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Hachem Khaled al-Atassi, né en 1875 à Homs et mort dans cette ville le 5 décembre 1960, est un homme d’État syrien. Ancien administrateur ottoman, président du Congrès national syrien en 1920, fondateur du Bloc national, négociateur du traité franco-syrien de 1936, il est président de la République à trois reprises entre 1936 et 1955 et incarne la voie légaliste du nationalisme syrien. Franc-maçon, il fut membre dans les années 1920 de loges de Damas et d’Alep relevant de la Grande Loge de France.
Un administrateur ottoman

Issu de la famille Atassi, déjà active dans la vie publique de Homs, Hachem al-Atassi étudie l’administration publique à l’académie Mulkiye de Constantinople, école réservée aux futurs cadres de l’Empire, dont il sort diplômé en 1895. Certaines sources le font naître en 1873 plutôt qu’en 1875.
Il entre en 1898 dans l’administration de la province de Beyrouth, puis est successivement gouverneur de Homs, Hama, Baalbek et Jaffa jusqu’à l’effondrement ottoman de 1918.
De l’indépendance de 1920 au Bloc national
Élu président du Congrès national syrien en 1920, il préside à la proclamation de l’indépendance sous la forme d’une monarchie constitutionnelle confiée à Fayçal Ier, dont il devient brièvement Premier ministre. L’ultimatum du général Gouraud et la défaite de Maysaloun mettent fin à ce gouvernement et ouvrent le mandat français.
En octobre 1927, il fonde le Bloc national, dont il est le président permanent, mouvement de notables, de juristes et de fonctionnaires attaché à la lutte diplomatique et non violente. Il préside en 1928 l’Assemblée constituante chargée de rédiger la première constitution républicaine ; après sa dissolution par le haut-commissaire en mai 1930, il est emprisonné plusieurs mois sur l’île d’Arwad. Il représente Homs comme député en 1928 et en 1932.
Le traité de 1936 et la première présidence
Opposé au projet de traité négocié en 1934 par le président Mohammad Ali al-Abid, il soutient la grève de soixante jours lancée par le Bloc national. Paris reconnaît alors le Bloc comme interlocuteur et Atassi conduit la délégation syrienne qui obtient, après six mois de négociations, le traité franco-syrien de 1936, promettant l’indépendance au terme de vingt-cinq ans.
Accueilli en héros à Damas, il est élu premier président de la République syrienne en décembre 1936. Faute de ratification du traité par le Parlement français et après la cession du sandjak d’Alexandrette à la Turquie, il démissionne en juillet 1939 et se retire à Homs. Pendant la guerre, il décline l’offre du général de Gaulle de reprendre la présidence, jugeant peu fiables les promesses d’indépendance.
Deux retours au pouvoir, 1949-1955

Après les coups d’État de 1949, il forme un gouvernement provisoire associant toutes les formations, y compris le Baas, et organise des élections où les femmes votent pour la première fois. Élu président par l’Assemblée, il soutient le projet d’union avec l’Irak hachémite, ce qui l’oppose au colonel Adib Chichakli ; après le coup d’État de celui-ci en 1951, il présente sa démission au parlement dissous.
Principal opposant à Chichakli, placé en résidence surveillée en 1954, il reprend la présidence le 1er mars 1954 après la chute du dictateur. Âgé de près de quatre-vingts ans, il cherche à réduire le poids de l’armée et à tenir la Syrie à l’écart de l’orbite égyptienne de Nasser, avant de quitter la vie publique en septembre 1955. Ses funérailles à Homs sont décrites comme les plus importantes de l’histoire de la ville.
Un frère des loges levantines
Dans les années 1920, Hachem al-Atassi est membre de la loge Kayssoun de Damas, puis de la loge Renaissance n° 507 d’Alep, toutes deux relevant de la Grande Loge de France. L’information, rapportée par l’article Wikipédia, s’appuie sur le Dictionnaire des francs-maçons arabes et musulmans de Jean-Marc Aractingi. La date de son initiation et ses éventuelles fonctions en loge ne sont pas précisées.
Cette appartenance correspond à la décennie où il fonde le Bloc national : les loges de rite écossais implantées au Levant sous le mandat réunissaient alors des notables, des avocats et des fonctionnaires, milieu même où se recrutaient les cadres du nationalisme syrien légaliste.
La maçonnerie française au Levant
Le parcours de Hachem al-Atassi témoigne du rayonnement des obédiences françaises au Proche-Orient pendant le mandat : paradoxalement, les loges de la Grande Loge de France y ont accueilli une partie des élites nationalistes qui allaient négocier avec la France, puis conduire la Syrie à l’indépendance. Figure de compromis et de légalité constitutionnelle, il reste l’un des maçons les plus éminents de l’histoire politique du monde arabe au XXe siècle.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Hachem al-Atassi.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Jean-Marc Aractingi (Auteur).

