Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Avocat, quarante-huitard proscrit après le coup d’État, puis député radical de Seine-et-Oise, Jean-Claude Colfavru a présidé le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France de 1885 à 1887. Initié en exil à Londres, il a défendu l’idée d’une franc-maçonnerie engagée dans la vie civique au service de la liberté et de la science, avant de passer le relais à Frédéric Desmons.
De la Guillotière à la proscription
Fils d’un cordonnier ancien soldat de l’Empire blessé à Waterloo, Jean-Claude Colfavru naît à Lyon, dans le quartier de la Guillotière. Licencié en droit à Grenoble en 1845, il s’inscrit la même année au barreau de Paris. Engagé dans le mouvement démocrate de la Deuxième République, il connaît la prison, dirige le journal proudhonien La Voix du peuple et siège à l’extrême gauche comme représentant de Saône-et-Loire en 1850-1851.
Le coup d’État de décembre 1851 le contraint à l’exil, en grande partie en Angleterre. Rentré à la faveur de l’amnistie de 1859, il exerce ensuite au Caire de 1872 à 1880, où il plaide notamment pour Amina Hanim, fille du dernier dey d’Alger.
Un député radical
Élu député de Seine-et-Oise en 1885, inscrit à la gauche radicale, il joue un rôle dans l’instabilité parlementaire de la législature : un amendement qu’il dépose en 1886 provoque la chute du cabinet Freycinet, et il contribue à celles des cabinets Rouvier et Tirard. Il quitte la Chambre en 1889. Il est aussi l’auteur d’études juridiques, dont Du mariage et du contrat de mariage en Angleterre et aux États-Unis (1868).
Un maçon de l’exil et de la République
Colfavru est initié à Londres, à la loge Les Philadelphes, foyer des proscrits français. De retour à Paris, il fréquente plusieurs ateliers et devient vénérable de la loge Le Travail.
En 1885, il succède à Charles Cousin à la présidence du Conseil de l’Ordre, qu’il exerce jusqu’en 1887. La même année, il publie une réflexion sur la mission de la franc-maçonnerie en France, où il invite les maçons à s’engager dans la vie de la cité contre les ennemis de la liberté et de la science et contre l’esprit clérical. Frédéric Desmons lui succède en 1887.
Repères
- Naissance : Lyon (la Guillotière)
- Décès : Paris
- Profession : Avocat, journaliste, député
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
- Mandat(s) : 1885-1887
- Loge(s) : Les Philadelphes (Londres) ; Le Travail (Paris), vénérable
Voir aussi dans le glossaire : Conseil de l’Ordre (Conseil), Grand Orient, Maçonnerie et République, Liberté.
Pour aller plus loin sur 450.fm
Tous les articles de 450.fm sur le Grand Orient de France : 450.fm/tag/godf/

