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L’alchimie, parce qu’elle parle de transmutation, d’athanor, d’œuvre au noir, de pierre philosophale et de langage voilé, a souvent été annexée par l’imaginaire du soupçon. Aux yeux de l’antimaçonnisme, tout langage symbolique devient immédiatement suspect. Ce qui relève d’une voie intérieure est pris pour un code. Ce qui parle de transformation de l’être est réduit à une opération occulte tournée vers le pouvoir.
Une profondeur symbolique refusée

La franc-maçonnerie a parfois emprunté à l’alchimie certaines images de purification, de transformation et d’élévation. Cela ne signifie pas qu’elle pratiquerait une magie cachée. Il s’agit d’un vocabulaire symbolique permettant de penser le passage de la pierre brute à la pierre travaillée, de l’homme profane à l’homme renouvelé, de la matière obscure à la conscience éclairée.
L’antimaçonnisme refuse cette profondeur. Il lit l’alchimie comme un décor inquiétant. Il confond hermétisme et dissimulation, langage symbolique et complot, tradition intérieure et manipulation. Pourtant, l’alchimie authentique ne parle pas d’abord de dominer le monde. Elle parle de convertir le regard, d’éprouver la matière de soi, de faire passer l’être par le feu lent de la connaissance.
Voir aussi : Ésotérisme, Occultisme, Athanor, Symbole, Contre-initiation.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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