Grotte de Sédécias (carrières du roi Salomon), Jérusalem (Temple maçonnique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Sous les remparts de la vieille ville de Jérusalem s’ouvre une immense carrière souterraine creusée de main d’homme : la grotte de Sédécias, que la tradition appelle aussi les carrières du roi Salomon. Ce n’est pas un temple bâti, mais un lieu chargé de sens pour les francs-maçons, qui y voient la carrière d’où auraient été tirées les pierres du Temple de Salomon. Le 13 mai 1868, l’Américain Robert Morris y conduisit la première cérémonie maçonnique attestée en Terre sainte, et un degré de Maître de la Marque y est encore conféré chaque année.

Lieu : Sultan Suleiman Street, vieille ville de Jérusalem, Israël / Jérusalem-Est

Une carrière sous la vieille ville

Grotte de Sédécias (carrières du roi Salomon), Jérusalem
Source : Wikimedia Commons – Davidbena – CC BY-SA 4.0

La grotte se trouve sous la vieille ville, avec un accès du côté de Sultan Suleiman Street, à Jérusalem-Est. Selon Atlas Obscura, elle forme une salle souterraine d’environ 300 pieds de long (près de 90 mètres), entièrement creusée par l’homme au fil des générations, pour une surface totale estimée à quelque cinq acres, soit environ deux hectares.

L’exploitation de la pierre y est associée à l’époque d’Hérode le Grand, dont les grands chantiers, et notamment le Second Temple et ce qui est aujourd’hui le mur occidental, auraient puisé dans ce calcaire. Au XVIe siècle, Soliman le Magnifique fit murer l’entrée, de crainte que des assaillants ne s’en servent pour pénétrer dans la ville. Le site sombra alors dans l’oubli.

Redécouverte et légendes

L’entrée fut retrouvée en 1854 par le missionnaire américain James Turner Barclay, dont le chien s’était engouffré dans une ouverture dégagée par de fortes pluies. Dans les années 1880, une petite communauté religieuse allemande s’y installa avant d’en être expulsée par les autorités ottomanes et allemandes. La dernière extraction connue servit, au début du XXe siècle, à la tour de l’horloge élevée au-dessus de la porte de Jaffa.

Plusieurs traditions s’attachent au lieu. Le roi Sédécias, dernier souverain de Juda, aurait tenté de fuir par ce souterrain Jérusalem assiégée par Nabuchodonosor ; capturé, il vit mourir ses fils, fut aveuglé et finit ses jours en captivité. L’eau qui suinte du plafond est surnommée les « larmes de Sédécias ». Une autre légende y situe l’engloutissement de Coré, révolté contre Moïse. Surtout, la tradition veut que les pierres du Temple de Salomon en aient été extraites, d’où le nom de carrières du roi Salomon.

La cérémonie de 1868

Pour les francs-maçons, dont le récit fondateur met en scène la construction du Temple de Salomon, le lieu possède une évidente force symbolique. Le mercredi 13 mai 1868, alors que la Palestine faisait partie de l’Empire ottoman, Robert Morris, ancien Grand Maître de la Grande Loge du Kentucky, y organisa une cérémonie du Moniteur secret (Secret Monitor), au cours d’un pèlerinage maçonnique destiné à rechercher les traces d’une franc-maçonnerie antique. C’est la première cérémonie maçonnique attestée sur le territoire de l’actuel Israël.

Morris réunit les rares frères présents dans le pays : Charles Warren, alors en mission archéologique pour le Palestine Exploration Fund et futur premier Vénérable Maître de la loge de recherche Quatuor Coronati n° 2076 ; Noureddin Effendi, gouverneur turc de Jaffa, membre d’une loge parisienne et titulaire du 28e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté ; Henry Petermann, consul de Prusse à Jérusalem ; R. Beardsley, vice-consul des États-Unis ; ainsi que plusieurs officiers du navire britannique Lord Clyde, ancré à Jaffa. Morris relata son voyage dans Freemasonry in the Holy Land, publié à New York en 1872.

Une tradition maçonnique vivante

Grotte de Sédécias (carrières du roi Salomon), Jérusalem
Source : Wikimedia Commons – Zairon – CC BY-SA 4.0

Les francs-maçons d’Israël continuent de se réunir dans la grotte : un degré de Maître de la Marque, travaillé en anglais, y est conféré chaque année. Le lieu s’inscrit dans l’histoire plus large de la maçonnerie en Terre sainte, marquée par la loge Royal Solomon Mother Lodge n° 293, constituée en 1873 sous l’égide de la Grande Loge du Canada (Ontario), par la loge de Jaffa devenue Barkai, la plus ancienne encore en activité, puis par la Grande Loge nationale de Palestine (1933) et la Grande Loge de l’État d’Israël, consacrée à Jérusalem en 1953.

Repères

  • Type : carrière souterraine creusée par l’homme, lieu de cérémonies maçonniques
  • Situation : sous la vieille ville de Jérusalem, accès par Sultan Suleiman Street
  • Dimensions : salle d’environ 300 pieds de long, surface estimée à cinq acres
  • Redécouverte : 1854, par James Turner Barclay
  • Première cérémonie maçonnique : 13 mai 1868, conduite par Robert Morris
  • Usage maçonnique actuel : cérémonie annuelle du degré de Maître de la Marque

Le saviez-vous ?

Parmi les participants de 1868 figurait Charles Warren, l’archéologue des fouilles de Jérusalem, qui devint ensuite le premier Vénérable de Quatuor Coronati, la célèbre loge de recherche londonienne.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce bâtiment.

Voir aussi dans le glossaire : Ordre des maîtres maçons de la marque (Rite maçonnique), Grande Loge.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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