mer 07 janvier 2026 - 17:01

La parole du Véné du lundi : « Une Loge sans Obédience est-elle sauvage ou souveraine ? »

Ah, mes chers apprentis en tablier, voilà que le lundi nous ramène à nos éternelles querelles maçonniques, avec ce petit parfum de rébellion qui flotte dans l’air comme un encens bon marché. Aujourd’hui, on s’attaque à un sujet qui agite les temples plus que les maillets et les ciseaux : les loges sans obédience. Vous savez, ces ateliers qui osent exister sans se prosterner devant une grande fédération maçonnique ?

Certains les appellent « libres », d’autres « sauvages » – comme si c’était des loups-garous errant dans la forêt, prêts à hurler à la lune en brandissant leur compas. Mais franchement, entre nous, qui est le plus sauvage ici ? Le loup solitaire ou le troupeau qui suit aveuglément le berger en espérant qu’il ne les mène pas directement à l’abattoir financier ?

Réfléchissons un instant, avec ce cynisme qui me caractérise – et qui, avouons-le, m’évite d’avoir à payer des séances chez le psy. Une loge souveraine, sans affiliation, fonctionne-t-elle vraiment moins bien qu’une loge sous le joug obédientiel ? Oh que non ! Souvent, elle tourne même comme une horloge suisse, sans les retards administratifs ni les cotisations qui siphonnent les caisses pour financer des banquets où l’on discute de la couleur des gants. Imaginez la scène : demain matin, pouf ! Toutes les obédiences disparaissent dans un nuage de fumée ésotérique – peut-être un rituel raté, qui sait ? Et hop, la maçonnerie se retrouve avec 4500 loges souveraines, qui continuent à bosser sur leurs planches comme si de rien n’était. Elles initiraient, philosophent, et boivent leur café post-tenue sans manquer un battement. Pas de panique, la fraternité survit !

Maintenant, inversons le scénario pour rigoler un bon coup.

Si les 4500 loges s’évaporaient subitement – disons, emportées par une vague de désintérêt millennial ou une pandémie de réunions Zoom interminables – combien de temps tiendraient les obédiences ?

Une semaine ? Un mois ? Le temps de vider les frigos des grands sièges et de revendre les bibelots symboliques sur eBay ? Zéro, mes amis ! Parce que sans loges, une obédience n’est qu’un club de vieux messieurs en costume, discutant de règlements intérieurs autour d’une table vide.

Bien nommer les choses, c’est déjà la moitié du travail maçonnique accompli. Et là, on voit clair : les loges apportent aux obédiences de l’argent (beaucoup), de l’obéissance (encore plus), et parfois même un semblant de légitimité. En retour, qu’offrent les obédiences ? Des diplômes ronflants ? Des directives sur la bonne façon de tenir son maillet ? Des assurances collectives contre les foudres divines ? Les réponses varient selon l’obédience – certaines sont des machines à cash, d’autres des usines à paperasse – mais essayez l’exercice : prenez une feuille, listez le pour et le contre. Vous verrez, ça relativise plus vite qu’une séance de méditation transcendantale.

Et pendant qu’on y est, si on veut que la Franc-maçonnerie ne disparaisse pas avant la fin du siècle – parce que, soyons honnêtes, avec les taux de fidélisation actuel, on frôle le club de bridge en voie d’extinction – autant poser le bon diagnostic. Peut-être que la vraie sauvagerie n’est pas dans l’indépendance, mais dans cette dépendance qui transforme des temples de liberté en succursales administratives. Allez, mes frères et sœurs, soyons taquins :

la prochaine fois que vous payez votre capitation, demandez-vous si vous financez l’illumination… ou juste le salaire du Grand Secrétaire. Sur ce, bon lundi, et que la lumière soit – avec ou sans obédience !

15 Commentaires

  1. On est toujours le sauvage de quelqu’un !
    je ne parle pas de mes frères de la GLNF seuls vrais maçons reconnus à défaut du GADLU par la grande loge d’Angleterre ce qui nous fais une belle jambe!
    après vit on mieux dans une loge sauvage ? pour avoir travailler avec certaines c’est pas la panacée beaucoup on du mal a durer et étrangement ils avaient les mêmes soucis que nous . après pour appartenir à une obédience c’est vrai que parfois au niveau efficacité ,rendement c’est plus proche du « machin » alors pour ma part je vie ma vie de maçon sans trop me préoccuper des arcanes du pouvoir ce qui compte c’est être un maçon heureux engagé dans sa loge pas meilleur et pas pire que bien d’autres

  2. C’est un grand débat. cette histoire de reconnaissance et de loge sauvage me fait bien rire et c’est totalement ridicule de nos jours.
    Reconnaitre de qui et quoi ? Homme libre et de bonne meurs pourtant connue.
    C’est à croire que c’est diviser pour mieux régner, beau geste de fraternité et d’égalité !
    Dans les loges, ils parlent d’universalité mais expliquez moi ? micro Cosme ? ou nombril.
    A mon sens, l’initiation et donné par ceux qui sont dans la transmission et je ne retiens que le fait d’être conforme à la règle Maçonnique.
    Il faut savoir que aucun texte imposant à une loge d’être affiliée a une obédience n’existe à ce jour quand même.
    Il faut absolument reconnaitre que seul les loges libres fonctionnent parfaitement et sans excès dans le dogmatisme comme beaucoup le disent.
    Les Sauvages, sont très certainement les plus raisonnables en restant dans une pratique traditionnelle, pas de blablabla qui ne servent a rien et seulement à attiré votre attention, juste du travail sous la gouverne du Rituel.

  3. Le Sage a dit « Qu’importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse »
    et cette article résume bien cette adage.
    Que la sagesse illumine cette année 2026

  4. Sauf la Glnf, aucune autre obédience n ‘est reconnue par la grande loge d Angleterre. Elles sont donc « sauvages ». Et donc il n ‘y a aucune différence de légalité ou de régularité entre une loge souveraine et par exemple le Godf. A noter que nombre de loges soucieuses de liberté ont fait le choix de l’ ALS ( Alliance des loges souveraines).

  5. Bonjour à tous et toutes et belle année 2026…
    Un grand merci pour ce très bel article qui expose clairement le concept de la Loge Libre.
    Pour les personnes intéressées elle peuvent prendre connaissance de mon Portail des Loges Libres :
    Portaildeslogeslibres.blogspot.com
    Il n’est plus opérationnel depuis que je ne le suis plus en raison de mon âge canonique mais il pourra vous donner une idée du monde des Loges Libres.
    Taf de Breizh. (lillescale@gmail.com)

  6. La structure pyramidale d’une obédience, laisse penser à une liberté conditionnée. Les règlements intérieurs des loges dépendantes d’une obédience, (dites reconnues)ne doivent pas aller à l’encontre des règlements généraux de l’obédience. Alors, comment comprendre la liberté. D’autre part, les Loges dites sauvages courent le risques de débordement sectaires. N’ayant aucun contrôle outre celui du V.N en place. C’est pourquoi ces loges dites sauvages, demandent à être reconnues par des obédiences, (reconnues).Parce que l’indépendance même souvent à l’excés.
    Ce qui est gravissime, c’est que les obédiences, les acceptent. (monnaie is monnaie)

  7. Ne dit-on pas : un maçon libre dans une loge libre ? Il y a longtemps que je fantasme sur l’appartenance à une loge dite sauvage (libre), sans sauter le pas… Pourquoi ? telle est la question…

  8. Et à l’inverse de l’inverse : pourquoi nos anciens ont ils choisi de se regrouper en « obédience » en 1717 ?
    L’union fait la force

    • La réalité est que les Loges ne se sont pas réunies en obédience en 1717 mais en « Grande Loge », ce qui est complètement différent : la Grande Loge n’est pas un système adminitratif permanent mais une réunion éphémère des Loges à l’occasion de la Saint-Jean.
      Les maçons actuels sont tu devenus par la force des choses des fonctionnaires ce qui.leq empêche de comprendre les origines réelles de notre Ordre.
      O tempora O mores…le temps efface la réalité historique des choses humaines.
      Belle année aux FF et SS. BREIZH.

  9. Il ne faut pas confondre l’appartenance à une entité juridique improprement appelée « obédience », et l’obédience (obéissance) que chaque loge doit à un ordre régi par une règle.
    Une loge qui serait sans obédience ne serait soumise à aucune règle, et ne serait donc pas une loge maçonnique, seulement la réunion d’un groupe de francs-maçons.

    • Une loge libre et souveraine édicte un règlement intérieur. Une loge appartenant à une obédience édicte également un règlement intérieur et elle se doit de respecter le règlement établi par l’obédience, donc double juridiction. L’une et l’autre sont parfaitement maçonniques.

  10. Et quand bien même ils seraient vêtus en peaux de bisons ou vivraient au fond des forêts profondes ( à l’instar de mon grand père ) en quoi seraient ils sauvages et aux yeux de qui? « Moun se moun » dit -on là bas, on a envie de dire «  FM se FM »!
    Bonne et heureuse année à toutes et tous avec plein d’articles comme celui-ci!🥰

  11. Nous travaillons dans une loge bleue souveraine et un atelier de perfection souverain qui va bientôt donner naissance à un chapitre souverain de Rose+Croix. On bosse à trois travaux par soirée et nous nous quittons la Joie au coeur !

  12. Article piquant, mordant, grattant, avec l’irrévérence qui va bien sans tomber dans le vulgaire…
    Utiliser l’épithète « sauvage » c’est se penser supérieur. Je n’ai jamais vu de frères ni de sœurs sauvages… Ils sont vêtus en peaux d’bisons ? Ils vivent au fond des forêts profondes ?
    En revanche j’ai visité des loges libres, souveraines, qui travaillent sérieusement et qui n’ont pas besoin d’être rattachés à un gros syndic pour vivre une maçonnerie abordable et de qualité.
    Bravo à l’auteur qui a fait mouche.

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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