The Doors (Film)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Avec The Doors (1991), Oliver Stone retrace l’ascension fulgurante et la chute de Jim Morrison, incarné par Val Kilmer. Le film ne contient aucune référence à la Franc-maçonnerie. S’il trouve place dans une filmographie maçonnique, c’est pour son imaginaire chamanique et pour le nom même du groupe, emprunté aux « portes de la perception » d’Aldous Huxley et, au-delà, de William Blake : une quête de passage, mais sans rite ni maître.

De quoi parle The Doors ?

Le film suit Jim Morrison depuis une vision d’enfance dans le désert du Nouveau-Mexique jusqu’à sa mort à Paris en 1971. On assiste à la rencontre avec Pamela Courson, à la naissance du groupe sur les plages de Los Angeles avec Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore, puis au succès, aux tournées, aux excès d’alcool et de drogue, aux scandales et au procès qui suivit le concert de Miami.

Oliver Stone a coécrit le scénario avec J. Randall Johnson et filmé l’essentiel en Californie, avec des séquences à New York, à Paris et dans le désert. Saluée pour l’interprétation hallucinée de Val Kilmer, l’œuvre a été critiquée par certains proches du groupe, notamment Ray Manzarek, qui lui reprochait d’avoir réduit le chanteur à ses excès.

Pourquoi ce film dans une filmographie maçonnique ?

Disons-le clairement : The Doors n’évoque ni Loge, ni société secrète, ni Franc-maçonnerie. Le lien est d’ordre symbolique. Le groupe tire son nom de l’essai d’Aldous Huxley Les Portes de la perception, lui-même inspiré d’une phrase du Mariage du Ciel et de l’Enfer de William Blake : si les portes de la perception étaient nettoyées, tout apparaîtrait tel qu’il est, infini. L’idée de seuil à franchir pour accéder à une réalité plus vaste traverse tout le film.

Stone y ajoute une imagerie chamanique insistante : la figure d’un chaman amérindien hante Morrison, les scènes de désert prennent des allures de transe, et le chanteur se rêve en officiant d’une cérémonie collective. Le concert devient rituel, la scène un autel, le public une communauté en quête d’extase.

Ouvrir les portes, ou s’y perdre

Le regard maçonnique y voit surtout un contre-modèle. L’initiation maçonnique ouvre elle aussi des portes, mais par la lenteur, la méthode, la parole mesurée et le soutien d’une chaîne fraternelle. Morrison cherche au contraire l’éveil par effraction, au moyen de substances et de la transgression permanente, sans guide ni retour.

Le film montre ce que coûte une quête de transcendance privée de cadre : l’exaltation se change en enfermement, et la mort n’y est plus symbolique. On peut y lire, en creux, l’utilité de la forme rituelle, qui permet de franchir un seuil sans s’y perdre et d’en revenir transformé pour partager ce qu’on a reçu.

La tombe de Jim Morrison au cimetière du Père-Lachaise, sur laquelle se clôt le film, est devenue un lieu de pèlerinage. Ce culte posthume dit assez combien l’époque a besoin de figures de passeurs, quitte à les chercher du côté de la transgression plutôt que de la transmission.

Fiche technique

  • Titre original : The Doors
  • Année : 1991
  • Pays : États-Unis
  • Réalisation : Oliver Stone
  • Scénario : Oliver Stone, J. Randall Johnson
  • Interprètes : Val Kilmer, Meg Ryan, Kyle MacLachlan, Frank Whaley, Kevin Dillon
  • Durée : 2 h 18
  • Genre : Film biographique, drame musical

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Mort, Rituel.

Pour aller plus loin sur 450.fm

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