GLMF : Rififi entre le Conseil de l’Ordre et le Grand Commandeur

Pourquoi le Conseil de l’Ordre de la Grande Loge Mixte de France veut-il la peau du S.C.M.F. ?

A l’instar de nombreuses Obédiences dont les Loges travaillent au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la Grande Loge Mixte de France (GLMF) représentée par son Grand Maître Felix Natali, est unie au Suprême de Conseil Mixte de France (SCMF) par une convention aménageant les relations entre les deux entités, et garantissant l’autonomie de chacun, s’agissant des travaux au-delà du Grade de Maître. Alors que les relations entre ces deux structures sont sereines et pacifiées depuis près de dix années, il semble que le Conseil de l’Ordre de la GLMF représenté par Félix Natali ait pris la décision d’inciter l’actuel Souverain Grand Commandeur à quitter ses fonctions au plus vite.

Comme chaque année, l’assemblée générale du SCMF est réunie du 29 au 31 mai 2026, pour délibérer sur les questions usuelles (comptes, travaux) et pour procéder à l’élection du nouveau Bureau. En début d’année 2026, quelques membres du SCMF ont travaillé sur la mise en place d’une liste « alternative » et démarché des candidats susceptibles d’y figurer. A la suite des remous suscités par cette initiative, des tensions ont émergé au sein du Suprême Conseil de Mixte de France, et les membres dissidents ont pris l’attache du Conseil de l’Ordre de la Grande Loge Mixte de France pour faciliter leurs desseins.

Selon plusieurs sources proches du dossier, des « plaintes » concomitantes ont ainsi été rédigées par plusieurs desdits membres et adressées au Conseil de l’Ordre de la GLMF, aux fins d’évincer l’actuel Souverain Grand Commandeur dans le cadre d’une procédure interne à la GLMF, et non dans le cadre des élections annuelles au sein du SCMF. C’est dans ce contexte, qu’une procédure disciplinaire a été ouverte par la GLMF en mars 2026 à l’encontre du Grand Commandeur sur des faits présentés comme du « harcèlement », à l’initiative exclusive de membres dissidents du SCMF.

Plusieurs observateurs s’interrogent toutefois sur le cadre retenu, la GLMF étant constituée en Fédération de loges et n’exerçant pas, sauf exception, de pouvoir disciplinaire direct sur les personnes physiques. Dans cette Obédience particulièrement attachée à la liberté de ses membres, le Conseil de l’Ordre doit selon le règlement intérieur de la GLMF saisir les Loges, qui exercent directement la discipline sur leurs membres personnes physiques.

C’est pourtant une procédure inédite et exceptionnelle qui aurait été retenue par le Conseil de l’Ordre. Selon plusieurs sources, le représentant du SCMF a été convoqué le 26 mars 2026 à une réunion fixée au 2 mai 2026, sans jamais avoir eu une connaissance précise des griefs formulés à son encontre. À l’approche de l’assemblée générale du SCMF, le Conseil de l’Ordre a ensuite directement saisi le 18 mai 2026 le Cercle des Sages, instance de contrôle et d’appel, afin qu’elle prononce directement à l’encontre du Grand Commandeur une suspension conservatoire à effet immédiat, ainsi qu’une sanction disciplinaire d’un an.

Le 23 mai, le Cercle des Sages se serait servilement empressé d’adresser au Conseil de l’Ordre une décision de suspension conservatoire, sans même prendre soin d’une notification directe à l’intéressé.

Cette séquence étonnante alimente des interrogations et des critiques :

  • Pourquoi une décision soudaine de suspension conservatoire plus de deux mois après les poursuites initiales et quelques jours avant l’assemblée générale du SCMF ?
  • Pourquoi contourner le pouvoir disciplinaire de la Loge, expressément inscrit dans les textes ?
  • Pourquoi, enfin, s’immiscer dans le fonctionnement d’une structure juridiquement indépendante, alors que la convention prévoit la réunion d’une commission mixte paritaire en cas de difficulté ?

Plusieurs voix relèvent qu’il s’agit, en près de 45 années, d’une première dans l’histoire de la GLMF, par la nature des faits reprochés, par l’agenda choisi, et enfin par la procédure utilisée.

A qui le Conseil de l’Ordre souhaite-t-il faire plaisir : à son Grand Maître, à certains membres du SCMF, ou bien encore à une Obédience externe ?

Ce deuxième volet de la série des coups de projecteurs consacrés à la Grande Loge Mixte de France, nous amène sérieusement à nous interroger sur les soudains remous d’une maison habituellement si tranquille. Selon les témoins proches du Grand Maître Félix Natali, il n’est habituellement pas connu comme un « querelleur ». Serait-il sous influence ?

Nous nous retrouverons la semaine prochaine pour un troisième volet tout aussi surprenant.
Bon week-end… à suivre.

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Charles-Albert Delatour
Charles-Albert Delatour
Ancien consultant dans le domaine de la santé, Charles-Albert Delatour, reconnu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, exerce aujourd’hui en tant que cadre de santé au sein d'un grand hôpital régional. Passionné par l'histoire des organisations secrètes, il est juriste de formation et titulaire d’un Master en droit de l'Université de Bordeaux. Il a été initié dans une grande obédience il y a plus de trente ans et maçonne aujourd'hui au Rite Français philosophique, dernier Rite Français né au Grand Orient de France.

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