GL-AMF : la Maison Écossaise au bord de la sécession, l’Alliance sans aucun candidat consensuel

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

DOSSIER SPÉCIAL — GRANDE LOGE DE L’ALLIANCE MAÇONNIQUE FRANÇAISE (2/2)

À un mois du Congrès, notre première enquête avait révélé des comptes fragilisés, des décisions d’Assemblée Générale non exécutées et un Grand Maître sortant refusant de s’expliquer. En examinant l’ensemble des candidatures déposées pour cette élection et une note stratégique interne consacrée aux enjeux du scrutin, 450.fm a voulu comprendre ce qui se joue réellement le mois prochain. Le tableau qui s’en dégage est celui d’une obédience à la croisée des chemins : sa Maison la plus importante, celle du Rite Écossais Ancien et Accepté, y est décrite comme menacée d’une rupture avec le Suprême Conseil qui encadre ses hauts grades, quatre candidats se disputent la Grande Maîtrise sans qu’aucun ne rassemble une adhésion évidente, et un Bureau National déjà recomposé par ordonnance avant même le vote.

Un Congrès qui peut faire, ou défaire, l’Alliance

Dans un mois, les délégués des quelque 700 Loges de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) devront à la fois approuver — ou non — des comptes 2025 que le Conseil de Surveillance a lui-même qualifiés d’insatisfaisants sur plusieurs points, et élire l’équipe appelée à diriger l’Obédience pour le mandat 2027-2029. Notre première enquête avait documenté, pièces à l’appui, les zones d’ombre de ce bilan. Une note d’analyse stratégique interne, consacrée spécifiquement aux enjeux de cette élection et que notre rédaction a pu consulter, va plus loin : elle décrit une obédience à un moment charnière de son existence, où l’issue du scrutin engagerait la survie même de l’Alliance sous sa forme actuelle.

Cette note, dont le ton résolument engagé et la connaissance fine des dossiers internes suggèrent qu’elle émane de Frères proches de la mouvance écossaise traditionnelle, ne constitue pas en elle-même une source neutre : elle défend une lecture particulière de la situation, favorable à un resserrement des liens avec le Suprême Conseil pour la France (SCPLF). 450.fm la restitue ici comme un document de campagne parmi d’autres, révélateur des lignes de fracture internes, et non comme un constat que notre rédaction aurait vérifié de manière indépendante dans tous ses chiffres.

Le Rite Écossais, 72 % des effectifs, une Maison au bord de la rupture

Un modèle de tablier au grade de « maître » du Rite écossais ancien et accepté.

Le constat de départ, lui, est difficilement contestable : le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) représente à lui seul environ 72 % des effectifs de l’Alliance, et c’est autour de lui que l’Obédience s’est constituée en 2012, les autres Maisons de Rite s’y étant agrégées par la suite.

« La Direction actuelle de la maison du REAA s’oppose depuis 6 ans à la Tradition : une vision du Rite en 3 degrés. […] Plus grave, l’équipe actuelle instille l’idée que le REAA est un rite en 3 degrés qui se suffit à lui-même dans les Loges symboliques. Nous serions des Side-Degrees, par nature superfétatoires. »

Le document égrène une série de griefs présentés comme des faits — parmi lesquels une baisse de 50 % en cinq ans du nombre de « Maîtres Secrets » rejoignant la juridiction du Suprême Conseil, des démissions massives de Maîtres estimant ne plus avoir de perspective de progression, et l’éviction progressive des Grands Experts Régionaux liés à cette juridiction. Nous n’avons pas été en mesure, à ce stade, de vérifier ces chiffres de manière indépendante ; ils sont rapportés ici comme l’expression d’un point de vue interne, clairement partisan, et non comme des données établies par notre rédaction.

Ce que confirme en revanche notre première enquête, à partir de sources documentaires distinctes, c’est l’existence bien réelle d’une tension avec le SCPLF : selon plusieurs sources internes à l’Obédience, celui-ci aurait mis en demeure le Bureau National de mettre fin à des pratiques rituéliques jugées déviantes, sous peine de reprendre la délégation qu’il accorde à l’Alliance pour administrer les trois premiers degrés au nom de ses quelque 4 000 à 4 500 Frères concernés. La note stratégique interne, sur ce point, est sans ambiguïté sur l’alternative qui se dessinerait :

« Dans ce contexte, une réaction du SCPLF est inévitable. […] 2 alternatives s’offrent donc à lui : la scission — une nouvelle organisation purement écossaise est créée en étroite relation avec le SCPLF [sur le modèle de la relation entre la GLDF et le SCDF] — ou la réforme de l’intérieur, dont l’élection est le premier étage de la fusée, avec un AGM qui travaillerait en étroite relation avec le SCPLF. »

Autrement dit : selon cette lecture, l’issue de l’élection à la tête de la seule Maison du REAA — et pas seulement celle du Grand Maître — pourrait déterminer si l’Alliance conserve dans son giron les trois quarts de ses effectifs pratiquant l’Écossais ou si cette partie nettement majoritaire s’en détache pour créer une nouvelle structure en lien exclusif avec le Suprême Conseil Pour la France…

Quatre prétendants à la Grande Maîtrise, aucune évidence

Sur cette toile de fond, quatre Frères ont déposé leur candidature à la succession de Pierre Lucet. 450.fm a pu consulter l’intégralité des professions de foi et curriculum vitae des quatre candidats. Aucun des quatre profils ne s’impose comme le choix évident d’une majorité de délégués — chacun incarnant une réponse différente, parfois ouvertement opposée, à la crise que traverse l’Obédience.

Arn∴ Ric∴ : le candidat de la gouvernance partagée

Retraité, ancien commissaire aux comptes, franc-maçon depuis 44 ans et actuel président du Conseil de Surveillance — l’organe même qui a dressé le constat sévère sur la gestion de Marseille, de Lyon et de la Trésorerie —, Arn∴ Ric∴, 66 ans, se présente en garant institutionnel. Son projet insiste sur la transparence budgétaire (« je présenterai des comptes intermédiaires à l’assemblée générale d’octobre »), la création d’un échelon régional inexistant à ce jour, et une révision des équilibres institutionnels de l’Alliance après quinze ans d’existence. Il sera accompagné, s’il est élu, par Guy∴ Wil∴, actuel Assistant Grand Maître de la Maison du Rite Écossais Rectifié.

Sa position à la tête du Conseil de Surveillance lui donne une légitimité particulière pour porter un discours de rigueur de gestion — mais elle l’expose aussi à la question inverse : en tant que président de cet organe de contrôle depuis 2024, pourquoi les manquements qu’il a lui-même signés dans son rapport n’ont-ils pas été corrigés avant l’échéance électorale ?

Jea∴ Dum∴ : le candidat de la continuité assumée

Journaliste et éditeur de formation, l’un des cofondateurs de l’Alliance en 2012, actuel Premier Grand Surveillant et ancien directeur des Cahiers de l’Alliance, Jea∴ Dum∴, 69 ans, défend une ligne de continuité explicite. Sa profession de foi ne mentionne à aucun moment les dossiers immobiliers, la trésorerie ou la tension avec le SCPLF déjà documentés par ailleurs ; elle affirme au contraire que « l’heure n’est ni à la rupture ni à l’agitation » et que l’Alliance « dispose d’institutions solides, d’une gestion saine ». C’est le seul des trois candidats à revendiquer aussi directement l’héritage de la mandature sortante.

Cla∴ Sei∴ : le candidat qui nomme les erreurs

À 87 ans, courtier en assurances et membre du Conseil des Sages depuis la création de l’Alliance, Cla∴ Sei∴ est le seul des trois candidats étudiés à évoquer explicitement, dans sa profession de foi, la gestion contestée du mandat qui s’achève — sans jamais nommer son prédécesseur. Sa profession de foi, construite autour du mot « simplicité », est aussi la plus ouvertement critique :

« Des erreurs de gestion sont venues obérer une partie de vos efforts. Je ne veux ni les minimiser, ni m’en servir. Je veux qu’elles ne se reproduisent plus. Je m’y engage, ici, solennellement. […] Une obédience ne meurt pas d’un coup. Elle s’éteint à bas bruit, par renoncements successifs, sans que personne ne s’en aperçoive vraiment, jusqu’au jour où il est trop tard. Le premier risque, c’est l’opacité. »

Cla∴ Sei∴, profession de foi, candidat à la Grande Maîtrise, 10 juillet 2026

Il sera épaulé, en cas de victoire, par Lau∴ Qui∴ comme Député. Son âge — 87 ans à la prochaine mandature — en fera, s’il est élu, l’un des plus anciens Grands Maîtres de l’histoire de l’Alliance, un paramètre que certains délégués pourraient mettre en balance avec la franchise de son discours.

Nic∴ Val∴ : le candidat qui vient du cœur du REAA — et s’y oppose

Cadre commercial retraité dans le secteur automobile, 76 ans, franc-maçon depuis 25 ans, Nic∴ Val∴ est, des quatre candidats, le seul dont tout le parcours interne à l’Alliance s’est fait au sein de la Maison du REAA elle-même : Grand Expert Régional, Grand Expert, Député Assistant Grand Maître, puis Assistant Grand Maître de cette Maison à une période antérieure à l’actuel titulaire, Jea∴ Uss∴. C’est aussi, des quatre professions de foi que nous avons pu consulter, la seule à reconnaître ouvertement un climat de crise, dès ses premières lignes :

« Aujourd’hui, je la sens fragilisée. Des tensions inutiles, des zones d’ombre, des décisions mal comprises : autant de signaux qui nous invitent à revenir à l’essentiel, à nos principes fondateurs qui ont prévalu à sa création en 2012. »

Nic∴ Val∴, profession de foi, candidat à la Grande Maîtrise, 5 juillet 2026

Sur le fond, pourtant, sa réponse à la crise du REAA prend le contre-pied exact de la voie que recommande la note stratégique interne évoquée plus haut. Là où celle-ci appelle à un rapprochement du SCPLF, Nic∴ Val∴ inscrit, dans son deuxième axe de campagne intitulé « Une indépendance affirmée », l’engagement inverse : « Préserver la souveraineté de l’Alliance en maintenant une séparation stricte et respectueuse avec les juridictions des grades de perfection. » Venant du candidat le plus expérimenté sur les dossiers propres au REAA, cette prise de position — la seule, parmi les quatre candidatures à la Grande Maîtrise, à aborder même indirectement la question du Suprême Conseil — indique que la ligne dite de « la réforme de l’intérieur en lien avec le SCPLF », si elle existe vraiment comme option, ne trouve pas de porte-parole déclaré à ce niveau de l’élection – y compris chez l’ancien AGM du Rite. Il sera épaulé, s’il est élu, par Cla∴ Cél∴, ancien Assistant Grand Maître de la Maison du Rite Émulation, comme Député Grand Maître.

Billet d'un dollar, pyramide
Partie d’un billet d’un dollar.

De l’aveu même de la note stratégique interne, « aucun des 4 candidats ne fait une unanimité totale », pléonasme versant dans l’hyperbole pour souligner, à la manière d’une litote, qu’à ce stade, aucun nom ne semble réunir d’emblée une majorité de suffrages — situation rare pour une Obédience qui n’a connu, à sa tête, en quinze ans d’existence, que des successions relativement consensuelles. L’examen des quatre professions de foi le confirme : la continuité (Jea∴ Dum∴), la réforme institutionnelle et budgétaire (Arn∴ Ric∴), l’aveu des erreurs passées (Cla∴ Sei∴) et l’indépendance souverainiste vis-à-vis des juridictions de hauts grades (Nic∴ Val∴) tracent quatre lignes de crête distinctes, sans qu’aucune ne semble s’imposer.

REAA : trois candidats issus du sérail, un silence unanime sur la crise

Si l’avenir du REAA au sein de l’Alliance se joue en partie à la tête de sa Maison, l’examen des trois candidatures déposées pour la fonction d’Assistant Grand Maître (AGM) de cette Maison offre un enseignement à contre-courant du ton alarmiste de la note stratégique : aucun des trois candidats — Jér∴ Bel∴, Thi∴ Cam∴ et Bru∴ Pal∴ — n’évoque, dans sa profession de foi publique, ni le Suprême Conseil, ni la menace de reprise de délégation, ni même la moindre allusion à une quelconque tension avec la « Juridiction ». Les trois textes se ressemblent jusque dans leur vocabulaire : proximité avec les Loges, fidélité à la tradition, fraternité, écoute — un registre consensuel qui tranche avec la gravité de la situation décrite en interne.

Les trois profils, en outre, sont d’authentiques héritiers de l’équipe sortante plutôt que des candidats de rupture. Jér∴ Bel∴, 59 ans, négociant dans l’industrie, est l’actuel Député Assistant Grand Maître de Jea∴ Uss∴, l’AGM REAA sortant explicitement visé, sans être nommé, par les critiques de la note stratégique ; il propose de nommer à son tour Jea∴ Cai∴ comme son Député. Thi∴ Cam∴, 74 ans, gérant de société retraité, siège depuis la création de l’Alliance au Bureau National et au Conseil du Rite. Bru∴ Pal∴, chef d’entreprise, a été pendant six ans Grand Hospitalier de la Maison ; il propose Jea∴ Mén∴ comme Député.

Aucun des trois ne revendique le profil que la note stratégique appelle de ses vœux pour désamorcer la crise — « un AGM qui travaillerait en étroite relation avec le SCPLF ». Le seul candidat à cette élection à prendre position, même indirectement, sur ce dossier n’est pas l’un de ces trois-là, mais Nic∴ Val∴ — lui-même ancien Assistant Grand Maître de cette Maison — candidat à la Grande Maîtrise, et c’est pour défendre la position inverse de celle que recommande la note : la séparation plutôt que le rapprochement (voir plus loin). Si cette note reflète réellement un courant d’opinion présent parmi les Frères du Rite, l’absence de tout candidat déclaré à cette ligne de réconciliation, à quelque niveau que ce soit de cette élection, pose une question simple : qui, au sein de la future équipe dirigeante de l’Alliance, sera en mesure de renouer le dialogue avec le Suprême Conseil, si personne ne s’en réclame publiquement ? Pourquoi ne pas entendre les 3 Assistants Grand Maître avant le vote afin qu’ils expriment leurs positions effectives ?

Un Bureau déjà recomposé, avant même le vote

Notre première enquête avait révélé, sur la foi du rapport du Conseil de Surveillance, qu’un nouveau Trésorier avait été nommé au cours de l’exercice 2025 « sans le soumettre à ratification par l’AG, donc non conformément aux statuts ». 450.fm a pu se procurer les deux ordonnances signées de la main du Grand Maître qui documentent, avec une précision qu’aucun rapport ne pouvait donner, l’ampleur exacte de ce remaniement : le même jour, le 1er janvier 2026, Pierre Lucet a nommé par ordonnance un nouveau Grand Secrétaire, Ren∴ Lav∴, en remplacement de Pas∴ Del∴, et un nouveau Grand Trésorier, Thi∴ Les∴, en remplacement de Max∴ Gri∴.

Le texte même de l’ordonnance relative à la Trésorerie prévoyait explicitement que « la ratification sera proposée lors du Congrès le plus proche » — soit celui d’octobre 2025. Or c’est précisément l’absence d’une telle ratification que le Conseil de Surveillance a constatée et dénoncée dans son rapport pour l’exercice 2025. Les deux plus hautes fonctions administratives de l’Alliance après celle de Grand Maître ont donc changé de titulaire, le jour de l’An, par la seule signature du Grand Maître sortant — quelques mois avant que les délégués ne soient appelés à choisir son successeur, et sans que la procédure de ratification prévue par les statuts n’ait, à notre connaissance, été menée à son terme depuis.

Les autres Maisons de Rite : la continuité, sauf au Rite Standard d’Écosse

En dehors du REAA et de la Grande Maîtrise, l’essentiel des dix autres candidatures examinées par 450.fm dessine un paysage électoral d’une tout autre nature : celle de successions préparées de longue date, sans opposition déclarée. À la Maison du Rite Écossais Rectifié, Hen∴ Fou∴, 64 ans, se présente seul. À la Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, Mar∴ Jai∴ se présente pour succéder à Jac∴ Gal∴, qui l’a lui-même choisi comme Député avant de le pousser vers sa succession, et propose à son tour Chr∴ Ber∴, l’actuel Grand Secrétaire de la Maison, comme son propre Député. À la Maison du Rite Français, Vin∴ Laf∴ se présente également sans opposition, dans la continuité directe de son prédécesseur — dont la profession de foi rappelle qu’il fut lui-même formé, entre autres, par Pierre Lucet, alors responsable de cette même Maison avant d’accéder à la Grande Maîtrise. À la Maison du Rite Émulation, enfin, Eri∴ Lem∴, 39 ans de maçonnerie derrière lui, se présente seul également, avec Jea∴ Gri∴ comme Député pressenti.

Seule la Maison du Rite Standard d’Écosse échappe à cette logique de succession fléchée : deux candidats s’y affrontent, Hat∴ Bou∴, actuel Grand Secrétaire de la Maison, et Fra∴ Mei∴, qui se présente avec Pat∴ Bou∴ (sans lien de parenté avec le précédent, la coïncidence des initiales n’étant due qu’au hasard des patronymes) comme Député pressenti. Les deux professions de foi, ici encore, se rejoignent largement sur le fond — stabilité de la Maison, fidélité au rituel, rayonnement du Rite — sans que l’une ou l’autre ne revendique une ligne de rupture avec la mandature sortante.

Ce contraste mérite d’être souligné : sur seize candidatures examinées, deux Maisons seulement font l’objet d’une compétition réelle — Le REAA et le Rite Standard d’Écosse — tandis que le reste de l’appareil dirigeant de l’Alliance se renouvelle par cooptation, chaque Assistant Grand Maître sortant désignant son propre successeur parmi ses Députés. Un mode de fonctionnement qui peut se lire comme un gage de stabilité et de continuité du travail rituel — ou comme une forme de renouvellement interne limité, que la note stratégique interne, sur un tout autre sujet, appelait déjà implicitement à interroger.

Intérieur loge Rite York autel et chaire VM Canada
Intérieur loge Rite York autel et chaire VM Canada

Ce que nous ne savons pas encore

Par souci d’exactitude, 450.fm précise les limites de cette édition, mise à jour depuis sa version initiale par la réception du dossier de candidature de Nic∴ Val∴ : les documents de candidature pour la Maison du Rite York ne nous sont toujours pas parvenus. La profession de foi de Fra∴ Mei∴ pour la Maison du Rite Standard d’Écosse ne nous est parvenue que partiellement. Ces éléments seront intégrés à notre couverture dès qu’ils auront pu être consultés dans leur intégralité, et nous nous efforcerons, comme pour le premier volet de ce dossier, de donner à chaque candidat la possibilité de compléter ou de nuancer ce qui est rapporté ici.

Quel Congrès pour quelle Alliance ?

Dans un mois, les délégués des Loges de l’Alliance devront donc trancher, le même jour, la question des comptes déjà documentée dans notre premier volet et celle, plus existentielle encore, de la direction à donner à une Obédience dont la Maison fondatrice — le REAA — est décrite, par une partie au moins de ses membres, comme menacée d’une rupture avec les hauts grades qui l’ont vue naître. Les quatre candidats à la Grande Maîtrise offrent quatre lectures incompatibles de la situation : la continuité assumée, la réforme institutionnelle et budgétaire, l’aveu explicite d’erreurs passées, ou l’indépendance souverainiste vis-à-vis des juridictions de hauts grades. Aucun, à ce stade, ne semble rassembler une majorité évidente. Et parmi les trois candidats à la tête de la Maison la plus directement concernée par le risque de scission, aucun n’a choisi, publiquement du moins, d’en faire un axe de sa campagne — seul le candidat à la fonction suprême le plus rompu aux dossiers du Rite, Nic∴ Val∴, ose en dire quelque chose, et c’est pour prendre le contre-pied de la voie du rapprochement.

Cette absence de consensus, sur fond de gestion déjà fragilisée, place l’Alliance devant un choix dont la portée dépasse la seule question des personnes : celui de savoir si le Congrès d’octobre sera le moment d’un sursaut de transparence et d’unité, ou l’acte de naissance d’une fracture entre les Frères du plus ancien et du plus important de ses Rites. 450.fm suivra ce dossier jusqu’au Congrès, et au-delà.

Méthodologie et sourcing : Cette enquête s’appuie sur les professions de foi et curriculum vitae officiels de quinze des seize candidats déclarés pour l’élection 2026 de la GL-AMF — les quatre candidats à la Grande Maîtrise et onze candidats aux dix Maisons de Rite représentées, le dossier du candidat à la Maison du Rite York n’étant pas parvenu à notre rédaction —, tels que déposés auprès du Conseil des Sages de l’Obédience ; sur une note d’analyse stratégique interne consacrée aux enjeux de cette élection, dont le point de vue partisan est signalé chaque fois qu’elle est citée ; sur deux ordonnances du Grand Maître datées du 1er janvier 2026 ; et sur les constats déjà établis dans notre article du 23 septembre 2026, « 3 ans de mandat de Pierre Lucet à la GL-AMF ». Conformément à l’usage retenu pour ce volet, les noms des personnes citées à partir de documents internes ou de candidature sont rendus sous la forme de leurs initiales, à la seule exception de Pierre Lucet, Grand Maître sortant, qui a expressément autorisé la citation de son nom complet. Les chiffres et affirmations attribués à la note stratégique interne n’ont pas tous pu être vérifiés de manière indépendante par notre rédaction et sont rapportés comme tels ; 450.fm sollicitera chacun des candidats cités pour toute mise au point qu’il souhaiterait voir publiée.


Lire l’article 1 de série

Collaboration spéciale

Tous les articles de Huerions →

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES