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Bernard Pierre Magnan, né à Paris le 7 décembre 1791 et mort à Paris le 29 mai 1865, est un militaire français, maréchal de France et sénateur du Second Empire. Commandant de l’armée de Paris lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il est nommé en 1862 grand maître du Grand Orient de France par Napoléon III, sans être franc-maçon. Initié dans la foulée et porté au 33e degré le même jour, il est réélu presque à l’unanimité en 1864.
Du rang au commandement

Fils du valet de pied de la princesse de Lamballe, Bernard Pierre Magnan entre comme simple soldat au 66e d’infanterie. Il fait les campagnes d’Espagne et de Portugal de 1810 à 1813, est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1813, est blessé à Craonne et combat à Waterloo.
Sous la Restauration, il gravit les échelons, prend part à la campagne de Catalogne de 1823 et à la conquête de l’Algérie.
Mis en non-activité après le retour de Louis XVIII, il est rappelé pendant les Cent-Jours. Il sert ensuite dans la garde royale, devient colonel puis maréchal de camp, est fait chevalier de Saint-Louis et se distingue à Staoueli en 1830.
Le général du coup d’État
Commandant militaire du Nord de 1839 à 1845, il est blessé à Lyon en 1848. Nommé commandant en chef de l’armée de Paris en juin 1851, il organise le coup d’État du 2 décembre 1851.
Il est fait sénateur et maréchal de France en 1852, ainsi que grand veneur.
Gendre du général François Xavier Roussel, il est aussi député de la Seine en 1849, grand veneur de 1852 à 1865 et conseiller général du canton de Sélestat de 1855 à 1865. Il repose à Saint-Germain-en-Laye.
Un grand maître nommé par l’empereur

En 1862, Napoléon III nomme Magnan grand maître du Grand Orient de France afin d’écarter le prince Lucien Murat. Magnan n’est pas franc-maçon : il est initié et reçoit les 33 degrés du Rite écossais ancien et accepté le même jour, puis rejoint la loge Les Vrais Amis inséparables.
Il protège l’Ordre des atteintes administratives et policières et tente d’unifier la maçonnerie française, en vain face au Suprême Conseil de Jean Pons Guillaume Viennet. Réélu presque à l’unanimité en 1864, il meurt l’année suivante.
Le dernier grand maître imposé
Le grand maître Magnan symbolise la tutelle exercée par le Second Empire sur la franc-maçonnerie. Sa réélection de 1864, lorsque l’Ordre retrouve le droit d’élire ses dirigeants, montre qu’il sut se faire accepter, et la nomination de 1862 reste un épisode clé de l’histoire du Grand Orient de France.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Bernard Pierre Magnan.
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître.

