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L’obole désigne, en loge, l’offrande libre et discrète que chaque frère ou sœur dépose dans le tronc de la Veuve, qui circule à la fin de la tenue. Elle n’est ni une cotisation ni une capitation : son montant n’est ni fixé ni connu. Le mot renvoie à la petite pièce grecque et à l’« obole de la veuve » de l’Évangile, qui donna peu mais donna tout. Ce geste rappelle, à chaque tenue, que la fraternité maçonnique doit se traduire en solidarité concrète.
De la monnaie grecque à l’Évangile

L’obole (obolos) était une petite pièce de la Grèce antique, valant un sixième de drachme ; c’est elle que l’on plaçait, selon la légende, dans la bouche des morts pour payer le passeur Charon. Le français a gardé le mot pour désigner une contribution modeste. L’expression « l’obole de la veuve » vient de l’Évangile de Marc (12, 41-44) : une veuve pauvre dépose deux petites pièces dans le tronc du Temple, et Jésus déclare qu’elle a donné plus que tous les riches, car elle a donné de son nécessaire.
Le tronc de la Veuve
Le réceptacle des oboles s’appelle le tronc de la Veuve, ou tronc de bienfaisance. Le nom fait écho à la parabole évangélique, mais aussi à la tradition maçonnique : Hiram, selon la Bible (1 Rois 7, 14), était le fils d’une veuve, et les maçons se désignent parfois comme les « enfants de la Veuve ». Le tronc évoque ainsi à la fois la mémoire de l’architecte et le devoir envers ceux qui se trouvent sans soutien.
Le rôle de l’Hospitalier
C’est l’Hospitalier qui fait circuler le tronc, en général avant la clôture des travaux, et qui en annonce le produit à la loge. Il gère ces fonds sous le contrôle du Vénérable et les emploie, avec discrétion, au secours des frères en difficulté, de leurs familles ou d’œuvres choisies par l’atelier. Dans les loges de tradition anglaise, une fonction comparable est tenue par l’Almoner et par le collecteur des aumônes.
Les règles du don

- Le don est libre : aucun montant n’est imposé.
- Le don est secret : chacun glisse sa main dans le tronc, qu’il donne ou non, de sorte que personne ne sait qui a donné quoi.
- Le don est égal en dignité : le petit don vaut le grand, selon la leçon de la veuve.
- Le don est régulier : le tronc circule à chaque tenue.
Obole, cotisation, capitation
Il convient de distinguer trois contributions. La cotisation, fixée par la loge, finance son fonctionnement (location du temple, frais divers). La capitation est la part par membre reversée à l’obédience. L’obole, enfin, est volontaire et affectée à la solidarité. Les deux premières relèvent de l’obligation, la troisième de la conscience : c’est ce qui fait sa valeur symbolique.
Une valeur symbolique
L’obole prolonge le dépouillement des métaux de l’initiation : le profane a laissé ses valeurs à la porte, le frère consent à se défaire d’une part de son bien au profit d’autrui. Elle rappelle que la bienfaisance figure parmi les devoirs traditionnels du maçon, aux côtés de la recherche de la vérité. Le geste, répété à chaque tenue, fait de la fraternité un acte et non un discours.
Repères

- Origine du mot : obolos, petite monnaie grecque.
- Référence évangélique : l’obole de la veuve (Marc 12, 41-44).
- Réceptacle : le tronc de la Veuve, ou tronc de bienfaisance.
- Officier : l’Hospitalier.
- Principe : don libre, secret et régulier.
Le saviez-vous ?
L’expression « enfants de la Veuve » est si ancienne qu’elle a servi de cri de reconnaissance : la formule de détresse attribuée aux maçons en danger y fait appel. Elle relie directement la solidarité exprimée par le tronc à la figure d’Hiram, « fils d’une veuve de la tribu de Nephtali ».
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Tronc de la veuve, Hospitalier (ou Elémosinaire), Enfants de la veuve, Capitation, Bienfaisance.
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