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Ancien communard condamné puis déporté en Nouvelle-Calédonie, devenu journaliste radical et élu de Paris, Louis Lucipia (1843-1904) a présidé le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France de 1895 à 1896, puis de 1898 à 1900. Son second mandat coïncide avec les années décisives de l’affaire Dreyfus. Il finit sa carrière à la tête de l’asile de Villejuif.
De la Commune au bagne
Louis Adrien Lucipia naît à Nantes le 18 novembre 1843. Venu étudier à Paris dans les années 1860, il milite dans les rangs de l’Association internationale des travailleurs. Capitaine pendant le siège de 1870, il signe l’Affiche rouge, participe à la Commune et collabore au Cri du peuple.
Après la Semaine sanglante, il est poursuivi pour l’exécution des dominicains d’Arcueil, accusation que ses biographes jugent infondée. Condamné à mort en 1872, il voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité et est déporté en Nouvelle-Calédonie. Sa peine est transformée en bannissement en 1879 et l’amnistie de 1880 lui permet de rentrer en France.
Journaliste radical et élu parisien
De retour à Paris, Lucipia rejoint le journal radical La Justice et devient vice-président de la Société des journalistes républicains. Il publie en 1883, avec Alfred Étiévant, Le Cas de M. de Galliffet, puis en 1889 une étude sur La caisse des écoles de Montmartre.
Élu conseiller de Paris en 1890, il préside le conseil général de la Seine au milieu des années 1890, puis le conseil municipal de Paris en 1899. Battu en 1900, il est nommé directeur de l’asile d’aliénés de Villejuif, qu’il dirige jusqu’en 1904. Il meurt à Paris en 1904 et repose au Père-Lachaise.
Le Grand Orient au temps de l’Affaire
Initié en 1888 dans la loge parisienne Les Droits de l’Homme, Lucipia entre au Conseil de l’Ordre en 1894. Il en est élu président dès 1895 pour un an, cède la place à Frédéric Desmons, puis retrouve la présidence de 1898 à 1900.
Ce second mandat s’ouvre au moment où le Grand Orient, sous l’impulsion du Convent de 1898, se range résolument dans le camp dreyfusard et affirme son attachement à la défense de la République. L’ancien proscrit de 1871, désormais notable parisien, incarne à sa manière la réconciliation de la tradition révolutionnaire avec la République parlementaire, dont l’obédience se veut alors l’un des laboratoires.
Repères
- Naissance : 18 novembre 1843, Nantes
- Décès : 1904, Paris
- Profession : Journaliste, élu de Paris, directeur de l’asile de Villejuif
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
- Mandat(s) : 1895-1896 ; 1898-1900
- Loge(s) : Les Droits de l’Homme (Paris)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Conseil de l’Ordre (Conseil), Affaire Dreyfus, Maçonnerie et République.
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