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L’Ordre des maîtres maçons de la marque regroupe les grades de Maçon de la marque et de Maître de la marque, conçus comme un prolongement du grade de compagnon. Attestés en Angleterre dès 1769, écartés lors de l’union de 1813, ils sont organisés depuis 1856 par la Grande Loge des maîtres maçons de la marque, installée au Mark Masons’ Hall de Londres. Leur allégorie repose sur la construction du Temple de Salomon et la reconnaissance du travail bien fait. Répandue dans le monde anglo-saxon, la marque est en France une pratique récente et minoritaire, introduite notamment par la GLNF en 1997.
Le plus ancien document connu est un procès-verbal de 1769 : Thomas Dunckerley, grand surintendant provincial, confère alors le grade de la marque dans un chapitre de l’Arche royale à Portsmouth. Le grade s’inspire de l’usage opératif de la marque de tâcheron, signe personnel que chaque tailleur de pierre gravait sur son ouvrage pour en être reconnu et rémunéré.
Lors de l’union de 1813 entre Anciens et Modernes, qui donne naissance à la Grande Loge unie d’Angleterre, seuls les trois grades symboliques et l’Arche royale sont reconnus : la marque est écartée. Elle continue pourtant d’être pratiquée aux États-Unis et dans d’autres pays anglo-saxons, rattachée aux chapitres de l’Arche royale, ainsi qu’en Écosse. En Angleterre, des maçons écossais ouvrent une loge de la marque à Londres malgré l’interdit ; après l’échec, en 1856, d’une tentative d’intégration à la maçonnerie symbolique, les loges se constituent en Grande Loge des maîtres maçons de la marque, dont le premier grand maître est Lord Leigh.
La marque est accessible aux compagnons, dont elle développe le grade, et se travaille en pratique avec des maîtres maçons. Les sources présentent ses degrés de manière variable selon les époques et les juridictions :
- Homme de la marque (Mark Man), forme attestée en 1769
- Maçon de la marque (Mark Mason)
- Maître de la marque (Mark Master), forme aujourd’hui réunie en une seule cérémonie en Angleterre
La Grande Loge de la marque administre aussi, depuis le Mark Masons’ Hall du 86 St James’s Street à Londres, plusieurs ordres associés, dont celui des Royal Ark Mariners, l’Ordre des maîtres royaux et choisis et les Allied Masonic Degrees.
Les rituels allégoriques se situent sur le chantier du Temple de Salomon. Ils traitent de la reconnaissance du travail accompli, de la juste rétribution et de la sanction de la fraude. Ils prolongent la légende d’Hiram et réconcilient symboliquement compagnons et maîtres, autour d’une pierre d’abord rejetée puis reconnue comme essentielle, thème qui annonce la clé de voûte de l’Arche royale et se poursuit dans la maçonnerie cryptique.
Le geste central du grade consiste, pour le candidat, à choisir une marque personnelle, enregistrée dans les archives de la loge. Ce signe distinctif rappelle que chaque maçon est responsable de son ouvrage et qu’il doit pouvoir en répondre devant ses frères. La marque, symbole d’identité et de probité, fait ainsi le lien entre l’éthique professionnelle des bâtisseurs et la quête morale de la maçonnerie spéculative.
L’histoire de la marque illustre les tensions entre corps maçonniques autour des grades additionnels. Écartée par la Grande Loge unie d’Angleterre, qui ne l’a jamais réintégrée, elle a dû se doter d’une autorité propre ; ailleurs, elle a été absorbée par les chapitres de l’Arche royale. Cette diversité explique que l’ordre des grades, leur dénomination et les conditions d’accès varient sensiblement d’une juridiction à l’autre, ce que relèvent les sources sans toujours s’accorder.
La marque est implantée dans une grande partie du monde anglo-saxon. Aux États-Unis, le grade de Mark Master est le premier conféré dans le chapitre de l’Arche royale du Rite d’York. La Grande Loge d’Angleterre et du pays de Galles, qui a eu pour grand maître le prince Michael de Kent, compte des loges outre-mer ; en 2017, elle a consacré à Londres la Gallipoli Lodge, première loge du Royaume-Uni à travailler en turc.
La pratique est récente et minoritaire. La Grande Loge des maîtres maçons de la marque de France est constituée en 1997 par la GLNF. La marque se travaille aussi au sein du Suprême Grand Chapitre de l’ancienne maçonnerie d’York, lié au GODF, et plus récemment à la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra et à la Loge nationale française.
- Beyond the Craft, Keith B. Jackson, Lewis Masonic, 6e éd., 2012
- Freemasons’ Book of the Royal Arch, Bernard E. Jones, rév. Harry Carr, Harrap, 1966
- The Story of the Royal Arch, William Harvey, Dundee, 1946
- « The Mark Degree », Craig Gavin, The Square Magazine, vol. 25, 1999
Née de la marque opérative du tailleur de pierre, la maçonnerie de la marque a survécu à son exclusion de 1813 pour devenir l’un des grands ordres maçonniques britanniques, doté de sa propre Grande Loge depuis 1856. Elle offre au compagnon une méditation sur la valeur du travail et occupe une place charnière entre la loge bleue, l’Arche royale et les degrés cryptiques.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.



L’Ordre des maîtres maçons de la marque regroupe les grades de Maçon de la marque et de Maître de la marque, conçus comme un prolongement du grade de compagnon. Attestés en Angleterre dès 1769, écartés lors de l’union de 1813, ils sont organisés depuis 1856 par la Grande Loge des maîtres maçons de la marque, installée au Mark Masons’ Hall de Londres. Leur allégorie repose sur la construction du Temple de Salomon et la reconnaissance du travail bien fait. Répandue dans le monde anglo-saxon, la marque est en France une pratique récente et minoritaire, introduite notamment par la GLNF en 1997.
Le plus ancien document connu est un procès-verbal de 1769 : Thomas Dunckerley, grand surintendant provincial, confère alors le grade de la marque dans un chapitre de l’Arche royale à Portsmouth. Le grade s’inspire de l’usage opératif de la marque de tâcheron, signe personnel que chaque tailleur de pierre gravait sur son ouvrage pour en être reconnu et rémunéré.
Lors de l’union de 1813 entre Anciens et Modernes, qui donne naissance à la Grande Loge unie d’Angleterre, seuls les trois grades symboliques et l’Arche royale sont reconnus : la marque est écartée. Elle continue pourtant d’être pratiquée aux États-Unis et dans d’autres pays anglo-saxons, rattachée aux chapitres de l’Arche royale, ainsi qu’en Écosse. En Angleterre, des maçons écossais ouvrent une loge de la marque à Londres malgré l’interdit ; après l’échec, en 1856, d’une tentative d’intégration à la maçonnerie symbolique, les loges se constituent en Grande Loge des maîtres maçons de la marque, dont le premier grand maître est Lord Leigh.
La marque est accessible aux compagnons, dont elle développe le grade, et se travaille en pratique avec des maîtres maçons. Les sources présentent ses degrés de manière variable selon les époques et les juridictions :
- Homme de la marque (Mark Man), forme attestée en 1769
- Maçon de la marque (Mark Mason)
- Maître de la marque (Mark Master), forme aujourd’hui réunie en une seule cérémonie en Angleterre
La Grande Loge de la marque administre aussi, depuis le Mark Masons’ Hall du 86 St James’s Street à Londres, plusieurs ordres associés, dont celui des Royal Ark Mariners, l’Ordre des maîtres royaux et choisis et les Allied Masonic Degrees.
Les rituels allégoriques se situent sur le chantier du Temple de Salomon. Ils traitent de la reconnaissance du travail accompli, de la juste rétribution et de la sanction de la fraude. Ils prolongent la légende d’Hiram et réconcilient symboliquement compagnons et maîtres, autour d’une pierre d’abord rejetée puis reconnue comme essentielle, thème qui annonce la clé de voûte de l’Arche royale et se poursuit dans la maçonnerie cryptique.
Le geste central du grade consiste, pour le candidat, à choisir une marque personnelle, enregistrée dans les archives de la loge. Ce signe distinctif rappelle que chaque maçon est responsable de son ouvrage et qu’il doit pouvoir en répondre devant ses frères. La marque, symbole d’identité et de probité, fait ainsi le lien entre l’éthique professionnelle des bâtisseurs et la quête morale de la maçonnerie spéculative.
L’histoire de la marque illustre les tensions entre corps maçonniques autour des grades additionnels. Écartée par la Grande Loge unie d’Angleterre, qui ne l’a jamais réintégrée, elle a dû se doter d’une autorité propre ; ailleurs, elle a été absorbée par les chapitres de l’Arche royale. Cette diversité explique que l’ordre des grades, leur dénomination et les conditions d’accès varient sensiblement d’une juridiction à l’autre, ce que relèvent les sources sans toujours s’accorder.
La marque est implantée dans une grande partie du monde anglo-saxon. Aux États-Unis, le grade de Mark Master est le premier conféré dans le chapitre de l’Arche royale du Rite d’York. La Grande Loge d’Angleterre et du pays de Galles, qui a eu pour grand maître le prince Michael de Kent, compte des loges outre-mer ; en 2017, elle a consacré à Londres la Gallipoli Lodge, première loge du Royaume-Uni à travailler en turc.
La pratique est récente et minoritaire. La Grande Loge des maîtres maçons de la marque de France est constituée en 1997 par la GLNF. La marque se travaille aussi au sein du Suprême Grand Chapitre de l’ancienne maçonnerie d’York, lié au GODF, et plus récemment à la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra et à la Loge nationale française.
- Beyond the Craft, Keith B. Jackson, Lewis Masonic, 6e éd., 2012
- Freemasons’ Book of the Royal Arch, Bernard E. Jones, rév. Harry Carr, Harrap, 1966
- The Story of the Royal Arch, William Harvey, Dundee, 1946
- « The Mark Degree », Craig Gavin, The Square Magazine, vol. 25, 1999
Née de la marque opérative du tailleur de pierre, la maçonnerie de la marque a survécu à son exclusion de 1813 pour devenir l’un des grands ordres maçonniques britanniques, doté de sa propre Grande Loge depuis 1856. Elle offre au compagnon une méditation sur la valeur du travail et occupe une place charnière entre la loge bleue, l’Arche royale et les degrés cryptiques.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.

