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Avoué à Autun, maire de cette ville puis député et sénateur radical de Saône-et-Loire, Gabriel Adolphe Magnien (1836-1914) fut le deuxième grand maître de la Grande Loge de France, de septembre 1895 à 1898. Réélu en décembre 1896 après l’accord de fusion avec la Grande Loge symbolique écossaise, il présida aux années de consolidation de la jeune obédience écossaise, à l’heure de l’affaire Dreyfus.
Un républicain d’Autun
Né à Chalon-sur-Saône en 1836, Gabriel Adolphe Magnien exerce d’abord comme avocat avant de devenir avoué à Autun. Il s’engage tôt dans la vie publique de la jeune Troisième République : maire d’Autun de 1876 à 1879, il siège au conseil général de Saône-et-Loire à partir de 1878.
Élu député de Saône-et-Loire en 1885, il siège jusqu’en 1898 dans les rangs de la gauche radicale. Il s’intéresse particulièrement à l’organisation judiciaire et préside la commission spéciale chargée de la loi réorganisant le Conseil d’État. Entré au Sénat en 1898, il y siège jusqu’en 1914 au groupe de la Gauche démocratique et préside à partir de 1900 la commission des pétitions. Il meurt à Plottes, en Saône-et-Loire, en 1914.
Un maçon des loges écossaises
Sur le plan maçonnique, Magnien est lié aux loges « Les Arts réunis » et « Cosmos » n° 288, toutes deux de la Grande Loge de France ; il fut vénérable d’une loge d’Autun. Son parcours illustre l’ancrage de la maçonnerie écossaise dans le personnel politique radical de province à la fin du XIXe siècle.
La grande maîtrise de la consolidation
En septembre 1895, Magnien succède à Étienne-Antoine Guillemaud, premier grand maître élu en février de la même année. La Grande Loge de France est alors une fédération toute neuve de loges symboliques, émancipées de la tutelle administrative du Suprême Conseil tout en restant placées sous ses auspices.
Le grand dossier de son mandat est le rapprochement avec la Grande Loge symbolique écossaise, née en 1880 d’une dissidence des loges écossaises. Le 18 décembre 1896, les soixante-douze délégués des deux Grandes Loges approuvent un protocole de fusion et Magnien est élu grand maître de l’ensemble. Dans les faits, l’union reste partielle : une partie seulement des loges de la Grande Loge symbolique écossaise rejoint la Grande Loge de France, d’autres disparaissent ou gagnent le Grand Orient de France.
Les dernières années de sa grande maîtrise coïncident avec l’affaire Dreyfus, qui rapproche la Grande Loge de France et le Grand Orient de France dans un même engagement républicain. Son entrée au Sénat en 1898 marque la fin de son mandat ; Henri Michel lui succède.
Repères
- Naissance : 1836, Chalon-sur-Saône
- Décès : 1914, Plottes (Saône-et-Loire)
- Profession : Avocat, avoué à Autun ; homme politique
- Mandats politiques : Maire d’Autun (1876-1879), député (1885-1898) puis sénateur (1898-1914) de Saône-et-Loire
- Obédience : Grande Loge de France
- Fonction : Grand maître
- Mandat(s) : Septembre 1895 – 1898 (réélu le 18 décembre 1896)
- Loge(s) : Les Arts réunis ; Cosmos n° 288
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grande Loge, Rite écossais ancien et accepté, Affaire Dreyfus.
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