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En 1736, les premières loges maçonniques apparaissent en Suisse, et la tradition attribue à un gentilhomme britannique, George Hamilton, l’introduction de la franc-maçonnerie à Genève. La république calviniste, carrefour de négociants, de banquiers et de voyageurs anglais, devient ainsi l’un des premiers foyers maçonniques du continent. Les autorités s’en inquiètent : en 1745, les syndics interdisent aux Genevois de fréquenter les loges, sans effet durable. En 1769, une dizaine d’ateliers forment la Grande Loge de Genève, étape vers la future Grande Loge suisse Alpina, fondée au XIXe siècle.
Date : 1736
Lieu : Genève, Suisse
Le contexte : Genève, cité ouverte sur l’Angleterre

Au XVIIIe siècle, Genève est une république protestante indépendante, gouvernée par ses Conseils et ses syndics. Ville de banque, d’horlogerie et d’imprimerie, elle accueille de nombreux étrangers, notamment des Britanniques en voyage sur le continent. Ces réseaux expliquent que la franc-maçonnerie, née sous sa forme moderne à Londres en 1717, y arrive très tôt.
L’événement
L’histoire de la franc-maçonnerie suisse retient 1736 comme l’année des premières loges du pays. La tradition, reprise notamment par Kronobase, attribue à George Hamilton, gentilhomme anglais présent à Genève, la fondation du premier atelier de la cité. Les sources consultées pour cette notice confirment la date de 1736 mais ne permettent pas de vérifier le rôle exact de Hamilton, ni le nom de la loge.
La réaction des autorités
Comme à Paris, en Suède ou à Rome à la même époque, la nouvelle sociabilité suscite la méfiance des pouvoirs. En 1745, les syndics de Genève interdisent à leurs concitoyens de s’affilier à ces sociétés. La mesure n’a pas d’effet durable : les loges continuent de se réunir et de recruter, signe de l’attrait qu’elles exercent sur les élites.
Le développement de la maçonnerie suisse

La franc-maçonnerie gagne d’autres villes : une loge s’ouvre à Bâle en 1744. En 1769, une dizaine de loges genevoises se réunissent pour former la Grande Loge de Genève. Au siècle suivant, l’unification de la maçonnerie helvétique aboutit à la Grande Loge suisse Alpina, fondée en 1844 selon la date qu’elle retient, après la fusion de la Grande Loge nationale de Berne et du Grand Prieuré d’Helvétie.
Postérité
La Grande Loge suisse Alpina, dont le siège est à Berne, compte environ 4 000 membres répartis dans 85 loges. Le paysage maçonnique suisse comprend aussi le Grand Orient de Suisse, fondé en 1959, la Grande Loge de Suisse, née en 1967, et une maçonnerie féminine. Genève demeure l’un des pôles maçonniques importants du pays.
Genève dans l’Europe maçonnique de 1736
L’apparition des loges genevoises s’inscrit dans une vague européenne. En 1735, la maçonnerie gagne Stockholm ; en 1736, la Grande Loge d’Écosse est fondée et, à Paris, le chevalier Ramsay prononce son célèbre Discours. Partout, la nouvelle sociabilité venue d’Angleterre circule avec les voyageurs, les diplomates et les officiers. Genève, ville d’accueil des voyageurs britanniques, en est l’un des relais.
L’héritière de ces premières loges, la Grande Loge suisse Alpina, travaille « À la gloire du Grand Architecte de l’Univers » et est reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre. Elle participa en 1921 à la fondation de l’Association maçonnique internationale, et ouvrit pour la première fois ses locaux au public en 2009.
Repères chronologiques
- 24 juin 1717 : fondation de la Grande Loge de Londres.
- 1736 : premières loges en Suisse, à Genève.
- 1744 : ouverture d’une loge à Bâle.
- 1745 : les syndics de Genève interdisent les loges aux Genevois.
- 1769 : formation de la Grande Loge de Genève.
- 1844 : fondation de la Grande Loge suisse Alpina.
- 1959 : fondation du Grand Orient de Suisse.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Maître de loge ou Maître en chaire, Obédience.

