Quand le silence médiatique succède au fracas judiciaire
Après plusieurs semaines d’une couverture nourrie, parfois haletante, parfois sidérante, le procès Athanor semble entrer dans une phase moins spectaculaire. Le bruit médiatique s’estompe. Les articles se raréfient.

Reste pourtant l’essentiel, un procès toujours en cours, une affaire d’une gravité extrême, et une question qui demeure pour le monde maçonnique, comment une telle mécanique de soupçon, de confusion et de violence a-t-elle pu être associée, même indirectement, à l’univers initiatique dont elle constitue l’exact renversement ?
Depuis le début de cette revue de presse hebdomadaire consacrée à l’affaire Athanor, 450.fm s’est efforcé de suivre, semaine après semaine, ce procès hors norme.
Non par goût du sensationnel
Non par fascination pour la noirceur. Mais parce qu’un tel dossier, impliquant vingt-deux accusés, des figures liées au renseignement, des policiers, des militaires et une structure se réclamant d’un environnement maçonnique, ne pouvait être laissé aux seules interprétations approximatives, aux amalgames faciles ou aux récupérations antimaçonniques.
Or cette semaine marque peut-être un tournant

Le sensationnel étant passé, peu d’articles voient désormais le jour. Le procès se poursuit, mais le flux médiatique se réduit. Les grandes révélations semblent moins nombreuses. Les comptes rendus deviennent plus espacés. La presse généraliste, après avoir largement relayé les premiers jours d’audience, paraît désormais se détourner d’un dossier long, complexe, parfois technique, où les responsabilités individuelles se dessinent lentement devant la cour.
C’est pourquoi 450.fm ne souhaite plus entretenir artificiellement cette revue de presse hebdomadaire lorsque la matière publiée devient trop mince.
Il ne s’agit pas d’abandonner le suivi de l’affaire, mais de ne pas transformer le silence relatif de l’actualité en répétition inutile
Le procès étant officiellement audiencé du 30 mars au 16 juillet 2026 au tribunal judiciaire de Paris, salle 2.01, nous reviendrons naturellement à son issue, autour de la mi-juillet, et plus tôt si l’actualité le nécessite.
Car cette triste et lamentable affaire, qui éclabousse l’image publique de toute la franc-maçonnerie alors même qu’elle en trahit les principes les plus élémentaires, exige autre chose qu’une chronique du scandale.
Elle appelle vigilance, lucidité et discernement
Elle oblige aussi les francs-maçons à rappeler que l’initiation n’est pas un décor, que la fraternité n’est pas un réseau d’influence, et que le secret maçonnique n’a jamais eu vocation à couvrir la confusion, la manipulation ou la violence.

Revue de presse hebdo – N°9
Dans l’ordre chronologique
22 mai 2026 – Mediapart – Matthieu Suc
« Procès Athanor – au centre des débats, ce que savaient les services de renseignement »

Mediapart revient sur un point particulièrement sensible du dossier, celui de ce que les services de renseignement auraient pu savoir, ou ne pas savoir, avant certains faits au cœur de l’affaire. Entendu comme témoin, un ancien lieutenant-colonel du service action de la DGSE affirme avoir alerté plusieurs semaines avant une tentative d’assassinat visant Marie-Hélène Dini, au sujet d’une opération en cours visant « une Israélienne ». Le journal souligne que ce témoin cherche d’emblée à se tenir à distance du dossier Athanor, tout en éclairant l’un des nœuds les plus troublants du procès, la porosité supposée entre fantasmes d’opérations clandestines, usages dévoyés du vocabulaire du renseignement et passage à l’acte criminel. Lien vers l’article https://www.mediapart.fr/journal/france/220526/proces-athanor-au-centre-des-debats-ce-que-savaient-les-services-de-renseignement
27 mai 2026 – La Dépêche du Midi – Martin Planques
« Procès Athanor – comment Laurent Pasquali, pilote auto abattu dans son garage, s’est retrouvé ciblé par le réseau criminel organisé dans la loge maçonnique »


La Dépêche du Midi consacre un long article au volet Laurent Pasquali, pilote automobile assassiné en 2018. Le quotidien rappelle que vingt-deux personnes sont jugées jusqu’à la mi-juillet pour des faits allant jusqu’au meurtre, dans un dossier mêlant manipulations, contrats criminels, acteurs proches du renseignement et personnes gravitant autour de la loge Athanor. Laurent Pasquali, abattu dans un parking des Hauts-de-Seine, est présenté comme la seule victime tuée dans cette affaire. Son corps n’avait été retrouvé qu’un an plus tard en Haute-Loire. L’article détaille aussi la relation avec les époux Maarek, la dette non remboursée, puis l’entrée en scène de Frédéric Vaglio, rencontré dans l’environnement d’Athanor, et la transformation d’un litige financier en mission criminelle présumée. Lien vers l’article https://www.ladepeche.fr/2026/05/27/proces-athanor-comment-laurent-pasquali-pilote-auto-abattu-dans-son-garage-sest-retrouve-cible-par-le-reseau-criminel-organise-dans-la-loge-maconnique-13390082.php
Rappel judiciaire

Procès du dossier Athanor pour vingt-deux hommes et femmes liés à un meurtre et à divers autres projets criminels
Cour d’assises de Paris
Tribunal judiciaire de Paris, salle 2.01
Audiencé du 30 mars au 16 juillet 2026 selon l’Association de la Presse Judiciaire. La Dépêche du Midi évoque pour sa part une réponse attendue le 17 juillet. Procès audiencé au tribunal judiciaire, salle 2.01
Ainsi se referme provisoirement cette neuvième revue de presse
Non comme une clôture,
mais comme une veille mise en réserve.

Lorsque la lumière judiciaire aura poursuivi son travail, lorsque les débats auront livré leur pleine mesure, lorsque la cour aura rendu sa décision, 450.fm reprendra le fil. Car dans cette affaire où le nom d’Athanor, symbole de transmutation, aura été tragiquement associé à la boue des passions humaines, il faudra bien distinguer, avec rigueur, ce qui relève du crime, ce qui relève du fantasme, et ce qui relève de l’ombre portée sur une franc-maçonnerie qui n’a rien à gagner au silence, mais tout à retrouver dans la clarté.
