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Les fêtes solsticiales sont, en Franc-maçonnerie, les deux grandes célébrations de l’année maçonnique, placées aux solstices d’été et d’hiver. Elles sont traditionnellement rattachées aux deux saints Jean : saint Jean-Baptiste, fêté le 24 juin, et saint Jean l’Évangéliste, fêté le 27 décembre. Moments forts de la vie des Loges, elles associent une tenue solennelle, souvent suivie d’un banquet fraternel, à une méditation sur le cycle de la lumière, qui croît puis décroît au fil des saisons.
Ces fêtes rappellent que le travail maçonnique s’inscrit dans un temps cyclique. Elles marquent des seuils, invitent à faire le point sur le chemin parcouru et relient chaque Loge à une tradition plus vaste que son seul calendrier.
Deux solstices, deux saints Jean

Le solstice d’été correspond au jour le plus long de l’année, celui où la lumière atteint son apogée avant de commencer à décliner. Le solstice d’hiver est au contraire la nuit la plus longue, après laquelle la lumière recommence à croître. La tradition chrétienne a placé à proximité de ces deux dates les fêtes de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l’Évangéliste. La Franc-maçonnerie a repris cette association : on parle ainsi de la Saint-Jean d’été et de la Saint-Jean d’hiver.
Les deux saints Jean sont parfois présentés comme les patrons de l’Ordre. De nombreuses Loges anciennes se disaient « Loges de Saint-Jean », expression qui désigne encore aujourd’hui, dans plusieurs pays, les Loges des trois premiers grades. Sur ce point, voir aussi l’entrée Saints Jean.
Une date fondatrice : le 24 juin 1717
La tradition rapporte que la première Grande Loge, celle de Londres et de Westminster, fut constituée le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean d’été, par la réunion de quatre Loges. Les Constitutions publiées par James Anderson en 1723 évoquent l’assemblée annuelle et la fête tenues à cette date. Le choix de la Saint-Jean pour élire ou installer les Grands Officiers s’est longtemps maintenu dans de nombreuses obédiences.
Cette référence fait de la fête solsticiale bien plus qu’un usage festif : elle relie la Loge d’aujourd’hui aux origines institutionnelles de la Franc-maçonnerie spéculative.
La tenue solsticiale
Selon les Loges et les obédiences, la fête solsticiale prend la forme d’une tenue particulière, plus solennelle que les tenues ordinaires. Le rituel y met souvent l’accent sur la lumière, sur le passage du temps et sur la transmission. Certaines Loges y procèdent à l’installation de leurs officiers ; d’autres y accueillent des Frères et des Sœurs visiteurs venus d’autres ateliers, ou ouvrent une partie des festivités à leurs proches.
La tenue est généralement prolongée par un banquet ou une agape. Le repas fraternel, avec ses santés et ses usages de table, fait partie intégrante de la célébration : il exprime la joie du lien retrouvé et la convivialité réglée qui caractérise la vie maçonnique.
Le symbolisme de la lumière

Au cœur des fêtes solsticiales se trouve la Lumière maçonnique. Le solstice d’été rappelle la plénitude, mais aussi la conscience que toute plénitude appelle un déclin. Le solstice d’hiver évoque l’obscurité la plus profonde, mais aussi la promesse du retour de la lumière. Les deux fêtes forment ainsi un couple symbolique : l’une invite à l’humilité dans l’accomplissement, l’autre à l’espérance dans l’épreuve.
Ce double mouvement fait écho au cheminement initiatique lui-même, qui alterne périodes de clarté et passages obscurs. Plusieurs auteurs maçonniques ont rapproché les deux saints Jean de la figure de Janus, aux deux visages tournés vers le passé et vers l’avenir, lecture symbolique qui relève de l’interprétation et non d’un enseignement uniforme.
Voir aussi : Solstices
Les fêtes solsticiales sont indissociables de l’entrée Solstices, qui développe la dimension astronomique et symbolique de ces deux moments de l’année. Elles éclairent aussi le sens des entrées consacrées aux Saints Jean, à la Saint-Jean d’été et à la Saint-Jean d’hiver.
Conclusion symbolique
Les fêtes solsticiales rythment l’année maçonnique au pas du soleil. Placées sous le patronage des deux saints Jean, elles rassemblent la Loge autour d’une tenue solennelle et d’un banquet fraternel, et rappellent que la lumière se reçoit, se partage et se transmet.
Par leur retour régulier, elles inscrivent le travail de chacun dans un cycle plus large : celui d’une tradition qui, depuis le 24 juin 1717, continue de se célébrer d’un solstice à l’autre.

