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Professeur révoqué sous l’Ordre moral pour ses convictions républicaines, sénateur de l’Ariège de 1894 à 1912 et membre fondateur de la Ligue des droits de l’homme, Auguste Delpech (1846-1935) a présidé le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France en 1902-1903, au moment où s’engage la grande offensive laïque du Bloc des gauches. Il appartient à cette génération d’enseignants qui ont fait du combat pour l’école publique l’axe de leur engagement.
Un enseignant républicain
Auguste Delpech naît en 1846 à Bonnac, dans l’Ariège. Professeur dans l’enseignement secondaire, il est révoqué en 1877, en pleine crise du Seize-Mai, en raison de ses opinions républicaines ; il retrouve ensuite un poste au lycée de Foix. Parallèlement, il écrit dans plusieurs journaux, activité qu’il poursuit tout au long de sa carrière politique.
Conseiller municipal de Foix de 1888 à 1890, puis conseiller général du canton de Quérigut (1898-1901, puis 1903-1913), il est élu sénateur de l’Ariège en 1894 et siège au Luxembourg jusqu’en 1912, au sein du groupe de la Gauche républicaine. Il meurt à Toulouse en 1935.
Un anticlérical militant
Delpech se distingue par un anticléricalisme résolu, partagé par une large part du personnel radical de son temps. En 1898, au cœur de l’affaire Dreyfus, il compte parmi les membres fondateurs de la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, qui réunit des républicains de diverses sensibilités autour de la défense du droit et de la justice.
La présidence du Grand Orient
Membre du Conseil de l’Ordre, Delpech en est élu président en 1902, succédant à Frédéric Desmons, et laisse la place à Louis Lafferre en 1903. Son année de présidence coïncide avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement Combes et l’application rigoureuse de la loi de 1901 sur les associations aux congrégations religieuses, politique que le Grand Orient soutient alors activement.
Ce contexte annonce les tensions des années suivantes, de l’affaire des fiches à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, qui feront de l’obédience l’un des acteurs les plus exposés du combat laïque sous la IIIe République.
Repères
- Naissance : 1846, Bonnac (Ariège)
- Décès : 1935, Toulouse
- Profession : Professeur de l’enseignement secondaire, journaliste
- Fonctions politiques : Sénateur de l’Ariège (1894-1912)
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
- Mandat(s) : 1902-1903
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Laïcité, Maçonnerie et République.
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