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Neveu de Napoléon Ier et cousin de Napoléon III, le prince Lucien Murat (1803-1878) a été Grand Maître du Grand Orient de France de 1852 à 1861. Appelé après le coup d’État pour protéger l’obédience, il lui donne une constitution centralisée et acquiert l’hôtel du 16, rue Cadet, toujours siège du Grand Orient, avant d’être écarté pour ses positions sur la question romaine.
Un prince entre exil et Second Empire

Lucien Murat naît à Milan le 16 mai 1803, second fils de Joachim Murat, roi de Naples, et de Caroline Bonaparte. Élevé à Naples, il connaît après 1815 l’exil familial, puis part en 1824 pour les États-Unis rejoindre son frère Achille. Il y vit longtemps des années difficiles, marquées par des revers commerciaux.
Rentré en France en 1848, il est élu député du Lot à l’Assemblée constituante puis à la Législative. Ministre plénipotentiaire à Turin en 1849-1850, il est nommé sénateur après le coup d’État du 2 décembre 1851, et son titre de prince est officiellement reconnu en 1853. Il meurt à Paris le 10 avril 1878 et repose au Père-Lachaise.
Un Grand Maître venu du pouvoir
Au lendemain du coup d’État, plusieurs loges sont fermées et l’obédience craint pour son existence. Ses dignitaires Saint-Albin Berville et Marie-Auguste Desanlis offrent alors la grande maîtrise à ce cousin du prince-président : élu en janvier 1852, Murat place le Grand Orient sous une protection qui est aussi une tutelle impériale.
La grande maîtrise (1852-1861)
Murat fait adopter la constitution de 1854, qui confie au Grand Maître, élu pour sept ans, des pouvoirs étendus : l’organisation de l’obédience est centralisée et la vie des loges davantage encadrée, dans l’esprit autoritaire du régime.
Son œuvre la plus durable est matérielle. Il crée en 1853-1854 une société civile destinée à l’édification d’un temple de la maçonnerie française et acquiert l’immeuble du 16, rue Cadet, à Paris, qui devient l’hôtel du Grand Orient de France et l’est resté jusqu’à aujourd’hui.
À partir de 1859, la question italienne ruine son autorité : soutien du pouvoir temporel du pape, il s’oppose à une majorité de maçons favorables à l’unité italienne. Les tensions culminent en 1861 autour du renouvellement de la grande maîtrise ; à la demande de Napoléon III, Murat se retire, et l’Empereur nomme le maréchal Magnan, installé en février 1862.
Héritage
Le passage de Lucien Murat à la tête du Grand Orient reste ambivalent : il a préservé l’obédience à un moment critique et lui a donné une maison, mais au prix d’une soumission au pouvoir dont la maçonnerie française ne se libérera vraiment qu’après 1870.
Repères
- Naissance : 16 mai 1803, Milan
- Décès : 10 avril 1878, Paris
- Profession : Prince, député du Lot, diplomate, sénateur du Second Empire
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Grand Maître
- Mandat(s) : 1852-1861
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grand Orient, Constitutions, Temple maçonnique.
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