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Étienne-Antoine Guillemaud occupe une place singulière dans l’histoire de la Grande Loge de France : il en fut le tout premier grand maître. Élu le 25 février 1895 par le Conseil fédéral de la jeune obédience, au lendemain de son assemblée constitutive, il exerça cette charge quelques mois seulement, jusqu’en septembre 1895. Son nom reste attaché à la naissance d’une fédération de loges écossaises administrées par elles-mêmes.
Un homme du Suprême Conseil
Les sources accessibles restent très discrètes sur la vie profane d’Étienne-Antoine Guillemaud : ni sa profession ni ses dates de naissance et de décès n’ont pu être établies avec certitude. Les historiens de l’écossisme français le présentent avant tout comme un frère du Suprême Conseil de France, récemment élevé au 33e degré du Rite écossais ancien et accepté au moment où il fut appelé à la tête de la nouvelle obédience.
Ce profil n’est pas indifférent : il traduit la volonté du Suprême Conseil de confier les premiers pas de la Grande Loge de France à un homme issu de ses rangs, tout en accordant aux loges symboliques l’autonomie administrative qu’elles réclamaient.
La naissance de la Grande Loge de France
Le contexte de son élection est mieux connu. Le 21 juin 1894, le Suprême Conseil admet le principe d’une administration des loges symboliques par elles-mêmes ; le 22 août suivant, il délègue ses pouvoirs à une commission élue par les députés des loges. Le décret du 7 novembre 1894 constitue alors ces loges en fédération autonome sous le nom de Grande Loge de France, avec effet au 1er janvier 1895, tandis qu’un congrès réuni du 7 au 9 novembre approuve l’autonomie à une large majorité.
L’assemblée générale des loges symboliques consacre officiellement la nouvelle obédience le 23 février 1895. Deux jours plus tard, le Conseil fédéral, composé de neuf membres, élit Étienne-Antoine Guillemaud premier grand maître. Les Constitutions sont adoptées le 12 mai 1895, et les loges rappellent en juin qu’elles travaillent sous les auspices du Suprême Conseil.
Une grande maîtrise de fondation
La grande maîtrise de Guillemaud fut brève : dès septembre 1895, Gabriel Adolphe Magnien, sénateur en devenir et figure du radicalisme bourguignon, lui succède. Ce passage de témoin rapide correspond à une phase d’installation, marquée par la rédaction des textes fondateurs et par les négociations engagées avec la Grande Loge symbolique écossaise en vue d’un rapprochement.
Si l’on ne peut lui attribuer d’œuvre propre faute de documentation, Étienne-Antoine Guillemaud demeure le premier nom d’une liste de grands maîtres qui court sans interruption, hormis les années de l’Occupation, jusqu’à nos jours.
Repères
- Obédience : Grande Loge de France
- Fonction : Premier grand maître de la Grande Loge de France
- Mandat(s) : 25 février 1895 – septembre 1895
- Grade : 33e degré du Rite écossais ancien et accepté (Suprême Conseil de France)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Suprême Conseil, Rite écossais ancien et accepté, Constitutions.
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