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« – Quel est le symbole commun à tous les grades de la Maçonnerie Écossaise ?
(Rituel du 12ième degré Grand Maître Architecte).
– Sublime Grand Maître, c’est le symbole d’un édifice. »
Les compilateurs des Pères de l’Église écrivaient dans la Glose ordinaire[1], que Hiram annonce le Christ, certains allant même jusqu’à écrire que « C’est le Christ qui conduit les ouvriers du Temple et donne les mesures de l’œuvre ». Les Maçons à leur tour, insérèrent les légendes de ces deux personnages dans leurs propres légendes, de manière à montrer leurs analogies, et l’universalité de leur symbolique en dehors de tout dogme.
Ils prirent comme thème central de leur réflexion la construction du Temple de Salomon avec Hiram dont ils firent son architecte, à la suite des bâtisseurs des cathédrales qui le considéraient comme le plus grand des architectes. Ainsi, par exemple au XII° siècle, Garin, architecte de Verdun, était dit plus savant que ses collègues et comparé à Hiram de Tyr, constructeur du Temple de Salomon[2]. Ce qui montre que faire d’Hiram ce constructeur n’est pas une invention de la Franc-Maçonnerie.
Voyons maintenant comment les maçons ont utilisé dans leurs rituels ces deux grands mythes Hiram et Yeshouah issus de la Tradition judéo chrétienne.
Hiram

Lorsque nous passons au grade de Maître, nous entrons pour la première fois dans la « Chambre du milieu », autrement dit dans le Hékhal « Palais[3] » appelée ainsi parce que c’est la plus grande ou « Temple » parce que c’est la grande salle du culte du Temple de Salomon ou Qodesh « Saint ».
On dit qu’elle est au milieu parce qu’elle se trouve entre le Ulam « Qui est en avant[4] », soit le Vestibule, et le Débir (ou plutôt le Devir)« Arrière » ou « Lieu de la Parole, ou Qodesh ha Qodashim « Saint des saints » ». Nous le comprenons parce que nous voyons alors un rideau noir qui nous cache l’Orient et qui est, nous dit-on, le rideau qui sépare le Débir de l’Hékhal. Nous arrivons là après avoir monté quinze marches, trois au grade d’Apprenti, cinq au grade de Compagnon et sept pour arriver à celui de Maître.
Nous apprenons alors l’histoire d’un certain Hiram ou Hiram abi que l’on peut traduire par « Maître Hiram », personnage clef de la Franc-maçonnerie. Il est Tyrien. Il est donc de la même cité que celle de l’autre Hiram, le roi de Tyr. Il est, nous dit le rituel, « Fils d’une veuve de la tribu de Nephtali ».
Il est architecte

« Célèbre architecte et statuaire, envoyé à Salomon par le roi de Tyr pour qu’il dirige les travaux du Temple de Jérusalem. Il divisa, dit le rituel, ses ouvriers en trois catégories : Apprentis, Compagnons et Maîtres. Il leur indiqua, pour se faire reconnaître, des mots, signes et attouchements, particuliers à chaque catégorie et qui, à l’exception du mot sacré et du signe des maîtres, étaient ceux-là mêmes dont nous servons aujourd’hui. ».
Assassiné par trois mauvais compagnons
Mais, voilà que, les travaux n’étant pas finis, il est assassiné par trois mauvais compagnons, parce qu’il ne voulait pas leur donner le mot des Maîtres alors qu’ils n’étaient pas encore parvenus au terme de leur parcours. Le rituel alors fait vivre la scène des trois mauvais compagnons portant des coups à Hiram, représenté par le candidat : Chacun lui porte un coup, après son refus réitéré de leur donner les mots et attouchements du Maître.
Le premier le frappe d’une règle à la porte du Midi, le deuxième avec une équerre à celle de l’Occident et le troisième avec un maillet à celle de l’Orient, devant le Débir d’où il était sorti. Repoussé violement en arrière par un coup de maillet sur le front, il tombe mort. Le candidat est mis dans le cercueil qui l’attendait.
Hiram meurt en tant que triple lumière, stellaire, lunaire, solaire

Hiram Lumière stellaire
À son arrivée dans le temple on avait fait entrer le futur Maître à reculons pour l’arrêter aussitôt. Il se trouvait alors face à l’étoile à cinq branches[5], placée à l’Ouest du côté Nord. En clair, Vénus à son coucher, prête à disparaître derrière le Soleil déjà passé sous l’horizon, tout comme la Lune, ces deux astres étant éteints à l’Orient derrière le rideau noir.
L’étoile sera éteinte dès que le récipiendaire aura été retourné face à l’Orient. Ainsi lorsqu’il sera mis dans le cercueil, les trois astres seront dans les enfers, Hiram y étant descendu avec eux. Le document Prichard (1730), quant à lui, nous dit qu’Hiram suit l’étoile dans le monde des enfers et qu’il sera retrouvé au bout de quinze jours, temps nécessaire à la réapparition de Vénus en étoile du matin[6].
Quoiqu’il en soit, le V\M\ dira :
– La lumière qui nous éclairait a disparu.
[1] La Glossa Ordonaria ensemble d’annotations accompagnant le texte biblique élaboré par Anselme de Laon et ses disciples entre 1080 et 1130. Elle fut lue jusqu’au XVI° siècle.
[2] Quand les cathédrales étaient peintes Alain Erlande Brandenburg. Découvertes Gallimard
[3] Du babylonien ekallu « palais »
[4] Du babylonien ellamu « qui est en avant »
[5] Rappelons que Vénus trace en huit ans une étoile à cinq branches sur le zodiaque
[6] Etoile du soir pendant 246 jours, elle disparait ensuite pendant 14 ou 15 jours.
A suivre…
