Les 22 et 23 mai 2026, les Rencontres Internationales Écossaises Humanistes Europe Méditerranée se sont tenues à Rome, au siège du Suprême Conseil de la Grande Loge d’Italie, dans le cadre prestigieux du Palazzo Vitelleschi.

Au cœur de ce rassemblement majeur, le Grand Collège des Rites Écossais Suprême Conseil du 33e degré en France – Grand Orient de France a tenu toute sa place dans la dynamique de la Grande Charte Universelle des Hauts-Grades Écossais, signée à Istanbul en 2019 et modifiée à Bruxelles en 2024. Une trentaine de juridictions, venues de près de trente pays et de trois continents, y ont affirmé ensemble la force d’un écossisme libéral, adogmatique, universaliste et humaniste.
Il est des rencontres qui ne relèvent pas seulement de la vie institutionnelle des juridictions maçonniques. Elles prennent valeur de signe. Elles disent l’état d’une conscience collective. Elles rappellent qu’un rite, lorsqu’il demeure vivant, ne se contente pas de conserver une mémoire. Il agit, relie, rassemble et éclaire.
Les 22 et 23 mai 2026, les Juridictions écossaises libérales membres des conférences continentales internationales écossaises humanistes se sont réunies à Rome, au siège du Suprême Conseil d’Italie du 33e et ultime grade de la maçonnerie universelle du Rite Écossais Ancien et Accepté, dans le Temple historique du Palazzo Vitelleschi.
À Rome, la participation du Grand Collège des Rites Écossais, Suprême Conseil du 33e degré en France – Grand Orient de France, mérite d’être particulièrement soulignée.
Acteur majeur de ces rencontres, il s’inscrit au cœur de la dynamique ouverte par la Grande Charte Universelle des Hauts-Grades Écossais

Le GCR-GODF en assure le secrétariat permanent et contribue ainsi à relier les juridictions écossaises humanistes autour d’une même exigence de liberté de conscience, de laïcité, d’universalité et de fraternité. Autour de lui, les juridictions de Turquie, de Grèce, de Croatie, d’Espagne, du Portugal, de Roumanie, de Suisse, de France, de Belgique et d’Italie ont travaillé dans un climat de fraternité active
Les participants ont également eu le plaisir de recevoir le Suprême Conseil du 33e degré du REAA pour la République d’Uruguay et du Brésil
La présence importante des Suprêmes Conseils féminins de France, du Portugal, d’Italie, de Suisse et de Turquie a donné à ces rencontres une ampleur particulièrement significative, rappelant que l’écossisme humaniste se déploie dans une pluralité de sensibilités, de pratiques et de traditions.
Le Grand Collège Régulateur, organe exécutif de la Grande Charte Universelle, a émis un avis favorable à l’adhésion de cinq nouvelles juridictions

Il s’agit du Suprême Conseil du Grand Orient du Chili, fondé en 1972, du Suprême Conseil des Grands Inspecteurs Généraux du 33e degré et dernier du REAA des libres maçons de la République bolivarienne du Venezuela, fondé en 1998, du Suprême Conseil du Grand Orient de la Nouvelle Ère d’Équateur, GROENE, fondé en 2009, du Suprême Conseil Central colombien, fondé en 2012, ainsi que d’une juridiction issue d’Argentine mentionnée dans la déclaration commune.
Cette ouverture vers l’Amérique latine confirme l’élargissement d’un espace écossais humaniste qui ne se pense pas comme un cercle clos, mais comme un chantier vivant
Le Rite Écossais Ancien et Accepté y apparaît dans sa vocation la plus profonde. Non comme un système réservé à quelques initiés soucieux de préserver des formes, mais comme une méthode de perfectionnement de l’être humain, une pédagogie de la responsabilité et un langage symbolique capable de parler aux consciences au-delà des frontières.

Toutes les juridictions présentes ont présenté un rapport sur le thème Le Rite Écossais Ancien Accepté, un projet humaniste européen
La synthèse des contributions a été présentée en Grande Loge de Perfection, en présence de plus de 300 participants réunis dans le Temple historique du Palazzo Vitelleschi. Ces contributions seront éditées, afin que le travail accompli à Rome puisse continuer de circuler, nourrir la réflexion et fortifier l’édifice commun.
La déclaration commune validée à l’unanimité rappelle que, pour les francs-maçons universalistes, « le Monde entier n’est qu’une grande République dont chaque nation est une famille », selon la formule du Chevalier de Ramsay.
Cette référence n’est pas un simple ornement historique
Elle replace le projet écossais dans sa véritable perspective, celle d’une humanité appelée à se reconnaître dans ce qui la relie plutôt que dans ce qui la divise.

Dans une période où les fanatismes, les crispations identitaires, les violences idéologiques et les obscurités politiques semblent gagner du terrain, les juridictions réunies à Rome ont voulu affirmer que l’humanisme écossais n’est pas une posture de convenance. Il est une discipline intérieure et une exigence publique. Il repose sur le respect de l’être humain, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de conviction et de culte, mais aussi sur le refus de toute forme de racisme, de préjugé, de domination ou de réduction de l’autre à une identité assignée.
Le texte adopté affirme avec force que l’humanisme s’oppose aux systèmes sociaux fondés sur la force, le fanatisme ou le traditionalisme
Il rappelle que l’ambition démesurée et le fanatisme demeurent parmi les grandes causes des malheurs de l’humanité. Dans cette perspective, le Rite Écossais Ancien et Accepté ne propose pas une doctrine fermée. Il ouvre une voie. Il invite l’initié à chercher sa juste place dans un monde imparfait, à travailler sur lui-même sans jamais oublier le monde, à tendre vers le juste, le vrai et le bon.
L’une des phrases les plus fortes de la déclaration tient dans cette affirmation
L’initié du Rite Écossais ne sera jamais celui qui sait. Il sera toujours celui qui cherche.
Toute la sagesse du chemin écossais se trouve là. Le grade ultime ne consacre pas une possession définitive. Il rappelle une responsabilité plus grande. Plus l’élévation symbolique avance, plus l’humilité devrait grandir. Plus le maçon prétend s’approcher de la lumière, plus il devrait se méfier des certitudes qui aveuglent.
Rome fut ainsi bien davantage qu’un rendez-vous protocolaire

Ce fut un moment de clarification. Les juridictions présentes ont réaffirmé la primauté des valeurs sur la seule utilité, de l’humain sur la réduction de l’individu au couple producteur-consommateur, de l’universel sur les divisions locales et circonstancielles. Elles ont rappelé que le travail écossais a vocation à contribuer à la paix, au progrès, à la justice et à la solidarité humaine.
À l’unanimité, il a été décidé que les prochaines rencontres des conférences continentales d’Europe et Méditerranée se tiendront à Lisbonne les 19 et 20 mai 2028.
Le Suprême Conseil Mixte du Portugal en assurera l’organisation
Avant cela, les prochaines Rencontres Intercontinentales des Juridictions Écossaises Humanistes des Hauts-Grades Écossais réuniront à Istanbul, en avril 2027, les juridictions libérales d’Afrique et de l’océan Indien, d’Europe et de Méditerranée, ainsi que des Amériques, toutes signataires de la Grande Charte Universelle.

Dans le Temple du Palazzo Vitelleschi, après la validation et la lecture de la déclaration commune, les applaudissements ont exprimé plus qu’un accord. Ils ont manifesté une volonté partagée. Celle de ne pas laisser les ténèbres du temps imposer leur langage. Celle de répondre aux lumières sombres qui s’abattent sur le monde par une lumière plus exigeante, plus fraternelle, plus lucide.
De Rome à Istanbul, puis de Lisbonne à toutes les terres où travaille encore l’écossisme humaniste, le Grand Collège des Rites Écossais, Suprême Conseil du 33e degré en France – Grand Orient de France, apparaît comme l’un des artisans essentiels de cette parole commune.
Le REAA ne vaut que s’il demeure fidèle à sa vocation la plus haute. Éclairer l’homme pour éclairer le monde. Élever la conscience pour servir la liberté. Faire de la tradition non un refuge, mais une force vivante contre toutes les nuits de l’histoire.

