Louis Lafferre (Président du Conseil de l’Ordre du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Professeur de rhétorique devenu député de Béziers, ministre du Travail puis de l’Instruction publique, Louis Lafferre (1861-1929) a présidé le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France de 1903 à 1905, puis de 1907 à 1909. Initié à Narbonne, son nom reste associé à l’affaire des fiches, crise majeure qu’il eut à affronter à la tribune de la Chambre.

Du lycée de Narbonne au gouvernement

Portrait de Louis Lafferre
Source : Wikimedia Commons – Agence Meurisse – Public domain

Antonin Baptiste Louis Lafferre naît à Pau le 10 mai 1861. Professeur de rhétorique à Narbonne, il entre en politique comme conseiller municipal avant d’être élu député de Béziers en 1898 ; il est réélu sans interruption jusqu’en 1919. Figure du radicalisme, il vote en 1905 la loi de séparation des Églises et de l’État.

Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale dans le deuxième gouvernement Briand (1910-1911), il devient en 1917 ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts dans le gouvernement de Georges Clemenceau. Sénateur de l’Hérault de 1920 à 1924, il meurt à Paris le 28 février 1929 et repose au Père-Lachaise.

Un maçon de Narbonne

Initié en 1889 dans la loge L’Indépendante, à l’Orient de Narbonne, Lafferre en prend rapidement la direction et la représente au Convent du Grand Orient. Il s’intéresse aussi aux hauts grades : titulaire du 33e degré du Rite écossais ancien et accepté, il siège à partir de 1907 comme membre actif du Grand Collège des Rites, l’instance du Grand Orient qui administre les degrés écossais.

L’épreuve de l’affaire des fiches

Élu à la présidence du Conseil de l’Ordre en 1903, Lafferre se trouve à la tête de l’obédience lorsqu’éclate, à l’automne 1904, l’affaire des fiches : on révèle qu’au ministère de la Guerre, sous le général André, des renseignements sur les opinions religieuses et politiques des officiers avaient été collectés, notamment par l’intermédiaire du secrétariat du Grand Orient, pour orienter leur avancement. Les historiens considèrent que Lafferre lui-même n’a pas pris part à ce système.

À la Chambre, il répond au député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve, qui a rendu publics les documents, et défend la position de l’Ordre. Le scandale contribue néanmoins à la chute du gouvernement Combes en janvier 1905. Devant le Convent de 1905, Lafferre rend compte de sa gestion et obtient le quitus de l’assemblée.

Après un intermède où Frédéric Desmons reprend la présidence, Lafferre est de nouveau élu de 1907 à 1909. Il ne joue ensuite plus de rôle de premier plan dans la direction de l’obédience, tout en continuant de fréquenter les loges.

Repères

  • Naissance : 10 mai 1861, Pau
  • Décès : 28 février 1929, Paris
  • Profession : Professeur de rhétorique, homme politique
  • Fonctions politiques : Député de l’Hérault (1898-1919) ; ministre du Travail (1910-1911) ; ministre de l’Instruction publique (à partir de 1917) ; sénateur de l’Hérault (1920-1924)
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
  • Mandat(s) : 1903-1905 ; 1907-1909
  • Loge(s) : L’Indépendante (Narbonne)
  • Distinctions : 33e degré du REAA

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Maçonnerie et République, Laïcité, Rite écossais ancien et accepté.

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