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Gisèle Faivre (1902-1997) est l’une des grandes bâtisseuses de la Grande Loge féminine de France. Initiée en 1934 dans la loge d’adoption « Minerve », elle dirige l’obédience à cinq reprises entre 1948 et la fin des années 1960. Artisane de l’adoption du Rite écossais ancien et accepté et fondatrice du Suprême Conseil féminin de France, elle a donné à la maçonnerie féminine française ses structures durables.
Une Corse employée des Postes
Née Rose Marie Angèle Stefani le 27 septembre 1902 à Macinaggio, sur la commune de Rogliano, dans le cap Corse, elle choisit plus tard le prénom de Gisèle ; Faivre est son nom d’épouse. Elle fait carrière au ministère des Postes.
Attirée par l’étude des symboles et des traditions spirituelles, militante de l’égalité des droits entre hommes et femmes et engagée dans le syndicalisme, elle aborde la franc-maçonnerie avec une curiosité intellectuelle qui marquera toute sa trajectoire. Elle meurt à Paris le 24 août 1997, après plus de soixante-trois ans de vie maçonnique.
De « Minerve » à « Isis »
Elle est initiée le 25 janvier 1934 par Anne-Marie Gentily dans la loge d’adoption « Minerve », dont elle deviendra vénérable maîtresse. Après la guerre, elle participe à la fondation de l’Union maçonnique féminine de France, dont elle est grande oratrice en 1947 puis en 1952, au moment où l’obédience adopte le nom de Grande Loge féminine de France.
Fondatrice infatigable, elle contribue à la création d’une vingtaine de loges, dont « Cybèle » (1953) et surtout « Isis », fondée à Paris le 12 novembre 1954, dont elle est la première vénérable. Le temple d’Isis, dans le 17e arrondissement, sert de siège à l’obédience jusqu’en 1977. C’est dans cette loge que naissent la robe noire et la médaille portant le titre distinctif de la loge, ensuite généralisées.
Cinq grandes maîtrises
Elle succède à Anne-Marie Gentily en 1948 et revient à la tête de l’obédience à plusieurs reprises jusqu’à la fin des années 1960. Au total, elle siège une vingtaine d’années au conseil fédéral. Ces décennies sont celles de la consolidation : multiplication des loges en France, puis premières implantations hors de l’Hexagone.
Membre de la commission des rituels, elle défend l’abandon du rite d’adoption au profit du Rite écossais ancien et accepté, adopté en 1959. Elle travaille dès lors, à partir de 1962, avec la Britannique Marjory Cecily Debenham, à doter les sœurs de leurs propres hauts grades.
Le Suprême Conseil féminin et la postérité
Ces efforts aboutissent à la constitution du Suprême Conseil féminin de France, fondé en 1970 à Londres sous l’égide de Marjory Debenham, qui confère les degrés du REAA au sein de la GLFF à partir de janvier 1972. Gisèle Faivre en est le premier Souverain Grand Commandeur et le reste jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
Sa mémoire demeure vive à la GLFF : une loge portant son nom, n° 443, a été allumée à Bastia le 10 avril 2011, dans sa Corse natale.
Repères
- Naissance : 27 septembre 1902, Macinaggio (Rogliano, Haute-Corse)
- Décès : 24 août 1997, Paris (12e arrondissement)
- Nom de naissance : Rose Marie Angèle Stefani
- Profession : Fonctionnaire du ministère des Postes
- Obédience : Union maçonnique féminine de France, puis Grande Loge féminine de France
- Fonction : Grande Maîtresse ; premier Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil féminin de France
- Mandat(s) : 1948-1950, 1953-1954, 1959-1960, 1962-1964, 1967-1968
- Loge(s) : Minerve (initiation, 1934) ; Isis (fondatrice, 1954)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Rite écossais ancien et accepté, Suprême Conseil, Rite d’adoption.
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