Antoine Blatin (Président du Conseil de l’Ordre du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Médecin clermontois, maire de Clermont-Ferrand puis député du Puy-de-Dôme, Antoine Blatin (1841-1911), initiateur de la loi de 1887 sur la liberté des funérailles, a dirigé le Grand Orient de France en 1894-1895, en remplacement d’Henri Thulié malade. Ritualiste prolifique, il a inscrit en 1884 dans la Constitution de l’obédience le principe selon lequel les conceptions métaphysiques relèvent de la seule appréciation de chacun.

Médecin et élu auvergnat

Jean-Baptiste Antoine Blatin naît le 1er août 1841 à Clermont-Ferrand. Après des études de médecine à Paris, il revient dans sa ville natale, où il enseigne à l’École de médecine et exerce à l’hôpital général. Républicain, il est élu maire de Clermont-Ferrand en 1884, puis député du Puy-de-Dôme de 1885 à 1889 ; la poussée boulangiste met fin à sa carrière parlementaire.

Son nom reste attaché à la liberté des funérailles : il est à l’origine de la loi du 15 novembre 1887, qui garantit à chacun le choix du caractère, civil ou religieux, de ses obsèques et ouvre la voie à la crémation. Fidèle à ce combat, il est lui-même incinéré au Père-Lachaise après sa mort à Paris, le 15 octobre 1911.

Un bâtisseur de loges et de textes

Initié le 14 décembre 1864 dans la loge parisienne L’Avenir, Blatin réveille au début des années 1880 la loge Les Enfants de Gergovie à Clermont-Ferrand et en devient vénérable en 1882. Orateur du Convent en 1883, il fait adopter l’année suivante un troisième paragraphe à l’article premier de la Constitution du Grand Orient : les conceptions métaphysiques y sont déclarées affaire d’appréciation individuelle, sans affirmation dogmatique. Ce texte, prolongement de la réforme de 1877, figure toujours dans la Constitution de l’obédience.

Il est aussi l’auteur de nombreux rituels destinés à la vie fraternelle : pompes funèbres, tenues blanches, rituels d’adoption et de reconnaissance conjugale. Il publie par ailleurs une brochure sur le droit des minorités électorales.

À la tête du Grand Orient

Plusieurs fois réélu au Conseil de l’Ordre, Blatin en assume la présidence en 1894-1895, lorsque la santé d’Henri Thulié ne lui permet plus d’achever son mandat. Il reste ensuite l’une des voix écoutées de l’obédience : en 1898, il préside le Convent qui se prononce à l’unanimité en faveur de la révision du procès du capitaine Dreyfus.

Engagé également dans les hauts grades, il devient en 1901 Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, la structure du Grand Orient chargée des degrés écossais. De 1896 à sa mort, il est vénérable de la loge Les Vrais Amis.

Repères

  • Naissance : 1er août 1841, Clermont-Ferrand
  • Décès : 15 octobre 1911, Paris
  • Profession : Médecin, professeur à l’École de médecine de Clermont-Ferrand
  • Fonctions politiques : Maire de Clermont-Ferrand (1884) ; député du Puy-de-Dôme (1885-1889)
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
  • Mandat(s) : 1894-1895
  • Loge(s) : L’Avenir (Paris) ; Les Enfants de Gergovie (Clermont-Ferrand) ; Les Vrais Amis

Voir aussi dans le glossaire : Constitutions, Libre examen, Mort, Affaire Dreyfus.

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