Da Vinci Code (Film)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Adapté du best-seller de Dan Brown par Ron Howard, Da Vinci Code (2006) lance Robert Langdon, spécialiste des symboles, sur la piste du Graal entre le Louvre, Saint-Sulpice, Londres et l’Écosse. Le film ne met pas en scène la Franc-maçonnerie, mais il a imposé dans l’imaginaire collectif le Prieuré de Sion, une invention du XXe siècle. Il invite le Maçon à distinguer lecture symbolique et vérité historique.

De quoi parle Da Vinci Code ?

Une nuit, le conservateur du Louvre Jacques Saunière est assassiné dans la Grande Galerie. Avant de mourir, il a disposé son corps et laissé des messages chiffrés. La police fait appel à Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard joué par Tom Hanks, qui se retrouve vite suspect et prend la fuite avec la cryptologue Sophie Neveu, incarnée par Audrey Tautou, petite-fille de la victime.

Leur enquête les mène d’œuvre en œuvre et de monument en monument, sur la trace d’un secret que se disputeraient une confrérie gardienne et des fanatiques religieux. Réalisé par Ron Howard sur un scénario d’Akiva Goldsman, le film a fait l’ouverture du Festival de Cannes 2006 sous un accueil critique froid, avant de devenir l’un des plus gros succès mondiaux de l’année. L’Église catholique en a vivement contesté les thèses.

Prieuré de Sion, Templiers, Opus Dei : démêler le vrai du faux

Le Prieuré de Sion que le film présente comme une fraternité millénaire, protectrice de la descendance du Christ et dirigée par des Grands Maîtres tels que Léonard de Vinci ou Isaac Newton, n’a jamais existé sous cette forme. Il s’agit d’une association déclarée en 1956 à Annemasse par Pierre Plantard, qui fabriqua ensuite de faux documents généalogiques déposés à la Bibliothèque nationale pour se donner une ascendance mérovingienne. Plantard lui-même reconnut, sous serment, devant la justice en 1993, le caractère inventé de ces listes. Le roman et le film reprennent largement des thèses popularisées en 1982 par l’essai L’Énigme sacrée, dont les auteurs perdirent en 2006 le procès en plagiat qu’ils avaient intenté à Dan Brown.

Les Templiers, eux, sont bien historiques – l’ordre fut supprimé en 1312 – et la Temple Church de Londres, où passe le récit, fut réellement leur église. Mais leur rôle de gardiens d’un secret dynastique relève du roman. Quant à l’Opus Dei, institution catholique réelle, elle ne compte pas de moines et a protesté contre sa représentation. Enfin, la chapelle de Rosslyn, en Écosse, fondée au XVe siècle par la famille Sinclair, a bien été rattachée tardivement aux légendes templières et maçonniques ; ces rattachements relèvent de la tradition légendaire, non de l’histoire documentée.

La Franc-maçonnerie est absente de l’intrigue filmée. Le film mérite pourtant l’attention des Maçons, parce que sa mécanique – un savoir caché transmis par une chaîne d’initiés illustres – est exactement celle que l’on prête à tort aux Loges.

Symboles et révélations trop parfaites

Da Vinci Code est un éloge du symbole, et c’est ce qui le rend à la fois séduisant et trompeur. Il est vrai qu’un symbole ouvre plusieurs niveaux de sens ; il est faux qu’il autorise n’importe quelle conclusion. Une lecture symbolique peut être féconde pour celui qui médite, tout en étant historiquement infondée. Le Maçon, qui travaille sur des légendes sans les tenir pour des chroniques, est bien placé pour faire cette distinction.

Le film se méfie peu des théories qui expliquent tout. C’est leur défaut majeur : une révélation qui referme toutes les questions ne laisse plus de place au réel, à ses lacunes et à ses contradictions. Le regard maçonnique, fait de doute méthodique et de patience, invite à goûter le jeu de piste sans jamais confondre l’énigme et la preuve.

Fiche technique

  • Titre original : The Da Vinci Code
  • Année : 2006
  • Pays : États-Unis, Royaume-Uni, France, Malte
  • Réalisation : Ron Howard
  • Scénario : Akiva Goldsman, d’après le roman de Dan Brown
  • Production : Brian Grazer, John Calley
  • Interprètes : Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen, Alfred Molina, Jean Reno, Paul Bettany, Jürgen Prochnow
  • Durée : 2 h 29
  • Genre : Thriller

Voir aussi dans le glossaire : Faux documents, Templiers (légende templière), Pseudo-révélations, Symboles détournés.

Pour aller plus loin sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

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