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Jean Marie Paul Rivière, dit Jean Marquès-Rivière, né le 31 juillet 1903 à Paris et mort le 9 février 2000 à Lyon, est un orientaliste, essayiste, journaliste et scénariste français. Spécialiste du bouddhisme tibétain et du tantrisme, il fut membre de la loge Théba de la Grande Loge de France avant de démissionner en 1931 et de devenir l’un des principaux acteurs de la propagande antimaçonnique sous l’Occupation.
Un jeune orientaliste du Quartier latin

Fasciné par le bouddhisme tibétain, la théosophie et le traditionalisme de René Guénon, Jean Marquès-Rivière étudie le sanscrit et le tibétain à la Sorbonne auprès de Jacques Bacot. Il écrit dans la Revue théosophique en 1928-1929 et publie À l’ombre des monastères thibétains (1929), récit qu’il reconnaîtra en 1982 comme la transcription de ses rêves.
De la loge Théba à la rupture
Au milieu des années 1920, il entre à la loge Théba de la Grande Loge de France. Les sources consultées ne lui attribuent aucune fonction particulière. En 1931, il démissionne après la publication de La Trahison spirituelle de la franc-maçonnerie, ouvrage qui marque son passage à l’antimaçonnisme. Une légende rapportée par Wikipédia attribue ce revirement à un exorcisme pratiqué par le père Joseph de Tonquédec.
Il collabore ensuite à France catholique, à la Revue internationale des sociétés secrètes et à La Libre Parole, et fonde la revue Les Documents nouveaux (1933-1936).
Un acteur de la propagande antimaçonnique de Vichy

Membre du PPF, il devient sous l’Occupation directeur adjoint du Service des sociétés secrètes pour la zone occupée et co-rédacteur en chef des Documents maçonniques en 1941. Il organise les expositions La franc-maçonnerie, fossoyeuse de la paix et Le Juif et la France, et signe le scénario du film Forces occultes (1943). Réfugié en Espagne en 1944, il est condamné à mort par contumace en 1949.
En Espagne, il obtient une chaire d’orientaliste à Madrid et poursuit ses travaux sur les spiritualités asiatiques, publiant notamment sur le taoïsme et le Yi-King.
Principales œuvres
- À l’ombre des monastères thibétains, 1929
- La Trahison spirituelle de la franc-maçonnerie, 1931
- L’Organisation secrète de la franc-maçonnerie, 1936
- Le Bouddhisme au Thibet, 1936
- L’Inde secrète et sa magie, 1937
- Histoire des doctrines ésotériques, 1940
- Histoire de la franc-maçonnerie française, 1941
- Kalachakra. Initiation tantrique du Dalaï-Lama, 1985
Un transfuge au cœur de la persécution
Jean Marquès-Rivière occupe dans l’histoire maçonnique française la place sombre de l’ancien initié passé à l’adversaire. Sa connaissance de l’intérieur des loges fut mise au service de la répression antimaçonnique de Vichy, ce qui fait de son parcours un cas d’étude essentiel pour comprendre la persécution des francs-maçons entre 1940 et 1944.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean Marquès-Rivière.
Voir aussi dans le glossaire : Affaire Dreyfus (antimaçonnisme), Loge Bleue ou Loge Symbolique., René Guénon (Auteur).

