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Henri Caillavet naît à Agen en 1914 et meurt à Bourisp, dans les Hautes-Pyrénées, le 27 février 2013, à quatre-vingt-dix-neuf ans. Avocat, résistant, député puis sénateur radical, secrétaire d’État sous la Quatrième République, il attache son nom à de nombreuses réformes de société, du don d’organes à la dépénalisation de l’homosexualité. Initié au Grand Orient de France dans la loge toulousaine des Vrais Amis Réunis, il fut longtemps président de la Fraternelle parlementaire.
Un avocat dans la Résistance

Fils d’un drapier franc-maçon, docteur en droit et en sciences économiques, licencié en philosophie à Toulouse, Henri Caillavet devient avocat à la cour d’appel de Paris en 1938. Empêché de passer l’agrégation de droit en raison de son appartenance maçonnique sous Vichy, il plaide à Bagnères-de-Bigorre. Dès 1940, il entre en Résistance et participe à la fondation du mouvement Combat avec André Hauriou ; arrêté par les Allemands, il est libéré au bout de neuf semaines.
De l’Assemblée constituante au Sénat
Élu en 1946 à la seconde Assemblée constituante, il siège comme député jusqu’en 1958. Secrétaire d’État à la France d’outre-mer dans le gouvernement René Mayer, puis, en 1954, successivement aux Affaires économiques, à la Marine et à l’Intérieur sous Pierre Mendès France, il vote en 1958 contre l’investiture du général de Gaulle. Maire de Bourisp de 1959 à 1983, il est sénateur de Lot-et-Garonne de 1967 à 1983 et député européen de 1979 à 1984.
Un législateur des libertés
Rapporteur au Sénat de la loi Veil en 1974, il fait adopter en 1976 la loi sur les prélèvements d’organes, dite loi Caillavet. Il dépose des propositions sur le divorce par consentement mutuel, la reconnaissance du vote blanc, la protection des données, qui préfigure la CNIL, et le droit de mourir dans la dignité. Dès 1978, il propose la suppression des dispositions pénales discriminatoires envers les homosexuels. Membre du Comité consultatif national d’éthique, il préside aussi l’ADMD et le Comité Laïcité République.
Une figure du Grand Orient de France
Fils d’un vénérable de la loge d’Agen, Henri Caillavet est initié à vingt et un ans dans la loge Vrais Amis Réunis et l’Indépendance française, à l’Orient de Toulouse, au Grand Orient de France. Il devient l’une des personnalités en vue de l’obédience et préside longtemps la Fraternelle parlementaire, qui réunit les francs-maçons du Parlement.
Il consacre plusieurs écrits à son engagement maçonnique, notamment Libres Paroles maçonniques et Paroles de maçon, publié dans les Cahiers maçonniques d’Edimaf.
Principales œuvres
- Changer la télévision ou le réel imaginaire
- Les Coudées franches : pour une démocratie réelle
- À cœur ouvert : combats pour la raison
- Libres Paroles maçonniques
- Paroles de maçon
- Testament républicain
- Un esprit libre, 2007
Le maçon des réformes de société
Henri Caillavet incarne la figure du parlementaire franc-maçon qui transpose dans la loi les idéaux de liberté de conscience et d’émancipation débattus en loge. Pendant près de quarante ans de mandats, il a porté des réformes souvent en avance sur l’opinion, ce qui fait de lui l’une des références majeures du Grand Orient de France dans la seconde moitié du XXe siècle.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Henri Caillavet.
Voir aussi dans le glossaire : Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Initiation.

