813 : l’Arche royale devient un degré distinct, achèvement de la « pure et ancienne maçonnerie », et non plus le complément du troisième degré. Les formules rituelles qui suggéraient le contraire sont supprimées.

  • L’Arche royale des francs-maçons, Bernard Edward Jones, trad. Georges Lamoine, Éditions Aureus, 2010
  • Freemason’s Book of the Royal Arch, Bernard E. Jones, révisé par Harry Carr, Harrap, 1966
  • L’ésotérisme maçonnique du Rite de l’Arche royale, François-Xavier Mafuta, Éditions du Cosmogone
  • The Genesis of Freemasonry, Douglas Knoop et G. P. Jones, Manchester University Press, 1947
  • Harry Carr’s World of Freemasonry, Harry Carr, Lewis Masonic, 1984
  • A History of Royal Arch Masonry, Everett R. Turnbull et Ray V. Denslow, Kessinger

Né en Irlande au milieu du XVIIIe siècle, enjeu de la querelle des Anciens et des Modernes, l’Arche royale est devenue l’un des piliers de la maçonnerie anglo-saxonne. Grade unique en Angleterre, système de quatre degrés aux États-Unis, elle complète la légende du Temple par celle de sa reconstruction et de la parole retrouvée.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Exaltation, Chapitre.

Glossaire de la franc-maçonnerie
Arche royale
Source : Wikimedia Commons – PeRshGo – CC BY-SA 3.0
Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Arche royale (Royal Arch) est un rite maçonnique pratiqué en chapitre, issu de la tradition anglo-saxonne. Attestée en Irlande dès les années 1740, elle prolonge la maîtrise par le récit de la reconstruction du Temple de Jérusalem et de découvertes faites dans ses fondations. Selon les juridictions, elle se réduit à un grade unique, comme en Angleterre, ou comprend trois ou quatre degrés, comme dans le Rite d’York américain. Très répandue en Angleterre, en Écosse, en Irlande et aux États-Unis, elle reste minoritaire en France et en Europe continentale.

L’origine exacte de l’Arche royale demeure inconnue. Son vocabulaire apparaît dans la littérature maçonnique dès les années 1720, mais la première mention vérifiable est irlandaise : le 27 décembre 1743, à Youghal, l’« Arche royale » est portée en procession par « deux excellents maçons ».

En 1744, l’ouvrage dublinois de Fifield Dassigny sur la décadence de la franc-maçonnerie en Irlande décrit l’Arche royale comme un « corps organisé d’hommes qui ont passé la chaire », pratiqué à Dublin, Londres et York. En 1749, la Grande Loge d’Irlande délivre des patentes à des « loges de l’Arche royale ». Aux États-Unis, une collation est attestée à Fredericksburg (Virginie) dès 1753.

L’Arche royale est au cœur de la querelle des Anciens et des Modernes. Laurence Dermott, figure des Anciens, la considère comme le quatrième grade de la maçonnerie bleue, tandis que les Modernes, attachés aux trois seuls grades, y sont largement hostiles. Pourtant, c’est un corps issu des Modernes qui fonde en 1766 le premier Grand Chapitre d’Angleterre ; les Anciens forment le leur en 1774.

L’Acte d’union de 1813, qui crée la Grande Loge unie d’Angleterre, scelle un compromis : la « pure et ancienne maçonnerie » ne compte que trois degrés, « y compris l’Ordre suprême de la Sainte Arche royale ». En 1817 est constitué le Suprême Grand Chapitre des maçons de l’Arche royale d’Angleterre.

En Angleterre, l’Arche royale forme un grade unique, conféré en chapitre lors d’une cérémonie d’« exaltation » ; les membres sont appelés Compagnons. Le chapitre est gouverné conjointement par trois Principaux : Zorobabel, prince de Jérusalem, le prophète Aggée et le grand prêtre Josué, assistés notamment de deux Scribes, Esdras et Néhémie.

En Écosse, l’accès suppose les grades de maître de la Marque et de maître Excellent. Dans le Rite d’York américain, le chapitre confère quatre degrés :

  • Maître de la Marque (Mark Master Mason)
  • Passé Maître virtuel (Virtual Past Master)
  • Très Excellent Maître (Most Excellent Master)
  • Maçon de l’Arche royale (Royal Arch Mason)

Le grade de Passé Maître virtuel, propre aux chapitres américains, répond à l’ancienne exigence d’avoir présidé une loge bleue pour entrer en chapitre.

Le récit anglais se situe au retour de l’exil à Babylone : en dégageant le sol du Temple de Salomon pour y poser de nouvelles fondations, le candidat fait d’importantes découvertes. La version irlandaise, en usage depuis 1864, évoque plutôt la restauration du premier Temple sous le roi Josias. Le thème de l’Arche d’alliance et de la parole retrouvée donne au rite sa tonalité de recherche et d’accomplissement.

L’emblème majeur du rite est le Triple Tau. Le grade est présenté comme une allégorie ritualisée qui prolonge les enseignements de la maîtrise et constitue une étape de connaissance de soi.

Le rite est surtout implanté dans le monde anglo-saxon. En Angleterre et au pays de Galles, il relève du Suprême Grand Chapitre, organisé en Grands Chapitres métropolitains, provinciaux et de district. L’Irlande et l’Écosse disposent de leurs propres Grands Chapitres, avec des offices et des légendes différents.

Aux États-Unis, le chapitre de l’Arche royale constitue la première étape du Rite d’York, avant le conseil de maçonnerie cryptique et la commanderie de Chevaliers templiers. En France et en Europe continentale, sa pratique reste minoritaire.

En 1823, les maîtres maçons sont autorisés à entrer en chapitre sans avoir été vénérables. En 1835, la cérémonie du « passage des voiles » est abandonnée en Angleterre, avant d’être réadoptée par les chapitres de Bristol.

Le 10 novembre 2004, le Suprême Grand Chapitre revient sur le compromis de 1813 : l’Arche royale devient un degré distinct, achèvement de la « pure et ancienne maçonnerie », et non plus le complément du troisième degré. Les formules rituelles qui suggéraient le contraire sont supprimées.

  • L’Arche royale des francs-maçons, Bernard Edward Jones, trad. Georges Lamoine, Éditions Aureus, 2010
  • Freemason’s Book of the Royal Arch, Bernard E. Jones, révisé par Harry Carr, Harrap, 1966
  • L’ésotérisme maçonnique du Rite de l’Arche royale, François-Xavier Mafuta, Éditions du Cosmogone
  • The Genesis of Freemasonry, Douglas Knoop et G. P. Jones, Manchester University Press, 1947
  • Harry Carr’s World of Freemasonry, Harry Carr, Lewis Masonic, 1984
  • A History of Royal Arch Masonry, Everett R. Turnbull et Ray V. Denslow, Kessinger

Né en Irlande au milieu du XVIIIe siècle, enjeu de la querelle des Anciens et des Modernes, l’Arche royale est devenue l’un des piliers de la maçonnerie anglo-saxonne. Grade unique en Angleterre, système de quatre degrés aux États-Unis, elle complète la légende du Temple par celle de sa reconstruction et de la parole retrouvée.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

Voir aussi dans le glossaire : Exaltation, Chapitre.

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